L’Afrique, le futur paradis du voyage sac-à-dos

Il a quelques mois, j’ai eu le plaisir de travailler avec Jennifer du blog «Moi, mes souliers» à l’adresse suivante : http://www.moimessouliers.org

Je vous invite à visiter son blog, afin de me lire sur les 5 plus grands mythes du voyage sac-à-dos en Afrique et pourquoi ce continent sera probablement bientôt, le futur paradis de ce type de voyage.  A bientôt!

C’est par ici : http://www.moimessouliers.org/lafrique-le-futur-paradis-du-voyage-sac-a-dos/

Voyager en sac à dos en Afrique

 

2 – En mangeant un scorpion

Et l’aventure ne faisait que commencer!  En cherchant à découvrir Beijing, j’ai également découvert son immense métro!  Franchement, à côté de celui-ci, le métro de Montréal avait l’air bien minuscule.  Des dizaines de tunnels et de wagons, de la publicité électronique apparaissant entre sur les murs entre les stations…  Le métro, ici, c’est un autre monde!

beijingmetro

Parmi les centaines de personnes qui vont travailler, je me faufille pour aller à la station Shilliuzhuang… ou était-ce Pingguoyuan.  Ouf, tous les noms chinois se bousculent dans ma tête et en quelques minutes, je suis perdue!  Et oui, je viens de faire 1h15 de métro dans la mauvaise direction, faute de me souvenir exactement du nom.  Ah! Ah!

Picture Chine 005

Après cette épopée souterraine, la journée se termine déjà… J’attendais ce moment avec impatience, car je m’en vais au marché de nuit de Beijing!

DSC02508

Une immersion culturelle totale dans ce qui sera ma première expérience de la culture culinaire chinoise!  Et quelle première expérience.  Côté dépaysement, j’ai été définitivement servie!  Ohhhh et ce ne sera que le début de toutes mes péripéties alimentaires en Chine.  En effet, un proverbe chinois dit, qu’ici, tout ce qui a quatre pattes se mange… sauf les tables!  Ah! Ah! Cela représente bien ce que j’ai vécu en ici!

DSC02512

Alors je rentre dans le marché.  Il fait chaud, ça fume, ça cuit, ça frit.  Il y a de tout, pour tous les goûts, et des épices en masse!  Et il y a aussi beaucoup d’insectes 😉  Au bout de quelques minutes d’observation, je me décide à manger celui que je trouve le moins pire… entre l’araignée et la coquerelle, j’y vais pour une sage…  scorpion!

DSC02516 (1)

Une fois acheté, j’ai dû passer 10 minutes à regarder droit dans les yeux cette petite bête avant de la manger… mettons que c’était un peu hors de ma zone de confort alimentaire! Ouf!

DSC02510

Au milieu de tout ce brouahah, je découvre la bouffe de rue chinoise.  Pas chère, savoureuse, et bien épicée.  Je pense que si je m’habitue à manger des trippes, je devrais en avoir pour mon compte!

PS : Il n’y a pas seulement au marché que j’ai fait quelques découvertes 🙂  A l’épicerie du coin, j’ai aussi trouvé du pain poilu 🙂 Miam!

Picture Chine 019

Et vous, avez-vous déjà mangé des insectes?  Auriez-vous mangé ce scorpion?

40 – Épilogue de cette épopée africaine

Voilà, c’est fait!  J’ai traversé l’Afrique avec mon sac-à-dos!  C’est incroyable!  C’était magique, éreintant, magnifique, surprenant, drôle, inusité et très accueillant.

  • J’ai dormi parmi les singes en Éthiopie.

6 – Siemens Mountains – Partie 1

-J’ai rencontré les femmes Samburu d’Umoja au Kenya.

16 – Umoja, un des visages de la lutte des femmes au Kenya

-J’ai traversé le terres de Karamojons en moto en Ouganda

22 – Faire de la moto au royaume des Karamojons

-Je me suis perdue dans les mangroves en Tanzanie

29 – La plage secrète

-J’ai été réveillée par une horde d’éléphants au Malawi

33 – Le paradis se trouve au Malawi

-J’ai admiré les magnifiques chutes Victoria en Zambie

34 – De la compétition pour les chutes Niagara!

-J’ai fait du pouce vers le désert de Namibie

37 – Faire du pouce vers le désert de Namibie

-Et j’ai grimpé la montagne de la Table en Afrique du Sud

IMGP1349

 

Une chose est sûre, j’ai appris sur moi et sur les autres.

A l’heure où beaucoup m’ont dit que ce voyage était impossible, dangereux, inaccessible et fou, je suis fière de ne pas avoir écouté les peurs des autres… et les miennes.

 

Le lendemain de mon retour à Montréal, j’écrivais ce texte un peu brut, le fruit d’un mélange de mes derniers voyages, de beaucoup de fatigue, de chocs et de belles découvertes culturelles et, surtout d’un besoin insatiable de compréhension du monde complexe dans lequel nous vivons.

