15 – Quand ça pince en dedans – chronique d’un choc de retour surprise

Dharamsala, Himachal Pradesh, Inde, sur le toit en béton d’un vieil immeuble

J’ai peine à croire que je reviens.  Que ce grand voyage qu’a été l’Inde est maintenant terminé.  Aujourd’hui, j’ai le cœur lourds, parce que je sais que je quitte un univers au grand complet pour longtemps, si ce n’est pas pour toujours.  Quand est-ce que je vais revenir en Inde?  J’en ai aucune idée.  Mon coeur se serre de nostalgie.  J’ai beau avoir été énervée par la certains aspects de la vie de ce pays durant mon choc culturel, je me rends compte qu’il y avait tellement de choses ici que j’ai également appris à aimer et à chérir.

Au Québec, je retrouverai si peu de ces petites joies : impossible l’après-midi d’aller m’acheter un kaki à 2 roupies; ils coûtent 4 $ chacun au supermarché, impossible aussi de faire une pause de deux heures sur l’heure du midi à me faire griller au soleil; le rythme occidental ne permet pas cette fantaisie.

9 – Attention! Choc culturel en cours!

Ce que je trouve le plus bizarre, c’est qu’il y a des soirs où j’ai tellement rêvé de revenir.  Fatiguée d’être à 100% dans un bain culturel autre que le mien, j’ai rêvé de poutine et de parler en français à tout le monde dans la rue.  Toutefois, aujourd’hui, je me sens tellement triste, je réalise que c’est la fin.  Je ne peux que penser à tout ce qui va me manquer et à tout ce que l’Inde m’a appris.  Assise sur le haut du bloc appartement où j’habite, je contemple l’Himalaya et je pense.

  • J’ai appris à prendre ma douche avec un seau d’eau, aka tellement mois d’eau que ce que j’utilisais dans ma belle province.

5 – A la douche!

  • J’ai appris que je pouvais survivre avec 3 chandails, 2 paires de pantalons, 4 bobettes et un chandail chaud et ne jamais ressentir le manque de vêtements.
  • J’ai appris que je pouvais laver mon linge à la main et que ça pouvait être relaxant.

  • J’ai appris que je n’avais pas à manger de la viande tous les jours pour me sentir remplie et en santé.

Bref, j’ai appris que je pouvais vivre avec presque rien et toujours m’arranger.  Que les ressources dont je dispose pour vivre une vie «normale» au Québec son IMMENSES!  L’Inde m’aura appris à être plus vraie, moins matérialiste, plus simple, plus consciente de ce que je possède.

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Montréal, Québec, Canada (prise entre 10 paniers poussés par des clients pressés un samedi matin dans un grand supermarché)

OH BOY! La PREMIÈRE CHOSE que m’a mère m’a amené faire quand je suis revenue de l’Inde, c’est la commande.

AYOYE!  Je me revoie zen sur mon vieil immeuble en Inde.  Le choc est intense.  Tout me frappe comme si je ne connaissais pas cette réalité, mais c’est faux.  Je suis venue des dizaines et des dizaines de fois dans cette grande surface avant d’aller en Inde, j’ai été élevée dans cet environnement depuis que je suis petite.  Par contre, là, c’est pas pareil.  Je me dis : «Ça me fait peur, des rangées larges pour 3 paniers géants, avec des dizaines de femmes et d’hommes pressés de remplir leurs grandes cabane en banlieue d’objets qu’ils n’ont pas besoin, de bouffe en quantité industrielle…. Ouf!»

Bang, c’était le choc de retour.

A mon retour de l’Inde, j’ai passé 3 mois à laver à la main mon linge devant le regard tout-à-fait consterné de ma mère.  C’était une situation intense.  A la vue de mon grand seau d’eau dans ma chambre à coucher, elle me disait que j’avais changé depuis mon retour.  Je répondais «Ben oui!» avec un certain dégoût.  Je ne pouvais pas croire dans quel environnement de surconsommation je vivais, je maudissais une grande partie de ma culture, j’étais devenue allergique au gaspillage alimentaire, j’avais honte de la grandeur de mon garde-robe, je hurlais devant la richesse de mon mode de vie.  Im-po-ssi-ble pour moi de retourner dans toute grande surfaces remplies d’objets à bas prix.  J’écoutais en boucle de la musique tibétaine ou indienne et surtout j’évitais d’acheter tout élément Made in China pour soutenir la cause des Tibétains en exil, chasséa de leur Tibet natal par les Chinois.  Bref, ça allait pas bien.

