10 – A la trappe camerounaise!

Les deux mains bien accrochées sur le support en métal de la moto, mon dos craque à la folie.  C’est que sur cette petite route de sable rouge de campagne camerounaise, j’encaisse les coups que les amortisseurs inexistants de mon véhicule, ne peuvent amortir, justement.  C’est déjà la grande aventure, puisqu’à chaque instant, j’ai peur de rouler sur une trop grosse bosse et ainsi aller rejoindre la jungle luxuriante qui m’entoure.  😉

C’est que j’avance vers une expérience de vie complètement unique : mon chauffeur de moto m’amène à la chasse dans la jungle!  Arrivée à destination, je rencontre un homme très petit avec une très grande machette.  A ma grande surprise, je me rends compte que l’homme en question est un Pygmé.  J’avoue avoir très peu de connaissance sur ce groupe, et en avoir seulement vaguement entendu parler dans les livres que j’ai lus.  Je me sens tout à fait privilégiée de l’accompagner à la chasse.

En deux temps, trois mouvements, je me retrouve au coeur de la jungle, ce dernier me montrant comment il trappe chaque jour de petits mammifères.  Je suis absolument impressionnée!  En quelques secondes, il coupe une lianes, puis deux petits arbres, attache l’un aux autres et construit un piège en tout point naturel et au combien efficace!  Un petite clôture faite de bois sur plusieurs mètres contraint les animaux à passer par un petit trou où le piège sera ensuite installé.  Il commence à parler de ses connaissances de la forêt, je suis vraiment fascinée par son savoir-faire.

Un peu plus loin, la clôture est détruite.  Des bouts de bois se retrouvent un peu partout..  Intriguée, je lui demande ce qui a détruit son piège.  L’homme sourit, puis me dit que ses installations sont conçus pour attraper de petits animaux pour leur peau, mais également pour se nourrir.  Toutefois, ils ne sont pas assez forts pour capturer un…. python!!!!  Je n’en crois pas mes oreilles, il me raconte que la semaine passée, un python s’y est pris : coincé dans le fil à pêche qui entourait son tron, le python s’est débattu de gauche à droite pour s’échapper, mais sans succès.  L’homme ayant appris la nouvelle, il est revenu avec plusieurs amis pour tuer sa proie avec un fusil.

Cette histoire me semble absolument surréelle!  Le Cameroun est franchement un endroit tout à fait incroyable!  Toutefois, même si je bois les paroles de l’homme, je ne peux rester en place!  Je me trouve près d’une gigantesque fourmilière et des centaines de fourmis montent sur mes jambes et me mordent agressivement.  Ouf!  Honnêtement, je le répète encore, je suis vraiment impressionnée de la capacité d’adaptation de l’Humain!  L’homme travaille chaque jour sans relâche pour nourrir sa famille dans une chaleur incroyable, au milieu d’animaux assez dangereux (python!) avec des fourmis partout!  Avec sa machette, des bottes de caoutchouc, des shorts et un t-shirts de soccer, c’est franchement rudimentaire comme mode de vie!  Franchement, je me trouve privilégiée, et j’ai beaucoup de respect pour lui.

 

 

 

 

9 – Le poisson du village

Je suis maintenant à Kribi, une magnifique petite ville sur le bord de l’océan atlantique.  Je mange dans un petit resto local, juste avant de prendre le bus pour un tout petit village, où j’ai entendu parler d’une initiative éco-touristique.  Durant quelques jours, je serai logé dans une petite maison sans électricité où je m’éclairerais le soir à la lampe à l’huile sur le bord d’une magnifique plage déserte.

Après plusieurs heures de transport, j’arrive finalement à l’endroit dit.  Il y a de petites maisons partout, et je suis bien accueillie par la femme qui préparera mes repas personnellement durant mon séjour, comme il n’y a ni marché aux alentours, ni restaurant.  Je me sens au bout du monde, dans ce petit endroit tranquille, et je suis vraiment frappée par la beauté de l’endroit.