Le voici :

«Des fois, il faut que tu partes si loin pour te trouver.  Loin de tes propres normes sociales, tu découvres enfin tes propres vérités.  Loin de ton grand confort, tu casses tes attentes irréalistes pour apprécier les choses simples, comme un lit, un bol de riz, de l’eau chaude pour te laver.  Des fois, j’ai l’impression que la ouatte dans laquelle nous sommes élevés nous empêche de penser.  Elle nous bouche les oreilles.  Trop habitués à nos propres standards, on en oublie qu’il existe d’autres manière de fonctionner et que la vie, c’est pas un chemin bien tapé, mais bien un fabuleux labyrinthe, avec bien des options et bien des culs-de-sacs.  Des fois, j’ai l’impression que la société nous enseigne qu’il y a un bon chemin.  Que si tu veux réussir dans la vie, c’est celui-là que tu dois choisir.  Après le primaire, c’est le secondaire, puis le cégep, l’université.  Et puis là, tu te retrouves avec un diplôme en poche et peut-être un job.  Mais ton diplôme et ta job, ils te rendent pas nécessairement heureux.  Et tu te retrouves dans la vie.  Tu sais pas trop comment faire, mais on te dit que là, tu es un adulte…

Bon, là tu hésites.  Tu te dis, c’est ça la vie?  Puis, tu pars en voyage et tu te rends compte que :

-Tu ne sais pas comment négocier un taxi en Inde.

-Tu ne parles pas assez de langues pour communiquer avec tous les humains de la terre, dont les gens du Laos.

-Tu es fasciné par les minorités tibétaines, alors que tu en connais si peu sur les autochtones du Québec.

-Tu danses la bacchata en République Dominicaine, alrs que tu ne danses jamais la danse en ligne au Québec.

– Tu pensais que faire de la moto c’est dangeureux, alors que c’est capoté en faire au Vietnam.

-Tu pensais que toutes les capitales des différents pays du monde sont organisées, alors que tu as vu un éléphant traverser la ville à Phon pen au Cambodge.

-Tu pensais que la distance normale entre deux être humains qui ne se connaissent pas est deux mètres, alors qu’au Bangladesh, c’est plutôt 5 cm.  

-Tu pensais que les insectes ça ne se mangeait pas, alors que tu as avalé un scorpion en Chine.

-Tu pensais que l’enfance était faite pour jouer, alors que tu as vu des enfants sniffer de l’essence à Katmandou.  

Et tu te rends compte que tu sais rien.  Rien de rien.  Et que la vie, c’est fait pour apprendre, pour remettre en question, pour se tromper et pour apprendre encore.
Donc, va donc voir ailleurs si tu y es, peut-être que oui, finalement.  »

 

Aller!  Sur ces sages paroles, je serai de retour la semaine prochaine, avec le récit de mon dernier voyage en Chine 🙂

 

 

 

39 – Moi et l’Autre

J’entends crier derrière moi.

-Qu’est-ce que tu fais là ?!

-J’attends le taxi…

-C’est fou ce que tu fais ! Dépêche-toi, tu peux pas rester dehors à cette heure-là !

Je suis un peu ébranlée, une voiture contenant 5 jeunes de mon âge vient de m’apostropher sur le bord de la rue pour me dire que je suis en danger.  Je leur réponds que je viens de héler un taxi, il s’en viendra dans quelques minutes.  Je me trouve au coin de deux rues passantes à Cape Town en Afrique du Sud.  Je respire, je me dis qu’ils exagèrent et j’attends.

IMGP1309

J’entends un bruit de voiture en marche arrière.

-Qu’est-ce que tu fais là ! T’es folle ou quoi ? Tu peux pas rester là ! Embarque !

Alors, je trouve cette situation intense.  La voiture est revenue en marche arrière me chercher.  Pour les 5 jeunes dans l’auto, il n’est pas question de me laisser au coin de la rue seule avec mon sac-à-dos…  J’embarque alors dans le véhicule déjà rempli, mon sac sur ma poitrine.  Ça sent le pot à plein nez.  Je me demande si j’ai fait une bonne affaire.  Ils me laissent 3 coins de rue plus loin directement à mon hôtel en me faisant promettre de ne plus JAMAIS me promener seule le soir dans le quartier.

-Sais-tu comment tu es une cible facile ?  Tu es blanche !

J’écarquille les yeux et je me dis tout bas : «Oh boy, boy.  Bienvenue à Cape Town, Andy»  Déjà que mon chauffeur de gros camion était venu me mener directement au Centre-Ville et m’avait fait promettre de prendre un taxi jusqu’à mon hôtel …   à trois coins de rue.

IMGP1360

Que dire ?  Comment trouver les bons mots pour décrire ce que j’ai vu en Afrique du Sud ?  Comment ne pas généraliser en dépeignant une situation pire que ce qu’il en est vraiment, comment ne pas tomber dans le jugement et les stéréotypes…   J’ai pris milles ans à écrire ce texte.

Cette journée-là, je me suis dit une chose, je suis bien dans le pays où a eu lieu l’Apartheid.    Et cette journée-là, j’ai eu mal à mon humanité.

Comprenez-moi bien.  Je viens de Montréal.  J’ai grandi dans la richesse infinie du partage interculturel et j’ai voyagé toute ma vie avec pour seul objectif de découvrir l’Autre avec un grand A.  J’ai compris depuis bien longtemps que mes valeurs et mes idées sont belles et importantes, mais qu’il existe également d’autres manière de percevoir le monde et de le vivre, et que ces dernières sont aussi valides, et peuvent tout autant m’enrichir que celles que j’ai appris dans mon enfance.

Bref, je n’ai pas peur.  Je n’ai jamais eu peur de l’Autre.

Mais à Cape Town, pour la première fois de ma vie, j’ai eu peur en marchant dans les rues.  Un petit sentiment d’insécurité constant, subtile, mais toujours là.  Un vent insidieux de tension sociale.  Et mon cœur s’est rempli d’une infinie tristesse.

A la télé, j’ai littéralement entendu des partis politiques prôner le meurtre des blancs pour récupérer les terres.  Dans la rue, j’ai vu des magasins garder les grilles de leurs magasins fermées pour éviter que des noirs y entre, alors que moi, je le pouvais.