Ça a duré 3 mois.  Trois mois de rejet intense, de hargne, de colère, d’incompréhension.  Trois mois où j’ai été absolument incapable de mélanger les deux univers, de faire la faire la part des choses, de comprendre que tout n’est pas parfait partout et que l’Occident n’est pas seulement un univers diabolique de consommation.  On m’avait bien parlé du choc culturel durant ma formation avant mon départ pour ce stage d’initiation à la coopération internationale, mais le choc du retour, ouf… j’ai dû me former moi-même, et à la dure.

Mon choc de retour a duré 3 mois et mon voyage en Inde a duré 3 mois.  C’est pour vous dire combien j’avais de la misère à m’expliquer qu’il peut exister sur la même planète des mondes si différents avec des enjeux et des modes de vie tout aussi opposés.  3 mois pour comprendre également comment ces enjeux sont inter reliés, comment ces mondes peuvent apparaître complètement déconnectés l’un de l’autre, et surtout comment on peut aisément se construire des belles vies sans réaliser qu’elles ont un impact à l’autre bout de la terre, mais également localement.  Aussi, réaliser que les êtres humains ne sont pas égaux, car ils n’ont pas accès aux mêmes opportunités.  Surtout, réaliser aussi que la solution n’est ni le rejet total ou ni la glorification d’un milieu, mais bien la mise en place de petits gestes quotidiens appelés à avoir un impact à long terme sur des dynamiques globales, tels qu’une prise de conscience de nos modes de consommation, l’achat local ou encore équitable par exemple… Depuis, j’ai recommencé à aller dans les grandes surfaces 😉

Bref, le voyage, ça peut faire mal, surtout durant le choc de retour. Par contre, c’est dans ces moyens les plus difficiles, où l’on se sent le plus perdus, qu’on apprend les plus grandes leçons de vie.

Et vous, avez-vous déjà vécu un choc de retour?

 

Lonely Planet India (Travel Guide)

10 – La vie n’est pas pareille ici, mais elle est belle aussi : Les 7 plus grandes leçons de mon premier stage d’initiation à la coopération internationale

Cela fait déjà un mois et demi que je suis à Birr et que je vis ma première expérience d’initiation à la coopération internationale. Entre mon travail au Deer Park et la vie avec ma famille d’accueil, j’ai tissé au fil du temps ma petite routine. Comme mentionné un de mes derniers textes, le choc culturel a fait son chemin dans mon quotidien, pour ensuite s’effacer tranquillement pour faire face à une compréhension plus profonde de la culture locale.

9 – Attention! Choc culturel en cours!

La fin de semaine, je vais souvent marcher autour du village. L’endroit où je me trouve au creux des montagnes est absolument magnifique. Je marche et j’admire les bœufs faisant leurs chemins dans les champs et l’évolution des cultures de thé environnantes. C’est vraiment impressionnant de voir le vert des montagnes se transformer au fil des différentes phases d’épanouissement du feuillage. La semaine passée, les feuilles ont été recueillies et tout à changer.

Assise sur mon balcon, je repense à ce que j’ai vu et vécu. Les femmes portant toujours aujourd’hui leurs robes traditionnelles tibétaines : la chuppa. Les vieillards compter inlassablement leurs bracelets de prières. Les gens faisant une priorité de ne jamais tuer le plus petit des êtres vivants suivant l’idée de la réincarnation (qui sait qui pourrait être cette fourmi?). Le système scolaire privilégié par les Tibétains : de grandes écoles prenant la forme de résidences pour enfants où on enseigne aux Tibétains à donner à l’Autre en premier : «Others before self». Je repense combien c’est important pour cette culture de donner à l’Autre, d’être généreux. En riant, je me rappelle aussi comment les vieilles dames du village cachent des momos (dumpling tibétain) dans leur chuppas, sur leur poitrine, dans les fêtes communautaires pour donner à leurs chiens en rentrant à la maison.

