L’Afrique, le futur paradis du voyage sac-à-dos

Il a quelques mois, j’ai eu le plaisir de travailler avec Jennifer du blog «Moi, mes souliers» à l’adresse suivante : http://www.moimessouliers.org

Je vous invite à visiter son blog, afin de me lire sur les 5 plus grands mythes du voyage sac-à-dos en Afrique et pourquoi ce continent sera probablement bientôt, le futur paradis de ce type de voyage.  A bientôt!

C’est par ici : http://www.moimessouliers.org/lafrique-le-futur-paradis-du-voyage-sac-a-dos/

Voyager en sac à dos en Afrique

 

14 – En route vers le Kenya

4h30 AM. Le taxi m’amène à la grande gare de bus d’Addis-Abbeba. Autour de moi, des bus, des bus et encore des bus. Pas de rang, pas de pancartes, ils sont tous mélangées comme des céréales dans un bol de lait. Il fait encore nuit noire et partout autour de moi des hommes crient à tue-tête des destinations sur la côte est africaine. Une cacophonie matinale où j’entends tout, sauf la destination de mon billet d’autobus.
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Étourdie, je demande alors mon chemin. Un homme arrête de crier et me tire de l’avant! Il marche à toute vitesse dans la gare à la recherche de mon autobus. Il cherche et cherche, mais ne trouve pas. Alors il abandonne et me trouve un autre homme à suivre…

– Moyale! Moyale! Moyale!

L’homme marche encore plus vite. J’ai peine à le suivre, je cours, je cours. Puis, il s’arrête, découragé, ne trouvant pas ma destination. Cinq hommes se relaient de cette manière auprès de moi sans jamais trouver mon autobus. L’heure de mon départ se rapproche, et je commence à stresser.

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Puis, quelqu’un m’aggripe par le bras, et me prend ma main… Je refuse, il s’en fou et m’emmène au pas de course dans les bureaux de la gare. Là-bas, en voyant mon billet on me dit aussitôt de rester là. J’attends hébétée, perdue au milieu de tant d’action… Et là, hop, c’est reparti, on me met un autre billet de bus dans les mains et on me tire une fois de plus!

-Yabello?

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que je suis dans le bus, sans savoir où est la ville de Yabelo. L’homme est parti, le l’autobus démarre et moi, j’ouvre mon guide de voyage pour découvrir où se trouve Yabelo.

Je me rends rapidement compte que je me dirige vers une ville proche de la frontière, la liaison de bus qui me mène le plus près possible de ma destination au Kenya!  Un chance que les gens étaient là pour m’aider!

***

15 heures plus tard, j’arrive. Le soleil est couché depuis longtemps.  L’hôtel devant lequel le bus m’a laissé est plein et les quatre suivants aussi. Il fait nuit et j’entre finalement dans un bar, à la recherche d’un lit. Voyant notre situation, une jeune femme en hoodie se lève sans hésiter et m’amène plus loin de la rue principale. Je lui fais confiance. Quoi faire d’autre dans ce genre de situation. Elle  m’emmène à plusieurs adresses sans succès. Puis, elle finit par pousser une lourde porte de fer. J’ai enfin un lit.

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Je me couche épuisée, il est beaucoup trop tard pour souper maintenant, tout est fermé. Je réfléchie.  Aujourd’hui, j’ai vécu une autre journée rocambolesque, certes, mais je n’aurai jamais réussi à me rendre jusqu’ici sans l’aide des gens autour de moi. Tous ont passé plusieurs minutes à essayer de trouver une solution à mes problèmes sans rien demander en échange, même tôt le matin, même tard le soir.  Je pousse un soupir, je suis vraiment reconnaissante.  Même au coeur des ruelles sombres, je me suis toujours sentie en sécurité, ici, et j’ai toujours trouvé quelqu’un pour m’aider.

***

Quel bonheur! Je suis maintenant arrivée à la frontière de l’Éthiopie et du Kenya! Les Éthiopiens nous souhaitent un chaleureux au revoir et les Kenyans un joyeux bienvenue! C’est avec un sentiment d’accomplissement que je traverse le pont détruit qui sépare les deux pays. Il n’y a plus qu’une mince couche de ciment qui construit le parcours entre les deux États.  N’appartement à personne, ce bout de chemin en destruction représente littéralement la frontière entre les deux pays.  Demain, j’arrive à Marsabit!

***

5h00 AM Je remet mon sac à dos sur mes épaules. Il pleut, le sol rouge crée une boue orangée. Le bus démarre. La route est si mauvaise que je dois tenir mon siège à deux mains pour rester en place. Je saute tellement que je me cogne la tête au plafond. Un femme fait de même, et se met à saigner abondamment du nez. La route entre Moyale et Marsabit est célèbre, tous les voyageurs la connaissent comme étant une des pires de la région!  Mais croyez-moi, ici les routes sont aussi mauvaises que les gens sont chaleureux.

Et vous quelles frontière avez-vous traversé à la marche?  Comment s’est déroulé cette expérience?

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13 – 5 raisons de voyager en Éthiopie avec son sac-à-dos

1 – Un café local absolument savoureux!

L’Éthiopie, est un expresso brûlant.  Dans ce pays, on sert un café fort et fier comme ses habitants, un café aussi intense que l’action dans les rues le jour, et dans les bars de la capitale la nuit.  

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2 – Un pays en plein changements

A Addis-Abbeba, où que tu sois, un café t’attend.  Et des rencontres aussi.  La ville est vibrante, la jeunesse est partout.  La capitale de l’Éthiopie se nourrit à la caféine en attendant son heure de gloire.  La tôle est là, mais rapidement, des chantiers de construction dirigés par des Chinois émergent.  Certains mendient, alors que les universités et les cafés sont pleins.  L’Éthiopie est remplie de contrastes.  Quand tu seras épuisé de faire ton chemin parmi les chèvres, les camions d’ONG, les ânes et les minis-bus, tu pourras aller prendre un café avec un Éthiopien qui te souhaite la bienvenue, car ils sont vraiment très accueillants.

