4 – La familia!

Arrivée à Birr, je rencontre enfin ma famille d’accueil.  Pour le prochain mois et demi, j’aurai une nouvelle mère, une nouvelle sœur et un nouveau petit frère.  Ils me considéreront comme un membre de leur clan et je les suivrais dans tous ce qu’ils font.  L’idée d’aller vivre en famille est simple : en vivant côte à côte au quotidien du réveil à la tombée du jour, j’apprendrais à découvrir en profondeur la culture locale.  Des habitudes de sommeil, à l’alimentation et la consommation d’alcool, j’en apprendrais également plus sur leur habillement, leurs emplois, leurs rites religieux.  La liste de ce que j’ai à apprendre est longue!

A peine arrivée, déjà je remarque tellement de choses qui sont différentes de chez moi.  A l’époque, je me faisais de grandes réflexions!  Je découvrais pour la première fois tellement de choses!

Premièrement, il y avait beaucoup de déchets un peu partout.  Pas de déchets dans les poubelles, mais dans les fossés, les canaux, les rivières, sur le bord des trottoirs.  Beurk!

Dans un deuxième temps, le boucher du village opérait dans un espace entouré de moustiquaire et fait en planches de bois.  J’avais beau regarder et regarder encore, il n’y avait pas de frigo chez le boucher.   D’ailleurs, la coupe de la viande se faisait aussi de manière différente… A chaque client venu, l’homme découpait un large morceau directement de la carcasse suspendue à l’air libre.

Ces éléments me choquaient.  Sur le coup, je me disais… ouf! le sens de la propreté est horrible ici et oh mon dieu, je pense que je vais devenir végétarienne!  La viande n’est pas fraîche!  Oui, j’apprenais bel et bien à découvrir le choc culturel!  Tellement de choses de ressemblaient pas à chez moi, et formaient des contradictions dans ma tête.  Sur le coup, je trouvais ça vraiment dégueu!

Au  fil des années, j’ai appris à comprendre que ce qui peut ne faire aucun sens pour moi au début, demande une réflexion plus en profondeur, et que le jugement rapide sur une situation qui apparaît choquante ne sert à rien.

Par exemple, quand je revois ces piles de déchets un peu partout en comparaison à nos belle poubelles d’Occident, je pense aussi aux sommes astronomiques de biens de consommation achetées et formant, par exemple, des montagnes de déchets électroniques chez nous.  Je me dis alors que les gens du village où j’habitais allaient probablement moins consommer dans toutes leurs vies moins que moi au Canada durant quelques années.  Alors qui est vraiment plus propre pour l’environnement?

Et le boucher.  La viande non réfrigérée ne m’a jamais inspirée 😉 Mais j’ai compris par la suite que la viande du boucher est presque toujours fraîche, car il tue les animaux en fonction des besoins du moment et il n’y jamais pas de gaspillage.  Ce n’est pas comme nos supers marchés où tout est disponible tout le temps et où il y a tellement des surplus qui ne sont pas mangés.

Bref, j’étais bel et bien en Inde.  Et grâce, à ce voyage m’a tête bouillonnais de nouvelles réflexions.  D’ailleurs, le choc culturel se pointait déjà le nez!  Et puis, vivant avec ma famille d’accueil, j’étais au meilleur endroit pour en apprendre plus!

3 – Histoire de viande

Je le regarde, il me regarde aussi.  Nous sommes face à face.  Je détourne le regarde, mais lui non.  C’est le duel.

Je viens d’arriver à Douala, et j’ai eu l’accueil le plus chaleureux de ma vie dans une famille camerounaise.  Tout le monde est là, heureux, me répétant par dizaine de fois de me sentir comme à la maison.  Je suis vraiment touchée, ils partagent tout avec moi, maison, lit, repas.  Je me sens tellement bien accueillie, parce qu’en plus de m’avoir cuisiné le repas, on me dit chaleureusement qu’on m’a fabriqué un plat tout spécial et typique seulement pour moi.

Alors, les joues rouges de surprise, je fais face au… rat.

Et je me sens tellement mal…. parce que vraiment, je pense que je vais avoir de la misère à le manger, ce plat cuisiné avec tant d’attention et de bonté.  Ouf!

En fait, cette situation m’est arrivée plusieurs fois en voyage…  et chaque fois, je me questionne sur la chance que j’ai eu d’avoir été élevé au paradis du steak, des coupes de viandes bien définies.  A force d’avoir été habituée à manger de bons gros morceaux de protéine provenant de type d’animaux bien spécifique (principalement boeuf, poulet, porc) je me sens toujours un peu mal de ne pas être capable d’apprécier à leur juste valeur des plats vraiment bien cuisinés, issues de la culture typique de l’endroit où je voyage.  Des coeurs de poulet et pattes de porc dans les soupes chinoises, au organes bien juteux dans certains pays africains, au castor chez les Cris, j’éprouve toujours un certain malaise à mon incapacité de m’adapter à ce que les gens mangent normalement, surtout que ces mets typiques traduisent toujours l’adaptation au territoire et le désir de ne rien gaspiller, et de respecter l’environnement et les ressources disponibles.  D’ailleurs, les étrangers ont souvent la réputation de ne manger «que les bonnes parties», laissant plusieurs morceaux de viande et cartilage sur les os.  Et puisque, j’avoue que je n’aime pas le gaspillage… je pourrais vraiment m’améliorer de ce côté là.

Donc, chaque fois, j’essaie vraiment fort d’aller au-delà de cette barrière, même si franchement, une des choses avec lesquelles j’ai le plus de difficulté quand je voyage.  Je retourne donc dans cette famille super accueillante et cette fois, je vais essayer le groin de porc.

Et vous, avez-vous déjà vécu une situation où le mets servi a été difficile a avaler?