J’ai compris que la vie n’est pas pareille ici, mais elle est belle aussi. J’ai fait le paix avec le choc culturel.Tant de choses me manquent encore, mais j’ai appris à trouver mes petites plaisirs ici, comme acheter chaque jour un kaki à deux roupies au stand à légumes du village, et le manger en silence sur mon balcon. C’est à moi de trouver et de créer mes joies quotidiennes.

J’ai appris aussi que les gens, oui, ici, vivent plus simplement, du bout des dents je dirais même ici que certains vivent dans la pauvreté. Je vois aussi que pauvreté, tant qu’on peut répondre à ses besoins de base, ne veut pas nécessairement dire malheur. Ne pas posséder, ne veut pas dire rien avoir à partager. Au contraire. J’ai rencontré des gens ici qui avaient tellement à partager avec moi : leur savoir, leurs histoires, leur culture, leur présence, et leurs rires.

J’ai compris que l’observation est mon plus grand atout, que rien de me sert d’agir sans comprendre et que les mots veulent dire peu de choses. Nous, les Occidentaux, les verbo-moteurs, nous pensons que nous savons, car nous savons meubler les conversations. Je sais maintenant que les personnes qui parlent le plus, ne sont pas nécessairement les plus intéressantes. Le silence est d’or, la parole est d’argent, dit-on. Je réalise la force de cette maxime en voyage, après avoir passé plusieurs semaines dans une famille d’accueil avec laquelle il m’était presqu’impossible de communiquer en anglais.

J’ai compris que le mot coopération internationale est un terme bien pompeux et qui flatte bien des égos. Aujourd’hui, plus de 10 ans plus tard, je travaille toujours dans le domaine.  Je suis toujours aussi fascinée par les autres cultures, mais je me freine constamment pour revenir à ce que j’ai appris à ce moment-là en Inde : prendre le temps de comprendre et échanger pour mieux agir ensemble dans le respect de la culture de l’Autre.

Finalement, j’ai compris que j’étais plus qu’extrêmement privilégiée, que j’avais le droit à l’éducation, à un pouvoir d’achat incroyable en comparaison à un grand nombre de gens à travers le monde.  Que je ne prendrai plus jamais pour acquis la diversité de ce que je peux trouver à l’épicerie, ni l’eau potable qui coule sur ma vaisselle chaque jour au Québec.  J’ai aussi compris que je Devais être une alliée, c’est-à-dire une personne consciente des obstacles supplémentaires auxquels d’autre personnes doivent faire face, afin d’atteindre les mêmes objectifs, et ce en raison de plusieurs inégalités sociales.  Que je ne serai jamais plus la même après ce voyage.  J’ai compris combien j’étais née dans la ouate de mes privilèges, et que maintenant que j’en avais pris conscience, j’étais responsable d’essayer de rendre le monde plus égal jour après jour, à ma manière, afin que plus de gens aient accès aux mêmes possibilités que moi.

8 – La Missionnaire

5- La citoyenne du monde

Toutes ces nouvelles leçons en tête, je remercie la vie d’avoir mis cette expérience sur mon chemin. A 17 ans, je pense que je venais de prendre un p’tit coup de maturité qui changera pour toujours ma vision du monde. Je suis toujours aussi reconnaissante que des organismes de coopérations internationales, tels que celui avec lequel j’ai voyagé, offre à des jeunes l’opportunité d’aller tester leurs valeurs à l’étranger et d’approfondir leurs connaissances sur le monde.  Je pense que je suis vraiment devenue une citoyenne ce jour-là.

Maintenant, j’ai hâte de vérifier comment je vais servir de ces nouveaux acquis. Demain, un nouveau défi m’attend. Je pars pour Dharamsala, la capitale du gouvernement tibétain en exil, une grande ville perchée du cœur de l’Himalaya pour la deuxième partie de ce stage de coopération internationale.

Et vous, avez-vous déjà fait un stage d’initiation à la coopération internationale? Quelle conclusions en avez-vous tirées?

Vous aimez ce texte? Likez-le et partagez-le, cela m’aidera à partager mes aventures avec plus de grands voyageurs comme vous! Vous voulez en savoir plus sur mes autres expériences autour du monde? C’est sur mon site : www.pleinairvoyagesetcompagnie.com que vous savourez des dizaines de récits de voyage de l’Océanie à l’Afrique! C’est un rendez-vous!

