28 – Quand vomir fait réfléchir

On dit en Tanzanie, que Zanzibar, c’est LA place.  Tu veux te faire bronzer la marboulette, boire un délicieux mojito, rencontrer d’autres touristes sur le party : Zanzibar, est tout indiqué!  De mon côté, j’avais d’autres projets en tête, et peu moins d’argent à dépenser 🙂

Aller, je repars.  C’est le moment où je saute dans un matatu (bus local), les genoux pliés sur ma poitrine, le poulet me picorant les mollets, et c’est parti quelques heures de transport : je vais à l’Île de la Mafia (Mafia Island).

Très peu de gens de rendent à l’Île de la Mafia, ou s’il y vont, c’est en avion privé.  C’est que le chemin pour s’y rendre n’est pas de tout repos.  Arrivée au village où je dois prendre le bateau, je dois chercher un endroit où dormir, car il n’y a pas d’auberge.  Les gens sont bien étonnés de me voir arriver!  Heureusement, plusieurs personnes m’aident et une mission catholique accepte que je dorme dans leurs locaux.

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Le lendemain matin, c’est le grand départ et mon bateau m’attend. Les passagers s’entassent rapidement sur le plancher ; notre transport est définitivement plein!

Dès le départ, j’ai mal au coeur. Les vagues sont hautes et…Ouuuuuu, j’ai vraiment mal au coeur, ouuuuu, une chance que je suis assise sur le bord, ouuuu. En quelques minutes, le corps à moité par dessus bord, je vomis tout ce que j’ai.  Autour de moi, je n’entends que des rires!  Les gens rient de bon coeur…

-Mais qu’est-ce qu’une étrangère fait ici!  Elle devrait être dans l’avion comme les autres!  Elle a l’argent après tout! Elle n’est pas fait pour les bâteaux que les locaux prennent.

J’ai l’estomac en bouillie, mais je réfléchi en même temps.  A force de prendre des transports différents des gens locaux, les touristes passent pour des faibles ne pouvant tolérer les conditions de vie habituelles des gens d’ici. Comme il y a un réseau de transport entièrement parallèle à ce qui est déjà en place, et beaucoup plus dispendieux, cela donne sans aucun doute l’image que les étrangers sont très riches.  Loin de moi l’idée de revendiquer que tous devrait prendre un bateau comme je l’ai fait pour aller à l’Île de Mafia!  Pourtant, cela me fait penser à la manière dont le tourisme se déroule, ici en Afrique de l’Est, et comment les populations locales perçoivent cette activité.  Il y a très peu de voyageurs sac-à-dos et beaucoup de tours opérateurs de luxe.  Des milliers de dollars sont dépensés à la semaine dans le cadre de type de tourisme, toutefois les populations locales ne pas impliquées dans ces activités, et regardent de loin et avec envies les sommes dépensées..

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Trève de bavardage, après quelques heures sur l’Océan Indien, je suis arrivée sur l’Île de la Mafia!  Quel voyage et le débarquement s’annonce.. bien drôle!  J’embarque sur un plus petit bateau pour rejoindre la plage.  Des hommes me proposent de me transporter sur leurs épaules pour que je ne mouille pas mes vêtements, moi l’étrangère.  Je ris et le sac-à-dos au bout de mes bras, je saute dans l’eau.  Voilà, je suis aussi trempée qu’eux!

Les deux pieds sur la terre ferme, je regarde le large, et ce gigantesque pont.  Probablement construit pour un grand projet de développement économique, les gens locaux ne peuvent pas l’utiliser, car leurs bateaux sont trop petits pour ce pont leur soit utile.

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L’île de la Mafia est un vrai bijoux sur la terre.  Des plages immaculées, des palmiers gigantesques, et des résidents extrêmement sympathiques et avenants.

Aujourd’hui, je me suis fait croqué les mollets par des poulets, j’ai vomi dans l’océan indien et je ne boirai pas de mojito…  mais les deux pieds dans le sable brûlant, j’aurai compris des choses.

Et vous qu’auriez-vous choisi, Zanzibar ou l’Île de la Mafia?

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27 – Poisson géant et poulet Tandoori

J’adore les marchés de fruits et de légumes, mais les marchés de viande et de poissons ont un côté brut et graphique qui rend leur traversée complètement incroyable.

À commencer par l’odeur.  🙂

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A Dar Es Salam, le marché au poisson est immense et rempli de milles et une variété de poissons colorés, grands ou petits.  Ils semblent nous regarder droit dans les yeux!

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Ici, magasiner est un jeu et marchander est de mise!  Les marchands étendent la récolte des pêcheurs sur une grande table et c’est au plus fort la poche!  On parle fort, on rit, on jase…  Près des plateformes gluantes, des balances et des bateaux accostés, on crée des liens au marché de poisson.  C’est le poisson le plus qu’on peut trouver.

Acheter directement au marché est l’idéal, la même prise au restaurant coûtera 3 ou 4 fois le prix!

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Un peu de poulpe?  C’est la spécialité ici.  Dans de gigantesque woks, les Tanzaniens, le font bouillir à grand feu, puis y ajoute une sauce carrément intensément piquante.  C’est un vrai spectacle de voir la préparation de ce mets qui traverse la ville.  Une fois cuit des vendeurs sillonnent les rues pour offrir le poulpe à tous!  Plus le poulpe est acheté proche du marché, plus il est encore chaud!

