25 – Le jour où j’ai failli me faire électrocuter

Quand j’étais dans les scouts, j’ai appris à faire du canot.  J’ai exploré quelques rivières québécoises, mais jamais je n’aurais penser aller en faire jusqu’en Ouganda.

Alors, je me suis retrouvée au Lac Bunyonyi.  Dans le canot creusé à même un gigantesque tronc d’arbre, avec mon sac-à-dos et ma pagaie en forme de pic.  Direction : mon auberge.  Bon, mettons que c’était plus difficile à diriger qu’un canot en fibre de verre!  

J’ai canoté au milieu d’un archipel d’îles magnifiques… et je me suis même fait dépasser par le bus scolaire… ou plutôt le bateau scolaire transportant les enfants jusqu’à l’île où l’école est située.  Je n’en croyais pas mes yeux!  Autre contexte, autre moyen de transport, j’imagine!

 

Cet environnement est complètement fascinant.  Les îles sont cultivées sur le modèle de la culture en terrasse, c’est-à-dire de larges bandes de terre plates, découpées à même les montagnes formées par les îles.  Dans l’eau calme de ce gigantesque lac se reflète les couleurs verdoyantes de la végétation.  Je rame ma vie, je vis ma vie.  

***

Le lendemain, je décide de repartir en canot.  Je ne vais pas très vite, cette imposante embarcation est, somme toute, assez difficile à diriger.  Tout allait bien jusqu’à ce que…

–  Aie!  Aie!  Aie!  Il pleut des grêlons!

Qui aurait cru que je vivrai ça, ici! C’est la plus grosse tempête de grêlons de ma vie!  Ils sont gros comme de billes!

On canotait tranquillement au beau milieu du lac quand le ciel s’est brusquement assombri.  Ni une, ni deux, je tourne de bord : il va y avoir une tempête!  Mais le vent se met de la partie et rend l’eau du lac très instable.  La tempête est maintenant là : pas question de rester sur le lac : il faut se rendre à l’île la plus proche!

Je pagaie, je pagaie, mais avec ce foutu gros canot, je n’avance pas très vite.  On tourne en rond. Et, tout à coup, une pluie diluvienne commence.  Le canot se remplit à vue d’oeil.  Mais ce n’est pas tout, de larges éclairs tombent tout autour de moi!  Au milieu du lac, j’ai l’impression d’être un véritable para-tonnerre.  Heureusement, j’arrive finalement à une île!

-Andréanne!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!  Sors du canot!

Je met les pieds dans la vase, je suis trempée, avec le vent, la grêle et l’eau j’ai des cheveux partout dans la face!  Je tire l’immense canot vers moi, pour ne pas qu’il retourne dans le lac pendant que je me met à l’abri.. et je m’enfonce dans la vase.  

-Andréanne!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!

Je fais ce que je peux.  Déjà sortie de la vase, mes pieds s’enfoncent dans la terre argileuse du champs dans lequel nous sommes arrivées.  Je ne vois pas devant moi, tellement il pleut, tellement il grêle.  

-Andréanne!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!

Antoine me tire fort, mais je suis prise dans la bouette.  Il grêle affreusement.  Au milieu de ce champ, c’est maintenant vrai : je peux me faire frapper par la foudre à tout moment.  

Je cours pour me mettre à l’abri.  Au loin, je vois une minuscule cabane de tôle.  

– Andréanne!  Attention!  Le trou!  Le trou!  

Notre abri, mesurant deux pieds par deux pieds est en fait…  une toilette!

Je regarde dehors, la boue dégouline de mon visage.  J’ai mal au visage à cause des grêlons. Autour de moi, les palmiers plient sous la force du vent.  Ouf, je souris en respirant l’odeur de notre abri… une bonne odeur d’excréments.  

***

Le lendemain, je reprends le canot.  Il est temps de quitter le lac Bunyonyi et ses tempêtes surprises.  Retournée à notre point départ, je reprends la moto.  Nous sommes trois : le conducteur, moi et Antoine, en arrière.  Il y a un sac-à-dos sur le guidon et un sac-à-dos sur le dos d’Antoine.  On est lourds et on glisse dans le sol argileux.  

Au début du voyage, je trouvais ça complètement fou de faire de la moto à trois avec les sacs-à-dos en avant et en arrière.  Après quelques semaines de voyage, je souris.  Ici, c’est d’même que ça marche.  Et, puis qu’est-ce qui pourrait bien arriver, hier j’ai failli me faire électrocuter!  Ah!  Ah!

