8 – Pashupatinath et ses morts

Je n’ai jamais été à Varanasi en Inde, cet endroit sacré où les personnes pratiquant l’hindouisme brûlent leurs morts.  Lorsque j’ai voyagé au Népal, j’ai appris qu’il existait un endroit similaire et je me suis vraiment demandée si j’allais y mettre les pieds.  En effet, en Chine, j’avais alors choisi de ne pas assister aux enterrement célestes issus de la culture bouddhiste tibétain : 16 – Les enterrements du ciel et de la terre.

Ici, j’ai eu un sentiment différent, que c’était un peu plus ouvert aux étrangers, comme tous pouvaient aller librement jusqu’à ce lieu.  Je ne sais pas si j’ai eu raison d’y aller, mais j’ai été vraiment touchée d’observer une vision tout à fait différente de ce que je connais de la mort.

 

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D’abord, comme dans plusieurs lieux hindous, plusieurs vaches erraient dans l’espace, comme cet animal est sacré selon cette religion.  Plusieurs sadhus y étaient également ; ces hommes choisissant de dédier entièrement leur existence à leur religion et la méditation.  En faisant ce choix, ceux-ci doivent d’ailleurs sacrifier un élément qui, à leur yeux, est vital.  J’ai donc observé plusieurs hommes fixer intensément le soleil, afin de perdre la vue et un autre le bras en l’air, incapable de le redescendre ; l’articulation s’était fixée au fil du temps et l’usage de ce bras était donc maintenant impossible.

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L’architecture était de toute évidence magnifique, comme ce couloir rempli de statues symbolisant les organes sexuels féminins et masculins.  Et les cérémonies traditionnelles d’offrandes étaient une fois de plus au rendez-vous.

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Quelques minutes après mon arrivée se préparaient déjà le premier «enterrement».  Le corps avaient déjà été lavé avec du lait et était maintenant enveloppé et déposé sur le bûcher.  Suite aux offrandes, le feu s’embrase et le corps brûle.  Peu à peu la famille se retire pour ensuite laisser cours au brasier.  Les cendres sont ensuite remises à la rivière.

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Assister à cette cérémonie dont le fonctionnement est si différent de ce que j’ai connu permet vraiment de réfléchir au sens de la mort pour cette société.  Ici, l’objectif de la crémation est de libérer l’âme du corps qui se réincarnera éventuellement.  C’est beaucoup plus visuel que chez nous et presque plus symbolique, puisque tout à un sens, le drap jaune, la rivière.  La mort n’est que la fin d’un cycle et le début d’un autre.

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7 – Au milieu des temples

Swayambhunath, le temple des singes.  Un des endroits mythique de Katmandou, mais certainement pas le seul!  Cette ville respire les lieux mythiques.

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Entre singes et stupas, des femmes vendent quelques des offrandes ou des fleurs.  D’autres familles allument des chandelles et prient.  Et les singes sont partout.

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Un peu plus loin à Katmandou, entre les nombreux petits magazins, garages, stands, il est possible de se glisser dans des cours intérieures un peu cachées, un peu ouvertes dont le coeur est rempli de stupas, un élément important du Bouddhisme, puisqu’elles représentant en quelque sorte Bouddha.  C’est fascinant de voir ces bâtiments orangés aux galleries faîtes de bois, qu’on dirait prêtes à craquer à tout moment.

 

J’ai d’ailleurs eu la chance d’aller au Népal avant le tremblement terre ayant eu lieu en 2015.  J’ai donc pu observer le Durbar Square avant qu’il ne soit détuit lors de cet évènement.  Je garde donc précieusement ces images.

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C’est absolument incroyable d’observer cet ancien palai royal.

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Et Katmandou a ce côté aussi tellement moderne.  Il y a tous ces temples, biensûr, mais Katmandou c’est une foule de petits restos, marchés, rickshaw, vélos.  Je suis prête à m’engouffrer une fois de plus à travers ces interminables ruelles.