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3 – Une culture et une histoire absolument unique et fascinante

L’histoire de l’Éthiopie est riche, bien plus riche que les traditionnels récits de famine véhiculés en Occident.  Les musées sont remplis de fresques aux personnages ayant des yeux ronds comme des billes, décrivant des scènes de la vie quotidienne, de grandes conquêtes ou encore les moments cruciaux du Christianisme.  Les Éthiopiens sont beaux, cherchant constamment, lorsque leur bourse leur permet, à orner leurs corps de bijoux faits dans toutes sortes de matériaux.  

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Monarchie, régime communiste, occupation italienne.  Il me semble que l’on a mis bien peu de cette histoire en valeur dans ma propre éducation.  La réalité est tout autre. Les Églises sont remplies de reliques et les cimetières de gigantesques pierres tombales.  Ça vaut la peine d’être vu!

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4 – La découverte d’une vie à un autre rythme

En Éthiopie, le soir, il fait vraiment noir.  N’essaie pas de voir deux pouces devant toi ; c’est impossible!  Comme peu de gens ont l’électricité à l’extérieur d’Addis-Abbeba, souvent rien ne vient briser le voile de la nuit.  Au départ, je considérais cela dommage. Je me disais, wow, pas de four, pas de micro-onde, pas de frigo, pas de laveuse à linge ; c’est assez limité en terme de commodité!  Pourtant, j’ai rapidement compris que les gens vivaient à un rythme complètement différent de l’Occident et que je me trompais royalement. Avec toute les services avec lesquels nous vivions, on en vient à croire qu’ils sont essentiels à notre vie, alors qu’au final ce n’est pas le cas ; les gens se débrouillent très bien et cela fait du bien de partager ce rythme plus lent.  

5 – Des montagnes magnifiques

Durant mon séjour dans ce pays, j’ai eu la chance de visiter les Simens Mountains ; un des plus treks de ma vie.  Crevasses gigantesques, troupeaux d’animaux et villages de berger rendent cette expérience absolument extraordinaire.

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Voici trois articles décrivant cette fascinante expérience :

6 – Fanta, le fantastique et son AK-47

7 – Trekker pour mieux s’accepter

8 – Les singes géants

En résumé

Bref, l’Éthiopie est un pays fantastique!  C’est un très bon point d’entrée pour l’Afrique.  Une culture riche, un pays sécuritaire et économique, une nourriture délicieuse et des gens très accueillants!  

Par contre, je n’y ai vu que des tours organisés et le voyage sac-à-dos y est bien peu développé.  Pourtant, il y a presque toujours des petits hôtels et restaurants qui rendent ce type de voyage absolument possible.   Pour cette raison, cela vaut vraiment la peine de s’éloigner des sentiers battus, tu seras alors complètement seul : il y a très peu de backpackers dans le pays.

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J’ai beaucoup apprécié ce pays vivant et plein d’espoir ; l’Éthiopie a été mon pays préféré de toute l’Afrique de l’Est.  Les transports sont un peu chaotiques, c’est vrai, mais cet inconfort en vaut totalement la peine pour toutes les découvertes à faire et surtout, pour les gens à rencontrer.

Et puis, est-ce que je vous ai donné le goût de visiter ce fabuleux et mythique pays?

 

12 – La plus longue journée de ma vie

Je me lève à 3h45.  Je lave mon visage, mets mes souliers et mon sac-à-dos. Dehors, il fait toujours nuit, les chiens hurlent.  Il fait froid.  Je marche les deux kilomètres qui me séparent de la gare de bus.  On m’a dit qu’il y avait des jeeps qui partaient pour Addis-Abeba, ce matin.  J’en ai parlé avec des gens rencontrés à Lalibela la veille: rendez-vous 4h30 à la gare centrale.

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4h55, je suis toujours seule.  Conclusion : iI n’y a pas de jeep.  Tant pis, je prendrais le bus…  Je me suis levée trop tôt.

Le soleil commence à se lever.  Les gens s’agglutinent près de l’entrée de la gare.  Je me fonds dans la masse, agrippée aux barreaux.  Les gens sont fébriles, tous veulent s’assurer d’avoir une place dans l’autobus.  Il faut absolument que je trouve mon bus avant l’ouverture des portes!  Tout est écrit en Amharique…  et je n’arrive pas à lire cet alphabet…  je me demande comment je vais m’assurer une place si je ne peux identifier le bon bus et courir vers celui-ci à l’ouverture des portes.

Tic, tac, tic… et c’est parti, il est 5h00 du matin!  Les gens sprintent autour de moi, c’est la débandade pour avoir une place dans un transport.  Je m’assure que les bagages sont bien accrochés sur le toit, puis je vais réserver des places. Je suis obligée de pousser les gens, ce n’est pas ma stratégie favorite, mais, eux, ils me poussent bien!  Un p’tit coup de coude ici, un p’tit coup de coude par là!

–  Il n’y a plus de billet pour ce bus là, sort!

Et merde.  La veille, je suis venue deux fois à la gare de bus pour réserver les billets. Pas du bureau, pas de billets, mais un gars qui nous dit qu’il nous réserve une place dans un jeep…  Bon maintenant, pas de jeep, pas de billet, je crois que je n’ai pas encore compris comment les transports fonctionnent ici.  😉  Il est maintenant 5h15 du matin..  

Oh! Oh! On m’attrape l’épaule, quelqu’un me tire!  Vite, il y a de la place dans l’autre bus là-bas, cours, cours!  

Succès!  Je suis finalement assise et j’ai un billet! Je ne sais pas comment j’ai fait, mais je suis là!  Au moment où je me dis que je suis sauvée, une odeur se rend à mon nez.  La femme à côté de moi porte un bébé naissant et il dégage une certaine senteur…  En fait, l’enfant ne porte pas de couche (ce n’est pas très commun ici).  Sa mère ne peut que souhaiter qu’il n’y ait pas «d’accident» durant le trajet…  Malheureusement, durant les 200 km totalisant 5 heures…  ce souhait ne s’est pas réalisé… mon chandail sent maintenant l’urine.  

