12 – Comment je me suis trouvé à 10 pieds du Dalaï-Lama

Un jour normal de la semaine, un jour sans histoire à Dharamsala, j’ai vu soudainement cette ville du Nord de l’Inde se transformer.  Tout à coup, la capitale du gouvernement tibétain en exil était en pleine ébullition, presqu’en train d’exploser de joie.  Partout, les gens nettoyaient les rues, l’avaient les allées, étendaient des drapeaux de prières.  A 15h00, une foule incroyable s’était amassée sur le bord de la rue principale de Mc Load Ganj.  Trois larges rangées de gens dans leurs plus beaux habits épaississaient maintenant les côtés de la route.

Incrédule, je regardais les gens autour de moi.  Qu’est-ce qui se passait?

Eh bien, eh bien, après un voyage en Occident, le Dalaï-Lama, leader suprême du bouddhisme tibétain, revenait au bercail.  Et oui!

Comme plusieurs Occidentaux, je connaissais de nom ce chef spirituel, connu à travers le monde!  Une vraie légende dans le monde de la spiritualité! D’ailleurs, il avait fait une entrée assez fracassante dans ma vie lorsque j’étais arrivée en ville!  A l’époque, j’avais à peine déroulé mon sac de couchage, quelques minutes après avoir rencontré ma nouvelle famille d’accueil, que ma mère de famille d’accueil m’avait vivement conseillé de changer la façon dont je dormais dans la chambre qui m’avait été assignée!  C’est que ma famille me faisait dormir dans la seule chambre fermée de leur appartement, soit la salle de prière.  Couchée dans la petite pièce de béton sans chauffage sur un meuble en bois recouvert d’un tapis sans matelas, j’avais commis l’erreur suprême! Effectivement, j’avais mis mes pieds du côté de l’hôtel où les prières prenaient lieu chaque jour! Pour la néophyte de la tradition tibétaine que j’étais, j’avais malheureusement commis une grande erreur!  Ouf, j’ai rapidement changé ma tête d’oreiller de bord et j’ai appris sur le champ que je ne devais plus jamais porter mes pieds dans sa direction!

 

Bref, j’ai compris rapidement l’importance de ce grand homme pour ma famille d’accueil et cela expliquait pourquoi la ville de Dharamsala faisait son grand ménage de printemps pour son arrivée!  Devant tant d’effervescence, j’étais moi-même vraiment enthousiaste par rapport à sa venue en ville!  J’avais lu son livre, et je dois dire que même si je ne me réclame d’aucune tradition religieuse, j’avais beaucoup aimé son approche de la vie.

7 – Comment le Dalai-Lama a changé ma vie

Quelques secondes plus tard, un large convoi de voitures emplissait les rues, les gens, le sourire aux lèvres, entouraient de très près la file de voiture.  Tous, sans exception, allaient écouter le mot d’arrivée du Dalaï-Lama.  Tout étant fermé en ville, j’ai rapidement suivi le flot de la foule pour me retrouver presque nez à nez avec le Dalaï!  Quelqu’un a pris ma main, puis un autre, puis sans m’en rendre compte, on m’avait amené dans la section réservée aux étrangers à quelques pas seulement du leader spirituel!  Oh boy!  Nous étions une vingtaine tout au plus.

Encore aujourd’hui, j’ai de la difficulté à décrire l’ambiance de ce moment, entourée de centaines de personne buvant les paroles d’un seul homme dans un respectueux silence de prière.  C’était à la fois fou de voir une foule aussi fervente (des gens écoutaient le mots de bienvenue jusque bien loin dans la rue) et de voir cet homme de mes propres yeux, alors que j’avais tellement lu sur le rôle politique qu’il avait eu lors de l’exil du peuple tibétain du Tibet.

Ouf, quelle expérience unique!

Et vous, avez-vous déjà rencontré un personnage célèbre comme le Dalaï-Lama?

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5 – A la douche!

Je regarde le seau rempli d’eau froide avec un sourire sarcastique, toute nue dans la salle de bain.  L’eau est vraiment froide, et il y a en peu, mais mon petit seau est plein.  Bon, j’essaie de comprendre la logique de la chose, de savoir comment je vais faire ça, prendre ma douche au seau d’eau.  Ma mère de famille d’accueil a insisté, c’est aujourd’hui que je me lave… et que ça saute, ici, il n’y a pas de gens pas propre, surtout pas sa fille d’accueil!  Elle m’a donné un gros seau, puis un p’tit bol, puis elle a tourné les talons pour retourner à la cuisine.

Je repense à la douche chez mes parents.  L’eau chaude à volonté, le bouton avec lequel tu peux décider de la température.  Le jet d’eau avec une roulette qui tourne, afin que je puisse choisir la forme du jet.  Ouin, ici, c’est un peu différent.  Tranquillement, je m’agenouille sur le sol en céramique, je m’asperge d’eau à grands frissons.  Puis, j’entreprends de me savonner le corps et les cheveux.  L’eau est glacée, je me dis que je ne prendrais pas ma douche souvent ici en levant les yeux vers le ciel.

Oh!

Je-ne-suis-pas-seule!