 

 

6 – Thamel en taxi

J’embarque dans le taxi, je viens de mettre les pieds au Népal.  Je me rends rapidement compte que je ne peux pas vraiment faire confiance à l’homme qui conduit.  Voilà, il fait déjà noir et je suis avec un homme louche.  J’ai une vague idée de l’endroit où se trouve mon hôtel ; à Thamel, on dit que c’est plus grand quartier de backpackers au monde, j’ai vraiment voir à quoi ressemble un tel endroit.  Entre temps, je regarde autour de moi et cherche des signes pour m’orienter dans ce pays où je viens d’arriver.

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Logiquement, je devrais aller vers les lumières, Thamel est un grand grand quartier, extrêmement populaire auprès des touristes, ce n’est pas normal que j’aille vers…  cette ruelle sombre.  Je demande des explications au chauffeur, il me répond que oui, c’est par là.  Je n’y crois pas, il insiste.  J’insiste plus. Je lui monte la carte.  Il lève le ton, me dit que oui, mon auberge est par ici.  Je n’y crois pas un mot, la ruelle est beaucoup trop petite, trop noire.  Je lève vraiment le ton, lui dit de revenir en arrière presqu’en criant.  Dans les petites rues il va plutôt lentement, je le menace de sortir directement.  Bon, c’est fait, les deux, nous crions.  Devant ma hargne, il finit par rebrousser le chemin, et non, ce n’était pas au bout de cette ruelle noire.  Je sors du taxi rapidement et lui lance presque les billets.  Ouf.  Je suis vraiment ébranlée.

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J’arrive au milieu de Thamel, cet endroit mythique, on en parle comme le paradis des voyageurs.  C’est vrai, c’est bien, on peut y manger de la pizza et du spaguetti ; après un trek dans les Himalayas ce doit être très relaxant de retrouver un peu de chez nous à l’autre bout du monde.  Mais j’avoue qu’au milieu de toutes ces babioles pour touristes d’inspiration bouddhiste, je trouve le tout un peu trop éloigné de la culture locale.  Près d’un café où il y a même des machines à expresso, je vois quelques enfants en groupe courrir pieds nus, le nez dans un sac de plastique rempli d’un peu d’essence.

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Tout cela commence de manière un peu intense, mais je savoure quand même le moment, le Népal, c’est la fin d’une grande quête pour moi.  Lorsque je suis allé en Inde à 17 ans, j’ai découvert la culture tibétaine et je tenais vraiment à en voir toute les facettes.  Quelques années plus tard, j’ai été en Chine découvrir un second visage de ce peuple.

(Voir l’article ci-bas) Aux portes du Tibet

Me voici au Népal maintenant.  Je suis vraiment curieuse de voir l’autre visage de la population tibétaire en exil.  Je réalise vraiment un rêve, demain je vais aller visiter le temple Swayambhunath.

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5- La citoyenne du monde

Un jour, quelqu’un m’a dit qu’avec tous mes voyages, j’étais une vraie citoyenne du monde.  Un voyage ici, un voyage-là, je n’appartenais à personne, puisque j’allais partout.  Sur le coup, j’ai été tellement flatée!  Wow, wow, wow, moi la p’tite fille de Pointe-aux-Trembles.. je suis une grande Citoyenne du Monde.  J’avoue que pendant plusieurs années, je me suis enorgueillie de ce charmant titre, un peu trop fière d’ailleurs.  On aurait dit que ça me donnait l’impression de n’avoir peur de rien.

Un jour, dans un souper, je ne me souviens plus quand, ni où, quelqu’un a bien ri de cette expression.  Je me souviens pas non plus d’où la personne venait, mais elle m’a dit ceci, et je ne l’ai jamais oublié.