Lonely Planet India (Travel Guide)

10 – La vie n’est pas pareille ici: Les 5 plus grandes leçons de mon premier stage d’initiation à la coopération internationale

Cela fait déjà un mois et demi que je suis à Birr et que je vis ma première expérience d’initiation à la coopération internationale. Entre mon travail au Deer Park et la vie avec ma famille d’accueil, j’ai tissé au fil du temps ma petite routine. Comme mentionné un de mes derniers textes, le choc culturel a fait son chemin dans mon quotidien, pour ensuite s’effacer tranquillement pour faire face à une compréhension plus profonde de la culture locale.

La fin de semaine, je vais souvent marcher autour du village. L’endroit où je me trouve au creux des montagnes est absolument magnifique. Je marche et j’admire les bœufs faisant leurs chemins dans les champs et l’évolution des cultures de thé environnantes. C’est vraiment impressionnant de voir le vert des montagnes se transformer au fil des différentes phases d’épanouissement du feuillage. La semaine passée, les feuilles ont été recueillies et tout à changer.

Assise sur mon balcon, je repense à ce que j’ai vu et vécu. Les femmes portant toujours aujourd’hui leurs robes traditionnelles tibétaines : la chuppa. Les vieillards compter inlassablement leurs bracelets de prières. Les gens faisant une priorité de ne jamais tuer le plus petit des êtres vivants suivant l’idée de la réincarnation (qui sait qui pourrait être cette fourmi?). Le système scolaire privilégié par les Tibétains : de grandes écoles prenant la forme de résidences pour enfants où on enseigne aux Tibétains à donner à l’Autre en premier : «Others before self». Je repense combien c’est important pour cette culture de donner à l’Autre, d’être généreux. En riant, je me rappelle aussi comment les vieilles dames du village cachent des momos (dumpling tibétain) dans leur chuppas, sur leur poitrine, dans les fêtes communautaires pour donner à leurs chiens en rentrant à la maison.

J’ai compris que la vie n’est pas pareille ici, mais elle est belle aussi.  J’ai fait le paix avec le choc culturel.

9 – Attention! Choc culturel en cours!

Tant de choses me manquent encore, mais j’ai appris à trouver mes petites plaisirs ici, comme acheter chaque jour un kaki à deux roupies au stand à légumes du village, et le manger en silence sur mon balcon. C’est à moi de trouver et de créer mes joies quotidiennes.

J’ai appris aussi que les gens, oui, ici, vivent plus simplement, du bout des dents je dirais même ici que certains vivent dans la pauvreté. Je vois aussi que pauvreté, tant qu’on peut répondre à ses besoins de base, ne veut pas nécessairement dire malheur. Ne pas posséder, ne veut pas dire rien avoir à partager. Au contraire. J’ai rencontré des gens ici qui avaient tellement à partager avec moi : leur savoir, leurs histoires, leur culture, leur présence, et leurs rires.

J’ai compris que l’observation est mon plus grand atout, que rien de me sert d’agir sans comprendre et que les mots veulent dire peu de choses. Nous, les Occidentaux, les verbo-moteurs, nous pensons que nous savons, car nous savons meubler les conversations. Je sais maintenant que les personnes qui parlent le plus, ne sont pas nécessairement les plus intéressantes. Le silence est d’or, la parole est d’argent, dit-on. Je réalise la force de cette maxime en voyage, après avoir passé plusieurs semaines dans une famille d’accueil avec laquelle il m’était presqu’impossible de communiquer en anglais.

J’ai compris que le mot coopération internationale est un terme bien pompeux et qui flatte bien des égos.  Aujourd’hui, plus de 10 ans plus tard, je travaille toujours dans le domaine ; bien sûr, je suis fascinée par les autres cultures, mais je freine constamment pour revenir à ce que j’ai appris à ce moment-là en Inde : prendre le temps de comprendre et échanger pour mieux agir ensemble.