Pour moi, c’est l’endroit idéal.  Loger au coeur d’une petite communauté et partager au maximum le quotidien des habitants de l’endroit est le meilleur moyen de connaître la culture locale, selon moi.  D’ailleurs, je sais que l’argent offert pour mon séjour représente à la fois une somme modique pour moi, puisqu’il est en fait une fraction du prix demandé dans un grand hôtel pour une plage aussi intime, et un revenu qui bénéficiera directement à la communauté dans laquelle je loge.

Durant mon séjour, je mangerai trois fois par jour la même chose : le petit poisson pêché localement par les hommes du village durant la nuit assaisonné avec un cube Magi.  Dans la maison rudimentaire de la cuisinière (une grande pièce séparée en section par des draps), elle partage avec moi ses succès et ses défis.  Elle me dit que le gouvernement se prépare à construire un port important près du village, ce qui amènera de très grands bateaux dans la région.  Les villageois ont peur que ces embarcations effraient  les bancs de poissons locaux, ce qui empêcherait les hommes de vivre du mode de vie traditionnel du coin : la pêche.  Elle me raconte qu’elle sent que le pays cherche à développer rapidement son économie sans toutefois mesurer l’impact de ce développement sur les petits villages comme le sien ; il n’y a aucune garantie que les emplois de subsistance locaux seront remplacés.  Sans électricité, les gens vivent assez simplement ici, mais ces derniers semblent préférer ce mode de vie, à des emplois au port, probablement plus payants, mais également plus stressants.

Je sors de la cuisine de la femme la tête remplie de réflexions sur ce que nous venons de discuter : développement local versus régional, proctection de la culture locale versus économie, etc.  Je suis vraiment heureuse de d’avoir rencontré cette femme, et d’avoir pu en apprendre plus sur sa vie.  Une expérience que je n’aurais pu vivre si j’avais décidé de loger dans un endroit plus luxueux.  D’ailleurs, ce séjour au village m’a également permis d’assister à une scène de ménage assez intense entre deux femmes partageant apparemment le même mari.  😉  Si près des gens, j’ai beaucoup plus de chance d’en apprendre plus sur la culture d’ici!

8 – A la frontière du Nigéria

Quand je suis partie pour le Cameroun, une (petite) partie du pays était contrôlée par Boko Haram, un groupe terroriste faisant la promotion d’un islam extrêmement radical et ayant des liens avec l’État islamique.  C’était une grosse décision de partir à ce moment-là.  En m’informant bien, j’ai compris qu’une partie seulement du pays faisait face à cet important danger et qu’en planifiant adéquatement mon séjour, je n’y mettrais pas les pieds.

J’ai voyagé un peu partout, mais j’ai toujours été bien consciente des risques importants que comportaient la traversée d’une zone de conflit.  Ou de toute zones en fait.  Nul endroit n’est vraiment neutre.  J’étais déjà atterri dans un conflit tribal au Kenya où j’ai été gentiment escortée par un garde armé à la porte du seul hôtel d’une petite ville parce que deux groupes tribaux étaient en plein coeur d’une importante négociation.  Ou encore, on m’avait fait rapidement signe de m’éloigner d’une intense manifestation politique au centre de Dhaka au Bangladesh.  J’ai également été particulièrement frappé par le sentiment d’insécurité auquel j’ai face à Cape Town en Afrique du Sud, où apparemment les tensions inter-communautés sont toujours bien présentes, même encore aujourd’hui : http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2016/03/08/moi-et-lautre/.  Même cet été, en Papoisie Nouvelle-Guinée, il était absolument impossible d’obtenir de l’alcool en raison des élections en cours, un sujet dont les Papous sont passionnés.  Bref, voyager est tout à fait politique peu importe le lieu selon moi.