 

De toute ma vie, je n’ai jamais voulu utiliser les mots «noirs» ou «blancs» dans mes textes.  Je trouve que cela n’a absolument pas sa place, compte tenu du fait que notre origine ne devrait en rien déterminer notre parcours de vie, puisque nous sommes tous égaux.

Toutefois, quand je parle de Cape Town, je n’ai pas le choix, parce que mon expérience de cette ville a été intimement lié à cette réalité qu’il existe toujours et malgré tout cette division (même si elle tend à s’effacer).

C’est bien subtile tout cela.  On peut même passer à côté si l’on n’y prête pas attention.  Mais, c’est encore malheureusement bien présent.

Et, c’est ça au final, qui me fait peur, cette haine de l’autre. Pas l’Autre en soi.

Après mon séjour à Cape Town, j’ai réalisé que je prenais absolument pour acquis la sécurité sociale que j’ai toujours connu au Québec : l’idée que je n’ai pas peur de marcher dans la rue.  J’avais déjà appris en voyage à apprécier l’électricité et l’eau courante que j’avais chez nous par exemple, mais la sécurité sociale, non, pour moi c’était acquis.  Eh bien, ce soir-là, j’ai compris que ce n’était pas acquis, et que ce sentiment de sécurité-là y fallait que je l’apprécie.

Et vous, avez-vous déjà senti la même peur dans un pays où vous avez voyagé?

 

 

38 – Le méga gros camion

Il parait qu’il n’est pas aussi facile d’entrer dans le désert que d’en sortir!  C’est que je fais du pouce depuis maintenant deux heures près de la route pour en sortir!  Assise sur mon sac-à-dos près des dunes, je brûle!  La plupart des touristes de Namibie loue un camion-tente pour leur séjour dans le pays.  Bref, il y a très peu de voyageurs sac-à-dos et donc, pas vraiment de transport.

IMGP1361

Quelques heures plus tard, je me retrouve heureusement sur l’autoroute, toujours à essayer de me trouver un camion. Je commence à stresser.  C’est que dans 4 jours, j’ai un vol à attraper à Cape Town en Afrique du Sud, et pour l’instant je suis bloquée en Namibie..  Il me semble tout à coup impossible  de traverser une frontière et un pays tout en entier dans cet intervalle de temps.  Mes pensées s’envolent et mes peurs prennent le dessus…  En plus des contraintes de temps, je me suis fait voler deux fois depuis que je suis arrivée dans ce pays.. J’avoue être de plus en plus sur mes gardes, et ça ne m’aide pas à faire du pouce en toute tranquillité d’esprit… Bref, je stresse, jusqu’à ce qu’un homme bien éméché vienne me voir.

IMGP1377

Evidemment, (c’est une vraie chance pour moi) la nouvelle d’une étrangère cherchant du transport a fait le tout de la station-service où je me trouve en moins de quelques minutes, et tout le monde veut maintenant m’aider!  L’homme titube, mais fait quand même figure d’intermédiaire entre moi et tout les passants du coin!  C’est fantastique!

Et soudain, en quelques minutes à peine, il m’arrive l’impossible!  Un gigantesque camion ayant deux remorques de charbon s’arrête à côté de moi.  Un jeune homme en descend et me propose d’aller à Cape Town, là où il va livrer son chargement.

IMGP1385

Et l’aventure recommence!  C’est parti pour un bon 1500 km!  On a roulé, roulé, roulé jusqu’aux petites heures, sans arrêter pour manger.  Vers 2h00 du matin, j’ai piqué ma tente dans le stationnement d’une autre station-service.  Puis, vers 6h00, on repartait vers la frontière de l’Afrique du Sud.  De temps en temps, je devais même me cacher sous le banc lorsqu’on croisait des policiers, puisqu’en tant que conducteur d’un véhicule d’entreprise de transport, l’homme n’avait pas le droit de prendre des passagers.  Ouf!

IMGP1386

A la tombée de la nuit, j’aperçois Cape Town au loin et c’est un véritable soulagement.  La route s’est très bien passée, je discute avec mon chauffeur de l’endroit pour me déposer.  Je lui propose de me laisser au lieu où il doit laisser son chargement.

Toutefois, il est catégorique, il ne me laissera jamais là!  Lui-même, me dit-il ne dormirait jamais avec son camion à Cape Town.  Je ne comprends pas trop, mais il insiste pour aller m’amener directement au Centre-Ville près de mon hôtel… pour ma sécurité.  Je suis perplexe, mais je lui fait confiance.

C’est une situation complètement surréelle!  Arrivée au coeur de la ville, je me rend compte que c’est comme si ce gigantesque camion allait me déposer au coin de St-Denis et St-Catherine.  Inquiet, mon chauffeur insiste pour je prenne un taxi jusqu’à mon hôtel, même si ce n’est qu’à quelques minutes de marche…

Et vous, avez-vous déjà fait du pouce en voyage?  Comment cela s’est-il déroulé?

 

37 – Faire du pouce vers le désert de Namibie

Oh quand je suis arrivée en Namibie, j’ai fait le saut!  Moi, qui était habituée d’utiliser les autobus locaux pour me déplacer de ville en ville, j’ai découvert qu’en Namibie, il y avait très peu de ce genre de transport.. encore moins qu’en Zambie!

Je l’avoue, je n’avais jamais fait du pouce avant dans ma vie.  Et par la force des choses, j’ai dû m’y mettre de pied ferme pour me rendre jusqu’en Afrique du Sud!  Alors, je me suis placée sur le bord de l’autoroute avec mon sac-à-dos, et le cœur battant, j’ai attendu au gros soleil!