8 – La Missionnaire

Toutes ces nouvelles leçons en tête, je remercie la vie d’avoir mis cette expérience sur mon chemin. Je pense que je viens de prendre un p’tit coup de maturité. J’ai hâte de vérifier comment je vais servir de ces nouveaux acquis. Demain, un nouveau défi m’attend. Je pars pour Dharamsala, la capitale du gouvernement tibétain en exil, une grande ville perchée du cœur de l’Himalaya pour la deuxième partie de ce stage de coopération internationale.

Et vous, avez-vous déjà fait un stage d’initiation à la coopération internationale?  Quelle conclusions en avez-vous tirées?

Vous aimez ce texte?  Likez-le et partagez-le, cela m’aidera à partager mes aventures avec plus de grands voyageurs comme vous!  Vous voulez en savoir plus sur mes autres expériences autour du monde?  C’est sur mon site : www.pleinairvoyagesetcompagnie.com que vous savourez des dizaines de récits de voyage de l’Océanie à l’Afrique!  C’est un rendez-vous!

9 – Attention! Choc culturel en cours!

 

Tout me fatigue.  Je suis tannée de manger du riz et des bines.  C’est tout le temps la même affaire, ça goûte tout le temps la même affaire, matin, midi, soir.  Je ne trouve plus ça «vraiment cute» les traditions bouddhistes.  Je suis tannée de ne pas pouvoir écraser le plus petit des moustiques qui essaie de me piquer dans ma chambre, parce qu’ici la tradition dit qu’on doit «respecter en tout temps la vie, question de karma».  Je trouve le rythme de vie trop lent et ça me tape sur les nerfs.  Ça prend toujours 20 à 30 minutes avant que les gens arrivent, personne n’est jamais à l’heure.  Je m’ennuie d’une douche chaude!  Je suis tannée de me laver dans seau d’eau!  L’eau est toujours frète, pis il n’y en a jamais assez.  Je peux même pas utiliser mon revitalisant.  Je suis tannée que les gens sachent tout, sur toute ma vie!  Comment ça se fait que tout le monde sait que je m’ennuie vraiment de mon chum.  Ça doit être parce que les gens sont assis sur le balcon le soir à me voir marcher trois à quatre fois semaines pour aller utiliser le téléphone du village pour l’appeler.  Est-ce qu’ils ont juste ça à faire, me regarder?  En plus, je m’ennuie de famille, je suis écœurée du décalage horaire qui fait qu’il y a 8 heures de différence pour pouvoir se parler.

J’ai envie d’aller au cinéma.  De manger de la poutine.  D’aller au centre d’achats.  D’être anonyme dans la grande ville.  D’aller sur Facebook et de pouvoir regarder mon fil d’actualité sans que ça prennent 10 minutes loader la page.

Je.Suis.En.Choc.Culturel.

Ahhhhh.

Ça arrive à tout le monde, même si tant de voyageurs se targuent de ne jamais l’avoir vécu, c’est le choc culturel!  Drôle de bête émotive, c’est une sorte de fatigue, d’intolérance, qui nous attrape le cœur, quelques semaines après avoir été plongée à 100 % dans une nouvelle culture 😊 Ça arrive sans qu’on le sache, lors d’une petite frustration quotidienne, qui devient soudainement virulente pour une raison que rationnellement on ne saurait expliquer.  C’est de l’accumulation.  Comme si notre peau était à vif par rapport aux petits changements quotidiens de la vie dans un autre pays.

Le culturel est un cycle normal de la vie d’un voyageur, un passage obligé qui permet de réellement s’adapter à la vie hors de chez soi, une fois le cycle réalisé au grand complet.

Quand je suis arrivée à Birr, tout était absolument magnifique.  Vraiment.  J’ai tout de suite adoré ma famille d’accueil, l’air pur des montagnes de l’Himalaya, la simplicité de la vie, ici.  Apprécier les petits moments comme l’idée de n’avoir rien à faire le soir, que de s’asseoir sur le balcon pour prendre le temps de réfléchir.

Ça duré quelques semaines.  C’est la phase d’euphorie.  Un espèce de moment de joie intense où toute découverte est magnifique, où la culture d’accueil semble vraiment posséder des valeurs parfaites que tout le monde devrait suivre.  En Inde, je me disais : «Je respire enfin.  Loin des centres d’achats et de Facebook, je retourne à l’essentiel et ça fait du bien!  Tout le monde devrait vivre de cette manière»

C’est le moment où l’on apprécie les différences avec chez-soi, un moment où l’on rejette un peu d’où l’on vient pour glorifier l’endroit où l’on se trouve.