Tout cela pour dire que je roulais maintenant dans un jeep emprunté à un ami au Cameroun à recherche d’un hôtel peu dispendieux pour la nuit.  J’avais fait mes recherches et l’idée était d’éviter le Nord du pays où des tensions étaient possiblement en cours.  J’ai suivi la route en suivant les indications pendant bien longtemps, sans rien trouver pourtant.  Sur le chemin, les autres hôtels croisés étaient trop chers (plus de 50 $ par chambre) et je devais continuer mon chemin à chaque fois.  Au bout de plusieurs minutes, la route a commencé à devenir un peu plus petite, puis franchement cahoteuse.  Je suis arrêtée plusieurs fois pour demander mon chemin aux gens que je croisais, et tous me disaient de continuer, ce qui me rassurait vraiment.

Je suis finalement arrivée dans un village où j’ai croisé un barrage policier.  La route était vraiment mauvaise, et je commençais à avoir de sérieux doutes sur la destination.  Une épaisse forêt m’entourait.  Le policier m’a répondu en riant que oui c’était bien par là, un peu plus loin après la rivière, j’ai donc continué à avancer jusqu’à ce que je trouve que le visage des gens que je croisais vraiment intense.  On aurait dit une expression de surprise très insistante, mais toutefois encore silencieuse.  J’ai commencé à penser à ce moment-là que quelque chose n’était pas normal.  J’arrête le véhicule et je marche vers la plage que je vois de la route.  Je suis avec des amis, dont un des mes amis Camerounais établi au Canada et étant venu visiter sa famille.  Je ne m’en rends pas compte, mais quelqu’un vient lui parler très rapidement, en peur.

-Mais qu’est-ce que vous faîtes-là! Ce n’est pas la place pour des étrangers!!!  La police fait présentement des fouilles dans les bois!!! Des combattants de Boko Haram sont présentement cachés dans la forêt et il y a une fouille en cours!!!! Partez maintenant!!

Le jeep roule dans la boue en quatrième vitesse, nous sommes en danger.

Le policier nous a menti.  Quand nous passons prêt de lui au retour, il rit.

Plus tard, je regarde sur une carte où j’étais rendue : proche de la frontière du Nigéria. Pas au Nord du pays, mais à quelques lieux de la zone à éviter.

NB : Je tiens à préciser que c’est la seule mésaventure que j’ai eu au Cameroun, et que c’était dû à cette situation politique en particulier.  Le reste du pays était vraiment tout à fait accueillant et sécuritaire, et j’y ai fait un voyage extraordinaire.

7 – Négocier serré

Je suis vraiment une passionnée des marchés de poissons!  Chaque fois que j’en vois un sur mon chemin, je fais fit de l’odeur, et je me fais un plaisir d’y passer des heures!  J’en ai visité en Afrique, en Asie, en Europe et en Papoisie Nouvelle-Guinée, et chaque fois je suis absolument impressionnée par les couleurs, les formes, les grandeurs de ces habitants de l’océan.  Il y a toujours un poisson que je n’ai jamais vu de ma vie!

Voici mon dernier article sur le marché de poisson que j’avais visité en Tanzanie 😉

http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2015/11/25/poisson-geant-et-poulet-tandoori/

Au Québec, les fruits coûtent tellement chers, j’en mange donc rarement… alors j’en profite à fond en voyage pour me remplir la panse de pieuvre, calmars et poissons frits! Wow! Tellement d’éléments me fascinent dans ces endroits :  l’abondance d’abord, la grosseur ensuite, mais aussi l’ambiance toujours un peu festive en raison des gens qui négocient serrés leurs achats, et surtout les pêcheurs fiers de leurs plus grandes prises et qui ont toujours des bonnes histoires de pêche à raconter.  Partout autour du monde, la pêche s’effectue de différentes manières : que ce soit en pleine nuit avec une lampe au Malawi : http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2015/12/22/32-peche-traditionnelle-au-malawi/ ou dans de petites embarcations doubles et étroites en Papoisie Nouvelle-Guinée ( j’ai déjà hâte d’écrire mon article sur le sujet!), je raffole de ces histoires toujours intenses.

Tout cela pour dire, que cette fois-ci, j’ai mis les pieds dans mon premier marché de poisson au Cameroun, près de Limbe et je suis gaga.

