26 – Le titanic tanzanien

Après la grande aventure en canot, je peux maintenant relaxer sur le bord de l’eau les deux pieds sur la terre ferme.  Je mange du poisson grillé en regardant les pêcheurs locaux faire sécher leur récolte du jour.  Ah, l’arrivée en Tanzanie se passe plutôt bien!

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Le sable est blanc et fin, la plage est à quelques pas.  Bukoba est franchement un bel endroit.  Une ville assez calme en comparaison à ce que j’ai vu ailleurs en Ouganda.

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La plage de Bukoba

Je m’apprête à traverser, cette nuit, le lac Victoria avec le ferry se rendant à Mwanza. Un excellent moyen de se sauver de la route et une journée de transport, puisque le trajet se fait de nuit!  Arrivée sur le quai, je constate que le bâteau transporte une charge impressionnante de bananes!

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Ce bateau ressemble en tout point au Titanic, en plus petit format bien sûr!  C’est bien beau tout cela, j’ai une cabine très jolie, mais cela veut également dire que les passagers en 3e classe sont confinés au sous-sol et qu’ils ne peuvent partager l’espace réservé aux gens de 1er classe…. Ouf! Quelle inégalité!  Je n’ai aperçu pas de fenêtres dans cet espace, et il n’y a pas de lits.  J’ai bien l’impression que ces gens vont passer une très mauvaise nuit. Franchement, je me sens mal de vivre dans ce confort!

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Malgré ce malaise, la nuit se passe très bien (pour moi) et je me réveille à la vue des bateaux de pêche traditionnels du coin.  Comme dans les films, leurs larges voiles triangulaires filent au vent!

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C’est une vue imprenable sur le lac Victoria.  J’amorce maintenant la traversée de la Tanzanie!

25 – Le jour où j’ai failli me faire électrocuter

Quand j’étais dans les scouts, j’ai appris à faire du canot.  J’ai exploré quelques rivières québécoises, mais jamais je n’aurais penser aller en faire jusqu’en Ouganda.

Alors, je me suis retrouvée au Lac Bunyonyi.  Dans le canot creusé à même un gigantesque tronc d’arbre, avec mon sac-à-dos et ma pagaie en forme de pic.  Direction : mon auberge.  Bon, mettons que c’était plus difficile à diriger qu’un canot en fibre de verre!  

J’ai canoté au milieu d’un archipel d’îles magnifiques… et je me suis même fait dépasser par le bus scolaire… ou plutôt le bateau scolaire transportant les enfants jusqu’à l’île où l’école est située.  Je n’en croyais pas mes yeux!  Autre contexte, autre moyen de transport, j’imagine!

 

Cet environnement est complètement fascinant.  Les îles sont cultivées sur le modèle de la culture en terrasse, c’est-à-dire de larges bandes de terre plates, découpées à même les montagnes formées par les îles.  Dans l’eau calme de ce gigantesque lac se reflète les couleurs verdoyantes de la végétation.  Je rame ma vie, je vis ma vie.  

***

Le lendemain, je décide de repartir en canot.  Je ne vais pas très vite, cette imposante embarcation est, somme toute, assez difficile à diriger.  Tout allait bien jusqu’à ce que…

–  Aie!  Aie!  Aie!  Il pleut des grêlons!

Qui aurait cru que je vivrai ça, ici! C’est la plus grosse tempête de grêlons de ma vie!  Ils sont gros comme de billes!

On canotait tranquillement au beau milieu du lac quand le ciel s’est brusquement assombri.  Ni une, ni deux, je tourne de bord : il va y avoir une tempête!  Mais le vent se met de la partie et rend l’eau du lac très instable.  La tempête est maintenant là : pas question de rester sur le lac : il faut se rendre à l’île la plus proche!

Je pagaie, je pagaie, mais avec ce foutu gros canot, je n’avance pas très vite.  On tourne en rond. Et, tout à coup, une pluie diluvienne commence.  Le canot se remplit à vue d’oeil.  Mais ce n’est pas tout, de larges éclairs tombent tout autour de moi!  Au milieu du lac, j’ai l’impression d’être un véritable para-tonnerre.  Heureusement, j’arrive finalement à une île!

-Andréanne!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!  Sors du canot!

Je met les pieds dans la vase, je suis trempée, avec le vent, la grêle et l’eau j’ai des cheveux partout dans la face!  Je tire l’immense canot vers moi, pour ne pas qu’il retourne dans le lac pendant que je me met à l’abri.. et je m’enfonce dans la vase.  

-Andréanne!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!

