7 – Comment le Dalai-Lama a changé ma vie

Quand je suis partie pour l’Inde, quelqu’un m’a donné le livre «The Art of Happiness» écrit par «His Holiness The Dalaï-Lama».  A l’époque, je ne connaissais pas grand-chose de la tradition bouddhiste, encore moins de la tradition bouddhiste tibétaine.  A 17 ans, en fait, je savais, seulement que j’étais née au Québec dans un cadre de vie assez confortable et qu’éventuellement j’allais aller à l’université pour avoir un emploi stable et me permettant d’avoir un revenu me permettant de vivre normalement.

Normalement.

Depuis mon arrivée en Inde, je me demandais bien ce que pouvait bien dire le mot : « vivre normalement ».  A l’époque, j’étais probablement en train de vivre en choc culturel, même si je ne voulais pas me l’avouer.  Normalement, normalement, est-ce que ce mot voulait vraiment dire quelque chose?

Depuis mon arrivée,

  • j’avais cessé de prendre ma douche avec un pommeau de douche m’offrant une quantité illimitée d’eau,
  • ma capacité à avoir accès à une variété de légumes frais avait complètement disparu et mon alimentation se limitait maintenant à du riz et des bines,

  • la maison dans laquelle je dormais n’avait pas de chauffage et était franchement bouillante le jour et franchement humide et froide la nuit,

  • j’avais commencé à laver mon linge à la main, car la famille d’accueil où j’étais n’avais pas de laveuse et de sécheuse.

Autour de moi, je voyais bien que les gens ne vivaient pas de la même manière que chez moi, et surtout qu’ils n’avaient pas tous accès aux mêmes services, ressources… et rêves que moi.  Je réalisais peu à peu que le plan de tout le monde n’était pas : «aller à l’université pour avoir un emploi stable et me permettant d’avoir un revenu permettant de vivre normalement».  Ça m’a frappé.

Pour des membres du groupe avec lequel nous vivions, les situations nommées ci-haut provoquaient de grandes frustrations.  Et c’était normal… c’est vrai que la vie était «plus dure», ici.

Au même moment, je lisais ce livre du Dalaï-Lama.  Un passage surtout parlait de la perception des choses, de la manière dont on peut contrôler son esprit, afin de voir autrement ce qui est face de nous.  Le Dalaï-Lama disait que nous avons, au final, peu de contrôle sur les choses, et que c’est notre manière de voir ces dernières qui fait réellement une différence.  Il parlait d’apprécier ce qui est là tel quel, même si c’est vraiment imparfait.  D’y trouver de la joie, la beauté.

Bref, malgré les nombreux irritants de ce voyage, j’ai cessé de percevoir que la vie «devait» être comme «cela».  J’ai surtout compris que je venais d’un milieu absolument privilégié comparé à de très nombreux endroits dans le monde et que franchement je devrais vraiment apprendre à baisser mes standards et à transformer ma perception des choses, à me trouver chanceuse d’avoir ce que j’ai.

Grâce à cette philosophie, j’ai réalisé un voyage extraordinaire où j’ai arrêté de comparer ce que je vivais avez chez nous et j’ai appris à apprécier ce qui était franchement différent, ici.  Je me souviens de moments tout à fait magiques sur le toit de l’immeuble où j’habitais à Dharamsala.  Mes soirées préférées étaient les instants où je faisais mon lavage à la main!  Perchée sur ce troisième étage au cœur de l’Himalaya, je contemplais les montagnes et franchement je ne me suis jamais ennuyée de ma laveuse là-bas!   Question de perception!

Que pensez-vous des pensées du Dalaï-Lama?  Êtes-vous d’accord avec lui?

Lonely Planet India (Travel Guide)

16 – Les enterrements du ciel et de la terre

J’arrive à Xinning.  Je n’ai qu’une envie, c’est d’aller sur internet faire plus de recherches sur Yushu.  Assise sur un mini banc en plastique dans un café internet un peu crasseux, j’essaie de comprendre où je viens de passer.  L’internet est extrêmement lent.  Comme d’habitude, plusieurs sites sont bloqués par le gouvernement chinois : pas facile d’avoir de l’information.

Au bout d’une demi-heure, ça y est, j’ai trouvé : tremblement de terre.