Je suis toujours impressionnée par les gros poissons et les crabes géants.

Négocier est toujours une expérience un peu étrange.  C’est la tradition dans plusieurs des pays dans lesquels j’ai voyagés, mais je suis toujours un peu perdue au travers des éléments à prendre en considération lorsque je regarde les prix :

  • Dans certains pays, négocier les prix de tous achats est normal, alors que dans d’autres la nourriture ne se négocie pas, c’est un signe d’irrespect pour l’énergie demandée pour amener ce poisson/fruit/légume sur la table.
  • Je dois aussi être consciente que souvent les prix sont gonflés artificiellement pour moi, car je suis une étrangère et la plupart du temps, les gens des communautés que je visitent pensent que mes poches sont pleines à craquer.  En même temps, je dois aussi être consciente que dans d’autres endroits du monde, notamment le Bangladesh ou la Papoisie Nouvelle-Guinée, monter les prix pour moi, étrangère, ne viendrait jamais à l’idée des gens locaux, et essayer de faire baisser le prix de la nourriture pourrait me faire paraître franchement insultante.. pour eux qui me demande un prix tout à fait juste pour leurs produits.

  • Finalement, je dois aussi prendre en considération, que quand je ne négocie pas un prix qui devrait l’être selon les locaux, j’envoie également le message qu’en tant que visiteur, j’ai les moyens de payer ces prix-là et que je suis vraiment très riche.  On s’entend, venant du Canada mon pouvoir d’achat est la plupart du temps plus élevé que celui de gens dans lequel je visite, toutefois, je fais toujours attention de négocier mes prix, afin de d’envoyer le message que oui, j’ai les moyens de voyager, mais non je ne vis dans un château au Canada à manger du crabe des neiges matin, midi, soir.  En fait, j’ai souvent assisté à situation, où des touristes étant inconscients de cette dynamique voyaient un prix absolument dérisoire pour un produit étiqueté de luxe au Canada, par exemple ces crabes géants dans ce marché au Cameroun.  Cela envoie un vraiment un drôle de message aux vendeurs et vendeuses du marché qui pensent maintenant pouvoir demander un prix ridiculement élevé aux étrangers pour un produit local.  A long terme, cela crée un fossé infranchissable entre les populations locales et les touristes autour de l’idée de richesse.

Bref, j’adore les marchés de poissons, ou tous les autres types de marché dans  les pays dans lesquels je voyage.  Je suis une super fan de ce contact avec les gens ; tout le monde doit manger, et la nourriture en dit tellement sur le mode de vie local, les traditions, les goûts, sur les familles qui fréquentent ces marchés.  J’en profite toujours pour faire le plein d’histoires et de conversations, mais je suis toujours aussi consciente de l’impact de mes achats sur la dynamique du marché : j’essaie de payer le prix juste et ma réflexion change de pays en pays selon les traditions locales : ce n’est pas nécessairement un prix durement négocié ou le plus bas possible, ni le plus élevé non plus, aussi parfois il n’est pas négocié, parce qu’il ne négocie tout simplement pas.  C’est le prix qui respecte la personne en face de moi, qui lui envoie le message que je donne de la valeur de son travail, qui reconnaît aussi que je viens d’ailleurs, mais qui en même temps veux donner une idée juste de qui je suis, une voyageuse sac-à-dos qui vit dans un appartement bien normal à Montréal.

Et voilà, je promène un peu partout et je fais mes choix ; c’est que je me prépare un festin.  Juste sur le côté du marché, plusieurs femmes ont des grills et cuisent sur le feu les achats frais du matin des clients.  Je laisse mes réflexions sur la négociation pour goûter pleinement aux saveurs du terroir camerounais.  C’est délicieux!

 

6 – Les lianes

Limbe a un des plus impressionnants jardins botaniques que j’ai vu de ma vie! J’ai l’impression que le coeur du Cameroun se retrouve dans cet espace caché à deux pas de la ville, et c’est absolument magnifique.  J’ai vu tellement de paysages arides en Afrique de l’Est, mais la partie du Cameroun où je me retrouve présentement représente absolument le contraire.