Elle m’a dit :

«Sté Andy, te rends-tu compte que tu peux dire cela seulement parce que tu es privilégiée?  Toi, tu es née avec la nationalité canadienne, avec ton passeport, tu passes partout, sans question, ni regard.  Toi, tu peux.  Tu peux bien être fière de te définir de cette manière, tu es née avec la possibilité de voyager, de traverser les frontières.  Bien des personnes rêveraient de le faire aussi, mais c’est impossible.  Et ce sont souvent les gens chez qui tu voyages.  Tu trouves leurs cultures fascinantes, tu peux les comparer, essayer de les comprendre, mais combien des personnes que tu as rencontré pourraient vraiment faire comme toi?  Ce n’est pas vrai que tout le monde peut être un citoyen du monde, Andy.  Et le fait que tu te décrives de cette manière ne fait que démontrer comment tu ne réalises pas tes privilèges.  Certains ne peuvent pas.»

Ne me méprenez pas, je crois dans le pouvoir de la détermination personnelle.  Que quand on veut, on peut… et tout le tralala.  Mais peut-être que pour moi, ça été plus facile d’amasser les outils pour voyager, parce que j’avais accès à internet, au crédit, à la possibilité d’ouvrir un compte bancaire, à la possibilité d’avoir un emploi, une éducation…  et je passe l’électricité et l’eau courante, la nourriture pour mettre sur la table.

Depuis, je ne me suis plus jamais définie de cette manière.  Et je suis aussi beaucoup plus consciente du signal que j’envoie quand je mets les pieds dans un pays… moi qui vient d’ailleurs et qui a le pouvoir d’achat et le pouvoir politique de voyager.  Je suis pas une citoyenne du monde après tout, je suis une québécoise qui a vraiment beaucoup, beaucoup de chance de voyager.

 

 

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4 – Le meilleur avion

Je quitte déjà le Bangladesh.  Les yeux remplis d’expériences colorées et magnifiques, comme cette ride jusqu’au village le plus proche, assise dans la charette, les pieds ballotants dans le brouillard humide de cette matinée orange.  La charette est tirée par un homme à vélo, ce que je trouve tout à fait incongru, puisque je me fais porter par une force humaine, et que je suis humaine qui peut se porter, mais bon…

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C’est le retour dans le train, puis vers l’aéoport… et dans l’avion.. le petit petit petit avion, avec des chaises pliantes non fixées au plancher.. et oh des trous dans le métal qui forme le sol. Je n’allais pas entrer au Népal n’importe comment!  Le regard absorbé par l’ouverture dans la carlingue, on décolle.  Bon, un peu de turbulences… mais ce n’est pas ce qui va me faire peur ; j’en ai pris des vols!

Le temps passe lentement à quelques milliers de pieds dans les airs… jusqu’à ce qu’une voix un peu tremblante annonce au micro que nous nous ne rendrons pas à Katmandou ce soir…  bon, bon, je ne suis pas une fille qui s’inquiète… mais.. pourquoi revient-on à Dhaka?  Ah oui, bien sûr, les instruments de bords ont cessés de fonctionner et sté… atterir sans instrument de bord en plein coeur de l’Himalaya, c’est pas… super!

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Oh la la!  Ce soir-là, parce que c’était bien la grande noirceur à ce moment-là, je n’ai donc pas été au Népal.  Non, non, mon pilote a été extraordinaire et ont est réatteri à vue à la capitale du Bangladesh.  Peut-être que je préfère me faire porter par un homme à bicyclette finalement 😉

 

3 – Au village

Je suis arrivée dans ce tout petit village avec de magnifiques personnes.  Mes pieds foulent les chemins de terre tapée, et se tracent un chemin entre poulets et chèvres.  Les animaux sont partout, sortent des racoins puis disparaissent à nouveau.  Je me demande bêtement comment ils retournent à la bonne maison le soir, puisqu’ils se mélangent inlassement au village durant la journée.  On me répond qu’ils retrouvent tous le soir, le chemin de leurs maîtres.  Je ne savais pas, moi, qui vient de la ville.

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La plupart des grands bâtiments sont faits de béton, mais beaucoup de maisons sont faîtes de panneaux de feuilles.  Ces minces murs m’impressionnent beaucoup, j’imagine que je n’ai pas la même perception d’être à l’intérieur ou à l’extérieur d’une habitation.  Je suis tout autant impressionnée lorsque je vois ces hommes casser à la main le grain du riz qu’ils ont récolté.  Quel travail!!!