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Bref, l’expérience d’aller se «dealer» un poisson fait définitivement partie des incontournables de Dar Es Salem, une ville incroyablement intéressante, pour la variété des traditions culinaires qui y sont présentes.  Quoi de mieux après un bon poison grillé, qu’un poulet Tandoori servi dans la rue!  Dar Es Salam compte une importante communauté indienne et ce soir, j’apprécie d’avoir pu goûter à deux cultures dans la même ville!  Mon ventre est plein et rond!

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Et vous, avez-vous déjà été marchander un poisson au marché?  Quelle a été votre expérience?

 

 

26 – Le titanic tanzanien

Après la grande aventure en canot, je peux maintenant relaxer sur le bord de l’eau, les deux pieds sur la terre ferme.  Je mange du poisson grillé en regardant les pêcheurs locaux faire sécher leur récolte du jour.  D’ailleurs, la façon dont le poisson est séché ici est vraiment intéressante!  Ah, l’arrivée en Tanzanie se passe plutôt bien!

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Le sable est blanc et fin, la plage est à quelques pas.  Bukoba est franchement un bel endroit.  Une ville assez calme en comparaison à ce que j’ai vu ailleurs en Ouganda.

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La plage de Bukoba

Je m’apprête à traverser, cette nuit, le lac Victoria avec le ferry se rendant à Mwanza. Un excellent moyen de se sauver de la route et d’une journée complète de transport, puisque le trajet se fait de nuit!  Arrivée sur le quai, je constate que le bâteau transporte une charge impressionnante de bananes!

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Ce bâteau ressemble en tout point au Titanic, en plus petit format bien sûr! C’est bien beau tout cela, j’ai une cabine très jolie, mais cela veut également dire que les passagers en 3e classe sont confinés au sous-sol et qu’ils ne peuvent partager l’espace réservé aux gens de 1er classe…. Ouf! Quelle inégalité!  Je me sens vraiment comme dans le film Titanic, et je n’aime pas ça…  Je n’ai aperçu pas de fenêtres dans cet espace, et il n’y a pas de lits.  J’ai bien l’impression que ces gens vont passer une très mauvaise nuit. Franchement, je me sens mal de vivre dans ce confort!

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Malgré ce malaise, la nuit se passe très bien (pour moi) et je me réveille à la vue des bateaux de pêche traditionnels du coin.  Comme dans les films, leurs larges voiles triangulaires filent au vent!

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C’est une vue imprenable sur le lac Victoria.  C’est parti, j’amorce maintenant la traversée de la Tanzanie!

Et vous, avez-vous déjà pris un ferry pour traverser une longue distance en voyage?  Dans quelle région?

 

25 – Le jour où j’ai failli me faire électrocuter

Quand j’étais dans les scouts, j’ai appris à faire du canot.  J’ai exploré quelques rivières québécoises, mais jamais je n’aurais penser aller en faire jusqu’en Ouganda.

Alors, je me suis retrouvée au Lac Bunyonyi., dans un canot creusé à même un gigantesque tronc d’arbre, avec mon sac-à-dos et ma pagaie en forme de pic. Direction : mon auberge.  Situé à quelques kilomètres de voyagement, mon hébergement était littéralement sur une île!  Le paradis, quoi!  Toutefois,  mettons que c’était plus difficile à diriger qu’un canot en fibre de verre!  

J’ai canoté au milieu d’un archipel d’îles magnifiques… et je me suis même fait dépasser par le bus scolaire… ou plutôt le bateau scolaire transportant les enfants jusqu’à l’île où l’école est située.  Je n’en croyais pas mes yeux!  Autre contexte, autre moyen de transport, j’imagine!

 

Cet environnement est complètement fascinant.  Les îles sont cultivées sur le modèle de la culture en terrasse, c’est-à-dire à l’aide de larges bandes de terre plates, découpées à même les montagnes formées par les îles.  Dans l’eau calme de ce gigantesque lac se reflétait les couleurs verdoyantes de la végétation.  Je rame ma vie, je vis ma vie!  Quel moment épique! 

***

Le lendemain, je décide de repartir en canot.  Je ne vais pas très vite, cette imposante embarcation est, somme toute, assez difficile à diriger.  Tout allait bien jusqu’à ce que…

–  Aie!  Aie!  Aie!  Il pleut des grêlons!

Qui aurait cru que je vivrai ça, ici! C’est la plus grosse tempête de grêlons de ma vie!  Ils sont gros comme de billes!

Je canotais tranquillement au beau milieu du lac quand le ciel s’est brusquement assombri.  Ni une, ni deux, je tourne de bord : il va y avoir une tempête!  Mais le vent se met de la partie et rend l’eau du lac très instable.  La tempête est maintenant là : pas question de rester sur le lac : il faut se rendre à l’île la plus proche!

Je pagaie, je pagaie, mais avec ce foutu gros canot, je n’avance pas très vite.  Je tourne en rond. Et, tout à coup, une pluie diluvienne commence.  Le canot se remplit à vue d’oeil.  Mais ce n’est pas tout, de larges éclairs tombent tout autour de moi!  Au milieu du lac, j’ai l’impression d’être un véritable para-tonnerre.  Heureusement, j’arrive finalement à une île!

-Andy!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!  Sors du canot!

Je met les pieds dans la vase, je suis trempée.  Avec le vent, la grêle et l’eau j’ai des cheveux partout dans la face!  Je tire l’immense canot vers moi, pour ne pas qu’il retourne dans le lac, et pendant que je me met à l’abri.. et je m’enfonce dans la vase.  

-Andy!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!

Je fais ce que je peux.  Déjà sortie de la vase, mes pieds s’enfoncent dans la terre argileuse du champs dans lequel je suis arrivée.  Je ne vois pas devant moi, tellement il pleut, tellement il grêle.  