Suite à cet odorant trajet de bus, j’en ait pris trois autres semblables.  Les genoux dans le visage, ma tête cognant au plafond, les poulets me mordillant les chevilles, je me suis dit que ça ne pouvait pas être pire… sauf quand le gars derrière moi…  a vomi sur moi.


Quel soulagement!  Il est 22h00 et nous nous arrêtons enfin pour souper!  Je sors du bus, commande une injera et savoure mon coca-cola.  J’en profite pour détendre mes articulations.  Dans le resto où je me trouve, il n’y a que des hommes.  Je me sens observée… mais cela ne me fait rien, je n’ai pas mangé de la journée, alors je n’ai d’attention que pour mon injera. 

Je sors du resto, et un gars saoul me suit.  Il n’a clairement pas toute sa tête. Les gens près de moi le regarde en riant.  Je ris également, jusqu’à ce qu’il me demande d’aller prendre un verre!  Je lui dit gentiment que je ne suis pas intéressée.  Mais l’homme insiste et la tension monte.  Un autre homme se met de la partie et pousse mon assaillant.  Celui-ci essaie de répliquer, mais ses coups de pieds ne nous atteignent pas.  Avec tout l’alcool qu’il a bu, il clairement impossible pour lui de nous faire du mal!  Impuissant, il finit par s’en aller et nous par rentrer dans le bus.  Et c’est reparti, il est 23h30, plus que trois heures et demi avant d’arriver à Addis!


2h30 du matin.  Mes articulations me font mal, mes genoux sont fatigués d’être pliés. Heureusement, je suis finalement de retour à la capitale.  Ouf, quelle journée! Mais l’aventure ne pouvait pas se terminer aussi facilement!  Il n’y a plus de place à l’hôtel où je pensais aller dormir, ni au suivant, ni à l’autre et comme ça pour tous les hébergements que je connais dans le coin!  Je ne peux pas croire que je me promène à 3h00 du matin dans les rues de la capitale de l’Éthiopie sans savoir où dormir!  Heureusement, cette ville est sécuritaire, même la nuit.  

Finalement, je trouve un vieil endroit.  Une prostituée parle à mon compagnon :

  • Come on, men!

Je ne prends pas le temps d’attendre que ce dernier refuse ces généreux services… je monte me coucher.  Je regarde la chambre : la cuvette est cassée en deux et il n’y a pas d’eau.  Au menu, il y a du rouge à lèvre sur les murs, des condoms sur la tables, des draps croûtés, et aux bruits que j’entends, je me trouve bien…  dans un bordel!  Cette situation est complètement irréelle!

Ça fait maintenant 24 heures que je suis debout; je n’ai même pas la force d’être découragée.  Je crois que je vais dormir dans mon sac de couchage ce soir. Il est maintenant 3h30 du matin et je suis épuisée. Je m’endors au bruit des moustiques qui me piqueront sans aucun doute cette nuit, car je n’ai pas mis mon filet…  Demain, sera une meilleure journée 🙂

Et vous, avez-vous déjà eu de longues journées de voyage comme celle-ci?

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11 – Lalibela, au coeur du christianisme

Au nord de l’Éthiopie se trouve l’un des lieux les plus célèbres de ce pays : Lalibela.  C’est un endroit tout-à-fait mythique, où l’on trouve des églises chrétiennes creusées à même le sol, directement dans le roc.  A la hauteur du sol, il est impossible de les détecter; elles sont seulement visibles à partir du ciel!  Une fois de plus, j’en découvre un peu plus sur la riche histoire de l’Éthiopie.

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A l’intérieur des parois de roc, se trouve les tombes des prêtres y ayant réalisés des cérémonies il y a des centaines d’années.  Ces églises sont toujours en activité aujourd’hui!.  Les bijoux des tombes ont été pillés, mais certains squelettes y sont toujours!  J’y ai d’ailleurs vu un pied… ouf!  Quel choc de voir soudainement un os!

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Ces églises sont remplies de fresques réalisées par des chrétiens orthodoxes représentant des scènes religieuses et des conquêtes.  Je reconnais le style typique des peintures éthiopiennes: des personnages à la tête et aux yeux ronds.

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L’architecture de ces monuments est complètement fascinante.  Creusés à la main, je m’imagine tout le travail derrière ses bâtiments inclus dans la terre. Je n’avais aucune idée des liens entre la religion et cette partie du monde, alors qu’ici tout le monde raconte que l’Éthiopie est le véritable berceau du Christianisme!  J’apprends milles choses!  J’ai bien fait de faire ces 10 heures d’autobus de la capitale pour venir jusqu’ici, même si c’était tout un chemin pour venir ici!

Et vous, quelles ont été les églises les plus impressionnantes que vous ayez visitées à travers le monde?

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10 – Culture, questionnements et confiance

Suite à mon trek dans les Simiens Mountains, je suis allé rendre l’équipement loué à un Éthiopien que j’avais rencontré dans la rue.  Il m’a alors invité à souper dans sa famille avec son père et sa petite sœur.  Je me suis empressée d’accepter, car il s’agissait d’une excellente occasion de partager avec une famille Éthiopienne.

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Dans sa petite maison, il y avait tout le nécessaire pour vivre confortablement, mais simplement.  Je me rends rapidement compte que je suis reçue comme une grande invité.  Ensemble, nous mangeons la délicieuse et typique injera éthiopienne.  C’est tellement bon! Pendant quelques minutes, nous discutons des Simiens Mountains, puis le sujet se rapidement dirige vers nos différences culturelles.   Le jeune homme me raconte alors une histoire qui me fait beaucoup réfléchir.  En effet, à travers ses yeux, je découvrais un pan de ma culture auquel je n’avais jamais pensé.