Et oui.  Tout s’éclairci.  Mon guide de voyage date de l’année précédant l’évènement, voilà pourquoi je n’ai jamais entendu parler de cette situation incroyable.  J’essaie d’en apprendre plus, mais il y a très peu d’information en ligne.  Une chose est sûre, la dévastation que j’ai vue m’a vraiment jeté à terre.

 

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Ce n’est qu’un an plus tard, que j’ai vraiment réalisé où j’étais vraiment allé.  A Montréal, dans une exposition du World Press Photo, je lisais les descriptions reliées aux meilleures photos prises à travers le monde.  Jusqu’à ce que… Oh!  Je vois des images de Yushu!!  Quelle surprise!!

Sur les photos, j’ai vu des allées et des allées de corps étendus prêts pour le rite funéraire traditionnel des Tibétains.  Des dizaines de corps.  Honnêtement, je ne pouvais pas croire que j’étais passée par cette ville, quelques mois après cet événement tristement spectaculaire où tant de personnes étaient décédées si drastiquement.  Il y avait plusieurs photos du «Sky Burial».  Je n’ai pas trouvé de traduction exacte en français de cette pratique, on parle parfois d’enterrement à ciel ouvert ou d’enterrement du ciel et de la terre.

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Durant mon séjour dans l’Ouest de la Chine, j’ai été invité plusieurs fois à observer ce rite à titre de touriste.  Au coeur de la tradition bouddhiste tibétaine, où l’on croit à la réincarnation, on croit aussi que le corps doit être redonné à la terre.  Lors d’un décès, le corps est donc séparé en morceau par un moine et les os et le cerveau sont broyés, puis mélangés à de l’orge pour être ensuite offerts aux vautours.  Il n’y a pas de mise en terre.

Honnêtement, j’ai éprouvé un profond malaise à cet égard ; à l’idée d’observer un «enterrement» d’une personne dont je ne suis pas une proche en échange d’un moment d’argent.  C’est pourquoi j’ai décidé de ne pas assister à ce rite.  Bien que cette pratique ait été sans doute extrêmement intéressante à observer, puisqu’elle est si différente des croyances apprises au sein de ma culture, j’ai pensé que je trouverai complètement irrespectueux que quelqu’un paierait de l’argent pour venir observer ma famille au salon funéraire.  J’ai donc refusé à plusieurs reprises cette opportunité lors de ce voyage.

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Toutefois, je trouve cette pratique intéressante.  Elle fait réfléchir sur la signification que nous donnons à la vie, à la mort, au corps, à la réalité tangible, à la réincarnation, etc.   C’est pour cela que je voyage : pour  connaître d’autres points de vue, me remettre en question, comprendre le monde et apprendre à voir comment d’autres peuples abordent autrement des concepts et des expériences de vie, à leur manière.  Le tremblement de terre à Yushu aura certainement été pour moi une expérience de vie unique et une occasion formidable de me questionner sur ces sujets.

Et vous, connaissez d’autres pratiques culturelles concernant la mort?  Cela vous a-t-il étonné?

15 – Dévastation à Yushu

Aller à Yushu a représenté un  très grand défi.  Les transports dans l’Ouest de la Chine sont assez rudimentaires en raison des routes très rocailleuses et à flan de montagne!  J’ai toujours eu le mal des transports et j’ai définitivement été servie sur cet aspect dans cette région du monde en raison du réseau routier.  Voyager dans cette partie de la Chine peut être ardu.  Toutefois, c’est un prix minimal à payer pour avoir accès à cette zone très peu connue des Occidentaux et où vivent de nombreuses minorités chinoises.  Pour ma part, les paysages que j’ai pu voir et les rencontres que j’ai pu faire ont largement dépassé l’inconfort que j’ai vécu dans les transports.  J’avais entendu parler de Yushu comme un paradis et un berceau de la culture tibétaine : j’étais vraiment déterminée à y mettre les pieds.  Coûte que coûte, malgré le temps de transport important qu’il me fallait pour découvrir cette ville, je voulais y aller.

C’est donc après une interminable journée de transport que je suis je suis arrivée… dans un camp de réfugiés.

Franchement, je ne comprenais absolument rien et j’étais sous le choc!  Moi qui m’attendais à des temples magnifiques et des femmes en habits tradionnels, je me suis retrouvée au milieu de centaines de tentes bleues!