IMGP1336

Heureusement, j’ai eu de très bonnes expériences et surtout une très bonne étoile.  Eh oui, en m’achetant un sandwich entre deux déplacements, j’ai rencontré le chauffeur qui emmenait les employés de Sossusvlei, le parc du désert de Namibie, le lieu où je me dirigeais justement! Ni une, ni deux, j’ai sauté dans leur véhicule, un jeep de safari sans fenêtre.  Wow, à 120 km/h sur les routes poussiéreuses du pays, je ne manquais pas d’air, c’est certain!

IMGP1330

Franchement, la route était magnifique!  Des montagnes gigantesques m’entouraient et j’ai même vu des autruches en liberté!  Je me suis demandé si je rêvais tellement ces oiseaux étaient gros! (les points noirs sur la photo à droite)

Arrivée dans le désert, j’ai piqué ma tente et j’ai aussi remarqué que j’allais dormir avec quelques petits amis piquants.. et transparents..  des scorpions. Ah! Ah!

IMGP1339

IMGP1342

Qu’à cela ne tienne, le détour vers le désert de Namibie en valait la peine!  Wow, quel environnement atypique.  Le désert de Namibie, avec son sable rouge foncé et ses souches d’arbres vieilles de dizaines d’années, est un endroit complètement mythique.

Il y a quelque choses de complètement fascinant dans l’idée de marcher à l’infini sur des dunes de sables brûlantes…  C’était fantastique!  C’était la première que je visitais un désert et ce ne sera pas la dernière…. le calme étrange de ce genre d’endroit m’intrigue trop.  Par contre, je vais me rappeler d’y aller avec des souliers fermés!  Le sable était littéralement brûlant et de petites cloques d’eau se sont formées sur mes pieds seulement en essayant de descendre la dune sur laquelle je suis dans la photo!  Ouch!IMGP1361

Et vous, avez-vous déjà visité un désert?  Comme cela s’est-il déroulé?

 

 

 

36 – Le centre d’achat de Lusaka et la vendeuse d’avocats

Lusaka, qui es-tu?  Je n’ai jamais rien vu de tel jusqu’ici.  Ma chambre d’hotel me coûte un prix exorbitant et elle est située juste à côté d’un grand centre d’achat tout neuf…  Comment cet environnement peut se trouver là?  À la frontière, il y avait encore des huttes!  

J’entre dans le centre d’achats, à l’air climatisé.  Je n’arrive pas y croire!  Il y a déjà plusieurs semaines que je suis entrée dans un établissement du genre.  Les tuiles sont droites et luisantes, parfaitement symétriques.  Il y a des escaliers automatiques, un cinéma, plusieurs guichets automatiques de différentes banques et une foire de restaurants…  

IMGP0951

Ouf, je suis à l’air climatisé, mais on cerveau chauffe! 

Dans cet univers formaté (qui ressemble en tout point à chez moi), je ne me sens pas à l’aise… alors que tout est fait pour que je le sois… (As-tu vu les banquettes en cuir?!) L’Occident est partout, le développement aussi… j’imagine.

Assise, devant mon burger au poulet, je me demande ce qu’est le développement au fond..   J’adore les burgers au poulet, mais là, je me demande vraiment d’où la viande provient.  Alors que depuis des semaines quand je mange cette viande, c’est la cuisinière qui l’a élevé elle-même dans sa cours, qui le tue et le cuisine…  j’imagine qu’il y a une usine de production à quelques part dans les environs.

IMGP0988

Puis, c’est bizarre, je vais au cinéma, et c’est exactement comme chez nous, les sièges sont rouges en velours, ils sont confortables.  Je suis la seule dans la salle devant mon film américain.  La lumière s’éteint, il passe une pub pour maigrir à l’écran… maigrir, ce n’est tellement pas le premier soucis de bien des gens, ici…  C’est complètement fou!  Alors que les rondeurs sont généralement valorisées, on passe un autre message à l’écran…  Pendant un instant, je suis à Montréal, au cinéma du quartier Latin. Je mange un pop corn et je bois un coca. Je viens d’aller souper avec mon amie aux Trois Brasseurs.  Toutefois, lorsque je pousse les portes du cinéma, je suis pas à Montréal.  Je suis à Lusaka, en Zambie.  

IMGP0839

Je crois que le problème ici, ce n’est pas le centre d’achat au fond.  Ce qui me dérange, ce sont les valeurs que tout cela amène ; la consommation, le culte de la minceur, l’amour de la technologie au détriment de la nature, et surtout les inégalités…

Est-ce que je vous avais parlé de la vendeuse d’avocats? Oui, celle que les gardes de sécurité avec des fusils ne laisse pas rentrer dans l’enceinte du centre d’achat parce qu’elle a l’air trop pauvre?  Oui, c’est ça, c’est cette vieille femme-là, qui s’est ruinée depuis que le centre d’achat s’est construit.  C’est vrai, m’a-t-elle dit, c’est difficile, ici.  Les gens ne viennent plus lui acheter des avocats, car c’est beaucoup plus moderne et chic d’aller acheter un avocat à l’épicerie.  Et puis, qui veut des avocats de la rue à côté, quand on peut en avoir qui viennent directement d’Afrique du Sud!  Ils sont plus verts et plus gros!  …je me demande pourquoi.

IMGP0272

 

En fait, je ne suis ni contre les centres d’achats, ni contre le développement.  Et puis le cinéma, c’est certainement un moteur de changement social.  A quelque part, il y a certainement des nouveaux emplois là-dedans, et tout le monde a le droit de rêver de magasiner dans un beau grand centre d’achat.

