8 – A la frontière du Nigéria

Quand je suis partie pour le Cameroun, une (petite) partie du pays était contrôlée par Boko Haram, un groupe terroriste faisant la promotion d’un islam extrêmement radical et ayant des liens avec l’État islamique.  C’était une grosse décision de partir à ce moment-là.  En m’informant bien, j’ai compris qu’une partie seulement du pays faisait face à cet important danger et qu’en planifiant adéquatement mon séjour, je n’y mettrais pas les pieds.

J’ai voyagé un peu partout, mais j’ai toujours été bien consciente des risques importants que comportaient la traversée d’une zone de conflit.  Ou de toute zones en fait.  Nul endroit n’est vraiment neutre.  J’étais déjà atterri dans un conflit tribal au Kenya où j’ai été gentiment escortée par un garde armé à la porte du seul hôtel d’une petite ville parce que deux groupes tribaux étaient en plein coeur d’une importante négociation.  Ou encore, on m’avait fait rapidement signe de m’éloigner d’une intense manifestation politique au centre de Dhaka au Bangladesh.  J’ai également été particulièrement frappé par le sentiment d’insécurité auquel j’ai face à Cape Town en Afrique du Sud, où apparemment les tensions inter-communautés sont toujours bien présentes, même encore aujourd’hui : http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2016/03/08/moi-et-lautre/.  Même cet été, en Papoisie Nouvelle-Guinée, il était absolument impossible d’obtenir de l’alcool en raison des élections en cours, un sujet dont les Papous sont passionnés.  Bref, voyager est tout à fait politique peu importe le lieu selon moi.

Tout cela pour dire que je roulais maintenant dans un jeep emprunté à un ami au Cameroun à recherche d’un hôtel peu dispendieux pour la nuit.  J’avais fait mes recherches et l’idée était d’éviter le Nord du pays où des tensions étaient possiblement en cours.  J’ai suivi la route en suivant les indications pendant bien longtemps, sans rien trouver pourtant.  Sur le chemin, les autres hôtels croisés étaient trop chers (plus de 50 $ par chambre) et je devais continuer mon chemin à chaque fois.  Au bout de plusieurs minutes, la route a commencé à devenir un peu plus petite, puis franchement cahoteuse.  Je suis arrêtée plusieurs fois pour demander mon chemin aux gens que je croisais, et tous me disaient de continuer, ce qui me rassurait vraiment.

Je suis finalement arrivée dans un village où j’ai croisé un barrage policier.  La route était vraiment mauvaise, et je commençais à avoir de sérieux doutes sur la destination.  Une épaisse forêt m’entourait.  Le policier m’a répondu en riant que oui c’était bien par là, un peu plus loin après la rivière, j’ai donc continué à avancer jusqu’à ce que je trouve que le visage des gens que je croisais vraiment intense.  On aurait dit une expression de surprise très insistante, mais toutefois encore silencieuse.  J’ai commencé à penser à ce moment-là que quelque chose n’était pas normal.  J’arrête le véhicule et je marche vers la plage que je vois de la route.  Je suis avec des amis, dont un des mes amis Camerounais établi au Canada et étant venu visiter sa famille.  Je ne m’en rends pas compte, mais quelqu’un vient lui parler très rapidement, en peur.

-Mais qu’est-ce que vous faîtes-là! Ce n’est pas la place pour des étrangers!!!  La police fait présentement des fouilles dans les bois!!! Des combattants de Boko Haram sont présentement cachés dans la forêt et il y a une fouille en cours!!!! Partez maintenant!!

Le jeep roule dans la boue en quatrième vitesse, nous sommes en danger.

Le policier nous a menti.  Quand nous passons prêt de lui au retour, il rit.

Plus tard, je regarde sur une carte où j’étais rendue : proche de la frontière du Nigéria. Pas au Nord du pays, mais à quelques lieux de la zone à éviter.

NB : Je tiens à préciser que c’est la seule mésaventure que j’ai eu au Cameroun, et que c’était dû à cette situation politique en particulier.  Le reste du pays était vraiment tout à fait accueillant et sécuritaire, et j’y ai fait un voyage extraordinaire.

4 – Bienvenue chez les Dongs!

Ça y est, j’ai enfin trouvé un peu de verdure en Chine!  Ouf, je dois avouer que cela n’a pas été facile!  Dans ce pays industriel, où les villes habritent des millers d’habitants vivant au rythme effrenés des usines et des commerces ouverts à toutes heures, il n’est pas toujours évident de respirer un peu d’air frais!

J’ai bien essayé de faire quelques treks, mais la plupart des montagnes dans l’est de la Chine sont soumises à des règles d’accès strictes et dont l’entrée coûte assez cher.. La nature est un bien privilégié, ici, et seuls les plus aisés peuvent en profiter.  D’ailleurs, j’ai été assez surprise de comparer mon look de plein air à celui des Chinoises!  Je pense que nous ne devions pas avoir la même définition de ce qu’est un bon soulier de randonnée, car j’ai vu beaucoup, sinon la majorité, de Chinoises en talons hauts!  Du style à toute altitude!

Mais trève de bavardage, je vois pour la première vie, un paysage complètement extraordinaire : des rizières en terasse!  J’en avais entendu parlé, mais franchement, il n’y a rien de comparable dans le monde!  Des terres de plantations creusées à même les montagnes, c’est une vue unique!

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C’est que je suis arrivée chez les Dongs, une minorité chinoise bien sympathique et très accueillante.  Leurs habits traditionnels sont magnifiques.

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Et c’est sans compter leur manière particulière de construire leurs villages.  Aucune maison n’a de clous, il s’agit plutôt d’un système d’engouvetage plutôt complexe!

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La vue de ces villages à partir des montagnes environnantes est vraiment spéciale et rend ce trek (dont on entend très peu parler dans les guides de voyage) vraiment hors du commun.

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Et comme c’est un environnement très humide… eh bien, faut de la place à de nouveaux amis, aka les araignées et les milles pattes géants 😉

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Franchement, une visite chez les Dongs s’impose pour tout voyageur qui traverse la Chine, il n’y a rien de comparable ailleurs dans le pays, et la randonnée est vraiment ma-gni-fi-que!

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