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Dans le taxi, je sors mon meilleur mandarin pour essayer de trouver un endroit où dormir pour la nuit.  Je pointe à plusieurs reprises les différents hôtels inscrits dans mon guide Lonely Planet, mais le chauffeur, avec qui je suis incapable de réellement communiquer, hoche la tête à chaque nouvel essai et fini par se fâcher après moi.  Bien sûr, je ne comprends pas grand chose à ce qu’il me dit, mais je comprends bien qu’il est en colère!  Incrédule, je me demande bien où je vais passer la nuit… Le chauffeur fini par m’amener au seul bâtiment encore debout dans la ville.

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Les personnes à l’entrée ne comprennent pas ce que je fais ici, moi la touriste.  C’est une situation inconfortable, on me regarde avec interrogation, presque dédain.  On fini par me donner une chambre.  Des femmes très peu habillées circulent autour de moi.  Je me rends qu’il ne s’agit pas exclusivement d’un hôtel… et mon hypothèse se confirme en entrant dans la chambre, en voyant les draps -pas très propres- sur le lit.  Clairement, il s’agit d’un lieu où il y a de la prostitution.

Il se fait tard, je suis fatiguée et je comprends pas vraiment ce qui arrive.  On me dit que je suis bien à Yushu, mais il est évident que Yushu n’est plus le paradis de la culture tibétaine dont j’avais entendu parler.  La tête pleine de questions, je m’enroule dans mon sac de couchage (pas question que je dorme dans les draps collants).  Je décide de repartir de lendemain en autobus.  Je ne peux pas rester dans ce camp.

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Le lendemain matin à l’aurore, je repars, toujours aussi incrédule, qu’à mon arrivée.

Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience semblable où vous vous êtes retrouvé dans un endroit où vous ne compreniez pas ce qui se passait?

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14 – Parmi les moines

Me revoici en ville.  Au coeur de la tradition tibétaine.  C’est franchement hyper intéressant de voir comment cette culture prend forme en milieu urbain.  Ganzi est l’endroit idéal pour en apprendre plus!  Aucun doute que l’on est au coeur d’une grande transformation (pour le meilleur?).

D’un côté, il y a les petits chemins de terre et de pierre serrés de petites maisons traditionnelles à la mode tibétaine.

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De l’autre de nouvelles constructions chinoises, avec des toits à la couleur uniforme ; des villages reconstruits au grand complet…  En traversant la région en autobus, on peut voir des villages franblants neufs avec des toits rouges, bleus, jaunes..

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Heureusement, Ganzi a gardé tout son charme!  La ville, située au coeur de plusieurs montagnes offre une vue imprenable sur la région.

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Ganzi, de par ses scènes de la vie quotidienne, est vraiment fantatique!  Les moines se promènent un peu partout avec leurs beaux chapeaux-casquettes.  Leurs chapeaux me font penser à ceux de la télésérie «La soeur volante».  Dans cet univers tellement différent de chez moi, je me sens complètement dans un autre monde, vivant à un autre rythme, à une autre époque.

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Et c’est sans compter ma traditionnelle visite au marché.  J’y ai trouvé un boucher un peu fatigué!  Couchés dans sa viande, il a manqué une belle vente avec moi! 🙂

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J’ai aussi découvert une nouvelle coupe de viande.  Que j’ai nommé «le derrière de yack».  Et oui, en regardant bien la photo, on voit bien la queue et la forme du derriere du dit animal!  Il parait que c’est très tendre!

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Et c’est compter les magnifiques temples!

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Et vous, avez-vous déjà vu d’aussi beaux temples?

 

 

 

 

13 – Parmi les yacks

Quand je suis arrivée à Kanding, j’ai eu le coeur géant.  Dans cette ville à majorité tibétaine, j’entrais exactement à l’endroit où j’avais rêvé aller en Chine.

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Et quelle ville!  Entre temples et grands bâtiments, un grand torrent scindait la ville en deux!  J’avais beau ne pas avoir de chauffage à l’auberge où je séjournais et être glacée toute la nuit entre les murs de ciment humides, j’étais heureuse d’être là.  Le lendemain, ni une, ni deux, je montais la montagne située au centre de Kanding.  Je me revoie encore si heureuse au-dessus de tous dans les nuages touchant ce temple tibétain où se trouvait un bouddha géant!