-Andy!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!

Mon compagnon me tire fort, mais je suis prise dans la bouette.  Il grêle affreusement.  Au milieu de ce champs, c’est maintenant vrai : je peux me faire frapper par la foudre à tout moment, comme je représente l’objet le plus élevé.  

Je cours pour me mettre à l’abri.  Au loin, je vois une minuscule cabane de tôle.  

– Andy!  Attention!  Le trou!  Le trou!  

Mon abri, mesurant deux pieds par deux pieds est en fait…  une toilette!

Je regarde dehors, la boue dégouline de mon visage.  J’ai mal au visage à cause des grêlons. Autour de moi, les palmiers plient sous la force du vent.  Ouf, je souris en respirant l’odeur de notre abri… une bonne odeur d’excréments.  

***

Le lendemain, je reprends le canot.  Il est temps de quitter le lac Bunyonyi et ses tempêtes surprises.  Retournée à notre point départ, je reprends la moto.  Nous sommes trois : le conducteur, moi et mon compagnon, en arrière.  Il y a un sac-à-dos sur le guidon et un sac-à-dos sur le dos de la dernière personne.  On est lourds et on glisse dans le sol argileux.  

Au début du voyage, je trouvais ça complètement fou de faire de la moto à trois avec les sacs-à-dos en avant et en arrière.  Après quelques semaines de voyage, je souris.  Ici, c’est comme cela que ça marche.  Et, puis qu’est-ce qui pourrait bien arriver, hier j’ai failli me faire électrocuter!  Ah!  Ah!

Et vous, quelle a été votre plus belle randonnée en canot?

 

 

24 – Kampala, la bouillante

Kampala est une ville bouillante, fumante.  Partout, on entend ronronner les moteurs des ”boda boda” (motocyclettes) roulant à pleine vitesse dans les rues bondées de passants pressés de se rendre ailleurs.  Bienvenue dans les plazas, les escaliers aux marches infinies et colorées, où on peut trouver tout ce dont on peut avoir envie : balais, pantalons, bouilloires, petites culottes et fer à repasser, tout y est mon ami! Au cœur du brouhaha des moteurs et des magasins, souvent, une femme ou un homme crie au coin de la rue des paroles religieuses :

-Crois en Dieu, mon frère, l’apocalypse est proche!

Mes sens surchauffent.  Je dois à la fois regarder si je mets les pieds dans un trou menant à un égoût hideux ou si une motocyclette me passera sur le corps, tout en trouvant mon chemin dans cette ville qui me semble être un labyrinthe impénétrable.  Dans certaines rues, j’ai l’impression que la ville m’absorbe dans un flot infini de couleurs, de sons et de marchandises.  Bref, on est loin de Kabong!

Kampala compte un marché gigantesque, gros comme un quartier entier où les stands en bois faits à la main s’étendent et s’étendent encore.  Des dizaines petites ruelles se succèdent à l’infini.  Neuf, usagé, tu y trouveras ce que tu veux, au prix que tu seras prêt à payer.  La négociation est serrée!

Quelques pas plus tard, une fois avoir dépassé les piles de vêtements, de légumes et de morceaux de viande, il y a une section réservée à la nourriture préparée, on m’interpelle :

-Hey sister!  Veux-tu un chapati, un rolex (chapati et omelette, tout en un : c’est délicieux!), une brochettes de foie?  J’ai de l’intestin aussi, si tu en veux!

Pouah!  Quelle chaleur, je sors enfin de ce marché tentaculaire et je n’ai aucune idée d’où je suis.  Voilà bien 15 minutes que je marche dans cet endroit sans y trouver aucune issue.  Je suis de retour parmi les «matatous» (minibus) qui me klaxonnent et m’invite à aller dans les villes environnantes.  Les chauffeurs sont toujours avides de clients!

Je pars vers la rue des appareils électroniques.  Les magasins de technologie y sont souvent tenus par des Indiens, alors que les magasins de revente en gros de vêtements sont tenus par des Chinois, rien n’est vraiment tenu pas des locaux.  Ça tombe quand même bien, j’avais justement envie de manger autre chose que de l’Ugali (pain fait en Afrique de l’Est avec de la farine de maïs) et du poulet bicyclette (poulet très maigre, circulant dans les rues toute la journée), ce que je mange maintenant depuis plusieurs mois.

Oh!  La nourriture indienne est tellement délicieuse!  Kampala comporte mille restaurants tous plus variés les uns que les autres.  Le poulet frit, les samosas, et les sautés indiens sont partout.  Je me régale!

J’ai beaucoup à faire ici.  Dans ce tourbillon, je dois trouver le bureau de poste, m’acheter de nouveaux livres de lecture et surtout, des jeans!  Mes pantalons de voyage sont tout tâchés et surtout trop grands!  À force de toujours manger du riz, j’ai fini par en manger moins.  🙂

Alors je continue ma route, et mes yeux s’agrandissent lorsque je lis le titre des grands journaux.  Le gouvernement vient de se positionner au sujet de l’homosexualité.  Toute personne ne dénonçant pas une personne homosexuelle est également passible de prison!  Ouf, mon coeur a mal….  La question est sur toute les lèvres et j’évite de donner mon opinions ; je ne veux pas me retrouver une situation indésirable…

Je vais un peu plus loin et la route est soudainement bloquée pour laisser passer un convoi militaire avec des hommes portant tous les AK-47.  Au début de mon voyage, cela m’aurait choqué, mais la plupart des banques et des supermarchés sont gardés par des hommes armés, alors j’y suis maintenant habituée.. à ces grandes armes…

Ah Kampala!  Après plus d’un mois sans avoir visité une grande ville, je savoure la disponibilité de tout et la savoureuse nourriture dans une cacophonie envoutante.  Kampala est bien la capitale de l’Ouganda!  C’est une experience innoubliable!