Mais, je me questionne sur la manière dont le développement est mis en place présentement, et sur ses impacts.

-Crée-t-il plus de richesses ou d’inégalités finalement?

-Valorise-t-il la culture locale ou tend à la formater?

Il faudrait poser ces questions-là à la vendeuse d’avocats.

Et vous, que pensez-vous de cette situation?  Auriez-vous eu les mêmes pensées et vous aviez vécu la même chose?

 

 

35 – L’aventure humaine

Il y a quelques jours, je suis arrivée en Zambie.  J’ai presque terminé de traverser la côte est africaine avec mon sac-à-dos.  Je dois avouer que je suis un peu épuisée.  Trois mois et demi avec deux chandails, deux paires de pantalons et des sandales… dans le sable, la savane et la brousse, la jungle, ouf!  J’ai roulé ma bosse un peu partout à la recherche d’aventures inoubliables, mais surtout de compréhension.    C’est que l’objectif premier de mon voyage n’était rien de moins que de mieux comprendre le monde!  J’ai beau avoir un baccalauréat en science politique, il me semble que j’avais besoin d’aller dans le vrai monde pour mieux comprendre notre immense planète.

IMGP0200

 

À travers ce périple, je me suis posé mille questions : les ONG, les grandes organisations internationales, la pauvreté, les différentes cultures, l’impact du tourisme, l’environnement, les modes de vie variés des Africains, l’économie informelle, le micro-crédit.  Dans un autre ordre d’idées, j’ai certainement vécu des aventures complètement folles : courir après une giraffe en Ouganda,

15 – Hell’s Gate National Park – L’unique safari à vélo!

faire de la moto en Ouganda,

22 – Faire de la moto au royaume des Karamojons

traverser une horde d’éléphants au Malawi,

33 – Le paradis se trouve au Malawi

Oui, des poussées d’adrénaline intenses parce que je pouvais même pas croire moi-même ce que j’étais en train de vivre, j’en ai eu!  Et plus d’une!  L’Afrique est remplie d’aventures!

IMGP0218

Mais le plus beau, le plus magnifique, c’est l’aventure humaine.  Ce sont les conversations avec l’homme du stand de chapati (pita) ou avec la femme dont tu tiens le bébé dans l’autobus.  C’est partager une injera (plat traditionnel) avec un Éthiopien qui t’accueilles chez lui, et rire avec ton chauffeur de moto parce qu’il allait trop vite et il a cogné ton genoux sur le truck à côté dans le traffic.  C’est aussi apprendre à négocier les prix avec les marchands au marché de poisson, pis capoter parce qu’un gars à 4 mètres de toi dans le traffic intense de Kampala te demande en mariage!

L’aventure humaine, c’est aussi le plus difficile. Quand tu arrives à voir la beauté des gens, des différentes cultures, langues, coutumes en prenant le tuk-tuk local et en mangeant ce que les gens aussi mangent eux-mêmes, tu voies aussi le quotidien… Et aussi les conséquences du tourisme de luxe, le culte omniprésent des gens qui ont la peau blanche, l’impact de l’économie mondiale, sur les petits réseaux locaux ou encore les effets parfois mitigés de la présence d’ONG internationaux.  Il y a bien des soirs où je me suis endormie la tête pleine, lourde de questions sans réponse, parce que rien dans ma vie d’occidentale, ne m’avait préparé à comprendre les enjeux relatifs à ce voyage, même pas mon baccalauréat en science politique, plutôt de gauche de l’UQAM.

IMGP0789

Par exemple, quand je suis arrivée en Zambie, je me suis dis Ouf!  Ici, c’est plus industrialisé, je vais pouvoir faire le point.  Je vais aller m’asseoir dans un Mc Do, et en mangeant exactement les mêmes croquettes de poulet que je mangerais à Montréal, je vais prendre une p’tite pause et essayer de comprendre ce que je viens de vivre.

Mais le reste de mon voyage ne s’est pas passé comme cela.  En Zambie, en Namibie et en Afrique du Sud, j’ai vu des réalités complètement différentes de ce que j’avais vécu en Afrique de l’Est.  J’ai vu des pays déchirés par les inégalités sociales, engendrant des situations de violence et d’insécurité.  Et la roue de mes questions s’est complexifiée, parce que dans la même journée, j’ai pris les deux photos suivantes (ci-bas), et pour la première fois de mon voyage, je me suis fait volé… dans un beau grand centre d’achat flambant neuf! Avant, je n’avais jamais eu peur de cela.  Oui, j’ai vu de la pauvreté en Afrique de l’Est, mais je n’ai jamais eu vraiment de me faire voler, alors que c’était le contraire dans un pays où la qualité de vie était plus élevée…  pourquoi?

Loin de moi l’idée de généraliser sur ces pays.  Ils sont tous magnifiques et j’y ai vécu d’autres aventures rocambolesques, c’est certain!  Mais j’avoue que le centre d’achat géant que j’ai visité à Lusaka m’a fait bien réfléchir!

Et vous, quels genres de réflexion le voyage vous a-t-il apporté?  Avez-vous déjà été bouleversé à la suite d’un voyage?

 

 

34 – De la compétition pour les chutes Niagara!

Je suis maintenant en Zambie, à quelques mètres du Zimbabwe : les chutes Victoria se situant à la frontière des deux pays.  Le paysage est magnifique, mais je suis arrivée ici bien par hasard!  C’est que je ne pensais pas visiter la Zambie!