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Le Bangladesh, n’est pas un pays touristique.  Il n’y a d’ailleurs que très peu de «lieu» à visiter à l’exeption de quelques temples.

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Ce sont les gens et la vie quotidienne qui est si impressoinnante.  Les femmes dans leurs habits multicolores et les hommes en lungis, les enfants qui jouent, le rythme de la culture du riz qui change constamment le paysage.

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Un soir, j’ai été invité à souper dans une famille du village.  Un vrai honneur.  Assise à la petite table, la femme me sert le repas, puis l’homme vient vers nous souhaiter bon appétit.  Le couple s’en va.  Sur le moment, je trouve la pratique tout à fait bizarre, mais je ne dis rien.  J’apprends bien vite qu’ici, on ne partage pas le souper avec ses invités par respect.  C’est une coutume à laquelle je ne suis pas habituée, mais je comprends bien vite que c’est rempli de bonnes intentions.

Il y a tant de belle choses à apprendre au Bangladesh.  J’ai d’ailleurs pu admirer le plus charmant des autobus scolaires  🙂

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2 – Si près et si loin

J’étais plantée là, à la garre.  Il y avait beaucoup de monde à la garre. Surtout beaucoup de monde autour de… moi.  Et proches, vraiment proches.  Proches comme dans, il y a une dizaine de personnes qui me regarde à moins de 50 centimètres de mon visage… et plus d’une vingtaine après ces dernières.

-Eeee, c’est normal qu’il y a autant de gens autour de moi?

-Oui!  Vraiment normal!

-Mais… c’est impossible.  Les gens doivent être là pour une autre raison!?

-Non, non.  C’est vraiment pour toi!  Ils veulent te connaître!

-C’est impossible…

-Bouge, tu vas voir!

En voyage, j’avais déjà fait l’expérience d’être le centre d’attention ; ce n’était pas la première fois pour moi.  C’était surtout des enfants qui s’amassaient près de moi pour dévisager la couleur de ma peau.  Toutefois, au Bangladesh, c’était tout-à-fait un autre niveau!  Non seulement, les gens s’arrêtaient dans la rue pour me dire bienvenue, mais ils s’approchaient extrêmement prêts, sans mot, pour m’observer.

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Et c’est ce qui est arrivé.  Je me suis posté une quinzaine de mètre plus loin de l’endroit où j’étais, pour faire le test.  Tout doucement, il y a eu un mouvement de masse.   Des enfants, s’avançaient, puis des hommes, quelques personnes plus âgées, et enfin des femmes.  A la fin , il y avait autour de 40 personnes à quelques centimètres près de mon visage.  Il n’y avait vraiment aucune animosité, seulement la plus belle des curiosités!  Malhereusement, je ne parlais pas bengali, et c’était vraiment difficile de communiquer. Toutefois, pour moi, ça été l’un de mes moments de vie les plus intenses : si près et si loin des gens au même moment.

Je réfléchis toujours beaucoup en voyage.  Sur ce qui nous éloignent et ce qui nous rassemblent.  Sur les différentes perceptions du monde qui nous habitent et qui défissent notre vision de certains concepts.  Clairement, ici, ma perception de mon espace/bulle avait été mis à l’épreuve, mais c’était tellement avec une bonne intention de la part des gens.  C’était absolument fascinant de constater le désir de découvrir des gens autour de moi et mon incapacité totale à communiquer avec eux. 🙂

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La tête dans les nuages, le train s’ébranlait.  Je sortais tranquillement de Dhaka, et je me dirigeais enfin vers la campagne. 🙂

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1 – Au bout du monde

Je suis arrivée au Bangladesh les yeux écarquillés.  J’arrivais directement de Montréal, les deux pieds encore pleins de neige du mois de décembre.