Et vous, quelles autres grandes métropoles avez-vous aimé visité?

 

 

 

23 – Le chemin, aussi important que la destination

J’arrive enfin au Parc national de la vallée Kidepo.  Je n’arrive pas à y croire.  Que de chemin j’ai fait pour me rendre jusqu’ici.  

Ouf!  C’est incroyable, une famille de phacochères broute près de l’endroit où je dors!

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Bienvenue dans un nouveau royaume, celui des zèbres, des buffles, des antilopes et des phacochères.  À moi, la savane!  Aujourd’hui, je fais la traque aux excréments, meilleurs moyens de repérer les animaux!  Attention aux fourmilières!

 

Au fur et à mesure que je traverse ces terres, je vois avec mes propres yeux, des animaux que je n’avais jamais vus de ma vie.

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Ils nous regardent, fiers.

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Au moment où j’admire cette faune, je réalise tellement de choses.  Autant, je me sens extrêmement chanceuse de m’être rendu dans ce parc national, autant je me sens aussi privilégiée d’avoir parcouru le chemin pour m’y rendre.

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Je repense aux longs trajets d’autobus et de moto, à la découverte des Karamojongs, à la chèvre que j’ai mangé, à mon arrivée, il y a déjà plusieurs semaines en Éthiopie.  La vue de ces animaux n’aurait aucune saveur, sans tous les efforts que j’ai mis pour me rendre dans cet endroit reculé de l’Ouganda.

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Je pense qu’à la vue de ces zèbres, j’apprend une belle leçon de vie :

Le trajet est aussi important que la destination.  Ce n’est pas la vue de ces zèbres qui m’a fait grandir, mais bien le chemin que j’ai parcouru pour y arriver.

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Je me dis qu’il faut profiter de chaque petits moments, difficiles ou faciles, sur notre parcours.  Si j’avais été centré seulement sur l’atteinte de ce parc national, je pense que je n’aurai pas autant apprécié l’unique et magique ville de Kabong, puisque cet endroit n’aurait été qu’un point sur mon chemin, en attendant d’arriver à l’objectif.  Savourer chaque moment est plus important que tout.

Bref, le chemin est aussi important que la destination. 🙂

Et vous quelles leçons avez-vous tirées de vos derniers voyages?

 

 

22 – Faire de la moto au royaume des Karamojons

Le lendemain, je me lève tôt.  Objectif de la journée : trouver une moto.  Un petit défi compte tenu que du fait que tout le village sait qu’il y a une étrangère ici, et qu’elle n’a pas de transport pour poursuivre son chemin plus au nord de l’Ouganda, vers la frontière avec le Sud-Soudan.  Tout le monde est au courant!

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Les négociations commencent avec un homme près de l’hôtel, qui en connait un autre, puis un autre…  En cinq minutes, une grande foule d’hommes forment un cercle autour de moi, et oui, ils sont tous prêts à m’aider!  Je me demandais comment je vais faire, pour faire tenir mon sac-à-dos et celui de mon compagnon sur la moto :

-Pas de problème ma soeur, j’ai de la corde faite en vieux pneu!  me répondit un des hommes.

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Ah!  Ah!  Ici, la créativité des gens est infinie, avec les moyens du bord, on se débrouille toujours!  Je suis toujours fascinée de voir comment l’on peu réaliser tellement de choses avec peu!

La fébrilité monte autour de moi, il y a au moins une trentaine de personnes. Tout le monde veux voir les étrangers (Muzungu!) conduirent la moto!

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Et je décolle… Et, c’est là, maintenant, un des plus beaux moments de ma vie!  Je n’arrive pas à y croire, je fais de la moto en Ouganda dans une région où presqu’aucun touriste ne s’est jamais rendu.  Mes cheveux sifflent dans le vent chaud de cette terre extrêmement aride.  Ici, il n’y a pas d’auto, ni de vélo, que des femmes à pieds transportant des branches gigantesques (vraiment!) avec un bébé dans le dos et des hommes transportant de lourdes poches de charbon.  Dans cet environnement irréel, j’ai le souffle coupé.  Je suis vraiment ici?  Près de ces montagnes escarpées, de ces dunes orangées et de ces villages avec des huttes?

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Plusieurs Ougandais m’avais dit de ne pas venir ici.  On m’avait raconté que le royaume des Karamojongs est dangereux.

-Ces gens te tueront et brûleront ton auto, seulement pour se faire des souliers avec les pneus!

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Au final, les Karamojongs sont littéralement magnifiques.  Ils ont les jambes aussi longues et effilées que leurs indispensables bâtons de marche, qu’ils gardent systématiquement avec eux pour diriger leurs bêtes. Habillés de leurs larges pagnes carottés, ils nous envoient la main.  Les hommes portent des chapeaux de style «Peter Pan».  Je soupire, c’est incroyable d’avoir la chance d’être ici.

L’air sec me brûle la peau, mais je m’en fou.  Je fais de la moto avec mon sac-à-dos accroché avec de la corde de vieux pneu et je traverse le nord de l’Ouganda.  C’est fou!

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C’est littéralement fan-tas-ti-que.

Et vous, avez-vous déjà eu ce sentiment d’être tellement chanceux en voyage?  De faire l’expérience de moments tellement uniques?