Je fais ce que je peux.  Déjà sortie de la vase, mes pieds s’enfoncent dans la terre argileuse du champs dans lequel nous sommes arrivées.  Je ne vois pas devant moi, tellement il pleut, tellement il grêle.  

-Andréanne!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!

Antoine me tire fort, mais je suis prise dans la bouette.  Il grêle affreusement.  Au milieu de ce champ, c’est maintenant vrai : je peux me faire frapper par la foudre à tout moment.  

Je cours pour me mettre à l’abri.  Au loin, je vois une minuscule cabane de tôle.  

– Andréanne!  Attention!  Le trou!  Le trou!  

Notre abri, mesurant deux pieds par deux pieds est en fait…  une toilette!

Je regarde dehors, la boue dégouline de mon visage.  J’ai mal au visage à cause des grêlons. Autour de moi, les palmiers plient sous la force du vent.  Ouf, je souris en respirant l’odeur de notre abri… une bonne odeur d’excréments.  

***

Le lendemain, je reprends le canot.  Il est temps de quitter le lac Bunyonyi et ses tempêtes surprises.  Retournée à notre point départ, je reprends la moto.  Nous sommes trois : le conducteur, moi et Antoine, en arrière.  Il y a un sac-à-dos sur le guidon et un sac-à-dos sur le dos d’Antoine.  On est lourds et on glisse dans le sol argileux.  

Au début du voyage, je trouvais ça complètement fou de faire de la moto à trois avec les sacs-à-dos en avant et en arrière.  Après quelques semaines de voyage, je souris.  Ici, c’est d’même que ça marche.  Et, puis qu’est-ce qui pourrait bien arriver, hier j’ai failli me faire électrocuter!  Ah!  Ah!

24 – Kampala, la bouillante

Kampala est une ville bouillante, fumante.  Partout, on entend ronronner les moteurs des ”boda boda” (motocyclettes) roulant à pleine vitesse dans les rues bondées de passants pressés de se rendre ailleurs.  Bienvenue dans les plazas, des marches infinis et colorés, où on peut trouver tout ce dont on peut avoir envie : balais, pantalons, bouilloires, petites culottes et fer à repasser, tout y est mon ami! Au cœur du brouhaha des moteurs et des magazins, souvent, une femme ou un homme crie au coin de la rue des paroles religieuses : Crois en Dieu, mon frère, l’apocalypse est proche!

Mes sens surchauffent.  Je dois à la fois regarder si je mets les pieds dans un trou menant à un égoût ou si une motocyclette me passera sur le corps, tout en trouvant mon chemin dans cette ville qui me semble être un labyrinthe impénétrable.  Dans certaines rues, j’ai l’impression que la ville m’absorbe dans un flot infini de couleurs, de sons et de marchandises.  Bref, on est loin de Kabong!

Kampala compte un marché gigantesque, gros comme un quartier entier où les stands en bois faits à la main s’étendent et s’étendent encore.  Des dizaines petites ruelles se succèdent.  Neuf, usagé, tu y trouveras ce que tu veux, au prix que tu seras prêt à payer.

Quelques pas plus tard, une fois avoir dépassé les piles de vêtements, de légumes et de viande, pour arriver dans une section réservée à la nourriture preparée, on m’interpelle : Hey sister!  Veux-tu un chapati, un rolex, une brochettes de foie?  J’ai de l’intestin aussi, si tu en veux!

Pouah!  Quelle chaleur, je sors enfin de ce marché tentaculaire et je n’ai aucune idée d’où je suis, voilà bien 15 minutes que je marche dans cet endroit sans y trouver aucune issue.  Je suis de retour parmi les matatous (minibus) qui me klaxonnent et m’invite à aller dans les villes environnantes.

Je pars vers la rue des appareils électroniques.  Les magasins de technologie y sont souvent tenus par des Indiens, alors que les magasins de revente en gros de vêtements sont tenus par des Chinois.  Ça tombe bien, j’avais justement envie de manger autre chose que de l’Ugali (pain fait en Afrique de l’Est) et du poulet bicyclette.

Oh!  La nourriture indienne est tellement délicieuse!  Kampala comporte mille restaurants tous plus variés les uns que les autres.  Le poulet frit, les samosas, et les sautés indiens sont partout.  Je me régale!

J’ai beaucoup à faire ici, dans ce tourbillon, je dois trouver le bureau de poste, m’acheter de nouveaux livres de lecture et surtout, des jeans!  Mes pantalons de voyage sont tout tâchés et surtout trop grands!  À force de toujours manger du riz, j’ai fini par en manger moins.  🙂

Alors je continue ma route, et mes yeux s’agrandissent lorsque je lis le titre des grands journaux.  Le gouvernement vient de se positionner au sujet de l’homosexualité.  Je vais un peu plus loin et la route est soudainement bloquée pour laisser passer un convoi militaire avec des hommes portant tous les AK-47.  Au début de mon voyage, cela m’aurait choqué, mais la plupart des banques et des supermarchés sont gardés par des hommes armés, alors j’y suis maintenant habituée.