Avec le temps qui file, j’avais évalué mes options pour arriver à temps pour mon vol en Afrique du Sud dans à peine quelques jours!  Aussi, je me suis renseignée au Malawi, afin de savoir le prix des billets d’avion.  En parlant à la dame au comptoir, j’avais négocié un prix en dollars US, confiante que bien qu’un peu serrée, j’allais arriver à entrer dans mon budget.

IMGP1252

Le prix fixé, la tête libre, je suis alors préparée ma dernière fin de semaine de trek au Malawi.  J’avais dans l’idée de revenir le lendemain matin réserver mon billet d’avion avant de partir en randonnée.

Seulement, une fois revenue le lendemain… la dame me rappelle que je n’ai pas négocié en dollars US, mais bien en Kwacha, la monnaie locale.  Eh bien, eh bien… le prix du billet passe maintenant du simple ou double!!  Je suis sous le choc.  Cela dépasse largement ce que j’avais discuté avec mon porte-feuille 🙂

IMGP1310

Alors, je décide que non… c’est trop!  J’étais déjà réticente à dépenser autant d’argent pour me déplacer rapidement.  C’est décidé, adieu mon dernier trek au Malawi, je retraverserai aujourd’hui le pays pour me rendre en autobus en Afrique du Sud… ce qui sera nettement moins cher!  Et hop, il y a toujours des imprévus en voyage, et une erreur de compréhension est si vite arrivée  🙂

En deux temps, trois mouvements, je retourne à mon hôtel, défait mon sac de trek et remballe mes choses et mon passeport pour traverser la frontière avec la Zambie.  Comme je n’étais pas supposée y mettre les pieds, je ne connais rien ce que pays, mais qu’à cela ne tienne j’irai.  Et me voilà déjà dans l’autobus, les genoux renfoncés vers ma poitrine, un autre bébé sur les genoux!

IMGP1285

Le visage collé sur la vitre sale de l’autobus, je ris.  Franchement, quelle prise de décision intense!  Le temps est maintenant compté, dans quelques jours à peine, je dois prendre un avion à Cape Town pour retourner au Canada.  Toutes mes sorties touristiques sont maintenant numérotée en terme de temps, et doivent en vraiment valoir la peine!  Et les chutes Victoria en font partie!

Comme bien des Canadiennes, j’ai eu la chance d’aller visiter les chutes Niagara, mais là… Wow!  Les chutes Victoria sont sans pareil!  Gigantesques, magnifiques…  et mouillées!  Ici, impossible de rester au sec!  L’air est carrément de l’eau!

IMGP1263

Et la végétation est si belle!  Dans une zone aussi humide, la couleur de la flore est à la hauteur des attentes de n’importe quel voyageur!

IMGP1316IMGP1293

Finalement, je suis bien heureuse d’avoir mal compris la dame au sujet du prix du billet d’avion, je visiterai la Zambie et je me rappellerai pour toujours des chutes Victoria!

IMGP1307

Pour voir la vidéo :

http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/wp-content/uploads/2016/01/IMGP1253.mov

IMGP1299

Et vous, avez-vous déjà eu un changement de plan aussi drastique en voyage?

 

33 – Le paradis se trouve au Malawi

-Ewe! Ewe! Ewe!

Au milieu de la nuit, j’entends des enfants crier… Réveillée en sursaut, je me demande vraiment ce qui se passe!  C’est que ces enfants sont bien occupés!  Ils ont pour mission de protéger les champs de maïs des éléphants qui se délectent de cette nourriture sucrée.  Et en leur criant «Toi! Toi! Toi», ils essaient de leur faire peur pour protéger leur récolte!  Toute une tâche pour des enfants entre 5 et 10 ans!

Bon, mon enfance était clairement à mille lieux de la leur!

IMGP1140

Je me trouve au Parc National de Liwonde, et l’endroit où je dors est situé à l’intérieur de l’enceinte du parc.  Le soir, en soupant, j’entends des phacochères se promener derrière moi… C’est surréel, les animaux sont partout!

Après avoir visité plusieurs pays d’Afrique, je dois dire que les safaris du Malawi sont vraiment incroyables.  Le coût est vraiment plus raisonnable qu’ailleurs et les animaux sont autant au rendez-vous!  La savane, c’est simplement trop beau.

http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/wp-content/uploads/2016/01/IMGP1219.mov

 

IMGP1151

Devant ces bêtes incroyables, je me sens vraiment à des kilomètres du Québec!  Est-ce que je suis vraiment en train de regarder une horde d’éléphants, avec des petits bébés au milieu?  Et le lézard-là, il doit faire au moins deux pieds de long… Woah!  Je savoure ma chance!

Après avoir traversé le parc, je prends le bateau et je me dirige vers les hippopotames.  Le petit bâteau dans lequel je suis ne s’approche pas trop de ces mammifères géants : c’est qu’apparemment, c’est la deuxième cause de mort en Afrique, les hippos agressifs!! Ça doit être l’une des journées les plus intenses de ma vie!  Ces animaux sont gigantesques…  et sous un coucher de soleil magnifique, j’apprécie leurs grands cris rauques, en espérant qu’ils ne me mangeront pas!

Je vous laisse avec le vidéo.  Le paradis se trouve vraiment au Malawi…

Et vous, quel animal rêvez-vous le plus de voir?

http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/wp-content/uploads/2016/01/IMGP1143.mov

 

 

32 -Pêche traditionnelle au Malawi

Après ma dernière péripétie à la frontière du Malawi, je peux enfin me reposer près du magnifique lac du même nom!  Le lac Malawi est immense, et bien qu’il ne représente pas la mer, il peut toutefois aisément en avoir l’air.  Présent de long en large du pays, il représente un endroit de repos de choix durant toute la traversée de cet État!  Le Malawi s’annonce être un pays particulièrement magnifique, grâce à lui.