Je prends ma douche avec une belle grosse araignée poilue grosse comme ma main, dans le coin à droite de la pièce. Ahhhhhh, je déteste les bébittes! Rapidement, je prend mon p’tit bol, le rempli d’eau à grande vitesse et m’asperge à grand jets les cheveux la tête virée par en avant.  L’eau utilisée revient dans le seau, car la quantité est limité.  Soudainement, je n’ai plus vraiment froid.  Hop, hop, de l’eau partout.

Vite, je m’enroule dans ma serviette en micro-fibre et retourne dans ma chambre presqu’en courant.  Oufffff, j’ai pris ma première douche au seau!

Dans les prochaines semaines, je m’habituerais facilement à cette nouvelle manière de me laver et cela me servira dans tous mes futurs voyages.  Dans presque tous les endroits où j’ai voyagé les gens se lavent quotidiennement avec un seau.  Aujourd’hui, je trouve cela tout à fait normal.  A partir de ce moment, j’ai réalisé la quantité astronomique d’eau que j’utilisais chez moi au Québec dans une douche régulière et j’ai cessé de prendre l’accès à cette ressource pour acquis.

Entre temps, l’épeurante araignée est restée dans son coin à m’observer dans mon habit de naissance.  Effrayée, j’en ai économisée de l’eau cet automne-là à avoir peur de me faire manger par l’araignée géante!  Un jour, j’ai été vraiment tannée de la terreur de cet insecte à 8 pattes.  Habillée de la tête au pieds et un filet sur la tête, j’ai pris les grands moyens : je voulais la chasser avec un balai!!! L’adrénaline au bout, je l’ai picossé pour quelle se sauve enfin! Arghhhhh!

Son cadavre mort est alors tombé dans mon seau d’eau.  Beurk!

J’ai pu enfin avoir la paix en pennant ma douche… ou plutôt mon seau!

Avez-vous déjà vécu des aventures avec des insectes en voyage?

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4 – La famille!

Arrivée à Bir, je rencontre enfin ma famille d’accueil.  Pour le prochain mois et demi, j’aurai une nouvelle mère, une nouvelle sœur et un nouveau petit frère.  Ils me considéreront comme un membre de leur clan et je les suivrais dans tous ce qu’ils font.  L’idée d’aller vivre en famille est simple : en vivant côte à côte au quotidien du réveil à la tombée du jour, j’apprendrais à découvrir en profondeur la culture locale.  Des habitudes de sommeil, à l’alimentation et la consommation d’alcool, j’en apprendrais également plus sur leur habillement, leurs emplois, leurs rites religieux.  La liste de ce que j’ai à apprendre est longue!

A peine arrivée, déjà je remarque tellement de choses qui sont différentes de chez moi.  A l’époque, je me faisais de grandes réflexions!  Je découvrais pour la première fois tellement de choses!

Premièrement, il y avait beaucoup de déchets un peu partout.  Pas de déchets dans les poubelles, mais dans les fossés, les canaux, les rivières, sur le bord des trottoirs.  Beurk!

Dans un deuxième temps, le boucher du village opérait dans un espace entouré de moustiquaire et fait en planches de bois.  J’avais beau regarder et regarder encore, il n’y avait pas de frigo chez le boucher.   D’ailleurs, la coupe de la viande se faisait aussi de manière différente… A chaque client venu, l’homme découpait un large morceau directement de la carcasse suspendue à l’air libre.

Ces éléments me choquaient.  Sur le coup, je me disais… ouf! le sens de la propreté est horrible ici et oh mon dieu, je pense que je vais devenir végétarienne!  La viande n’est pas fraîche!  Oui, j’apprenais bel et bien à découvrir le choc culturel!  Tellement de choses de ressemblaient pas à chez moi, et formaient des contradictions dans ma tête.  Sur le coup, je trouvais ça vraiment dégueu!

Au  fil des années, j’ai appris à comprendre que ce qui peut ne faire aucun sens pour moi au début, demande une réflexion plus en profondeur, et que le jugement rapide sur une situation qui apparaît choquante ne sert à rien.

Par exemple, quand je revois ces piles de déchets un peu partout en comparaison à nos belle poubelles d’Occident, je pense aussi aux sommes astronomiques de biens de consommation achetées et formant, par exemple, des montagnes de déchets électroniques chez nous.  Je me dis alors que les gens du village où j’habitais allaient probablement moins consommer dans toutes leurs vies moins que moi au Canada durant quelques années.  Alors qui est vraiment plus propre pour l’environnement?

Et le boucher.  La viande non réfrigérée ne m’a jamais inspirée 😉 Mais j’ai compris par la suite que la viande du boucher est presque toujours fraîche, car il tue les animaux en fonction des besoins du moment et il n’y jamais pas de gaspillage.  Ce n’est pas comme nos supers marchés où tout est disponible tout le temps et où il y a tellement des surplus qui ne sont pas mangés.

Bref, j’étais bel et bien en Inde.  Et grâce, à ce voyage m’a tête bouillonnais de nouvelles réflexions.  D’ailleurs, le choc culturel se pointait déjà le nez!  Et puis, vivant avec ma famille d’accueil, j’étais au meilleur endroit pour en apprendre plus!

Et vous, quelles sont les grandes réflexions que vous avez eu en voyage?  Partagez-vous les miennes?

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