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Un jour, il rencontra une touriste dans la rue, une canadienne.  Elle semblait perdue et déroutée.  Il lui a alors demandé si elle avait besoin d’aide.  Elle répondit que oui, elle était très malade et cherchait un hôpital.  Il lui a alors parlé de l’hôpital le plus proche où les étrangers ont l’habitude d’aller.  Puis, il lui a proposé de l’accompagner, afin lui montrer le chemin.  Craintive, elle lui demanda pourquoi il voulait l’accompagner, qu’elle ne lui avait rien demandé.  Il lui a simplement dit qu’il voulait l’aider.

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-Ok, mais veux-tu de l’argent?

-Non, voyon!

-Alors pourquoi veux-tu m’aider?

-Parce que tu as besoin d’aide.

-Pourquoi je devrai te faire confiance?

-Tu as le choix, moi je te propose mon aide, c’est tout.

-Je peux pas te faire confiance comme ça, veux-tu de l’argent?

-Non!

-Ok, laisse faire, je vais y aller toute seule.

Finalement, il lui indiqua son chemin, et son numéro de cellulaire et, il parti.

Finalement, au bout d’une heure, la femme le rappela, car elle était perdue, elle lui a demandé de venir l’aider.  Il est alors revenu en vue de l’amener à l’hôpital.  Elle a fini par lui redemander s’il voulait de l’argent. Il a dit non.

-Mais pourquoi m’as-tu aidé alors?

-Parce que tu avais besoin d’aide!  

Et il reparti.  

En racontant cette histoire, mon interlocuteur semblait absolument consterné!  Il disait sans cesse qu’il ne comprenait pas ma culture!  

-Votre culture est tellement tourné vers l’argent!  Vous ne pouvez pas faire confiance à quelqu’un si vous ne le payez pas!  Personne ne peut faire un geste par générosité chez nous?

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Pour moi, c’était fascinant d’entendre la perception de quelqu’un d’autre sur ma propre culture!  

Il est inutile de dire que je ne crois pas que ce sont tous les Occidentaux doivent payer de l’argent pour faire confiance à un étranger.  De même, je ne pense pas qu’il faut faire faire confiance aveuglément à tous les étrangers qui propose leur aide dans la rue.  Loin de moi, l’idée de vouloir généraliser, mais l’histoire me faisait réfléchir…

Je crois quand même qu’il y avait un fond de vérité dans ce que qu’il disait. Parfois, l’échange d’argent nous confirme que l’on peut s’attendre à quelque chose de bon de quelqu’un  Si ce n’est pas le cas, on se questionne automatiquement sur les intentions de l’autre personne.  Toutefois, à la lumière de mes quelques semaines de voyage en Éthiopie et de ma rencontre avec ce nouvel ami, c’était clair pour moi :  les gens me veulent du bien!  Il trouvait les Occidentaux tellement craintifs!  

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Bref, faire confiance à de nouvelles personnes est un constant défi en voyage.  Comme les relations sont de très courtes durées, il est nécessaire d’exercer un jugement rapide.  Et cet Éthiopien m’apprenait que le fait de payer donnait souvent confiance aux touristes, alors que selon lui, les locaux avaient seulement l’intention d’aider sans arrière pensées…

Et vous, auriez-vous aussi réagi de la même manière que cette touriste canadienne?

9 – Gondar, la magnifique

Qui aurait cru que je trouverais à Gondar au Nord de l’Éthiopie, un château gigantesque aux allures médiévales.

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Je franchis les murs de garde et me voici entourée de tours, de tunnels, de meurtrières et de cachots.  Un sauna en pierre a même été construit au coeur du bâtiment!

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Devant ces monuments, je me rend compte que je n’ai aucune idée de l’histoire de ces lieux.  Je ne sais absolument rien à propos des anciennes routes de commerce de la région, ni des rois ayant conquis ce territoire.

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En découvrant ces lieux, je me rends bien compte que la culture éthiopienne est unique, distincte des autres pays d’Afrique, et franchement captivante! Les fresques dédiées à la description de l’histoire du pays ou à l’illustration de scènes religieuses chrétiennes s’inscrivent dans un style artistique tout à fait particulier.  Par exemple, les personnages sont tous peints avec de grands yeux ronds!

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Je me sens vraiment chanceuse de pouvoir avoir accès à toute cette richesse culturelle.  En même temps, j’ai un petit goût amer.  Je trouve dommage que la seule chose dont on me parlait avant de venir ici était la famine qu’avait connu le pays.  L’Éthiopie a tellement plus à offrir que cette image qui est maintenant chose du passé!  D’ailleurs, je m’étonne du message qui est véhiculé sur ce pays en pleine croissance…  Après tout, il y a actuellement plus de grues de construction à Addis-Abbeba, qu’à Montréal!

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Cette constatation me motive à en savoir davantage sur ce fascinant pays.  Aller!  Je retourne à mon château et à cette ville envoûtante qu’est Gondar!

Et vous, avez-vous déjà voyagé  dans un pays où l’image que vous en aviez avant de partir était totalement différente de ce que vous avez découvert en y voyageant?

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8 – Les singes géants

Au premier campement, nous sommes les seuls.  Les tours organisés se rendent directement au sommet.  Je commence à monter ma tente, puis à faire le souper ; des pâtes mélangées et du lait concentré.  Quelques minutes plus tard, plusieurs petites filles se rassemblent autour de moi pour m’observer.  Qu’est-ce que je mange?  Elles n’ont probablement jamais mangé de pâtes, puisqu’elles ne sont jamais allé à Addis-Abeba.  Pour elles qui portent de grandes robes avec de grands foulards, mes vêtements les intriguent beaucoup!  Elles chuchotent entre elles et me demande combien coûte mes souliers de randonnée.  Je ne réponds pas toute suite, il faut que je réfléchisse à ce que je vais leur répondre.  Je ne veux pas leur donner l’impression que je suis millionnaire.  100$, c’est une gigantesque fortune, ici.

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-Aller dis-nous le!  Tes souliers doivent valoir tellement chers, ils t’on coûte…   2$, c’est ça!? Tu es riche! Nous, nous avons des souliers et ils lui ont coûté 0,20$! Toi, tu es riche!