A l’aéroport, j’avais l’impression que j’avais déjà vécu plein d’aventures ; j’étais passée par le Qatar.  Dans l’aile de l’aéroport, où j’attendais mon prochain vol, les femmes portaient le tchador.  Avec mon visage à découvert, mes cheveux attachés par un gros élastique et mes souliers de marche, je détonnais pas mal!  Et je l’avoue, les vêtements de ces femmes m’impressionnaient beaucoup.  Toutefois, ce n’était qu’une impression : une fois rentrée dans la salle de bain, entre femmes, les tissus se sont envolés et c’était le retour à ce que je connaissais mieux : l’une se maquille, l’autre change la couche de son petit, et hop c’est reparti.

J’étais donc à Dhaka, la capitale du klaxon!  En 5 minutes, dans mon tuk-tuk, j’étais dans un traffic monstrueux!  C’est qu’entre les autobus décorés de mille couleurs, il y avait les vieilles autos, puis les motos, les ricks-shaws et enfin les taxi-bicyclettes… ah oui et les vendeurs ambulants et les piétons!

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Dhaka, c’est une ville qui t’avale, carrément.  Le bruit y est littéralement assourdissant, et les rues ridiculement minuscules.  C’est d’ailleurs un jeu plutôt amusant d’essayer de ne pas se faire écraser les pieds ou de trouver le ciel, tellement il y a des échafaux, par dessus des échaufaux.

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Bref, l’expérience était totale.  Accrochée à mon rick-shaw, le sourire fendu jusqu’au oreille, j’appréciais de nouveau l’odeur typique des grandes villes de ce coin du monde ; un doux mélange de friture, de feu et de gaz.  Et je n’étais pas au bout de mes surprises : le Bangladesh étant un pays où la religion est très importante, on a dû assurer au responsable de l’hôtel que j’étais bien mariée avec mon partenaire du temps pour avoir une chambre 😉 C’était le début d’une autre belle aventure!

 

 

 

 

14 – Parmi les moines

Me revoici en ville.  Au coeur de la tradition tibétaine.  C’est franchement hyper intéressant de voir comment cette culture prend forme en milieu urbain.  Ganzi est l’endroit idéal pour en apprendre plus!  Aucun doute que l’on est au coeur d’une grande transformation (pour le meilleur?).

D’un côté, il y a les petits chemins de terre et de pierre serrés de petites maisons traditionnelles à la mode tibétaine.

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De l’autre de nouvelles constructions chinoises, avec des toits à la couleur uniforme ; des villages reconstruits au grand complet…  En traversant la région en autobus, on peut voir des villages franblants neufs avec des toits rouges, bleus, jaunes..

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Heureusement, Ganzi a gardé tout son charme!  La ville, située au coeur de plusieurs montagnes offre une vue imprenable sur la région.

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Ganzi, de par ses scènes de la vie quotidienne, est vraiment fantatique!  Les moines se promènent un peu partout avec leurs beaux chapeaux-casquettes.  Leurs chapeaux me font penser à ceux de la télésérie «La soeur volante».  Dans cet univers tellement différent de chez moi, je me sens complètement dans un autre monde, vivant à un autre rythme, à une autre époque.

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Et c’est sans compter ma traditionnelle visite au marché.  J’y ai trouvé un boucher un peu fatigué!  Couchés dans sa viande, il a manqué une belle vente avec moi! 🙂

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J’ai aussi découvert une nouvelle coupe de viande.  Que j’ai nommé «le derrière de yack».  Et oui, en regardant bien la photo, on voit bien la queue et la forme du derriere du dit animal!  Il parait que c’est très tendre!

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Et c’est compter les magnifiques temples!

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13 – Parmi les yacks

Quand je suis arrivée à Kanding, j’ai eu le coeur géant.  Dans cette ville à majorité tibétaine, j’entrais exactement à l’endroit où j’avais rêvé aller en Chine.

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Et quelle ville!  Entre temples et grands bâtiments, un grand torrent cindait la ville en deux!  J’avais beau ne pas avoir de chauffage à l’auberge, et être glacée toute la nuit entre les murs de ciment humides, j’étais heureuse d’être là.  Le lendemaine, ni une, ni deux, je remonte une montagne et me voilà au-dessus de tous dans les nuages touchant ce temple tibétain.