Ah Kampala!  Après plus d’un mois sans avoir visité une grande ville, je savoure la disponibilité de tout et la savoureuse nourriture dans une cacophonie envoutante.  Kampala est bien la capitale de l’Ouganda!  C’est une experience innoubliable!

23 – Le chemin, aussi important que la destination

J’arrive enfin au Parc national de la vallée Kidepo.  Je n’arrive pas à y croire.  Que de chemin, j’ai fait pour me rendre jusqu’ici.  C’est incroyable, une famille de phacochères broute près de l’endroit où je dors!

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Bienvenue dans un nouveau royaume, celui des zèbres, des buffles, des antilopes et des phacochères.  À moi la savane!  Aujourd’hui, je fais la traque aux excréments, meilleurs moyens de repérer les animaux!  Attention aux fourmilières!

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Au fur et à mesure que je traverse ces terres, je vois avec mes propres yeux, des animaux que je n’avais jamais vu de ma vie.

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Ils nous regardent, fiers.

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Au moment où j’admire ces animaux, je réalise des choses.  Autant, je me sens extrêmement chanceuse de m’être rendu dans ce parc national, autant je me sens aussi chanceuse d’avoir parcouru le chemin pour m’y rendre.

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Je repense aux longs trajets d’autobus et de moto, à la découverte des Karamojongs, à la chèvre que j’ai mangé, à mon arrivée, il y a déjà plusieurs semaines en Éthiopie.  La vue de ces animaux n’aurait aucune saveur, sans tous les efforts que j’ai mis pour me rendre dans cet endroit reculé de l’Ouganda.

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Je pense qu’à la vue de ces zèbres, j’apprend une belle leçon de vie :

Le trajet est aussi important que la destination.  Ce n’est pas la vue de ces zèbres qui me fait grandir, mais bien le chemin que j’ai parcouru pour y arriver.

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Je me dis qu’il faut profiter de chaque petits moments, difficiles ou faciles, sur notre parcours.  Si j’avais été centré seulement sur l’atteinte de ce parc national, je pense que je n’aurai pas autant apprécié l’unique et magique ville de Kabong, puisque cet endroit n’aurait été qu’un point sur mon chemin, en attendant d’arriver à l’objectif.

Bref, le chemin est aussi important que la destination. 🙂

22 – Faire de la moto au royaume des Karamojons

Le lendemain, je me lève tôt.  Objectif de la journée : trouver un moto.  Un petit défi compte tenu que du fait que tout le village sait qu’il y a une étrangère ici, et qu’elle n’a pas de transport pour poursuivre son chemin plus au nord de l’Ouganda, vers la frontière avec le Sud-Soudan.

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Les négociations commencent avec un homme près de l’hôtel, qui en connait un autre, puis un autre…  En cinq minutes, une grande foule d’hommes forment un cercle autour de moi, et oui, ils sont tous prêts à m’aider!  Je me demandais comment je vais faire tenir mon sac-à-dos et celui d’Antoine sur la moto…

-Pas de problème ma soeur, j’ai de la corde faite en vieux pneu!

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Ah!  Ah!  Ici, la créativité des gens est infinie, avec les moyens du bord, on se débrouille toujours!

La fébrilité monte autour de tout, il y a au moins une trentaine de personnes.  Tout le monde veux voir les étrangers (Muzungu!) conduirent la moto!

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Et je décole… Et, c’est, là, maintenant, un des plus beaux moments de ma vie!  Je n’arrive pas à y croire, je fais de la moto en Ouganda dans une région presque aucun touriste ou backpacker ne s’est rendu.  Mes cheveux sifflent dans le vent chaud de cette terre extrêmement aride.  Ici, il n’y a pas d’auto, ni de vélo, que des femmes à pieds transportant des branches gigantesques avec un bébé dans le dos et des hommes transportant de lourdes poches de charbon.  Dans cet environnement irréel, j’ai le souffle coupé.  Je suis vraiment ici?  Près de ces montagnes escarpées, de ces dunes orangées et de ces villages avec des huttes?

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Plusieurs Ougandais m’avais dit de ne pas venir ici.  On m’avait raconté que le royaume des Karamojongs est dangereux.

-Ces gens te tueront et brûleront ton auto, seulement pour se faire des souliers avec les pneus!