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Mais ce n’étais que le début!  Demain, je vais dans la steppe, à Litang.  J’ai fait des pieds et des mains pour arriver à cette ville dont je rêve depuis longtemps. En effet, en essayant de comprendre la femme qui parlait exclusivement mandarin à la billetterie, on m’a dit que la route que je souhaitais emprunter pour aller à ce trésor tibétain s’était effondrée sous la crue des eaux.  Il me faudrait quatre jours de transport pour aller jusque là-bas en faisant le contour de la route détruite!

Cahotique, le chemin pour se rendre à Litang?  Les chauffeurs chinois aiment à faire penser à leurs passagers qu’ils vont mourir à chaque tournant! Et hop on glisse un petit peu.. oh le précipice est vraiment beau!  Aie, Aie, Aie!  Avec beaucoup de chance, j’arriverais dans ce lieu carrément mythique… la steppe!

Ici, aucun arbre à l’horizon, nul sentier où marcher.  Que des endroits à parcourir à l’infini, à pied où à cheval parmi les troupeaux de yacks.    C’est aussi à Litang que j’ai vu des populations de nomades vivre dans des tentes et faire des courses de chevaux ornés de rubans colorés.  Je me croyais dans un film honnêtement.

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Et des temples tibétains comme je n’en ait jamais vu.  Des beautés architecturales.

Litang, c’est aussi l’endroit où j’ai cru que j’allais enfin manger du fromage!  Avec les élevages présents, je croyais que le gens fabriquaient eux-mêmes ce produit.  J’en rêvais, puisqu’en général les Chinois mangent très peu de produits laitiers.  Je suis donc allé au village m’en acheter et c’est avec grand enthousiasme que j’ai pris une croquée géante… de beurre ranci!  Beurk!  Et oui, pas de fromage ici mais bien du beurre de graisse de yacks… Miam!

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Et un brin de modernité par ici et là.  Comme des moines à motos!

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Aller, toute cette route m’a creusé l’appétit!  Je vais au marché, justement il y a une tête de yack fraîche!

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12 – Aux portes du Tibet

Et me voilà aux portes du Tibet, à Shangri-la.  Pour moi, c’est un véritable rêve.  J’avais été en Inde, il y a quelques années, passer un mois et demi à Dharamsala.  La culture tibétaire m’avait complètement séduite et j’avais envie d’en savoir plus.  Après avoir passé quelques semaines au sein de la communauté tibétaine en exil, j’avais vraiment envie d’aller en Chine voir un autre visage de ce peuple unique.  J’étais depuis le début de mon voyage, déterminée à visiter l’ouest de la Chine, afin d’accéder à cette tradition.

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Pour plusieurs raisons, j’ai décidé ne pas aller directement au Tibet.  J’avais entendu parler de la surveillance chinoise, et de la difficulté d’entrer dans la région.  A la frontière de cet endroit mythique, j’ai eu la chance de voir le meilleur de deux mondes ; la culture tibétaine certes sous une certaine surveillance, mais bien moins intense qu’au coeur même du Tibet.  Dans les petites étroites et les chemins de pierres, je découvrais une nouvelle culture culinaire (Vive les momos!) et religieuse.

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C’était le début d’une aventure intense et certainement passionnante où j’ai pu observer la culture tibétaire sous un tout autre angle que celui que j’avais vu en Inde.  Les Tibétains portant leurs habits traditonnels, aboraient maintenant des tissus beaucoup plus épais en raison de la température  plus froide.  C’était vraiment intéressant de voir les chupas (robe tranditonnelle tibétaine), maitenant rembourées de fourrures de yack.  J’ai d’ailleurs aussi pu aussi voir ces derniers d’abord en ville, puis dans la steppe.

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Les yeux écarquillés, j’ai pu obserser des traditions plus grandes que nature, comme ce bouddha mesurant littéralement quatre étages!  Des statues véritablement gigantesques.

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Et des temples imposants et magnifiques!  De véritables cités intérieures où des dizaines de moines se promènent et vaguent à leurs occupations.

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J’avais également vu des moulins à prières, mais jamais des aussi immenses que celui-ci!

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Et ce n’était que le début d’une excusion dans un autre monde.  Plus j’avançais vers l’ouest de la Chine plus je découvrais un monde insoupsonné, tellement différent de là d’où je viens.