Cette affirmation me laisse sans mot.  Moi qui pensait dire 25$!  Je vois bien qu’elles sont très pauvres, seulement deux d’entre elles ont des souliers et ils coûtent 0,20$ en plus.  Directement arrivées de Chine, presque tous les Éthiopiens que j’ai rencontré portent le même modèle de chaussures de type sandales en caoutchouc.  La réalité de ces filles me frappent…  alors qu’elles rient ensemble de la couleur de mes cheveux en tirant sur des mèches qui dépassent de mon capuchon.


Nous sommes enfin au sommet!

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Le chemin est incroyable, d’immenses crevasses m’entourent!  Mais il n’y a pas que cela autour de moi!  Il y a également des hordes de singes!  Les mâles sont intenses!  Ils ouvrent leurs gueules découvrant d’impressionnantes canines!  Ah, là je comprend la nécessité du A-K47!  Lorsque je me réveille le lendemain matin, la tente en est entouré de ces singes géants!  Bon matin, Andy!  J’en crois pas mes yeux, mettons que c’est différent de Montréal!

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Je croise plusieurs tours organisés venus en voiture, moi je suis venue seule.   Au campement, j’entends un homme crier sur son guide.  J’aurai voulu lui dire tout ça :

-As-tu parlé seulement une fois aux gens que tu as photographié?

-As-tu une idée de la vie quotidienne des populations vivant dans les paysages que tu as entrevus à travers les vitres de ton jeep?

-Sais-tu combien d’enfants a le guide que tu es en train d’engueuler?

-Payer un prix faramineux te donne-t-il le droit de manquer de respect aux gens qui portent tes baggages?

-Tes photos de baboins font-elles plus sensation que les photos des personnes que tu as prises en photo?

Voyager en tour organisé est certainement une façon intéressante et sécuritaire de parcourir le monde.  Pourtant, certains touristes pensent avoir le droit de tout faire sous le prétexte qu’il ont payé un prix important pour leur séjour.

Il y a une grande différence entre consommer une culture et la vivre, merde!

Quand je pense que les Éthiopiens prennent le genre de transport sur la photo pour redescendre des Simiens Mountains, je pense que je suis très chanceuse et je prends conscience de mes privilèges de touriste…  Assise dans un 4×4 pour redescendre la montagne, je rumine ma colère à propos l’homme qui n’avait pas su apprécier les siens.

Et vous, avez-vous déjà observé ce genre d’attitude de la part de d’autres touristes?

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7 – Trekker pour mieux s’accepter

A force de monter les pentes raides, je suis fatiguée, épuisée.  Concentrée sur chacun de mes pas, je réfléchis.

Quand l’altitude te donne l’impression de ne rien respirer, quand la poussière s’incruste dans tous tes pores de peau, quand tu ne t’es pas lavé depuis des jours, quand le poids de ton réchaud, de ton sac de couchage et de ta bouffe creusent de larges sillons dans tes épaules, et que tu en es à ton vingtième kilomètre sous le soleil brûlant, c’est entre toi et ton mental.

J’adore les treks, pour la simple raison que cela me permet d’aller au bout de moi-même.  Je garde ces victoires précieusement pour les jours où je me sens moins à mon avantage, ou quand je me sens jugée par les autres.  A la fin de la journée, j’aurai atteint le sommet de la montagne et j’en serai fière, mais surtout j’aurai la fierté d’y être arrivé en étant exactement comme je suis avec le corps que j’ai, car j’ai relevé le défi.

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Alors que la sueur coule dans mes yeux, je fais un pas de plus.  Ma peur d’être épuisée, sale, laide, grosse ou faible décolle de moi ; j’ai d’autres priorités.  La sueur brûle ma peau déjà brûlée par le soleil, et c’est le plus beau moment de ma vie. J’apprends une chose très importante : quand je cesse d’avoir peur d’avoir l’air, je commence enfin à vivre dans l’instant présent et à percevoir la beauté des choses qui m’entoure.  C’est la première leçon de mon voyage, j’imagine.

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Des montagnes immenses, des crevasses gigantesques me font face.  Je vis!  La nature est infiniment plus grande que moi et mes préoccupations.

Dans les villages que je traverse, les femmes et les hommes portent de grandes couvertures poussiéreuses pour se couper du vent maintenant froid, annonçant la nuit.  Ici, on vit au rythme des troupeaux de chèvres, de moutons et de bœufs.  Dans ce pays sec aux milles rocs, mes préoccupations d’occidentale ne font plus aucun sens.  Tout ce qui compte maintenant, ce sont les rencontres que je fais et qui m’aident à comprendre la vie à 4000 km d’altitude au nord de l’Éthiopie.  Ah je me sens vivre!

Et vous, gravir une montagne vous a-t-il déjà fait le même effet de fierté?

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Au milieu des montagnes, je croise un véritable troupeau de singe, c’est incroyable!

6 – Fanta, le fantastique et son AK-47

A 7h00, je prends le mini-bus.  Entrez!  Entrez, tout le monde!  Le bus est sans fond! Venez enfants, chèvres et poulets, dans les bus éthiopiens, il y aura toujours de la place pour vous!  Si je m’assoie sur une fesse, que je me tasse au fonds et que je mets deux bébés sur mes genoux, il y a encore de la place!

Je regarde par la fenêtre de l’autobus, et je vois très peu de gens porter des souliers…  D’ailleurs nombreux sont ceux qui portent plusieurs épaisseurs de vêtements, parce que chacune des couches de tissus a des trous à des endroits différents (la superposition des couches donne l’impression d’un tissus complet).  Malheureusement, je commence à comprendre que l’Éthiopie sera un des pays les plus pauvres que je parcourrai durant ce voyage en Afrique de l’Est.

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Après quelques heures de ce confortable transport…  j’arrive au poste de contrôle!

–Quoi, vous ne partez pas en groupe organisé? me dit le contrôleur.

-Non, monsieur, c’est moi et mon sac-à-dos.