Puis, vient la phase du choc culturel où tout soudainement nous fatigue.  Les choses nouvelles que l’on appréciait tellement au début, deviennent des contraintes lourdes à respecter.  On s’ennuie de la maison, des codes culturels faciles à comprendre.  A un moment donné, j’étais tannée d’essayer de plaire à ma famille d’accueil ou encore d’essayer de comprendre les raisons pourquoi quelques fois, ils étaient fâchés contre moi.  Une fois, j’ai mis mes pieds en direction de la photo du Dalaï-Lama… oh boy, c’était la crise!  Mais comment est-ce que j’étais supposée savoir que les pieds sont impurs et qu’ils ne doivent jamais être positionné vers cette figure importante du bouddhisme tibétain? Arggrrrr

Puis, vient l’état de balance.  Un point dans le temps où l’on comprend que rien n’est parfait.  Ni sa propre culture, ni sa culture d’accueil.  Un moment où l’on comprend que les mondes sont différents et qu’il y a une richesse immense dans cette différence.  Il est possible de s’inspirer personnellement des deux pour se bâtir un monde à soi que l’on aime plus.  On arrive dans un état d’acceptation où l’on est conscient des défauts des deux endroits du monde et on vit avec, tels qu’ils sont.

Pour moi, le choc culturel a été un moment qui m’a permis de mieux apprécier ce que j’avais entre mes mains au Québec et mieux choisir ce que je voulais vraiment.  Parfois, des valeurs nous sont données par notre culture locale et on vit avec ces dernières sans vraiment les questionner.  Au contact de d’autres choses, on apprend à mieux choisir les lignes selon lesquelles on veut vivre notre vie et à mieux voir ce que l’on possède déjà et qui est absolument beau chez nous.

Et vous, avez-vous déjà vécu un choc culturel durant un voyage?  Comment y avez-vous réagi?

19 – Épilogue de cette aventure en Asie – La peur du voyage sac-à-dos

Quand je suis partie en Asie pour la première fois, j’avais 21 ans.  J’avais été en Inde et en République Dominicaine avec des programmes d’initiation à la coopération internationale, mais je n’avais aucune idée de c’était quoi… un voyage sac-à-dos.  J’avais peur.

Quand je suis arrivée en Beijing, les deux pieds au milieu de gens qui ne parlaient pas un mot d’anglais, j’ai capoté.  Face à l’inconnu.

«Ni Hao la Chine, moi c’est Andy».

Les premiers jours, j’ai trouvé ça rough.  Attend, je veux dire les premières semaines.  Pour être honnête, j’étais incapable de manger la bouffe chinoise au début.  Pendant des jours, j’ai mangé de poulet Kong Pao, parce que je savais que c’était du poulet et des peanuts.  That’s it.  Je n’ai jamais été une fan des pattes de poulet, ni de cerveau de mouton d’ailleurs 😛

Aujourd’hui, quelques années plus tard, je me trouve vraiment courageuse de m’être lancé dans l’inconnu comme ça.  Banguerang.

Parce que j’ai eu peur : (Oh oui)

  • De ne pas trouver d’endroit où dormir.
  • De travailler traverser une jungle remplie de grosse bibittes.

http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2016/08/03/a-lepicerie-vietnamienne/

  • De manger de manger de la viande, et de me demander si c’était du chien.

6 – La frousse dans la jungle vietnamienne

  • De me perdre en milieu de mégapoles chinoises.
  • De ne pas être comprise, car personne ne parle ma langue.

  • Mais c’est ce qui m’a donné la force d’attraper des opportunités de vie plus intenses les unes que les autres par la suite, et de maintenant travailler au Nunavik.   Et de faire de ma vie une constante chaîne de défis.

    Ce que je veux dire, c’est que des fois ça vaut la peine d’avoir peur.

    Parce que se mettre dans une position où tu peux plus reculer, c’est aussi te mettre dans une position où tu ne peux plus qu’aller de l’avant.  Et apprendre.  Et grandir.

    Et vous, accepter un défi qui vous fait peur, vous a-t-il déjà fait grandir?