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Au final, les Karamojongs sont littéralement magnifiques.  Ils ont les jambes aussi longues et effilées que leurs bâtons de marche, qu’ils gardent systématiquement avec eux pour diriger leurs bêtes. Habillés de leurs larges pagnes carottés, ils nous envoient la main.  Les hommes portent des chapeaux de style «Peter Pan».  C’est incroyable d’avoir la chance d’être ici.

L’air sec me brûle la peau, mais je m’en fou.  Je fais de la moto avec mon sac-à-dos accroché avec de la corde de vieux pneu et je traverse le nord de l’Ouganda.

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C’est littéralement fan-tas-ti-que.

21 – La chèvre, le baril et l’os

J’arrive au resto.  Une femme me tend le menu. Je commande de la chèvre.  

Je ne comprends pas trop pourquoi, mais la femme me dit que ça va être long en faisant une grimace.  

Quelques minutes plus tard, j’entends les cris.  Je comprends maintenant. La femme tue la chèvre, la vide, la découpe, la fait frire, coupe les patates, les fait frire également. Quand je mange la chèvre plus tard 2h30 ont passé.

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Et là, je ris.  Il y a des choses qu’on ne comprend qu’en l’expérimentant.  Le menu ne sert à rien, ici, comme l’accès aux aliments dépend de bien des facteurs.  Avec le recul, j’aurais pu mieux observer le langage non-verbal de la dame, et comprendre qu’elle ne voulait pas me dire non pour la chèvre, mais que durant toute la matinée, elle avait préparé plusieurs poulets.  Je ris, parce que c’est l’expérience qui rentre, demain je mangerai du poulet.   

***

Après mon dîner-souper, j’explorer la rue principale.  Un peu de béton, des petits kiosques qui vendent des crédits pour téléphoner, du riz, de l’huile.  

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Un peu derrière la rue principale les gens s’amassaient au milieu de quelques petites maisons.  Je me demande vraiment ce que tout le village faisait là, autour d’un gros baril.  Jusqu’à ce qu’on voit des gens se passer une louche dans une ambiance bien, bien joyeuse!  À coup de grosses lampées, les hommes comme les femmes s’abreuvaient d’un gros tonneau rempli d’alcool maison.  Alcool à base de quoi, j’en ai aucune idée, mais ça avait l’air bien fort!

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Pendant que je parle avec un homme pour savoir comment changer ma carte SIM de cellulaire du Kenya pour celle de l’Ouganda, Antoine me regarde droit dans les yeux.

–  J’ai vu l’os.

–  L’os de quoi?

–  L’os de jambe du petit gars.

–  Oh!

–  C’était une plaie infectée qui est allée trop loin.

–  Merde!

–  Ayoye, on continue à se promener?

–  Ok.  Allons-y.  

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C’est ça le voyage, tu as des petits chocs, constamment,  tout le temps, des petits moments qui ébranlent tes convictions.  En un regard, tu réalises des choses, lorsque tu ne t’y attendais pas.  Je continue mon chemin, mais dans les faits, j’y pense pendant des heures, c’est trop triste de penser que cet enfant-là va surement perdre sa jambe.

19 – La panne sèche

Et j’ai décidé d’aller au parc national de la vallée de Kidepo, dans l’extrême nord de l’Ouganda.  Ce parc étant relativement peu visité par la population locale, j’ai bien vite compris que peu de transports se rendaient jusqu’à cet endroit…  L’aventure recommençait!

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Nul besoin de dire que la paysage a changé drastiquement!  Des grandes étendues vertes de Sipi Falls, je me retrouvais littéralement au Far West!  Ainsi, j’ai pris un bus, puis un autre, pour enfin me retrouver bloquée…  Il était 6h00 de l’après-midi et je ne pouvais plus continuer mon chemin, aucun transport n’allait plus loin pour la journée. J’attendais sur le bord de la route depuis déjà 1h30.

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Je me suis alors mis à chercher un hôtel, ce que j’ai rapidement trouvé.  Le soir, je me couchais tôt espérant trouver un autobus pour le lendemain…

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Et le lendemain.. je me réveille en sursaut!!  J’entends le klaxon d’un gigantesque autobus voyageur devant ma porte de chambre!  Il est 6h00 du matin, je n’en crois pas mes oreilles!