–Quoi?  Vous prenez pas de mule, alors?

-Non, monsieur, je suis forte, c’est moi la mule! Et tout le monde rit.

J’apprends bien vite qu’à travers les Siemens Mountains, avoir un «scout» est nécessaire.  Avec moi, j’aurai donc Fanta.  Fanta est un Éthiopien très menu au large sourire.  Il transporte d’ailleurs bien peu : une couverture, des petits pains, et bien sûr… un AK-47.  Son rôle : protéger ma tente des babouins durant la nuit et me guider durant le jour.  Fanta parle Amharique, une des nombreuses langues locales, et bien sûr, je ne connais que merci et bonjour dans cette langue.  Nous communiquons donc pas gestes, sourire et de drôles de grimaces. 😉 Fanta est littéralement fantastique, il rit quand je suis essoufflée, il m’aide à monter ma tente quand je n’ai plus de force, et il va chercher de l’eau dans la crique quand je prépare le repas.  Le voici :

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Alors, pour commencer le trek, Fanta m’amène au marché.  De petits bâtons de bois servent d’étalage.  Rapidement des enfants et des adultes m’entourent.

  • Madam! Madam!  Tu veux des biscuits? Des souliers? Du lait? Tu me veux, moi?

–Merci, merci!  Je ne suis à la recherche de personne!

Et hop, dans tout ce brouhaha, je viens de me faire avoir sur le prix du kérosène dans le brûleur qui m’aidera à préparer la nourriture.  Mes sens sont saturés par tout ce qui m’entourent.  Au marché, tout le monde veut me parler, m’aborder.  Il y a plus d’actions, de bruits, de paroles que je ne peux en comprendre.

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Puis, rapidement, je monte dans la montagne, Fanta m’amène loin de la foule.  Ouf! Je respire, j’avance avec le sourire!  Ah, les voyages!  L’air est tellement sec et le soleil tellement fort!  Vive ma crème solaire 45!  Je quitte le village et j’entends.. des voix qui m’accompagnent…  et qui m’accompagneront tout le long de la randonnée!

  •  Hello!  Hello!  Welcome!

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Des enfants sortent de partout et nous suivent!  Vallons après vallons, ils apparaissent et me crient de venir les voir.  Les échos de leur voix traversent les mètres… et les montagnes qui nous séparent.

  • Where do you come from?

Ils rient de moi avec mon gros sacs-à-dos.  Nous n’avons pas la même vie. Leurs petites jambes se dépêchent d’aller chercher les chèvres égarées de leur troupeau.  Ils ont bien moins de 15 ans et parcourent déjà seuls les montagnes à la recherche de pâturage pour leurs bêtes.  En chemin, nous en voyons d’autres qui dirigent les chevaux qui pilent le blé pour en faire sortir le grain.  Tout au long de ce trek, je croise des enfants seuls, au milieu des montagnes, surveillant des troupeaux formés par des dizaines d’animaux.  Je les trouvent tellement forts et braves.

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Peu à peu le paysage change, des rochers immenses percent le ciel au creux desquels s’accrochent des palmiers.  Cette vision surréaliste me fait oublier la poussière volatile qui colle à ma peau et donne un goût de terre à cette randonnée.  La montagne est haute, je sue à grosses gouttes.  Quand je regarde autour de moi, je me demande encore s’il s’agit de rêve.  Et non, je suis bel et bien en Éthiopie et c’est fantastique!  Je n’ai jamais rien vu de tel, le paysage est à couper le souffle!

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Les Simiens Mountains en Éthiopie ont été le plus trek de ma vie.  Et vous, quel a été le plus beau trek de votre vie?

5 – L’amicale ambassade du Kenya

Je marche, je marche et je marche encore vers l’ambassade du Kenya.  J’ai besoin de mon visa pour le prochain pays.  En ce moment, à Addis-Abeba, c’est l’Épiphanie, et ça se fête en grand!  Des centaines de personnes habillées de blanc marchent et chantent en cœur des chansons religieuses.  Les habitants de la ville vont tous se rejoindre dans un grand parc pour célébrer ensemble. Deux Éthiopiens se mettent à me parler.  Ils me racontent comment cette célébration est un excellent moment pour se trouver une femme ou un mari!  Les célibataires n’ont qu’à se teindre une mèche de cheveux en rose pour signifier qu’ils sont à la recherche d’un ou d’une partenaire.

Je rie ; c’est vraiment facile d’entrer en contact avec les gens ici.  D’ailleurs, pour que je me rende à bon port ; les deux jeunes hommes vont me mener directement jusqu’à l’ambassade du Kenya pour être certains que je ne me perde pas en chemin.

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J’entre dans le minuscule cubicule à l’entrée de l’ambassade.  On me fouille sommairement et on m’indique un autre minuscule bureau près de l’entrée.  Un homme en complet cravate m’y attend.  Tout de suite, la conversation s’engage sur tous les sujets du monde.  Dans cette pièce étouffante, je montre à l’homme dans la quarantaine des photos de la maison de neige que j’ai fait avant de partir du Canada.

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Il s’étonne de nos -30 degré et nous rions.  Nos réalités sont complètement différentes! C’est toujours un bon brise-glace de montrer des photos de chez nous aux gens.  Il s’agit d’un entretient formel, mais en attendant que je remplisse mes papiers, l’homme navigue sur Facebook en me parlant de sa famille.  Parle, parle, jase, jase, il me donne le numéro de sa sœur au Canada, à Toronto et son propre numéro de téléphone pour pouvoir l’appeler en tout temps.  Je ne m’attendais pas à ça d’un dignitaire!   Je commence à me rendre compte de ce qu’est l’Afrique ; tu vas chercher un visa et tu en ressors avec un ami!  Wow, je suis vraiment impressionnée par l’hospitalité des gens.