Ces arbres géants enfouis sous les dizaines de lianes sont absolument fascinants.  Ce sont des murs faits littéralement de végétation.  C’est vraiment incroyable.  On dirait un autre monde, immuable, tout en vert.

Je suis vraiment heureuse de découvrir, cette forêt miniatures, mais j’ai encore plus hâte de pouvoir découvrir le tout hors d’un parc officiel.  😉  J’ira bientôt avec un trappeur local… ce serait vraiment intéressant!

 

En attendant, ma prochaine sortie dans la jungle, je retourne vers les plages de sable noir de Limbe, j’en avais tellement entendu parler.  Ça me donnera une petite pause, avant d’aller au marché de poisson 🙂

4 – Les parapluies camerounais

Il vient de pleuvoir, l’asphalte est un peu glissante.  Il y a une odeur de terre et surtout celle de la bouffe de rue ; les petits stands sont pleins.  Des avocats murs, du pain, des petites tomates, du poisson grillé dans un épais fond d’huile sur le bord de la rue : la pluie ne change pas grand chose au rythme bien rodé de Douala.

Malgré la pluie, les motos filent de partout avec…. leurs parapluies!  J’avais vu quelque chose d’un peu semblable au Vietnam, un espèce de grand imperméable couvrant la moto et ses passagers.  Au Cameroun, on fait dans le plus concis ; le parapluie 🙂

Et avec la moto à Douala, on ne niaise pas!! J’y ai fait un des tours les plus rocambolesques de toute ma vie!  Assise derrière une moto taxi, l’homme roule, file, dépasssseee, et me scratche les deux genoux, un sur une autre moto dont on est allé trop proche, l’autre sur la partie avant d’une auto, bien communément appelé son «bumper».  Après la deuxième égratignure, c’est exactement le moment où je me dis : «aie, aie, aie, qu’est-ce que ma mère dirait!!».  J’enlève rapidement, mes cheveux étampés sur mon visage par la pluie, parce qu’en fait, l’homme me fait visiter Douala à vitesse grand V et c’est absolument unique.  A contre-sens, dans le traffic inverse à notre direction, juste avant de monter sur le terre-plein en évitant bien sûr, les kiosques de bouffe de rue de toutes sortes, il joue habilement du frein et de l’accélérateur dans le traffic monstre de cette capitale!   Je ris, mais j’ai aussi un peu mal au coeur 😉  Je pense que la moto aurait peut-être besoin de nouveaux amortisseurs.  Bref, j’ai le gros sourire aux lèvres, à découvrir le quotidien de cette métropole africaine…  Mon ami camerounais me disait que quand il avait quitté le pays 10 ans plus tôt, il n’y avait aucune moto.  Aujourd’hui, au coeur de ce hub en grand développement, comme de dizaines d’autres grandes villes africaines, elle se faufile partout, sans aucune restriction routière, à part l’espace minime entre les véhicules pris dans le traffic monstre de cette grande ville.

Demain, c’est le grand départ pour Kribi.  J’ai hâte de voir l’un des autres visages du Cameroun.

 

 

3 – Au village

Je suis arrivée dans ce tout petit village avec de magnifiques personnes.  Mes pieds foulent les chemins de terre tapée, et se tracent un chemin entre poulets et chèvres.  Les animaux sont partout, sortent des racoins puis disparaissent à nouveau.  Je me demande bêtement comment ils retournent à la bonne maison le soir, puisqu’ils se mélangent inlassement au village durant la journée.  On me répond qu’ils retrouvent tous le soir, le chemin de leurs maîtres.  Je ne savais pas, moi, qui vient de la ville.