 

 

21 – La chèvre, le baril et l’os

J’arrive au resto.  Une femme me tend le menu. Je commande de la chèvre.  

Je ne comprends pas trop pourquoi, mais la femme me dit que ça va être long en faisant une grimace.  

Quelques minutes plus tard, j’entends les cris.  Je comprends maintenant. La femme tue la chèvre, la vide, la découpe, la fait frire, coupe les patates, les fait frire également. Quand je mange la chèvre un peu plus tard, 2h30 ont passé.

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Et là, je ris.  Il y a des choses qu’on ne comprend qu’en l’expérimentant.  Le menu ne sert à rien, ici.  En fait, l’accès aux aliments dépend de bien des facteurs, dont le menu ne fait pas partie…   bien sûr.   Comme la viande provient d’animaux tués sur place et que le restaurateur n’est jamais certain du nombre de client qui se présenteront, un animal est tué à fois pour rentabiliser la viande.  Avec le recul, j’aurais pu mieux observer le langage non-verbal de la dame, et comprendre qu’elle ne voulait pas me dire non pour la chèvre, car c’est très impoli dire non, mais que durant toute la matinée, elle avait préparé plusieurs plats de poulets.  Je ris, parce que c’est l’expérience qui rentre, demain je mangerai du poulet ou du moins le plat que la femme vraiment prévu servir à ses clients 😉   


Après mon dîner-souper, j’explorer la rue principale.  Un peu de béton, des petits kiosques qui vendent des crédits pour téléphoner, du riz, de l’huile.  

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Un peu derrière la rue principale les gens s’amassaient au milieu de quelques petites maisons.  Je me demande vraiment ce que tout le village faisait là, autour d’un gros baril.  Jusqu’à ce qu’on voit des gens se passer une louche dans une ambiance bien, bien joyeuse!  À coup de grosses lampées, les hommes, comme les femmes s’abreuvaient d’un gros tonneau rempli d’alcool maison.  Alcool à base de quoi, j’en ai aucune idée, mais ça avait l’air bien fort!

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Des années plus tard, j’ai appris que l’alcool fait maison est très répandu en Ouganda et que malheureusement cela fait des ravages.  Je trouvais fou en regardant le documentaire sur le sujet, de finalement comprendre ce que j’avais vu ce soir-là en Ouganda.

Puis, endant que je parle avec un homme pour savoir comment changer ma carte SIM de cellulaire du Kenya pour celle de l’Ouganda, mon compagnon regarde droit dans les yeux.

–  J’ai vu l’os.

–  L’os de quoi?

–  L’os de jambe du petit gars.

–  Oh!

–  C’était une plaie infectée qui est allée trop loin.

–  Merde!

–  Ayoye, on continue à se promener?

–  Ok.  Allons-y.  

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C’est ça le voyage, tu as des petits chocs, constamment,  tout le temps, des petits moments qui ébranlent tes convictions.  En un regard, tu réalises des choses, lorsque tu ne t’y attendais pas.  Le savoir est partout, et c’est parfois choquant.  Je continue mon chemin, mais dans les faits, j’y pense pendant des heures, c’est trop triste de penser que cet enfant-là va surement perdre sa jambe, parce qu’aussi loin que ça dans le Nord de l’Ouganda, il y a vraiment peu de ressources médicales…

Et vous, avez-vous des chocs de la sorte en voyage?  Des événements qui ont changé votre vision des choses?

 

 

20 – Hey Muzungu!

Je me souviens d’avoir appelé ma mère en arrivant à Kabong.  Il faillait que je réalise! A travers ses yeux, j’essayais de me réveiller moi-même.  À force d’être dans l’inconnu tous les jours, j’en suis arrivé à me créer une carapace, question de ne pas trop capoter.  Des fois, que ça soit positif ou négatif, c’est juste trop intense d’être les deux pieds dans le voyage, dans quelque chose de si loin de ce que tu connais.  Comprendre, vivre, partager, découvrir, c’est un privilège tellement beau, mais cela prend aussi beaucoup d’énergie aussi.  Au téléphone, je lui ai alors raconté ce récit :

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J’ai eu un choc quand j’ai regardé dans les yeux de cette jeune femme ougandaise.  Elle m’a interpellé machinalement, comme beaucoup de gens font ici.  Les locaux sont curieux de savoir ce que je fais dans leur coin, presqu’aucun touriste ne vient par ici.  Elle m’a dit : «Hey Muzungu!» : «Hey l’Étranger!».

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J’ai ris, elle a rit.  Puis, on s’est regardé, on a essayé de communiquer.  Elle portait une jupe carottée plissée, des sandales faites avec des pneus recyclés, un petit bébé dans son dos et des dizaines de petites scarifications dans son visage.

Elle riait de moi, l’étrangère.  Je rencontrais mon alter-égo ougandaise.  Même âge, même grandeur, même…  mais non…  on ne se ressemble pas finalement.  On ne pouvait pas se parler, puisqu’on ne parlait pas la même langue.  Je me disais : «wow, on est tellement différentes!»

Toi avec ton bébé accroché dans ton dos, moi avec ma contraception, toi avec ton pagne plissé et moi avec mes pantalons, toi avec des scarifications, moi avec mon fond de teint, toi avec ta hutte sur la plaine, moi avec mon appart à Montréal, toi avec ton feu de bois, moi avec mon four en céramique.

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Comment la même planète peut créer des êtres si différents?  C’est capoté, que j’ai dit à ma mère.