Et vous, avez-vous déjà été aussi fascinée par une culture?

 

11 – Dans la Gorge du Tigre

S’il y a bien un trek à faire en Chine, c’est celui-ci.  Perché entre ciel et terre, faire le trek de la Gorge du Saut du Tigre, c’est passer quelques jours dans les nuages.

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Parsemée de petits villages, cette randonnée est incroyablement belle.  Une fois la première montée faite, le chemin ne pourrait pas être plus plat et facile. On a donc tout le plaisir d’observer ce paysage à couper le souffle.

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Attention, il faut bien choisir le moment de son départ, car ce trek est somme toute un des plus touristiques du pays.  J’ai moi-même passé une journée coincée entre les marcheurs Koréens d’un groupe organisé!  Bref, ce trek époustouflant est accessible à tous les types de randonneurs, même les plus novices, car des porteurs et des ânes sont disponibles en tout temps pour porter du matériel.  Et pour ceux qui n’aiment pas marcher, la Chine a même construit un route pavée suivant la rivière et permettant d’avoir une vue d’en bas de la fameuse Gorge.

Toutefois, tous ces éléments ne devraient pas empêcher tous ceux rêvant de dépaysement culturel de tenter l’expérience.  C’est tout à fait mon cas, et j’ai été vraiment impressionnée par cette randonnée.  En effet, traverser les villages par lesquels passe le chemin est vraiment intéressant!  Le logement peut être rudimentaire, mais encore une fois cela fait partie de l’expérience!  J’ai eu cet intéressant moment dans des toilettes «communes», c’est-à-dire sans cloisons.  En fait, il s’agissait d’une grande pièce fermée où il n’y avait qu’un grand fossé au milieu et où l’on devait mettre ses jambes de chaque côté.  J’avais vraiment une vue imprenable sur les montages à ce moment-là, mais le rire de femmes chinoises à ma vue dans une position gênante…  m’a quand même empêché d’en profiter! 😉

Ce trek reste donc une expérience tout à fait enrichissante au plan du dépaysement!

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D’ailleurs, j’ai pu y trouver ce type de poivre, tout à fait surprenant :

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Présent dans plusieurs recettes chinoises, il ne rend pas la recette plus piquante… il engourdit littéralement la bouche!  Franchement, la première fois, c’est assez paniquant!  Je pensais faire une réaction allergique!

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Bref, à ne pas manquer!

Et vous, quels treks à couper le souffle avez-vous fait?

 

 

 

10 – La mystérieuse côté ouest chinoise

Aujourd’hui, je quitte le Laos dans un petit avion local.  J’ai le coerce qui bat, car je retourne en Chine, un pays que j’avais quitté avec un soupir de soulagement.  Après avoir parcouru la côté Est du pays, j’étais épuisée des mégapoles enfumées et industrielles, moi qui est une grande fan de plein air.

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A la veille de mon retour dans ce pays, j’était gonflée à bloc, prête à mieux apprécier la Chine telle qu’elle est.  J’étais maintenant à l’aise avec les conversations de base en mandarin et avec l’idée de manger presque tous les jours les parties les plus variées d’un animal!  Cette fois-ci, j’étais prête à découvrir l’Ouest du pays.

L’ouest de la Chine s’est révélé être le coup de cœur, des coups de cœur! J’aurais pu me croire dans un autre État.  Littéralement.  Adieu les villes industrielles, bienvenue à l’air frais ; l’Ouest est beaucoup moins développé et touristique que l’Est, et les minorités chinoises beaucoup plus présentes.

A mon arrivée, j’ai eu le bonheur de retrouver les uniques marchés chinois où se chercher un repas reste toujours une aventure!  Bien sur, il avait des fruits à l’odeur vraiment étrange et des concombres boutonneux, mais également de délicieuses anguilles/serpents d’eau et de tendres pattes et visages de vaches.  Miam 🙂  J’étais bien revenue!

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Je me suis retrouvé à Dali, une ville chinoise fan-ta-tis-que.  Située juste sous une grande montagne, il est possible d’y faire un trek d’une journée vraiment super sur la chaîne de montagne environnant la ville!

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La vue du sommet est magnifique et il est possible de croiser toutes les éléments qui rendent les treks en Chine si uniques, comme des cimetières, et des parois de pierres gravées de symboles.