IMGP1030

J’ai bien vite remarqué, qu’ici, il y a très peu de voitures, et de véhicules motorisés en général.  C’est bien différents du reste des États africains que j’ai traversé, où les transports en commun locaux sont réguliers et abondants, puisque la population elle-même doit se déplacer de manière efficace.  Ici, au Malawi, il existe une plus petite population, les matatus sont donc moins présents.  J’ai donc dû prendre un vélo-taxi pour me rendre jusqu’à ma destination!  J’avais bien peur d’être trop lourde pour l’homme qui me transportait!  Et c’est ce qui est arrivé 🙂  A la première montée, mon chauffeur , le visage mouillé de grosses gouttes de sueurs m’a dit qu’il préférait me remettre mon argent plutôt que de continuer son chemin.  Ouf, un petit coup pour l’orgueil!

IMGP1116

Arrivée à destination, j’ai pu partager la plage avec quelques vaches..

IMGP1038

et quelques pêcheurs bien musclés!  Je les observais de loin tirer leurs filets géants à partir du rivage, jusqu’à ce qu’ils me demandent de prendre une photo avec moi. En riant, j’ai dit oui, mais je ne me doutais pas qu’il allait en profiter pour -tous- me pincer les fesses!  J’imagine que c’est pour cette raison qu’ils ont l’air si heureux sur la photo!

IMGP1021

http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/wp-content/uploads/2015/12/IMGP1023.mov

Dans tous les cas, après cette aventure, je ne suis pas prêt d’oublier la façon dont s’exerce la pêche traditionnelle au Malawi!

Et vous, êtes-vous fan de pêche en voyage?  J’avoue que chaque fois que j’ai l’occasion d’en faire, je saute sur l’occasion!  Et vous?

 

31 – Entre la Tanzanie et le Malawi

-Andréanne?  Andréanne!

Et voilà, bam, je gis sur le sol, entre la Tanzanie et le Malawi. Évanouie.  Mon passeport tombe de mes mains et je me frappe la tête contre le comptoir, heureusement mon sac-à-dos a pu amortir ma chute.  Qu’est-ce qui arrive?  Mes mains sont moites, je me sens faible.  Ça fait trois jours que j’essaie de me rendre à frontière du Malawi, mais chaque fois, je suis trop malade pour continuer à faire le trajet d’autobus.

IMGP0984

Le douanier ne comprend pas trop.  Il envoie un homme me relever.  Il s’en fou.  Le visage en bouilli, il prend ma photo et mes empreintes digitales.  C’est parti, je viens de m’évanouir devant le douanier, mais qu’importe si j’ai un virulent parasite, on me laisser passer!  Au suivant!

IMGP1001

Fatiguée, mon passeport étampé, je décide de retourner en Tanzanie, idée de m’acheter un jus, car je ne peux plus avancer.  Un peu plus tard, incognito, je retraverse la frontière sans passer par les douanes sans que personne ne m’interpelle.  Mon esprit est dans la brume, mais je ris quand même : voici un poste douanier bien efficace 🙂

IMGP1003

Quelle entrée triomphante au Malawi!  C’est que j’ai bu de l’eau contaminée sur l’Île de la Mafia, et mon antibiotique universel peine à faire effet…  heureusement, je me remettrai rapidement suite à ce passage de frontière cocasse!

C’est partie pour une nouvelle aventure!

Et vous, l’eau bue en voyage vous a-t-elle déjà rendu malade?

 

 

30 – Le monde sous l’eau

Oh, c’est à l’Ile de la Mafia que j’ai eu ma première expérience d’apnée!  Wow, et quelle excusion!

Franchement, la faune et la flore aquatique est incroyable ici!  Nager dans tant de couleurs, de coraux et de poissons, c’est absolument fascinant.

IMGP0897

Des coraux fascinants et des poissons de toutes les couleurs!

Bref, une journée fantastique!  Pourtant, je crois que ce que j’ai préféré, c’est aller visiter une toute petite île avec des maisons en terre battue et des toits en paille, entourées de grands baobabs.  Au milieu de ce petit village tranquille, je ne m’attendais pas du tout à entendre crier des hommes écoutant le soccer sur une télévision plasma! Une passion mondiale, jusqu’au bout de la terre, et surtout jusque sur une petite île dans l’océan indien !

Et vous, où avez-vous réalisé votre plus belle expérience de snorkeling?

 

 

29 – La plage secrète

http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/wp-content/uploads/2015/12/IMGP0880.mov

Comment je me suis retrouvée captive dans une mangrove avec une moto, l’eau montant jusqu’à mes chevilles?

J’avais entendu parler d’une plage secrète.  Pas de route pour s’y rendre, il fallait traverser la mangrove.  Et hop, il ne m’en fallait pas plus pour y aller.

Ma moto tangue à travers l’île de la Mafia.  C’est que le sable est partout et il est mou.  La moto verse souvent.  Vram, vram, le moteur force… et je m’accroche!  Ah oui, c’est vrai, les amortisseurs de mon transport sont finis 🙂

Puis, enfin la mangrove!  C’est la première fois que je traverse cet environnement, touffu, humide, rempli de racines et de crabes rouges comme le sang.  C’est magnifique, unique.

IMGP0881

Et la moto capote dans toutes ces racines, elle va dans tous les sens. Et moi je ris, parce que franchement, qui ferait de la moto ici?