Le soir pour décompresser de tout ça, je prends une bière sur grosse roche, près de l’hôtel.  Dans la pénombre , je peux réfléchir.  Le monde est si grand, les cultures si diverses et belles.  Je me sens vraiment privilégiée d’apprendre à en connaître quelques unes en Afrique de l’Est.  J’en savais si peu avant de partir.  Et la réalité est à des années-lumières de l’image que je m’étais faite.

Pendant que je me pose mille questions sur la vie, un homme passe devant moi avec une brouette pleine de chèvres égorgées et sans peau.  Quelle vision suréaliste!  Je soupire.  C’est si magnifique, Kabong.  C’est si brute, le royaume des Karomojongs.

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Et vous, est-ce que le voyage vous a fait réfléchir?  Avez-vous déjà eu le sentiment d’être si différents des gens que vous visitiez?

 

19 – La panne sèche

J’ai décidé d’aller au parc national de la vallée de Kidepo, dans l’extrême nord de l’Ouganda.  Ce parc étant relativement peu visité par la population locale, j’ai bien vite compris que peu de transports en commun se rendaient jusqu’à cet endroit…  L’aventure recommençait!

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Nul besoin de dire que le paysage changea drastiquement!  Des grandes étendues vertes de Sipi Falls, je me retrouvais littéralement au Far West!  Ainsi, j’ai pris un bus, puis un autre, pour enfin me retrouver bloquée…  Il était 6h00 de l’après-midi et je ne pouvais plus continuer mon chemin, car aucun transport n’allait plus loin pour la journée. J’attendais sur le bord de la route depuis déjà 1h30, je devais me rendre à l’évidence…  je n’irai pas plus loin ce soir.

Je me suis alors mis à chercher un hôtel, ce que j’ai rapidement trouvé.  Le soir, je me couchais tôt espérant trouver un autobus pour le lendemain…

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Dès le levé du soleil… je me réveille en sursaut!!  J’entends le klaxon d’un gigantesque autobus voyageur devant ma porte de chambre!  Il est 6h00 du matin, je n’en crois pas mes oreilles!!

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Je m’habille rapidement et je ris!  Et oui, toute la petite ville où je suis s’est passé le mot : des étrangers sont arrivés et ils cherchent un transport pour aller au Nord!  Cette situation est surréelle.  Malheureusement, je n’ai pas réglé la chambre et mes baguages ne sont pas faits, je laisse donc passer cette opportunité organisée à ma grande surprise par la ville. 🙂

Réveillée, je ramasse donc mes choses et j’entreprends d’aller déjeuner.  A peine assise, on me propose un nouveau transport : c’est vraiment officiel, tout le monde sait maintenant que des étrangers sont ici!  Les gens sont gentils, tous veulent m’aider.  J’avale rapidement mon repas et je suis repartie dans l’auto d’un homme rencontré au restaurant.

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Me voici repartie… dans le Far West! C’est sec, je n’ai jamais vu quelque chose comme cela.  Le sol est rouge, les arbres cactus sont partout!  L’homme m’informe rapidement que la région est à sec d’essence et qu’il se peut que nous ayons des problèmes.

Après 3 heures de route, nous sommes effectivement à sec ; c’est la panne. Nous arrivons dans une petite ville, mais il n’y a plus d’essence à la station service locale.  Je dois avouer que cela ne m’est jamais arrivé : faire un arrêt dans une station n’ayant plus d’essence… Après avoir parlé à plusieurs personnes, mon conducteur achète un litre d’essence à gros prix à un Ougandais qui avait déjà fait des réserves pour faire un profit plus tard.

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Après  une autre heure et demie de route, c’est une fois de plus la panne sèche.  Nous poussons la voiture sous la grande chaleur de cette étendue désertique, mais ce sera impossible de l’amener jusqu’à la prochaine ville, vu la distance.  Épuisée de m’assoie sous un arbre cactus.  Pour me faire rire, l’homme me fait goûter à de l’aloès ; il y a des plants vraiment gigantesques partout.  C’est définitivement l’aliment le plus astringent que j’ai goûté de ma vie!  Il m’explique que cette plante est couramment utilisée pour les coups de soleil, ici.  C’est une chose que j’admire toujours des peuples rencontrés en voyage, tous utilisent leur environnement rapprochés pour diverses utilités quotidiennes, sans avoir recours à des produits transformés, j’admire cette manière de fonctionner.

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Deux heures sont maintenant passée dans le calme le plus plat, la chaleur est intense, notre groupe laisse le temps passer patiemment.  Soudain, quelqu’un en moto vient nous porter de l’essence.  C’est un miracle!  Je commence à comprendre la solidarité africaine : tout le monde s’entraide face aux pépins de la vie.  🙂  Je n’ai aucun idée comme le message de notre panne s’est rendue jusqu’au prochain village, mais nous avons bel et bien en notre possession le désiré liquide.

Je rembarque dans l’auto et j’arrive maintenant à Kabong : le pays des Karamojongs…. Plusieurs Ougandais m’avaient dit de ne pas m’aventurer jusqu’ici.  On disait bien des choses sur ce peuple, et j’étais maintenant prête à découvrir si toutes ces rumeurs étaient vraies… A suivre!

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Et vous, avez-vous déjà été en panne lors d’un voyage, comment cela s’est-il déroulé?

 

18 – Bienvenue en Ouganda!

Bienvenue en Ouganda!  Après avoir traversé ma première frontière en moto, me voici à Sipi Falls.  Et c’est magnifique!