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Dali avait également beaucoup plus à offrir!  En revenant de ma randonnée, j’ai vu les gens préparer d’énormes torches et d’autres vendre des sacs et des sacs de farine.  En quelques heures, les rues se sont remplies de brasiers.  C’était la fête qui se préparait!

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A peine la nuit tombée, les feux se sont allumés, la ville est devenue une folie.  Les torches se sont enflammées à la vitesse de la lumière et la ville de Dali est devenu un foyer géant.  Les gens courraient dans les rues lançant de la farine sur les torches de tous et chacun!

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C’était franchement impressionnant.  Bref, un retour en Chine véritablement à la hauteur de mes attentes!

Et vous, avez-vous déjà eu des appréhensions lorsque vous êtes revenu dans un pays que vous aviez déjà visité?

 

 

9 – Dans la mousson laotienne

Je suis arrivée au Laos en pleine mousson.  Et j’ai adoré.  Toute cette eau a rendu mon voyage magique et bien plus rempli d’aventures!

Je peux garantir que faire de la pirogue dans le Mekong durant la saison des pluies, c’est quelque chose!

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Dans ces petits bâteaux sculptés, au gré des puissants flots, découvrir le Laos et les 4000 îles a pris un autre sens!

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Naviguer les pieds serrés contre sa poitrine entre les arbres presque engloutis par l’eau brune est une expérience unique!

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En plus,  les 4000 îles sont sans aucun doute un endroit à ne pas manquer au Laos!  En louant un vélo, il est possible de parcourir ces petites îles les deux pieds dans la bouette entre les petites maisons sur pilottis.  Le Laos est vraiment magnifique, vert et luxuriant.

La pluie a aussi mené mes pas à la grotte de Kong Lor, un trésor très bien gardé du Laos.  Au coeur d’une vallée, les montagnes environnantes sont simplement à couper le souffle.  Dans cette vie paysanne, il n’y a que les beuglements des vaches pour perturber le calme de cet endroit.  J’étais venue pour la grotte, mais franchement, ce paradis vaut la peine d’être découvert par tous, même sans cet attrait!

Ce paysage enchanteur cachait pourtant bien des aventures.  J’ai passé trois jours à attendre que l’eau à l’entrée de la grotte baisse.  Oui! Oui! Il a tellement plu qu’il était impossible d’aller dans la grotte en pirogue sans se heurter le coco à son entrée!

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Moi qui est vraiment clautrophobe, ce  n’était pas ma tasse de thé!  Penser que je pouvais être prise dans la grotte, car le niveau de l’eau avait trop monté m’effrayait vraiment.

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Après le troisième jour d’attente, j’ai finalement fait mon sac-à-dos pour repartir en ville.  J’étais un peu déçu de ne pas avoir vu la grotte, mais je manquais de temps et je devais aller jusqu’à ma prochaine destination.  J’allais partir quand un Laotien est venu à ma rencontre en courant, me disant que le niveau de l’eau avait juste assez baissé pour me laisser entrer dans la grotte!  C’est peu dire que j’ai vraiment hésiter avant d’accepter, mais l’aventure m’appelait!

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Et quand j’ai vu les pirogues remplies d’eau… j’ai continué à hésiter!  Aie, aie, aie!  En plus d’être claustrophobic, je n’avais pas du tout envie de me noyer.  On m’a vite expliquée que les pirogues étaient remplies d’eau de pluie et non d’eau de la rivière, elles n’avaient donc pas de trou.  Ouf!  J’ai donc tenté le coup et j’étais repartie… Oui, le petit trou noir au fond de la photo, c’était bien l’entrée.

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Et cette grotte était magnifique!  Des plafonds gigantesques, des stalactites en en plus finir.  J’était bien contente d’avoir vaincu ma peur.  La grotte était incroyable et débouchait… plus d’un kilomètre plus loin sur ce paysage où se trouvait un tout petit village isolé par la grotte.

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Franchement, je retournerais n’importe quand au Laos durant la saison des pluies.  Vive la mousson!

Et vous, avez-vous déjà visité une grotte?  Dans quel pays?

8 – Les mythiques temples d’Angkor

Bienvenue au Cambodge!!