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La plupart des grands bâtiments sont faits de béton, mais beaucoup de maisons sont faîtes de panneaux de feuilles.  Ces minces murs m’impressionnent beaucoup, j’imagine que je n’ai pas la même perception d’être à l’intérieur ou à l’extérieur d’une habitation.  Je suis tout autant impressionnée lorsque je vois ces hommes casser à la main le grain du riz qu’ils ont récolté.  Quel travail!!!

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Le Bangladesh, n’est pas un pays touristique.  Il n’y a d’ailleurs que très peu de «lieu» à visiter à l’exeption de quelques temples.

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Ce sont les gens et la vie quotidienne qui est si impressoinnante.  Les femmes dans leurs habits multicolores et les hommes en lungis, les enfants qui jouent, le rythme de la culture du riz qui change constamment le paysage.

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Un soir, j’ai été invité à souper dans une famille du village.  Un vrai honneur.  Assise à la petite table, la femme me sert le repas, puis l’homme vient vers nous souhaiter bon appétit.  Le couple s’en va.  Sur le moment, je trouve la pratique tout à fait bizarre, mais je ne dis rien.  J’apprends bien vite qu’ici, on ne partage pas le souper avec ses invités par respect.  C’est une coutume à laquelle je ne suis pas habituée, mais je comprends bien vite que c’est rempli de bonnes intentions.

Il y a tant de belle choses à apprendre au Bangladesh.  J’ai d’ailleurs pu admirer le plus charmant des autobus scolaires  🙂

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19 – Épilogue de cette aventure asiatique – La peur

Quand je suis partie en Asie pour la première fois, j’avais 21 ans.  J’avais été en Inde et en République Dominicaine avec des programmes d’initiation à la coopération internationale, mais je n’avais aucune idée de c’était quoi… un voyage sac-à-dos.

Quand je suis arrivée en Beijing, les deux pieds au milieu de gens qui ne parlaient pas un mot d’anglais, j’ai capoté.  Face à l’inconnu.  Ni Hao la Chine, moi c’est Andy.

Les premiers jours, j’ai trouvé ça rough.  Attend, je veux dire les premières semaines.  Pour être honnête, j’étais incapable de manger la bouffe chinoise au début.  Pendant des jours, j’ai mangé de poulet Kong Pao, parce que je savais que c’était du poulet et des peanuts.  That’s it.  J’ai jamais été une fan des pattes de poulet, ni de cerveau de mouton d’ailleurs 😛

Aujourd’hui, quelques années plus tard, je me trouve ben hot de m’avoir lancé dans l’inconnu comme ça.  Banguerang.

Parce que j’ai eu peur : (Oh oui)

  • De ne pas trouver d’endroit où dormir.
  • De travailler traverser une jungle remplie de grosse bibittes..

  • De manger de manger de la viande, et de me demander si c’était du chien.

  • De me perdre en milieu de mégapoles chinoises.

  • De ne pas être comprise, car personne ne parle ma langue.

Mais c’est ce qui m’a donné la force d’attraper des opportunités de vie plus intenses les unes que les autres par la suite, et de maintenant travailler au Nunavik.   Et de faire de ma vie une constante chaîne de défis.

Ce que je veux dire, c’est que des fois ça vaut la peine d’avoir peur.

Parce que se mettre dans une position où tu peux plus reculer, c’est aussi te mettre dans une position où tu ne peux plus qu’aller de l’avant.  Et apprendre.  Et grandir.

18 – L’armée ensevelie

On raconte, qu’un jour, un fermier ratissant son champs a découvert un trou au sol.  Intrigué, il a creusé, puis creusé encore, pour découvrir une fosse remplie de… soldats ; il venait de découvrir l’armée de terre cuite de l’empereur Qinshihuang ou plutôt son mausolée.

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L’armée découverte ce jour-là est tellement gigantesque qu’une bonne partie de celle-ci reste toujours ensevelie à ce jour.  Et c’est ce que j’ai été visité à Xi’an.

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Des champs et des champs de soldats en terre cuite ensevelis, des chevaux aussi, et différents types de combattants… une véritable nécropole pour homme qui voulait se protéger lors de son passage vers la mort.  Et quel fantasme quand même!  On raconte que les artisants ont été enterrés vivants!