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Après les paysages secs du Kenya et de l’Éthiopie, je me retrouve dans un environnement complètement nouveau.. et humide.  La végétation verdoyante côtoie les petites plantations de cafés, de bananes et de plantains que les gens font pousser derrière leurs maisons.  Les cours arrières sont ici de vrais garde-mangers.

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De bon matin, je pars donc à pied découvrir la région.  C’est tellement beau.  Je croise des enfants en uniforme aller à l’école et des femmes faisant la lessive dans la rivière.

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Puis, plus tard, je monte découvrir les fameuses «Sipi Falls».  J’ai rarement vue des chutes aussi impressionnantes.  Gigantesques, elles se jettent sur des rochers moussus et couverts d’une épaisse couche de végétation.

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Franchement, c’est un coup de coeur.  Tant de beauté et de nature, l’Ouganda s’annonce être un pays fantastique!

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Et vous, avez-vous déjà visiter des chutes aussi magnifiques?  Où était-elle situées?

17 – Kisumu et son fabuleux marché

Pour accéder facilement à la culture locale, il n’y rien comme un bonne visite au marché!  Ici, c’est la vraie vie : les gens viennent y acheter les légumes, les fruits et les épices du coin quotidiennement, et discuter des dernières nouvelles du village derrière leurs kiosques.  Personne n’y passe inaperçu et on dirait à chaque fois que tout le monde se connait.  Au menu, des couleurs, des odeurs et beaucoup de culture!

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Le marché de Kisumu a été l’un de mes préférés dans tout mon voyage en Afrique de l’Est.  Un coin pour les légumes, un autre pour les épices, un pour la viande.. plein de grosses pièces de viande.  Ici, tout est en vrac et on enveloppe nos achats dans du papier journal.  C’est toujours en voyageant que je me rends compte que notre manière de faire notre épicerie n’est pas écologique du tout!

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Il y a aussi les marchés extérieurs où le sol est tellement piétiné qu’on dirait du ciment! On y vend de tout : souliers, plats, matériel de cuisine, vêtements, tout y est 🙂  En plus, avec les parasols, tout le monde est protégé du soleil.  IMGP0267

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J’adore faire les marchés en voyage, c’est un moyen direct de vivre le quotidien des gens et d’encourager l’économie locale.  En plus, c’est une activité tout à fait gratuite et parfaite pour les voyages de type sac-à-dos, un vrai musée vivant des habitudes locales!  J’ai déjà hâte à mon prochain marché pour faire le plein d’épices.  🙂

Et vous, allez-vous dans les marchés quand vous voyager?  Quel a été votre marché préféré?

 

 

16 – Umoja, un des visages de la lutte des femmes au Kenya

J’avais entendu parler de ce village part l’intermédiaire d’un article dans la Gazette des femmes.  Lorsque je me suis rendue compte que j’étais justement à près de ce lieu, je me suis dis que je devais absolument aller y faire un tour!  Aucun autobus ne s’y rend directement, il faut donc demander aux passagers locaux de vous indiquer l’endroit exact où il faut débarquer.  Aller à ce petit village en soi est une belle aventure est une belle aventure.

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Umoja est un village de femmes Samburu du Nord du Kenya.  L’histoire de la création de cet endroit est bien triste.  On raconte que certaines de ces femmes ont été violées par des soldats britanniques, puis répudiées par leurs maris suivant ces événements, celles-ci étant désormais considérées comme impures.  D’autres encore ont encore vécu de la violence domestique ou un mariage forcé.  Les femmes victimes de ces situations se sont alors regroupées pour assurer leur avenir, sans les hommes.  Un situation extrêmement rare au pays.

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Pour assurer la survie du village, les femmes pratiquent aujourd’hui l’élevage et ont adapté leurs maisons, afin de pouvoir accueillir des touristes et vendre l’artisanat traditionnel.  J’ai beaucoup apprécié découvrir les habitations typiques de ces femmes, de mêmes que leur manière culturelle de s’habiller.  Très colorées, les femmes portent d’épais colliers de perles faits à la main, c’est vraiment magnifique.

Aujourd’hui, les habitantes d’Umoja peuvent avoir des compagnons et ainsi, bâtir une famille. Toutefois, les hommes ne peuvent vivre avec elles et l’éducation des enfants est assurée par l’école du village.  Éventuellement, les enfants mâles quitteront également ce lieu.  La popularité touristique de la communauté, a engendré par le passé certaines tensions avec l’entourage environnant, jaloux des mœurs et de la prospérité y ayant été bâti.

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Comprendre l’histoire d’Umoja est une expérience très intéressante.  J’ai bien fait d’y faire un petit arrêt!

Et vous, avez-vous déjà eu l’occasion de visiter un initiative semblable à travers le monde?

 

 

15 – Hell’s Gate National Park – L’unique safari à vélo!

Faire un safari à vélo, c’est possible!  D’ailleurs, c’est une expérience complètement différente d’un safari classique.  Je ne me souviens pas d’avoir été aussi émerveillée de ma vie, car je n’ai jamais été aussi près des animaux sans leur faire peur.  C’était vraiment inoubliable!

Sur mon vélo, mes cheveux aux vents, je pédale vers les… zèbres!  Quel moment incroyable!

Et puis, quelques mètres plus tard,  j’aperçois… une giraffe!  C’est un animal tellement grand!  Sur le coup, je lâche mon vélo et je commence à la suivre. C’est complètement surréel.

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En fait, j’ai choisi de visiter ce parc national, car c’est l’un des moins cher du Kenya.  Et comme je suis un budget, c’est l’endroit idéal pour moi.