Directement arrivée à Phnom Penh, j’ai eu la chance de visiter de magnifiques temples  et bâtiments gouvernementaux à l’architecture si typique du pays : toits dorés et coins recourbés, c’est tout à fait unique! Cette jolie et vivante capitale vaut la peine d’y faire un tour!  Entre les tuk-tuks et les cafés d’inspiration française dus à la colonisation, j’ai été surprise de voir… un gros éléphant traverser la rue, tout en buvant un excellent café!  Wow, ces moments cocasses me font sentir à l’autre bout de la terre!

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Au pays des savoureux currys, j’ai pris le bus jusqu’à l’endroit le plus mythique du pays : les temples d’Angkor!  Franchement, même si le lieu devient de plus en plus touristique, le charme unique de cet endroit est vraiment envoûtant.  En louant un tuk-tuk pour la journée, il est possible d’aller visiter les temples les plus reculés et d’être seul au fond de la forêt.  Pour ma part, c’est le plus intéressant, loin des foules, il est plus facile de profiter au maximum de l’esprit de ces magnifiques temples.

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En fait, marcher au milieu de cet endroit de prédilection des Kherms est complètement fascinant.  Des visages géants sculptés à même la roche aux  femmes aux seins nus dansant sur les murs, je n’ai rien vu de pareil en Asie, ou d’ailleurs dans le monde.  Ce sont des designs uniques au Kmers.

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Ce qui rend l’expérience encore plus mythique, c’est clairement la nature qui reprend peu à peu sa place sur ces vestiges.  Des arbres géants mangent un peu partout les temples.  Il est même difficile de dire si les lianes brisent les temples ou si elles les retiennent de s’écouler.

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Dans tous les cas, visiter les temples d’Anghor relève de la grande aventure.  Grimper un peu partout dans ces différents lieux donne l’impression de parcourir un terrain de jeux géant pour adultes.  Les motifs gravés ou façonnés dans les murs sont tout à fascinants.

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Bref, les temples d’Angkor, à visiter absolument au Cambodge!

Et vous, quels sont les temples les plus impressionnants que vous avez visités?

 

 

7 – A l’épicerie vietnamienne

Je pourrais parler de la beauté des temples vietnamiens, de leur architecture typique, colorée, vivante, pleine de détails.  Je pourrais aussi parler de cette façon de construire des bâtiments tellement différente de ce que je connais du Canada.

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Je pourais aussi parler des dragons fantastiques qui ornent toutes les entrées de ces endroits magiques.

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Ou encore de ces cloches géantes, bien plus grandes que moi 🙂

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Tant de choses m’impressionnent au Vietnam.

Mais ce qui m’impressionne vraiment… c’est le moment où je dois manger!  Au pays de la pho, cette soupe typique du coin, on raconte que plus les bancs où l’on mange ce repas sont petits, plus la soupe est bonne (et pas chère)!  J’adore donc prendre mon petit déjeuner au coin d’une rue passante, sur un mini banc de plastique avec une table qui va bien plus bas que mes genoux, cette soupe chaude, souvent préparée avec des intestins n’en est que plus savoureuse!

D’ailleurs, aller au marché, goûter de nouveaux plats, manger de la bouffe de rue, c’est ce que je préfère.  L’ambiance, les gens, les saveurs, les bouts de viande étranges (lire : organes comme du cerveau ou de la langue), c’est vraiment vivre l’aventure.

Toutefois,  le Vietnam, ne m’a pas seulement impressionné par ces marchés… mais aussi par ces épiceries!  Car oui, oui, on y trouve des morceaux bien intéressants!  Et surtout bien empaquetés dans de la pellicule transparente et du styromousse…   J’adore ce mélange de culture Nord-Américaine où tout doit être bien propre et tout empaqueté dans du sarrawrap, avec la culture asiatique où tout se mange et tout est savoureux.

Une juteuse tête de poisson.

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Un bébé poulet noir.

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Une alléchante oreille de porc.

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Et de délicieuses queue de cochon.

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Aller, vite à l’auberge de jeunesse, j’ai hâte de cuisiner tout cela!

Et vous, lequel des plats présentés sur la photo auriez-vous testés?