L’attraction est aujourd’hui protégée par de gigantesques domes et est très (très) populaire!  Sur les photos on voit souvent seulement les soldats, mais les foules de touristes sont gigantesques!

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Bref, pour l’expérience mystique, c’est à voir absolument! Mais garre aux hordes de touristes!

17 – Le mont Hua Shan : l’extrême via ferrata chinoise

Le Mont Hua Shan, est la place en Chine pour vivre des émotions fortes!  Le paysage est sincèrement à couper le souffle!   Au sommet, on se retrouve au milieu de pics aiguisés et de petits temples, puisque la montage est un lieu religieux daoiste depuis plusieurs décennies.

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Il est possible de grimper pour aller au sommet, mais même prendre le téléphérique est une expérience vraiment impresionnante.  Dans la petite boîte vitrée au milieu de cette immensité, je me sentais tellement petite!

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Mais le paysage n’est que le début de la légende, puisque le Mont Hua Shan est connu à travers le monde pour son parcours extrême de via ferrata.  Mettons que les normes de sécurité n’ont rien à voir à ce qui se fait au Québec!

Avec les planches de bois accrochées à même le roc…

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Des chaînes..

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Et des pics de métals à titre d’escalier!

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Franchement, il y a de quoi avoir la frousse!

8 – Les mythiques temples d’Angkor

Bienvenue au Cambodge!

Directement arrivée à Phnom Penh, j’ai eu la chance de visiter de magnifiques temples  et bâtiments gouvernetaux à l’architecture si typique du coin.  Cette jolie et vivante capitale vaut la peine d’y faire un tour!  Entre les tuk-tuks et les cafés d’inspiration française dûs à la colonisation, j’ai été surprise de voir… un gros éléphant traverser la rue!  Wow, ces moments cocasses me font sentir à l’autre bout de la terre!

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Au pays des savoureux currys, j’ai pris le bus jusqu’à un endroit mythique du pays : les temples d’Angkor!  Franchement, même si le lieu devient de plus en plus touristique, le charme unique de cet endroit est vraiment envoutant.  En louant un tuk-tuk pour la journée, il est possible d’aller vister les temples les plus reculés et d’être seul au fond de la forêt.

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Marcher au milieu de cet endroit de prédilection des Kherms est complètement fascinant.  Les visages géants sculptés à même la roche ou ces femmes aux seins nus dansant sur les murs, je n’ai rien vu de pareil en Asie.  Ce sont des design uniques au Kmers.

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Ce qui rend l’expérience entre plus mythique, est clairement la nature qui reprend peu à peu sa place sur ces vestiges.  Des arbres géants mangent un peu partout les temples.  Il est même difficile de dire si les lianes brisent les temples ou si elles les retiennent de s’écouler.

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Dans tous les cas, visiter les temples d’Anghor relève de la grande aventure.  Grimper un peu partour dans ces différents lieux donne l’impression de parcourir un terrain de jeux géant pou adultes.  Les motifs gravés ou façonnés dans les murs sont tout à fascinants.

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Bref, les temples d’Angkor, à visite absolument au Cambodge!

 

5 – L’amicale ambassade du Kenya

Je marche, je marche et je marche encore vers l’ambassade du Kenya.  J’ai besoin de mon visa pour le prochain pays.  En ce moment, à Addis-Abeba, c’est l’Épiphanie, et ça se fête en grand!  Des centaines de personnes habillées de blanc marchent et chantent en cœur des chansons religieuses.  Les habitants de la ville vont tous se rejoindre dans un grand parc pour célébrer ensemble. Deux Éthiopiens se mettent à me parler.  Ils me racontent comment cette célébration est un excellent moment pour se trouver une femme ou un mari!  Les célibataires n’ont qu’à se teindre une mèche de cheveux en rose pour signifier qu’ils sont à la recherche d’un ou d’une partenaire.