24 – Kampala, la bouillante

Kampala est une ville bouillante, fumante.  Partout, on entend ronronner les moteurs des ”boda boda” (motocyclettes) roulant à pleine vitesse dans les rues bondées de passants pressés de se rendre ailleurs.  Bienvenue dans les plazas, des marches infinis et colorés, où on peut trouver tout ce dont on peut avoir envie : balais, pantalons, bouilloires, petites culottes et fer à repasser, tout y est mon ami! Au cœur du brouhaha des moteurs et des magazins, souvent, une femme ou un homme crie au coin de la rue des paroles religieuses : Crois en Dieu, mon frère, l’apocalypse est proche!

Mes sens surchauffent.  Je dois à la fois regarder si je mets les pieds dans un trou menant à un égoût ou si une motocyclette me passera sur le corps, tout en trouvant mon chemin dans cette ville qui me semble être un labyrinthe impénétrable.  Dans certaines rues, j’ai l’impression que la ville m’absorbe dans un flot infini de couleurs, de sons et de marchandises.  Bref, on est loin de Kabong!

Kampala compte un marché gigantesque, gros comme un quartier entier où les stands en bois faits à la main s’étendent et s’étendent encore.  Des dizaines petites ruelles se succèdent.  Neuf, usagé, tu y trouveras ce que tu veux, au prix que tu seras prêt à payer.

Quelques pas plus tard, une fois avoir dépassé les piles de vêtements, de légumes et de viande, pour arriver dans une section réservée à la nourriture preparée, on m’interpelle : Hey sister!  Veux-tu un chapati, un rolex, une brochettes de foie?  J’ai de l’intestin aussi, si tu en veux!

Pouah!  Quelle chaleur, je sors enfin de ce marché tentaculaire et je n’ai aucune idée d’où je suis, voilà bien 15 minutes que je marche dans cet endroit sans y trouver aucune issue.  Je suis de retour parmi les matatous (minibus) qui me klaxonnent et m’invite à aller dans les villes environnantes.

Je pars vers la rue des appareils électroniques.  Les magasins de technologie y sont souvent tenus par des Indiens, alors que les magasins de revente en gros de vêtements sont tenus par des Chinois.  Ça tombe bien, j’avais justement envie de manger autre chose que de l’Ugali (pain fait en Afrique de l’Est) et du poulet bicyclette.

Oh!  La nourriture indienne est tellement délicieuse!  Kampala comporte mille restaurants tous plus variés les uns que les autres.  Le poulet frit, les samosas, et les sautés indiens sont partout.  Je me régale!

J’ai beaucoup à faire ici, dans ce tourbillon, je dois trouver le bureau de poste, m’acheter de nouveaux livres de lecture et surtout, des jeans!  Mes pantalons de voyage sont tout tâchés et surtout trop grands!  À force de toujours manger du riz, j’ai fini par en manger moins.  🙂

Alors je continue ma route, et mes yeux s’agrandissent lorsque je lis le titre des grands journaux.  Le gouvernement vient de se positionner au sujet de l’homosexualité.  Je vais un peu plus loin et la route est soudainement bloquée pour laisser passer un convoi militaire avec des hommes portant tous les AK-47.  Au début de mon voyage, cela m’aurait choqué, mais la plupart des banques et des supermarchés sont gardés par des hommes armés, alors j’y suis maintenant habituée.

Ah Kampala!  Après plus d’un mois sans avoir visité une grande ville, je savoure la disponibilité de tout et la savoureuse nourriture dans une cacophonie envoutante.  Kampala est bien la capitale de l’Ouganda!  C’est une experience innoubliable!

23 – Le chemin, aussi important que la destination

J’arrive enfin au Parc national de la vallée Kidepo.  Je n’arrive pas à y croire.  Que de chemin, j’ai fait pour me rendre jusqu’ici.  C’est incroyable, une famille de phacochères broute près de l’endroit où je dors!

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Bienvenue dans un nouveau royaume, celui des zèbres, des buffles, des antilopes et des phacochères.  À moi la savane!  Aujourd’hui, je fais la traque aux excréments, meilleurs moyens de repérer les animaux!  Attention aux fourmilières!

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Au fur et à mesure que je traverse ces terres, je vois avec mes propres yeux, des animaux que je n’avais jamais vu de ma vie.

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Ils nous regardent, fiers.

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Au moment où j’admire ces animaux, je réalise des choses.  Autant, je me sens extrêmement chanceuse de m’être rendu dans ce parc national, autant je me sens aussi chanceuse d’avoir parcouru le chemin pour m’y rendre.

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Je repense aux longs trajets d’autobus et de moto, à la découverte des Karamojongs, à la chèvre que j’ai mangé, à mon arrivée, il y a déjà plusieurs semaines en Éthiopie.  La vue de ces animaux n’aurait aucune saveur, sans tous les efforts que j’ai mis pour me rendre dans cet endroit reculé de l’Ouganda.