 

6 – La frousse dans la jungle vietnamienne

J’avais décidé de faire un trek sur l’île de Catba.  On m’avait dit de prendre un guide, un tour organisé…  J’ai plutôt choisi de faire du pouce jusqu’à destination!  Quelques kilomètres de marche plus tard, je rencontre un autobus local et hop, je me suis retrouvé dans la luxurieuse (et très vivante) jungle vietnamienne, avec le bruit complètement assourdissant des cigales géantes! zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

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Je ne saurais jamais si j’ai pris le bon chemin, car j’avoue que parmi les milles-pattes géants, les lianes et les araignées plus grandes que nature, j’aurai eu ma dose d’aventures durant ces 14 kilomètres.  L’intensité du sentier était tellement incroyable que je doute que les tours organisés y mettent les pieds.  J’avais beaucoup plus l’impression d’avoir pris un vieux chemin local. 😉

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Dès que je suis entrée dans cette forêt sombre, j’ai commencé à entendre des bruits dans le feuillage qui n’étaient pas très rassurants.. Toute de suite, j’ai pensé à des serpents, en me demandant vraiment ce que je faisais là!  Ce n’était pas très rassurant de penser que dans les herbes cachant mes pieds des crocs venimeux allaient peut-être me rendre visite!  Toutefois, à ma grande surprise, il s’agissait plutôt de centaines de crabes rouge vif sortant de la terre à tout moment.  Normalement, je n’ai pas du tout peur pas des crabes, mais comme ils étaient aussi gros que mes pieds et qu’ils prenaient ces derniers comme d’autre obstacles à franchir sur leur chemin.. j’étais quand même effrayée de servir de tapis vivant!

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Je suis même tombée dans un trou.. dans lequel j’ai pensé rester.  A partir des parois boueuses, j’ai essayé de grimer sans relâche vers la sortie, mais rien n’y faisait.  Je sentais la panique monter en moi, prise au piège dans ce trou.  Je suais à grosse goutte tentant de m’agripper n’importe où sans logique précise.   J’avais l’impression d’avoir perdu la boule.

Épuisée, j’ai quand même réussi à m’en sortir.  Par contre, sans les nombreuses lianes.. je n’aurais pas su quoi faire…  Surtout qu’il ne me restait ni nourriture, ni eau.

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Dans toute cette aventure, j’ai même eu droit à une magnifique grotte remplie de chauve-souris!

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C’était franchement incroyable!

Bref, je ne suis encore pas certaine d’avoir pris le bon chemin, du moins celui montré aux touristes!  J’ai plutôt eu l’impression de parcourir un vieux sentier oublié se refermant sur lui-même avec les années.  Un sentier où la nature (lire : les crabes, les cigales et multiples autres bibittes) a repris sa place!

Heureusement, au moment où j’étais exténuée, le sentier s’est soudainement ouvert sur un des paysages typiques de l’Île de Catba.  Et j’ai pu reprendre mon souffle en pensant que c’était simplement magnifique.

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Ça valait un 14 km de frousse!

Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience de trek qui vous a donné la frousse autant que moi?

5 – Les villes vertes

Après la côte est de la Chine, Yanshuo et Guilin, c’est un peu comme le paradis.  Soudainement, les bâtiments deviennent moins gros, la température moins étouffante, l’air plus frais.  Enfin!  Finis, les villes gigantesques avec des gens portant des masques aux intersections passantes!

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C’est que ces deux villes sont construites au milieu de pythons rocheux couverts de végétation.  Un paysage unique en Chine.

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A quelque part entre les rues qui s’entremêlent, il est donc possible de grimper ces parois rocheuses!  C’est comme s’il y avais des minis montagnes à grimper à tous les coins rues!

Moi, qui aime le plein air, j’ai été servie!  Comme je l’ai dit plus tôt, j’ai cherché de tout mon cœur des montagnes à conquérir dans l’Est de la Chine, mais les barrières physiques, les gardiens et le coût exorbitant du billet d’entrée m’ont finalement fait éviter ce genre d’endroit… malheureusement.

Alors, Yanshuo, j’ai adoré.  Je me suis gavée de verdure comme jamais dans ce pays!

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Et en plus, il y a des grottes magnifiques avec des gravures anciennes!

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Bref, pour les voyageurs en quête d’air frais, Yashuo et Guilin sont de vrais paradis!

Et vous, avez-vous déjà visité un pays où l’accès à la nature était difficile?  Si oui, lequel?