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Je m’habille rapidement et je ris!  Et oui, toute la petite ville s’est passé le mot : des étrangers sont arrivés et ils cherchent un transport pour aller au nord!  Cette situation est surréelle.  Malheureusement, je n’ai pas réglé la chambre et mes baguages ne sont pas faits, je laisse donc passer cette opportunité. 🙂

Je ramasse donc mes choses et j’entreprends d’aller déjeuner.  A peine assise, on me propose un nouveau transport : c’est vraiment officiel, tout le monde sait maintenant que des étrangers sont ici!  Les gens sont gentils, tous veulent m’aider.  J’avale rapidement mon déjeuner et je suis repartie dans l’auto d’un homme rencontré au restaurant.

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Repartie… dans le Far West! C’est sec, je n’ai jamais vu quelque chose comme cela. Le sol est rouge, les arbres cactus sont partout!  L’homme m’informe rapidement que la région est à sec d’essence et qu’il se peut que nous ayons des problèmes.

Après 3 heures de route, nous sommes effectivement à sec.  Nous arrivons dans une petite ville, mais il n’y a plus d’essence à la station service locale.  Je dois avouer que cela ne m’est jamais arrivé : faire un arrêt dans une station n’ayant plus d’essence… Après avoir parlé à plusieurs personnes, mon conducteur achète un litre d’essence au gros prix à un Ougandais qui avait déjà fait des réserves pour faire un profit plus tard.

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1h30 de route, c’est la panne sèche.  Nous poussons la voiture, mais ce sera impossible de l’amener jusqu’à la prochaine ville, vu la distance.  Épuisée de m’assoie sous un arbre cactus.  Pour me faire rire, l’homme me fait goûter à de l’aloès ; il y a des plants gigantesques partout.  C’est définitivement l’aliment le plus astringent que j’ai goûté de ma vie!  Il m’explique que cette plante est courramment utilisée pour les coups de soleil, ici.

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Deux heures sont maintenant passée, quelqu’un en moto vient nous porter de l’essence.  C’est un miracle!  Je commence à comprendre la solidarité africaine, tout le monde s’entraide face aux pépins de la vie.  🙂

Je rembarque dans l’auto et j’arrive maintenant à Kabong : le pays des Karamojongs…. Plusieurs Ougandais m’avaient dit de ne pas m’aventurer jusqu’ici.  On disait bien des choses sur les Karamojongs, et j’étais maintenant prête à découvrir si toutes ces rumeurs étaient vraies… A suivre!

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18 – Bienvenue en Ouganda!

Bienvenue en Ouganda!  Après avoir traversé ma première frontière en moto, me voici à Sipi Fall.  Et c’est magnifique.

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Après les paysages secs du Kenya et de l’Éthiopie, je me retrouve dans un environnement complètement nouveau.. et humide.  La végétation verdoyante côtoient les petites plantations de cafés, de bananes et de plantains que les gens font pousser derrière leurs maisons.  Les cours arrières sont ici de vrais garde-mangers.

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De bon matin, je pars à pied découvrir la région.  C’est tellement beau.  Je croise des enfants en uniforme aller à l’école et des femmes faisant la lessive dans la rivière.

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Puis, plus tard, je monte découvrir les fameuses «Sipi Falls».  J’ai rarement vue des chutes aussi impressionnantes.  Gigantesques, elles se jettent sur des rochers moussus.

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Franchement, c’est un coup de coeur.  Tant de beauté et de nature, l’Ouganda s’annonce être un pays fantastique!

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17 – Kisumu et son fabuleux marché

Pour accéder facilement à la culture locale, il n’y rien comme un bonne visite au marché!  Ici, c’est la vraie vie : les gens viennent y acheter les légumes et les épices du coin, et discuter derrière leurs kiosques.  Personne n’y passe inaperçu et on dirait que tout le monde se connait.  Au menu, des couleurs, des odeurs et beaucoup de culture!

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Le marché de Kisumu a été l’un de mes préférés.  Un coin pour les légumes, un autre pour les épices, un pour la viande.. plein de pièces de viande.  Ici, tout est en vrac et on enveloppe nos achats dans du papier journal.

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Il y a aussi les marchés extérieurs où le sol est tellement piétiné qu’on dirait du ciment! On y vend de tout : souliers, plats, matériel de cuisine, vêtements, tout y est 🙂  En plus, avec les parasols, tout le monde est protégé du soleil.  IMGP0267

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J’adore faire les marchés en voyage, c’est un moyen direct de vivre le quotidien des gens.  En plus, c’est une activité gratuite.  J’ai déjà hâte à mon prochain marché pour faire le plein d’épices.  🙂

16 – Umoja, un des visages de la lutte des femmes au Kenya

J’avais entendu parler de ce village part l’intermédiaire d’un article dans la Gazette des femmes.  Lorsque je me suis rendue compte que j’étais justement à côté, je me suis dis que je devais absolument aller y faire un tour!  Aucun autobus ne s’y rend directement, il faut donc demander aux passagers d’indiquer l’endroit où il faut débarquer.  Y aller en soi est une belle aventure.