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Mais ce n’est que le début!  Demain, je m’en vais dans la steppe à Litang.  J’ai fait des pieds pour arriver à cette ville.  En essayant de comprendre la femme qui parlait exclusivement mandarin à la billetterie, on m’a dit que la route que je souhaitais emprunter pour aller à ce trésor tibétain c’était effondrée sous la crue des eaux.  Il me faudrait quatre jours de transport pour aller jusque là-bas en faisant le contour de la route détruite!

Cahotique, le chemin pour se rendre à Litang?  Les chauffeurs chinois aiment à faire penser à leurs passagers qu’ils vont mourir à chaque tournant! Et hop on glisse un petit peu.. oh le précipice est vraiment beau!  Aie, Aie, Aie!  Avec beaucoup de chance, je suis finalement arrivée dans ce lieu carrément mythique… la steppe!

Ici, aucun arbre à l’horizon, nul sentier où marcher.  Que des endroits à parcourir à l’infini, à pied où à cheval parmi les troupeaux de yacks.    C’est aussi à Litang que j’ai vu des populations de nomades vivre dans des tentes et faire des courses de chevaux ornés de rubans colorés.  Je me croyais dans un film honnêtement.

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Et des temples tibétains comme je n’en ait jamais vu.  Des beautés architecturales.  Litang, c’est aussi l’endroit où j’ai cru que j’allais enfin manger du fromage!  Avec les élevages présents, je croyais que le gens fabricais eux-même ce produit.  J’en rêvais, puisqu’en général les Chinois mangent très peu de produits laitiers.  Alors, je suis allée au village m’en acheter et c’est avec grand enthousiasme que j’ai pris une croquée géante… de beurre ranci!  Beurk!  Et oui, pas de fromage ici mais bien du beurre de graisse de yacks… Miam!

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Et un brin de modernité par ici et là.  Comme des moines à motos!

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Aller, toute cette route m’a creusé l’appétit!  Je vais au marché, justement il y a une tête de yack fraîche!

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10 – La mystérieuse côté ouest chinoise

Aujourd’hui, je quitte le Laos dans un petit avion local.  J’ai le coeur qui bat, car je retourne en Chine, un pays que j’avais quitté avec un soupir de soulagement.  Après avoir parcouru la côté Est du pays, j’étais épuisée des mégapoles enfumées et industrielles, moi qui est une grande fan de plein air.

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A la veille de mon retour dans ce pays, j’était gonflée à bloc, prête à mieux apprécier la Chine telle qu’elle est.  J’étais maintenant à l’aise avec les conversations de base en mandarin et avec l’idée de manger presque tous les jours les parties les plus variées d’un animal!

L’ouest de la Chine s’est révélé être le coup de coeur des coups de coeur!  J’aurais pu me croire dans un autre pays.  Littéralement.  Adieu les villes industrielles, bienvenue à l’air frais ; l’ouest est beaucoup moins développé et touristique que l’est.

A mon arrivée, j’ai eu le bonheur de retrouver les uniques marchés chinois où se chercher un repas reste toujours une aventure!  Bien sur, il avait des fruits à l’odeur vraiment étrange et des cocombres boutonneux, mais également de décieuses anguilles/serpents d’eau et de tendres pattes et visages de vaches.  Miam 🙂

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Je me suis retrouvé à Dali, une ville chinoise fan-ta-tis-que.  Située juste sous une grande montagne, il est possible d’y faire un trek d’une journée vraiment super!

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La vue du sommet est magnifique et il est possible de croiser toutes les éléments qui rendent les treks en Chine si uniques, comme des cimetières, des parois de pierres gravées de symboles.

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Dali avait également beaucoup plus à offrir!  En revenant de ma randonnée, j’ai vu les gens préparer d’énormes torches et d’autres vendre des sacs et des sacs de farine.  En quelques heures, les rues se sont remplies de brasiers.

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A plein la nuit tombée, les feux se sont allumés, la ville est devenue folie.  Les torches se sont emflammées à la vitesse de la lumière et la ville de Dali est devenu un foyer géant.  Les gens courraient dans les rues lancant de la farine sur les torches de tout et chacun!