J’arrive à la plage et c’est carrément au dessus de mes attentes!  C’est fou d’être seule ici, au milieu de tant de beauté!  Le bord de l’eau est infini, le sable extrêmement fin.

IMGP0869

IMGP0888

Mais ce moment de pur bonheur se termine rapidement ; le soleil commence à se coucher et je dois retraverser la mangrove.  Le hic, c’est que parmi toute cette végétation, je ne retrouve plus mon chemin.  Les sentiers que j’ai empruntés pour venir se remplissent peu à peu d’eau.  Tout se ressemble.   Au bout de 1h30, je me rends compte que je suis perdue.  L’eau est toujours plus haute et la moto peine maintenant à traverser les racines et le flot continu de la mer.  Je suis assoiffée et j’ai oublié d’apporter de l’eau…

IMGP0882

Heureusement, par un pur hasard, quelqu’un arrive à notre rencontre, il a entendu au loin le son de la moto.  Il m’indique le chemin le plus rapide pour sortir.  Ouf, le pire est évité. Sauf que j’ai affreusement soif.  Il y a bien longtemps que j’ai terminé mes réserves d’eau maintenant.  Au loin, je vois un puits et je fais ce qu’aucune voyageuse ne devrait faire.  Je bois l’eau sans la traiter… ce qui aura de lourdes conséquences.

Et vous, quelle est la plus belle plage que vous ayez visité?

 

 

28 – Quand vomir fait réfléchir

On dit en Tanzanie, que Zanzibar, c’est LA place.  Tu veux te faire bronzer la marboulette, boire un délicieux mojito, rencontrer d’autres touristes sur le party : Zanzibar, est tout indiqué!  De mon côté, j’avais d’autres projets en tête, et peu moins d’argent à dépenser 🙂

Aller, je repars.  C’est le moment où je saute dans un matatu (bus local), les genoux pliés sur ma poitrine, le poulet me picorant les mollets, et c’est parti quelques heures de transport : je vais à l’Île de la Mafia (Mafia Island).

Très peu de gens de rendent à l’Île de la Mafia, ou s’il y vont, c’est en avion privé.  C’est que le chemin pour s’y rendre n’est pas de tout repos.  Arrivée au village où je dois prendre le bateau, je dois chercher un endroit où dormir, car il n’y a pas d’auberge.  Les gens sont bien étonnés de me voir arriver!  Heureusement, plusieurs personnes m’aident et une mission catholique accepte que je dorme dans leurs locaux.

IMGP0858

Le lendemain matin, c’est le grand départ et mon bateau m’attend. Les passagers s’entassent rapidement sur le plancher ; notre transport est définitivement plein!

Dès le départ, j’ai mal au coeur. Les vagues sont hautes et…Ouuuuuu, j’ai vraiment mal au coeur, ouuuuu, une chance que je suis assise sur le bord, ouuuu. En quelques minutes, le corps à moité par dessus bord, je vomis tout ce que j’ai.  Autour de moi, je n’entends que des rires!  Les gens rient de bon coeur…

-Mais qu’est-ce qu’une étrangère fait ici!  Elle devrait être dans l’avion comme les autres!  Elle a l’argent après tout! Elle n’est pas fait pour les bâteaux que les locaux prennent.

J’ai l’estomac en bouillie, mais je réfléchi en même temps.  A force de prendre des transports différents des gens locaux, les touristes passent pour des faibles ne pouvant tolérer les conditions de vie habituelles des gens d’ici. Comme il y a un réseau de transport entièrement parallèle à ce qui est déjà en place, et beaucoup plus dispendieux, cela donne sans aucun doute l’image que les étrangers sont très riches.  Loin de moi l’idée de revendiquer que tous devrait prendre un bateau comme je l’ai fait pour aller à l’Île de Mafia!  Pourtant, cela me fait penser à la manière dont le tourisme se déroule, ici en Afrique de l’Est, et comment les populations locales perçoivent cette activité.  Il y a très peu de voyageurs sac-à-dos et beaucoup de tours opérateurs de luxe.  Des milliers de dollars sont dépensés à la semaine dans le cadre de type de tourisme, toutefois les populations locales ne pas impliquées dans ces activités, et regardent de loin et avec envies les sommes dépensées..

IMGP0861

Trève de bavardage, après quelques heures sur l’Océan Indien, je suis arrivée sur l’Île de la Mafia!  Quel voyage et le débarquement s’annonce.. bien drôle!  J’embarque sur un plus petit bateau pour rejoindre la plage.  Des hommes me proposent de me transporter sur leurs épaules pour que je ne mouille pas mes vêtements, moi l’étrangère.  Je ris et le sac-à-dos au bout de mes bras, je saute dans l’eau.  Voilà, je suis aussi trempée qu’eux!

Les deux pieds sur la terre ferme, je regarde le large, et ce gigantesque pont.  Probablement construit pour un grand projet de développement économique, les gens locaux ne peuvent pas l’utiliser, car leurs bateaux sont trop petits pour ce pont leur soit utile.

IMGP0871

L’île de la Mafia est un vrai bijoux sur la terre.  Des plages immaculées, des palmiers gigantesques, et des résidents extrêmement sympathiques et avenants.

Aujourd’hui, je me suis fait croqué les mollets par des poulets, j’ai vomi dans l’océan indien et je ne boirai pas de mojito…  mais les deux pieds dans le sable brûlant, j’aurai compris des choses.

Et vous qu’auriez-vous choisi, Zanzibar ou l’Île de la Mafia?

IMGP0863