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Umoja est un village de femmes Samburu dans le nord du Kenya.  L’histoire de la création de cet endroit est bien triste.  On raconte que certaines de ces femmes ont été violées par des soldats britanniques, puis répudiées par leurs maris, d’autres ont vécu de la violence domestique ou un mariage forcé.  Elles se sont alors regroupées pour assurer leur avenir, sans les hommes.

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Pour assurer la survie du village, les femmes pratiquent l’élevage et ont adapté leurs maisons, afin de pouvoir accueillir des touristes et vendre l’artisanat traditionnel.  J’ai beaucoup apprécié découvrir les habitations typiques de ces femmes, de mêmes que leur manière traditionnelle de s’habiller.  Très colorées, les femmes portent d’épais colliers de perles faits à la main.

Aujourd’hui, les femmes peuvent avoir des compagnons et ainsi, bâtir une famille. Toutefois, les hommes ne peuvent vivre avec elles et l’éducation des enfants est assurée par l’école du village.  Cela qui engendre certaines tensions avec l’entourage de l’endroit, jaloux des mœurs et de la prospérité y ayant été bâti.

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Comprendre l’histoire d’Umoja est une expérience très intéressante.  J’ai bien fait d’y faire un petit arrêt!

15 – L’incroyable Hell’s Gate National Park

Faire un safari à vélo, c’est possible!  Et c’est une expérience complètement différente d’un safari classique.  En fait, je ne me souviens pas d’avoir été aussi émerveillée de ma vie, et aussi près des animaux sans leur faire peur.  

Sur mon vélo, mes cheveux aux vents, je pédale vers les… zèbres!  Quel moment incroyable!

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Et puis, j’aperçois… un giraffe!  C’est tellement grand!  Sur le coût je lâche mon vélo et je commence à la suivre. C’est complètement surréel.

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Pour voir le vidéo de cette aventure, qui sincèrement trop drôle :), rejoignez-moi sur la page Facebook sur ma page : Plein air voyages et compagnie

En fait, j’ai choisi de faire ce parc national, car c’est l’un des moins cher du Kenya.  Il est unique en son genre, car il est possible de faire ce safari en vélo.  Le parc ne comporte pas d’animaux dit «prédateur», mais il en vaut quand même vraiment la peine! De toute manière, la location d’un jeep était trop dispendieuse pour moi, alors pourquoi ne pas se déplacer en vélo de montagne, avec des selles dures comme la pierre.  🙂

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Je suis arrivée tôt et les animaux étaient au rendez-vous.  

–Allo les zèbres, les antilopes, les phacochères!  C’est moi, Andy!  Wow, c’est magnifique!

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À l’entrée, la route de terre débouche directement sur de gigantesques falaises, formées par la lave.  Mon vélo file parmi ce paysage.  L’air est si pur.  Je ne sais pas où regarder.  

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Plus tard, vers la fin de ma visite, je reviens sur mes pas, les animaux sont partis, et les jeeps sont arrivés.

Mais, moi j’ai vu tous les animaux!  Ah! Ah! 🙂

13 – Éthiopie 101 : Pourquoi voyager en Éthiopie avec son sac-à-dos?

L’Éthiopie, est un expresso brûlant.  Dans ce pays, on sert un café fort, un café fier comme ses habitants.  Un café aussi intense que l’action dans les rues le jour, et dans les bars la nuit.  

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A Addis-Abbeba, ou que tu sois, un café t’attend.  Et des rencontres aussi.  La ville est vibrante, la jeunesse est partout.  La capitale de l’Éthiopie se nourrit à la caféine en attendant son heure de gloire.  La tôle est là, mais rapidement, des chantiers de construction dirigés par des Chinois émergent.  Certains mendient, alors que les universités et les cafés sont pleins.  L’Éthiopie est remplie de contrastes.  Quand tu seras épuisé de faire ton chemin parmi les chèvres, les camions d’ONG, les ânes et les minis-bus, tu pourras aller prendre un café avec un Éthiopien qui te souhaite la bienvenue, car ils sont vraiment sympathiques.

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L’histoire de l’Éthiopie est riche, bien plus riche que les traditionnels récits de famine véhiculés en Occident.  Les musées sont remplis de fresques aux personnages ayant des yeux ronds comme des billes décrivant des scènes de la vie quotidienne, de grandes conquêtes ou encore les moments cruciaux du Christianisme.  Les Éthiopiens sont beaux, cherchant constamment, lorsque leur bourse leur permet, à orner leurs corps de bijoux faits dans toutes sortes de matériaux.  La propreté de tes souliers veut en dire beaucoup.