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C’était franchement impressionnant.  Bref, un retour à Chine véritablement à la hauteur de mes attentes!

9 – Dans la mousson laotienne

Je suis arrivée au Laos en pleine mousson.  Et j’ai adoré.  Toute cette eau a rendu mon voyage magique et bien plus rempli d’aventures!

Je peux garantir que faire de la pirogue dans le Mekong durant la saison des pluies, c’est quelque chose!

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Dans ces petits bâteaux sculptés, au gré des puissants flots, découvrir le Laos et les 4000 îles a pris un autre sens!

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Naviguer les pieds serrrés contre sa poitrine entre les arbres presque engloutis par est une expérience unique!

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En plus,  les 4000 îles sont sans aucun doute un endroit à ne pas manquer au Laos!  En louant un vélo, il est possible de parcourir ces petites îles les deux pieds dans la bouette entre les petites maisons sur pilottis.  Le Laos est vraiment magnifique, vert et luxuriant.

La pluie a aussi mené mes pas à la grotte de Kong Lor, un trésor très bien gardé du Laos.  Au coeur d’une vallée, les montagnes environnantes sont simplement à couper le souffle.  Au coeur de la vie paysanne, il n’y a que les beuglements des vaches pour perturber le calme de cet endroit.  J’étais venue pour la grotte, mais franchement, ce paradis vaut la peine d’être découvert par tous!

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Ce paysage enchanteur cachait pourtant bien des aventures.  J’ai passé trois jours à attendre que l’eau à l’entrée de la grotte baisse.  Oui! Oui! Il a tellement plu qu’il était impossible d’aller dans la grotte en pirogue sans se heurter le coco à son entrée!

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Moi qui est vraiment clautrophobe, ce  n’était pas ma tasse de thé!  Penser que je pouvais être prise dans la grotte, car le niveau de l’eau avait trop monté m’effrayait vraiment.

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Après le troisième jour d’attente, j’ai finalement fait mon sac-à-dos pour repartir en ville.  J’allais partir quand un Laotien est venu à ma rencontre en courant, me disant que le niveau de l’eau avait juste assez baissé pour me laisser entrer dans la grotte!  C’est peu dire que j’ai vraiment hésiter avant d’accepter, mais l’aventure m’appelait!

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Et quand j’ai vu les pirogues remplies d’eau… j’ai continué à hésiter!  Aie, aie, aie!  Mais j’ai tenté le coup et j’étais repartie… Oui, le petit trou noir au fond de la photo, c’était bien l’entrée.

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Et cette grotte était magnifique!  J’était bien contente d’avoir vaincu ma peur.  La grotte était incroyable et débouchait… plus d’un kilomètre plus loin sur ce paysage.

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Franchement, je retournerais n’importe quand au Laos durant la saison des pluies.  Vive la mousson!

8 – Les mythiques temples d’Angkor

Bienvenue au Cambodge!

Directement arrivée à Phnom Penh, j’ai eu la chance de visiter de magnifiques temples  et bâtiments gouvernetaux à l’architecture si typique du coin.  Cette jolie et vivante capitale vaut la peine d’y faire un tour!  Entre les tuk-tuks et les cafés d’inspiration française dûs à la colonisation, j’ai été surprise de voir… un gros éléphant traverser la rue!  Wow, ces moments cocasses me font sentir à l’autre bout de la terre!

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Au pays des savoureux currys, j’ai pris le bus jusqu’à un endroit mythique du pays : les temples d’Angkor!  Franchement, même si le lieu devient de plus en plus touristique, le charme unique de cet endroit est vraiment envoutant.  En louant un tuk-tuk pour la journée, il est possible d’aller vister les temples les plus reculés et d’être seul au fond de la forêt.

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Marcher au milieu de cet endroit de prédilection des Kherms est complètement fascinant.  Les visages géants sculptés à même la roche ou ces femmes aux seins nus dansant sur les murs, je n’ai rien vu de pareil en Asie.  Ce sont des design uniques au Kmers.