Ce parc est unique en son genre, car il est possible de faire ce safari en vélo. L’établissement  ne comporte pas d’animaux dit «prédateur», mais il en vaut quand même vraiment la peine!  Le silence du vélo en comparaison avec un véhicule motorisé en fait toute la différence!  De toute manière, la location d’un jeep était trop dispendieuse pour moi, alors pourquoi ne pas se déplacer en vélo de montagne, avec des selles dures comme la pierre.  🙂

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Pour profiter au maximum de la faune, je suis arrivée tôt et les animaux étaient tous au rendez-vous.  Arriver à l’aurore est la meilleure façon d’entrer en contact avec ces derniers.  

–Allo les zèbres, les antilopes, les phacochères!  C’est moi, Andy! 

Mon vélo file et je n’en crois pas mes yeux!

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À l’entrée, la route de terre débouche directement sur de gigantesques falaises, formées par la lave.  Mon vélo traverse ce paysage.  L’air est si pur.  Je ne sais pas où regarder.  

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Plus tard, vers la fin de ma visite, je reviens sur mes pas, les animaux sont partis, et les jeeps sont arrivés.

Mais, moi j’ai vu tous les animaux!  Ah! Ah! 🙂

Et vous, avez-vous déjà fait un safari?  Comment s’est déroulé votre expérience?

 

 

14 – En route vers le Kenya

4h30 AM. Le taxi m’amène à la grande gare de bus d’Addis-Abbeba. Autour de moi, des bus, des bus et encore des bus. Pas de rang, pas de pancartes, ils sont tous mélangées comme des céréales dans un bol de lait. Il fait encore nuit noire et partout autour de moi des hommes crient à tue-tête des destinations sur la côte est africaine. Une cacophonie matinale où j’entends tout, sauf la destination de mon billet d’autobus.
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Étourdie, je demande alors mon chemin. Un homme arrête de crier et me tire de l’avant! Il marche à toute vitesse dans la gare à la recherche de mon autobus. Il cherche et cherche, mais ne trouve pas. Alors il abandonne et me trouve un autre homme à suivre…

– Moyale! Moyale! Moyale!

L’homme marche encore plus vite. J’ai peine à le suivre, je cours, je cours. Puis, il s’arrête, découragé, ne trouvant pas ma destination. Cinq hommes se relaient de cette manière auprès de moi sans jamais trouver mon autobus. L’heure de mon départ se rapproche, et je commence à stresser.

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Puis, quelqu’un m’aggripe par le bras, et me prend ma main… Je refuse, il s’en fou et m’emmène au pas de course dans les bureaux de la gare. Là-bas, en voyant mon billet on me dit aussitôt de rester là. J’attends hébétée, perdue au milieu de tant d’action… Et là, hop, c’est reparti, on me met un autre billet de bus dans les mains et on me tire une fois de plus!

-Yabello?

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que je suis dans le bus, sans savoir où est la ville de Yabelo. L’homme est parti, le l’autobus démarre et moi, j’ouvre mon guide de voyage pour découvrir où se trouve Yabelo.

Je me rends rapidement compte que je me dirige vers une ville proche de la frontière, la liaison de bus qui me mène le plus près possible de ma destination au Kenya!  Un chance que les gens étaient là pour m’aider!

***

15 heures plus tard, j’arrive. Le soleil est couché depuis longtemps.  L’hôtel devant lequel le bus m’a laissé est plein et les quatre suivants aussi. Il fait nuit et j’entre finalement dans un bar, à la recherche d’un lit. Voyant notre situation, une jeune femme en hoodie se lève sans hésiter et m’amène plus loin de la rue principale. Je lui fais confiance. Quoi faire d’autre dans ce genre de situation. Elle  m’emmène à plusieurs adresses sans succès. Puis, elle finit par pousser une lourde porte de fer. J’ai enfin un lit.

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Je me couche épuisée, il est beaucoup trop tard pour souper maintenant, tout est fermé. Je réfléchie.  Aujourd’hui, j’ai vécu une autre journée rocambolesque, certes, mais je n’aurai jamais réussi à me rendre jusqu’ici sans l’aide des gens autour de moi. Tous ont passé plusieurs minutes à essayer de trouver une solution à mes problèmes sans rien demander en échange, même tôt le matin, même tard le soir.  Je pousse un soupir, je suis vraiment reconnaissante.  Même au coeur des ruelles sombres, je me suis toujours sentie en sécurité, ici, et j’ai toujours trouvé quelqu’un pour m’aider.

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Quel bonheur! Je suis maintenant arrivée à la frontière de l’Éthiopie et du Kenya! Les Éthiopiens nous souhaitent un chaleureux au revoir et les Kenyans un joyeux bienvenue! C’est avec un sentiment d’accomplissement que je traverse le pont détruit qui sépare les deux pays. Il n’y a plus qu’une mince couche de ciment qui construit le parcours entre les deux États.  N’appartement à personne, ce bout de chemin en destruction représente littéralement la frontière entre les deux pays.  Demain, j’arrive à Marsabit!

***

5h00 AM Je remet mon sac à dos sur mes épaules. Il pleut, le sol rouge crée une boue orangée. Le bus démarre. La route est si mauvaise que je dois tenir mon siège à deux mains pour rester en place. Je saute tellement que je me cogne la tête au plafond. Un femme fait de même, et se met à saigner abondamment du nez. La route entre Moyale et Marsabit est célèbre, tous les voyageurs la connaissent comme étant une des pires de la région!  Mais croyez-moi, ici les routes sont aussi mauvaises que les gens sont chaleureux.

Et vous quelles frontière avez-vous traversé à la marche?  Comment s’est déroulé cette expérience?

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