D’ailleurs, quand je reviens de ma rencontre, les gardes de sécurité rient dans leur barbe en me voyant arrivés.  C’est qu’ils ont gardé ma caméra durant mon entrée à l’ambassade et je suis assez certaine, grâce à leur air coquin, qu’ils ont jeté un coup d’oeil à mes photos! 😉

Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience aussi loufoque que moi à l’ambassade du Kenya en Éthiopie?

4 – Le plus grand marché d’Afrique

Bon, c’est parti je me lance.  Dans mon guide de voyage, on dit que c’est le seul endroit qu’il peut être un peu dangereux à Addis ; le grand marché.  Je prends mon souffle et j’y vais.

J’arrête de respirer.  Mes yeux s’agrandissent.   Est-ce que c’est moi qui a peur, ou c’est le guide de voyage qui m’a fait peur, bon je ne sais plus.  Mes sens deviennent plus alertes.  Tout à coup, j’ai l’impression que je ne peux plus faire confiance à personne.  Il n’y a que moi et ce gigantesque marché.  Je n’ai aucune idée si ma peur est justifiée ou non.  Tout ce que je sais, c’est qu’ici, je ne reconnais rien et qu’aux yeux de tous, je suis différente ; blanche.  J’ai l’impression que tous les regards sont fixés sur moi et se demande de quoi je suis faite.

Pour me donner confiance, j’avance.  J’avance à grands pas décidés sans me retourner.  On me croira forte, alors que je tremble de l’intérieur.  Dans ce labyrinthe de ruelles et de tôle, je n’ai aucun repère, je suis perdue.

Autour de moi, je vois des quantités de légumes, de ferraille, de plastique, de vêtements et d’épices.  C’est tellement beau, c’est tellement vivant, c’est tellement grisant de découvrir une place comme celle-là.  C’est magnifique ce brouhaha de bruits et d’objets, de tôle et de couvertures tendues sur le sol.

Plusieurs ont l’air pauvres et démunis, on ne me regarde pas de la même manière qu’ailleurs à Addis-Abbeba.  Je l’avoue, je ne me sens pas tout à fait en sécurité.  Je n’ai toujours pas repris mon souffle, de peur d’être moins alerte.

Soudain, un grand homme brise mon isolement intérieur.  Il se présente et je ne sais pour quelle raison, je lui fais confiance.  Nous parlons un peu, je n’ai plus peur.  Nous replongeons ensemble au cœur de ce gigantesque marché entre les stands de tôle rouillée.  L’homme m’amène dans les plus petits racoins, là où je ne serai jamais allée seule.  Il me parle du fonctionnement du marché et de l’Éthiopie en général.  Il me fait découvrir sa culture.  Il finit par me faire apprécier l’immense richesse de ce quartier, me redonne du cran et surtout, le goût de l’aventure.  Je respire enfin au milieu de cette tôle.

La richesse de l’Éthiopie se trouve dans l’hospitalité de ses habitants toujours prêts à vous aider lorsque vous êtes dépourvus.

Et vous, avez-vous déjà eu peur en voyageant dans un endroit que vous ne connaissiez pas?


Avec le recul, je trouve ça un peu fou que j’ai eu peur de cet endroit. Honnêtement, il n’y avait rien à craindre, l’Éthiopie est vraiment un pays sécuritaire, surtout qu’il y a toujours quelqu’un de local pour aider s’il y a un pépin.

 

 

3 – Et si je mourrai de faim ou être tout fait ridicule.

La famine.  C’est le mot qui revenait constamment quand je parlais aux gens de l’Éthiopie.  -Eille, tu vas voir des enfants avec des gros ventres!  -Fais attention pour pas mourir de faim!

Bon, alors, par où je commence?  Je suis arrivée à Addis-Abbaba sur le gros nerd!  Moi qui n’avait fait que quelques pays en Asie, je me disais que j’allais sortir de l’avion, avoir peur et courir au Canada.  Où j’allais dormir?  Où j’allais manger?  Comment j’allais me déplacer!  Il parait qu’il n’y a rien à manger en Éthiopie, merde…

En arrivant, je me suis trouvée tellement ridicule ridicule.  Dans la ville en plein essor qu’est Addis-Abeba, j’ai pu mesurer l’étendue de mon manque de connaissance sur ce pays. Je partais de loin!  Si tu le perds ou si tu as besoin de quelque chose, un Éthiopien s’empressera de t’aider à trouver ce que tu veux.

En fait, en arrivant, je pensais que je rêvais, les gens me disaient welcome dans la rue!  Souvent certains Éthiopiens marchaient dans la rue avec moi pour me connaître et me parler.  Partout, on me souhaitait la bienvenue!  Partout, les gens me disait – On est pauvre, mais on fait tout pour s’en sortir, bienvenue en Éthiopie!  Je n’avais jamais vu ça, sauf au Bangladesh.

Après la première journée, je me suis sentie vraiment en confiance dans cette ville. Franchement, il n’y a rien à craindre, ici!  Addis-Abeba est un curieux mélange de béton et de tôle, de dizaines de cafés (extrêmement bons!) issus de l’occupation italienne il y a maintenant plusieurs années.  Certains cafés ont des vieilles machines à expresso, d’autres broient le café à la main dans une jarre en terre cuite.  L’Éthiopie a une longue tradition avec le café et le boire de manière traditionnelle est un vrai privilège!

Ici et là quelques hommes mendiants regardent, à coup de longues journées, les grues chinoises construire des bâtiments plus hauts que les montagnes, les églises et les mosqués.  Oui, oui, Addis-Abeba est en plein essor et les Chinois ont compris ça!  Ils sont partout ; c’est eux qui gèrent les chantiers. Quand je compte les grues géantes d’Addis-Abbaba et j’en dénombre plus qu’à Montréal.  Je mesure l’ampleur de mon ignorance face au développement fulgurant de ce pays.

Et puis, jadore manger ici!  La délicieuse injera est partout.  Le plat national est servi en ville, comme en campagne.  C’est une gigantesque crêpe fait avec de la farine de teff. C’est dé-li-ci-eux, servi avec un peu de viande de chèvre.  Et un bonus, pas besoin d’ustensile ; on mange avec la main droite!