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Monarchie, régime communiste, occupation italienne.  Il me semble que l’on a mis bien peu de cette histoire en valeur dans ma propre éducation.  La réalité est tout autre. Les Églises sont remplies de reliques, les cimetières de gigantesques pierres tombales.  Ça vaut la peine d’être vu!

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En Éthiopie, le soir, il fait vraiment noir.  N’essaie pas de voir deux pouces devant toi ; c’est impossible!  Comme peu de gens ont l’électricité à l’extérieur d’Addis-Abbeba, souvent rien ne vient briser le voile de la nuit.  Au départ, je considérais cela dommage. Je me disais, wow, pas de four, pas de micro-onde, pas de frigo, pas de laveuse à linge!  Pourtant, j’ai rapidement compris que les gens vivaient à un rythme complètement différent de l’Occident et que je me trompais royalement.  Avec toute les commodités avec lesquelles nous vivions, on en vient à croire qu’elles sont essentiels à notre vie, alors qu’au final ce n’est pas le cas ; les gens se débrouillent très bien.  

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En bref, l’Éthiopie est un pays fantastique!  C’était un très bon point d’entrée pour l’Afrique.  Une culture riche, un pays sécuritaire et économique, un nourriture délicieuse et des gens très accueillants!  Par contre, je n’y ai vu que des tours organisés et le voyage sac-à-dos y est bien peu développé.  Alors qu’il y a presque toujours des petits hôtels et restaurants, les touristes préfèrent rester entre eux, et c’est dommage, car en général, les Éthiopiens sont très ouverts à de nouvelles rencontres.  Ces tours font systématiquement les mêmes endroits, dont des villages où des danses traditionnelles sont programmées à l’avance.  Pour cette raison, cela vaut vraiment la peine de s’éloigner des sentiers battus, tu seras alors complètement seuls, car il y a très peu de backpackers dans le pays.

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Bref, j’ai beaucoup apprécié ce pays vivant et plein d’espoir.  Les transports sont un peu chaotiques, c’est vrai, mais cet inconfort en vaut totalement la peine pour toutes découvertes que vous aller faire et surtout, pour les gens que vous aller rencontrer.

12 – La plus longue journée de ma vie

Je me lève à 3h45.  Je lave mon visage, met mes souliers et mon sac-à-dos.  Dehors, il fait toujours nuit, les chiens hurlent.  Il fait froid.  Je marche les deux kilomètres qui me séparent de la gare de bus.  On m’a dit qu’il y avait des jeeps qui partaient pour Addis-Abeba, ce matin.  J’en ai parlé avec des gens rencontrés à Lalibela : rendez-vous 4h30.

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4h55, je suis seule.  Conclusion : Il n’y a pas de jeep.  Tant pis, je prendrais le bus.  Je me suis levée trop tôt.

Le soleil commence à se lever.  Les gens s’agglutinent près de l’entrée de la gare.  Je me fond dans la masse, agrippée aux barreaux.  Les gens sont fébriles, tous veulent s’assurer d’avoir une place dans l’autobus.  Il faut absolument que je trouve mon bus avant l’ouverture des portes!  Tout est écrit en Amharique…  et je n’arrive pas à lire cet alphabet.

Tic, tac, tic… et c’est parti, il est 5h00 du matin!  Les gens sprintent autour de moi, c’est la débandade pour avoir une place dans un transport.  Antoine s’assure que les bagages sont bien accrochés sur le toit, pendant que je vais nous réserver des places. Je suis obligée de pousser les gens, eux, ils me poussent bien!.  Un p’tit coup de coude ici, un p’tit coup de coude par là!

–  Andréanne!  Il n’y a plus de billet pour ce bus là, sort!

Et merde.  La veille, je suis venue deux fois à la gare de bus pour réserver les billets. Pas du bureau, pas de billets, mais un gars qui nous dit qu’il nous réserve une place dans un jeep…  Bon maintenant, pas de jeep, pas de billet, je crois que je n’ai pas encore compris comment les transports fonctionnent ici 🙂 Il est maintenant 5h15 du matin..  Oh! Oh! On m’attrape l’épaule, quelqu’un me tire!  Vite, il y a de la place dans l’autre bus là-bas, courons, courons!  Succès!  Je suis finalement assise et j’ai un billet! Je ne sais pas comment on a fait pour les avoir, mais je suis là.  Au moment où je me dis que je suis sauvée, une odeur se rend à mon nez.  La femme à côté de moi porte un bébé naissant et il dégage une certaine senteur.  En fait, l’enfant ne porte pas de couche, ce n’est pas très commun ici…  Sa mère ne peut que souhaiter qu’il n’y ait pas «d’accident» durant le trajet…  Malheureusement, durant les 200 km totalisant 5 heures…  ce souhait ne s’est pas réalisé… mon chandail sens maintenant également l’urine.  