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Je pense qu’à la vue de ces zèbres, j’apprend une belle leçon de vie :

Le trajet est aussi important que la destination.  Ce n’est pas la vue de ces zèbres qui me fait grandir, mais bien le chemin que j’ai parcouru pour y arriver.

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Je me dis qu’il faut profiter de chaque petits moments, difficiles ou faciles, sur notre parcours.  Si j’avais été centré seulement sur l’atteinte de ce parc national, je pense que je n’aurai pas autant apprécié l’unique et magique ville de Kabong, puisque cet endroit n’aurait été qu’un point sur mon chemin, en attendant d’arriver à l’objectif.

Bref, le chemin est aussi important que la destination. 🙂

21 – La chèvre, le baril et l’os

J’arrive au resto.  Une femme me tend le menu. Je commande de la chèvre.  

Je ne comprends pas trop pourquoi, mais la femme me dit que ça va être long en faisant une grimace.  

Quelques minutes plus tard, j’entends les cris.  Je comprends maintenant. La femme tue la chèvre, la vide, la découpe, la fait frire, coupe les patates, les fait frire également. Quand je mange la chèvre plus tard 2h30 ont passé.

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Et là, je ris.  Il y a des choses qu’on ne comprend qu’en l’expérimentant.  Le menu ne sert à rien, ici, comme l’accès aux aliments dépend de bien des facteurs.  Avec le recul, j’aurais pu mieux observer le langage non-verbal de la dame, et comprendre qu’elle ne voulait pas me dire non pour la chèvre, mais que durant toute la matinée, elle avait préparé plusieurs poulets.  Je ris, parce que c’est l’expérience qui rentre, demain je mangerai du poulet.   

***

Après mon dîner-souper, j’explorer la rue principale.  Un peu de béton, des petits kiosques qui vendent des crédits pour téléphoner, du riz, de l’huile.  

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Un peu derrière la rue principale les gens s’amassaient au milieu de quelques petites maisons.  Je me demande vraiment ce que tout le village faisait là, autour d’un gros baril.  Jusqu’à ce qu’on voit des gens se passer une louche dans une ambiance bien, bien joyeuse!  À coup de grosses lampées, les hommes comme les femmes s’abreuvaient d’un gros tonneau rempli d’alcool maison.  Alcool à base de quoi, j’en ai aucune idée, mais ça avait l’air bien fort!

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Pendant que je parle avec un homme pour savoir comment changer ma carte SIM de cellulaire du Kenya pour celle de l’Ouganda, Antoine me regarde droit dans les yeux.

–  J’ai vu l’os.

–  L’os de quoi?

–  L’os de jambe du petit gars.

–  Oh!

–  C’était une plaie infectée qui est allée trop loin.

–  Merde!

–  Ayoye, on continue à se promener?

–  Ok.  Allons-y.  

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C’est ça le voyage, tu as des petits chocs, constamment,  tout le temps, des petits moments qui ébranlent tes convictions.  En un regard, tu réalises des choses, lorsque tu ne t’y attendais pas.  Je continue mon chemin, mais dans les faits, j’y pense pendant des heures, c’est trop triste de penser que cet enfant-là va surement perdre sa jambe.

20 – Hey Muzungu!

Je me souviens d’avoir appelé ma mère en arrivant à Kabong.  Il faillait que je réalise! A travers ses yeux, j’essayais de me réveiller moi-même.  À force d’être dans l’inconnu tous les jours, j’en suis arrivé à me créer une carapace, question de ne pas trop capoter.  Des fois, que ça soit positif ou négatif, c’est juste trop intense d’être les deux pieds dans le quotidien des gens.  Comprendre, vivre, partager, découvrir, c’est un privilège tellement beau, mais cela prend aussi beaucoup d’énergie aussi.  Au téléphone, je lui ai raconté ça :

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J’ai eu un choc quand j’ai regardé dans les yeux de cette femme.  Elle m’a interpellé machinalement, comme beaucoup de gens font ici.  Ils sont curieux de savoir ce que je fais dans leur coin.  Elle m’a dit : «Hey Muzungu!»

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J’ai ris, elle a ris.  Puis, on s’est regardé, on a essayé de communiquer.  Elle portait une jupe carottée plissée, des sandales faites avec des pneus recyclés, un petit bébé dans son dos et des dizaines de petites scarifications dans son visage.

Elle riait de moi, l’étrangère.  Je rencontrais mon alter-égo ougandaise.  Même âge, même grandeur, même…  mais non…  on ne se ressemble pas finalement.  On ne pouvait pas se parler, puisqu’on ne parle pas la même langue.  Je me disais : «wow, on est tellement différentes!»