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Ce qui rend l’expérience entre plus mythique, est clairement la nature qui reprend peu à peu sa place sur ces vestiges.  Des arbres géants mangent un peu partout les temples.  Il est même difficile de dire si les lianes brisent les temples ou si elles les retiennent de s’écouler.

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Dans tous les cas, visiter les temples d’Anghor relève de la grande aventure.  Grimper un peu partour dans ces différents lieux donne l’impression de parcourir un terrain de jeux géant pou adultes.  Les motifs gravés ou façonnés dans les murs sont tout à fascinants.

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Bref, les temples d’Angkor, à visite absolument au Cambodge!

 

7 – A l’épicerie vietnamienne

Je pourrais parler de la beauté des temples vietnamiens, de leur architecture typique, colorée, vivante, pleine de détails.  Je pourrais parler de cette façon de construire des bâtiments tellement différente de ce que je connais du Canada.

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Je pourais aussi parler des dragons fantastiques qui ornent toutes les entrées de ces endroits magiques.

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Ou encore de ces cloches géantes, bien plus grandes que moi 🙂

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Tant de choses m’impressionnent au Vietnam.

Mais ce qui m’impressionne vraiment… c’est le moment où je dois manger!  Au pays de la pho, cette soupe typique du coin, on raconte que plus les bancs où l’on mange ce repas sont petits, plus la soupe est bonne (et pas chère)!

Aller au marché, goûter de nouveaux plats, manger de la bouffe de rue, c’est ce que je préfère.  L’ambiance, les gens, les saveurs, manger ces bouts de viande étranges (lire : organes comme du cerveau ou de la langue), c’est vraiment l’aventure.

Mais le Vietnam, ne m’a pas seulement impressionné par ces marchés… mais aussi par ces épiceries!  Car oui, oui, on y trouve des morceaux bien intéressants!  Bien empaquetés dans de la pellicule transparente et du styromousse…

Une juteuse tête de poisson.

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Un bébé poulet noir.

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Une alléchante oreille de porc.

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Et de délicieuses queue de cochon.

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Aller, vite à l’auberge de jeunesse, j’ai hâte de cuisiner tout cela!

6 – La frousse dans la jungle vietnamienne

J’avais décidé de faire un trek sur l’île de Catba.  On m’a dit de prendre un guide, un tour organisé…  J’ai plutôt choisi de faire du pouce jusqu’à destination!

Alors je me suis retrouvé dans la luxurieuse (et très vivante) jungle vietnamienne avec le bruit complètement assourdissant des cigales géantes!

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Je ne saurais jamais si j’ai pris le bon chemin, mais j’avoue que parmi les milles-pattes géants, les lianes et les araignées  plus grandes que nature, j’aurai eu ma dose d’aventures durant ces 14 kilomètres.

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Dès que je suis entrée dans cette forêt sombre, j’ai commencé à entendre des bruits dans le feuillage.. qui n’étaient pas très rassurants.. Toute de suite, j’ai pensé à des serpents, en me demandant vraiment ce que je faisais là!

Il s’agissait plutôt de centaines de crabes rouge vif sortant de la terre à tout moment.  Je n’ai peur pas des crabes, mais comme ils étaient aussi gros que mes pieds.. j’étais quand même effrayée!

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Je suis même tombée dans un trou.. dans lequel j’ai pensé rester.  Sans les nombreuses lianes.. je n’aurais pas su quoi faire…  Surtout qu’il ne me restait ni nourriture, ni eau.

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Dans toute cette aventure, j’ai même eu droit à une magnifique grotte remplie de chauve-souris!

 

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C’était franchement incroyable!

Bref, je ne suis encore pas certaine d’avoir pris le bon chemin, du moins celui montré aux touristes!  J’ai plutôt eu l’impression de parcourir un vieux sentier oublié se refermant sur lui-même avec les années et où la nature (lire : les crabes, les cigales et multiples autres bibittes) a repris sa place!

Heureusement, au moment où j’étais exténuée, le sentier s’est ouvert sur un des paysages typique de l’Île de Catba.  Et simplement magnifique.

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Ça vallait un 14 km de frousse!