Suite à cet odorant trajet de bus, j’en ait pris trois autres semblables.  Les genoux dans le visage, ma tête cognant au plafond, les poulets me mordillant les chevilles, je me suis dit que ça ne pouvait pas être pire… sauf quand le gars derrière moi a vomi sur moi.

***

Quel soulagement!  Il est 22h00 et nous nous arrêtons enfin pour souper!  Je sors du bus, commande une injera et savoure mon coca-cola.  J’en profite pour détendre mes articulations.  Dans le resto où je me trouve, il n’y a que des hommes.  Je me sens observée… mais cela ne me fait rien, je n’ai pas mangé de la journée, alors je n’ai d’attention que pour mon injera. 🙂

Je sors du resto, et un gars saoul me suit.  Il n’a clairement pas toute sa tête.  Les gens près de nous, le regarde en riant.  Je ris également, jusqu’à ce qu’il me demande d’aller prendre un verre!  Antoine s’interpose amicalement et lui dit gentiment de partir. Mais l’homme insiste et la tension monte.  Un autre homme se met de la partie et pousse notre assaillant.  Celui-ci essaie de répliquer, mais ses coups de pieds ne nous atteignent pas.  Avec tout l’alcool qu’il a bu, il clairement impossible pour lui de nous faire du mal!  Impuissant, il finit par s’en aller et nous par rentrer dans le bus.  Et c’est reparti, il est 23h30, plus que trois heures et demi avant d’arriver à Addis!

***

2h30 du matin.  Mes articulations me font mal, mes genoux sont fatigués d’être pliés. Heureusement, je suis finalement de retour à la capitale.  Ouf, quelle journée! Mais l’aventure ne pouvait pas se terminer aussi facilement!  Il n’y a plus de place à l’hôtel où je pensais aller dormir, ni au suivant, ni à l’autre et comme ça pour 4 hôtels!  Je ne peux pas croire que je me promène à 3h00 du matin dans les rues de la capitale de l’Éthiopie sans savoir où dormir!  Heureusement, cette ville est sécuritaire, même la nuit.  

Finalement, je trouve un vieil endroit.  Une prostituée parle à Antoine :

– Come on, men!

Je ne prends pas le temps d’attendre qu’Antoine refuse ces généreux services… je monte me coucher.  Je regarde la chambre : la cuvette est cassée en deux et il n’y a pas d’eau.  Au menu, il y a du rouge à lèvre sur les murs, des condoms sur la tables, des draps croûtés, et aux bruits que j’entends, je me trouve bien…  dans un bordel!  Cette situation est complètement irréelle!

Ça fait maintenant 24 heures que je suis debout; je n’ai même pas la force d’être découragée.  Je crois que je vais dormir dans mon sac de couchage ce soir. Il est maintenant 3h30 du matin et je suis épuisée. Je m’endors au bruit des moustiques qui me piqueront sans aucun doute cette nuit…  Demain, sera une meilleure journée 🙂

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11 – Lalibela, au coeur du christianisme

Au nord de l’Éthiopie se trouve l’un des lieux les plus célèbres de ce pays : Lalibela. Endroit mythique, on y trouve des églises chrétiennes creusées à même le sol, directement dans le roc.  A la hauteur du sol, il est impossible de les détecter; elles sont seulement visibles du ciel!  Une fois de plus, j’en découvre un peu plus sur la riche histoire de l’Éthiopie.

Église

A l’intérieur des parois de roc, se trouve les tombes des prêtres y ayant réalisés des cérémonies il y a des centaines d’années.  Les églises sont toujours en activité aujourd’hui!.  Les bijoux des tombes ont été pillés, mais certains squelettes y sont toujours!  J’y ai d’ailleurs vu un pied… ouf!

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Ces églises sont remplies de fresques réalisées par des chrétiens orthodoxes représentant des scènes religieuses et des conquêtes.  Je reconnais le style typique des peintures éthiopiennes: des personnages à la tête et aux yeux ronds.

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L’architecture de ces monuments est complètement fascinante.  Creusés à la main, je m’imagine tout le travail derrière ses bâtiments inclus dans la terre. Je n’avais aucune idée des liens entre cette religion et cette partie du monde.  J’apprends milles choses!  J’ai bien fait de faire ces 10 heures d’autobus de la capitale pour venir jusqu’ici!

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