Je rie ; c’est vraiment facile d’entrer en contact avec les gens ici.  D’ailleurs, pour que je me rende à bon port ; les deux jeunes hommes vont me mener directement jusqu’à l’ambassade du Kenya pour être certains que je ne me perde pas en chemin.

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J’entre dans le minuscule cubicule à l’entrée de l’ambassade.  On me fouille sommairement et on m’indique un autre minuscule bureau près de l’entrée.  Un homme en complet cravate m’y attend.  Tout de suite, la conversation s’engage sur tous les sujets du monde.  Dans cette pièce étouffante, je montre à l’homme dans la quarantaine des photos de la maison de neige que j’ai fait avant de partir du Canada.

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Il s’étonne de nos -30 degré et nous rions.  Nos réalités sont complètement différentes! C’est toujours un bon brise-glace de montrer des photos de chez nous aux gens.  Il s’agit d’un entretient formel, mais en attendant que je remplisse mes papiers, l’homme navigue sur Facebook en me parlant de sa famille.  Parle, parle, jase, jase, il me donne le numéro de sa sœur au Canada, à Toronto et son propre numéro de téléphone pour pouvoir l’appeler en tout temps.  Je ne m’attendais pas à ça d’un dignitaire!   Je commence à me rendre compte de ce qu’est l’Afrique ; tu vas chercher un visa et tu en ressors avec un ami!  Wow, je suis vraiment impressionnée par l’hospitalité des gens.

D’ailleurs, quand je reviens de ma rencontre, les gardes de sécurité rient dans leur barbe en me voyant arrivés.  C’est qu’ils ont gardé ma caméra durant mon entrée à l’ambassade et je suis assez certaine, grâce à leur air coquin, qu’ils ont jeté un coup d’oeil à mes photos! 😉

Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience aussi loufoque que moi à l’ambassade du Kenya en Éthiopie?

1 – Le capotage : mon premier voyage sac-à-dos en Afrique

Je ne sais pas du tout ce que je vais y faire.  Je capote.  Il y a un moment où ma gorge se serre et où je me dis : Ouah!  Mais qu’est-ce que j’ai pensé!  Assise dans le confort d’un divan de velours vert rembourré à l’aéroport de Burlington, je plonge le regard dans cet environnement prémâché, dont je connais tous les codes et le fonctionnement, la langue, la culture.

Ouf, est-ce que je suis vraiment prête!?  J’ai de sérieux doutes! Prête pas prête, j’y vais!  De toute façon, je n’ai plus le choix, mes parents sont déjà en route vers Montréal, j’ai quitté temporairement mon emploi et j’ai sous-loué mon appartement.

Et puis, ce voyage en Afrique de l’Est a commencé bien avant que je prenne l’avion. Je me suis bien rendu compte en parlant de ce projet que tous avaient une opinion sur le sujet. Personne n’y avait mis les pieds, en Afrique, mais tous savaient comment ça marchait… ce grand continent.  Oui, oui, l’Afrique non seulement c’est pauvre et dangereux, mais c’est partout pareil!  À force d’entendre la même histoire, j’ai vraiment hâte d’y mettre les pieds pour créer la mienne, et surtout pour mieux comprendre cet endroit, tout simplement.

L’idée de partir avec mon sac-à-dos dans cette région a causé beaucoup de remous autour de moi.  Les gens nous trouvait fous!  Par contre, moi, j’avais besoin d’y aller par moi-même, seule, sans ONG ou autre organisation.  Je voulais y aller sans avoir la vision «d’aider».  Durant mon baccalauréat en Science politique, j’ai entendu tellement de choses, étudié tant de concepts… Maintenant, je suis prête à mieux comprendre cette région et à vivre la grande aventure!

Entre temps, je suis assise à l’aéroport de Burlington, un billet pour le Nigéria entre les mains, et je me demande si j’allais être à la hauteur!

Et vous, avez-vous déjà eu peur de partir en voyage ou l’annonce de votre destination a-t-elle déjà causé des conversations houleuses autour de vous?