Toi avec ton bébé accroché dans ton dos, moi avec ma contraception, toi avec ton pagne plissé et moi avec mes pantalons, toi avec des scarifications, moi avec mon fond de teint, toi avec ta hutte sur la plaine, moi avec mon appart à Verdun, toi avec ton feu de bois, moi avec mon four en céramique.

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Comment la même planète peut créer des êtres si différents?  C’est capoté, que j’ai dit à ma mère.

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Le soir pour décompresser de tout ça, je prends une bière sur grosse roche, près de l’hôtel.  Dans la pénombre , je peux réfléchir.  Le monde est si grand, les cultures si diverses et belles.  Je me sens vraiment privilégiée d’apprendre à en connaître quelques unes en Afrique de l’Est.  J’en savais si peu avant de partir.  Et la réalité est à des années-lumières de l’image que je m’étais faite.

Pendant que je me pose mille questions sur la vie, un homme passe devant moi avec une brouette pleine de chèvres égorgées et sans peau.  Quelle vision suréaliste!  Je soupire.  C’est si magnifique, Kabong.  C’est si brute, le royaume des Karomojongs.

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19 – La panne sèche

Et j’ai décidé d’aller au parc national de la vallée de Kidepo, dans l’extrême nord de l’Ouganda.  Ce parc étant relativement peu visité par la population locale, j’ai bien vite compris que peu de transports se rendaient jusqu’à cet endroit…  L’aventure recommençait!

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Nul besoin de dire que la paysage a changé drastiquement!  Des grandes étendues vertes de Sipi Falls, je me retrouvais littéralement au Far West!  Ainsi, j’ai pris un bus, puis un autre, pour enfin me retrouver bloquée…  Il était 6h00 de l’après-midi et je ne pouvais plus continuer mon chemin, aucun transport n’allait plus loin pour la journée. J’attendais sur le bord de la route depuis déjà 1h30.

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Je me suis alors mis à chercher un hôtel, ce que j’ai rapidement trouvé.  Le soir, je me couchais tôt espérant trouver un autobus pour le lendemain…

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Et le lendemain.. je me réveille en sursaut!!  J’entends le klaxon d’un gigantesque autobus voyageur devant ma porte de chambre!  Il est 6h00 du matin, je n’en crois pas mes oreilles!

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Je m’habille rapidement et je ris!  Et oui, toute la petite ville s’est passé le mot : des étrangers sont arrivés et ils cherchent un transport pour aller au nord!  Cette situation est surréelle.  Malheureusement, je n’ai pas réglé la chambre et mes baguages ne sont pas faits, je laisse donc passer cette opportunité. 🙂

Je ramasse donc mes choses et j’entreprends d’aller déjeuner.  A peine assise, on me propose un nouveau transport : c’est vraiment officiel, tout le monde sait maintenant que des étrangers sont ici!  Les gens sont gentils, tous veulent m’aider.  J’avale rapidement mon déjeuner et je suis repartie dans l’auto d’un homme rencontré au restaurant.

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Repartie… dans le Far West! C’est sec, je n’ai jamais vu quelque chose comme cela. Le sol est rouge, les arbres cactus sont partout!  L’homme m’informe rapidement que la région est à sec d’essence et qu’il se peut que nous ayons des problèmes.

Après 3 heures de route, nous sommes effectivement à sec.  Nous arrivons dans une petite ville, mais il n’y a plus d’essence à la station service locale.  Je dois avouer que cela ne m’est jamais arrivé : faire un arrêt dans une station n’ayant plus d’essence… Après avoir parlé à plusieurs personnes, mon conducteur achète un litre d’essence au gros prix à un Ougandais qui avait déjà fait des réserves pour faire un profit plus tard.

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1h30 de route, c’est la panne sèche.  Nous poussons la voiture, mais ce sera impossible de l’amener jusqu’à la prochaine ville, vu la distance.  Épuisée de m’assoie sous un arbre cactus.  Pour me faire rire, l’homme me fait goûter à de l’aloès ; il y a des plants gigantesques partout.  C’est définitivement l’aliment le plus astringent que j’ai goûté de ma vie!  Il m’explique que cette plante est courramment utilisée pour les coups de soleil, ici.

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Deux heures sont maintenant passée, quelqu’un en moto vient nous porter de l’essence.  C’est un miracle!  Je commence à comprendre la solidarité africaine, tout le monde s’entraide face aux pépins de la vie.  🙂

Je rembarque dans l’auto et j’arrive maintenant à Kabong : le pays des Karamojongs…. Plusieurs Ougandais m’avaient dit de ne pas m’aventurer jusqu’ici.  On disait bien des choses sur les Karamojongs, et j’étais maintenant prête à découvrir si toutes ces rumeurs étaient vraies… A suivre!

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