J’adore l’Éthiopie, ce voyage commence de manière fantastique.  Ça bouge partout, ça grouille partout et il y a de l’excellent café!  Je suis dans mon élément!

Et vous, avez-vous déjà mangé l’injera ou goûté au café éthiopien traditionnel?  Qu’en avez-vous pensé?

 

2 – Chevilles en saucisses

Un cri strident dans la nuit, puis deux, puis trois ; clairement, il y a un chien ou un chat en chaleur près de l’endroit où je dors.  Je me réveille en sursaut : Aie! Où est-ce que je suis? Et je me reprends –T’inquiète Andy, tu es à Addis-Abeba en Éthiopie.  –Ok, Ok.  Quoi?  Qu’est-ce que je fais en Éthiopie?  – Tu as décidé de partir en voyage sac-à-dos en Afrique.  Tu ne te souviens pas? – Ah oui, c’est vrai…  Et je me rendors.

Je dors!  Quel soulagement!  En quatre jours, j’ai dormis 12 heures ; je suis é-pui-sée!  Hier, je me suis couchée à 4h PM pour me réveiller aujourd’hui à 6h AM. Je suis maintenant reposée.  Le seul hic… j’ai les chevilles en saucisses. Oui, deux gros boudins bien enflés où il est clairement impossible de distinguer mes malléoles.  Rien de grave, bien sûr!  Je crois que c’est la rétention d’eau et l’altitude, ou un truc comme ça.

Bref, j’ai fait mes tout premiers pas en Afrique!  Moi qui pensais capoter, figer et vouloir retourner d’où je viens… et non!  Au contraire, ça ressemble à ce que j’ai connu dans mes précédents voyages; les chauffeurs de taxi te sautent dessus en criant directement dans tes oreilles – Taxi!  Taxi! Madam!  Taxi!  Taxi! Madam!  Un sourire en coin, les gars s’empressent de te proposer un prix exorbitant le plus naturellement du monde!  Alors, tu restes relax, tu ris, et eux aussi parce qu’ils savent clairement qu’ils te proposent un prix exorbitant.  Et tu changes de chauffeur, et la roue continue, jusqu’à ce que tu trouves un bon prix.  Dans tous les cas, le voyage s’est bien passé.

Le plus fou, c’était l’aéroport de Lagos, au Nigeria.

Je ne pouvais pas croire que j’étais enfin au Nigeria après avoir fait des pieds et des mains pour avoir mon visa!  J’ai vu des AK-47 dans les mains des douaniers.  Franchement, je n’avais jamais vu ça jusqu’à maintenant, et c’était vraiment pas la dernière fois!  Attachés à leur ceinture, on dirait de simples babioles et personne n’en fait aucun cas, de ces armes.  Au contraire, ici, tout le monde se serre la main, et je peux dire que la chaleur des relations n’a d’égal que la température!  Dans cette fourmilière qu’est l’aéroport, les files sont interminables, tout bouge, tout grouille.  Les sens sont sur-stimulés et partout, les femmes portent des boubous très colorés.  J’ai tellement chaud que ma peau est gluante.  L’air chaud transporte une odeur de sable et de sueur dans tout l’aéroport.

Au milieu de ce brouhaah, tout à coup, on me crie dessus!  Pas de pitié si je ne comprends pas l’accent du douanier géant en face de moi. (Il semble que les douaniers nigérians sont immenses!) Avance Madame, la blanche! Enweye par là, me dit le douanier.  Et j’avance, et je fais mon chemin dans l’aéroport bondé et poussiéreux de Lagos et où le smog s’invite dans tous les racoins, donnant un fini orange à tout ce qui m’entoure, même moi…  Puis, c’est reparti, je laisse le Nigéria pour l’Éthiopie.

Quel a été l’aéroport le plus bruyant que vous ayez connu, l’aéroport de Lagos reste mon numéro 1, et vous?

1 – Le capotage : mon premier voyage sac-à-dos en Afrique

Je ne sais pas du tout ce que je vais y faire.  Je capote.  Il y a un moment où ma gorge se serre et où je me dis : Ouah!  Mais qu’est-ce que j’ai pensé!  Assise dans le confort d’un divan de velours vert rembourré à l’aéroport de Burlington, je plonge le regard dans cet environnement prémâché, dont je connais tous les codes et le fonctionnement, la langue, la culture.

Ouf, est-ce que je suis vraiment prête!?  J’ai de sérieux doutes! Prête pas prête, j’y vais!  De toute façon, je n’ai plus le choix, mes parents sont déjà en route vers Montréal, j’ai quitté temporairement mon emploi et j’ai sous-loué mon appartement.

Et puis, ce voyage en Afrique de l’Est a commencé bien avant que je prenne l’avion. Je me suis bien rendu compte en parlant de ce projet que tous avaient une opinion sur le sujet. Personne n’y avait mis les pieds, en Afrique, mais tous savaient comment ça marchait… ce grand continent.  Oui, oui, l’Afrique non seulement c’est pauvre et dangereux, mais c’est partout pareil!  À force d’entendre la même histoire, j’ai vraiment hâte d’y mettre les pieds pour créer la mienne, et surtout pour mieux comprendre cet endroit, tout simplement.

L’idée de partir avec mon sac-à-dos dans cette région a causé beaucoup de remous autour de moi.  Les gens nous trouvait fous!  Par contre, moi, j’avais besoin d’y aller par moi-même, seule, sans ONG ou autre organisation.  Je voulais y aller sans avoir la vision «d’aider».  Durant mon baccalauréat en Science politique, j’ai entendu tellement de choses, étudié tant de concepts… Maintenant, je suis prête à mieux comprendre cette région et à vivre la grande aventure!

Entre temps, je suis assise à l’aéroport de Burlington, un billet pour le Nigéria entre les mains, et je me demande si j’allais être à la hauteur!

Et vous, avez-vous déjà eu peur de partir en voyage ou l’annonce de votre destination a-t-elle déjà causé des conversations houleuses autour de vous?