3 – Une leçon de voyage de base

J’ai vraiment envie de pipi.  Durant le trajet d’autobus que je prendrais de Delhi à Bir, le petit village de Himachal Pradesh où je vivrai dans les prochains mois, le chauffeur d’autobus ne s’est arrêté qu’une fois.  En 14 heures de route.

Difficile de communiquer au chauffeur d’autobus qui ne parle que l’Hindi, qu’il faut qu’il s’arrête absolument maintenant, car je n’en peux plus, moi, qui avait envie après deux heures. L’autobus est bondé, de toute manière impossible de me rendre à lui.

Plusieurs heures plus tard, nous nous arrêtons enfin.  Devant un champ vague.  Ouf.  Les filles de mon groupe capotent.  Moi, aussi d’ailleurs.  Je ne comprends pas ce que je suis supposée faire à part restée plantée là.  Je ne comprends pas cette logique, de me demander d’aller à la salle de bain là où il n’y a pas une herbe plus haute que ma cheville.

J’imagine que c’était plus fort que nous, car en l’espace de quelques secondes, je revois dans ma tête cette image indélébile et absolument cocasse où nous, la dizaine de filles du Québec, nous faisons pipi en rond, dos-à-dos chacune des autres, crampées de rire devant les regards tout-à-fait incrédules des passagers Indiens de l’autobus.

Première péripétie saugrenue du voyage!

Revenue dans l’autobus, je retiens tout de suite la première leçon de ce périple :

  • Andy, les transports de voyage ne sont pas toujours confortables, et surtout vessie-friendly ; svp évite de boire un deuxième café avant de prendre l’autobus!  Hi, hi, hi.  Impossible de ne pas dire qu’à partir de ce moment, je n’ai plus jamais oublié cet élément, que j’ai été en Inde, au Népal, au Nicaragua ou en Papoisie, les chauffeurs font leurs chemins et toi, tu suis. 🙂

Et vous, est-ce que vous avez déjà vécu une situation comme celle-ci?

 

 

11 – Dans la Gorge du Tigre

S’il y a bien un trek à faire en Chine, c’est celui-ci.  Perché entre ciel et terre, faire le trek de la Gorge du Saut du Tigre, c’est passer quelques jours dans les nuages.

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Parsemée de petits villages, cette randonnée est incroyablement belle.  Une fois la première montée faite, le chemin ne pourrait pas être plus plat et facile. On a donc tout le plaisir d’observer ce paysage à couper le souffle.

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Attention, il faut bien choisir le moment de son départ, car ce trek est somme toute un des plus touristiques du pays.  J’ai moi-même passé une journée coincée entre les marcheurs Koréens d’un groupe organisé!  Bref, ce trek époustouflant est accessible à tous les types de randonneurs, même les plus novices, car des porteurs et des ânes sont disponibles en tout temps pour porter du matériel.  Et pour ceux qui n’aiment pas marcher, la Chine a même construit un route pavée suivant la rivière et permettant d’avoir une vue d’en bas de la fameuse Gorge.

Toutefois, tous ces éléments ne devraient pas empêcher tous ceux rêvant de dépaysement culturel de tenter l’expérience.  C’est tout à fait mon cas, et j’ai été vraiment impressionnée par cette randonnée.  En effet, traverser les villages par lesquels passe le chemin est vraiment intéressant!  Le logement peut être rudimentaire, mais encore une fois cela fait partie de l’expérience!  J’ai eu cet intéressant moment dans des toilettes «communes», c’est-à-dire sans cloisons.  En fait, il s’agissait d’une grande pièce fermée où il n’y avait qu’un grand fossé au milieu et où l’on devait mettre ses jambes de chaque côté.  J’avais vraiment une vue imprenable sur les montages à ce moment-là, mais le rire de femmes chinoises à ma vue dans une position gênante…  m’a quand même empêché d’en profiter! 😉

Ce trek reste donc une expérience tout à fait enrichissante au plan du dépaysement!

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D’ailleurs, j’ai pu y trouver ce type de poivre, tout à fait surprenant :

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Présent dans plusieurs recettes chinoises, il ne rend pas la recette plus piquante… il engourdit littéralement la bouche!  Franchement, la première fois, c’est assez paniquant!  Je pensais faire une réaction allergique!

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Bref, à ne pas manquer!

Et vous, quels treks à couper le souffle avez-vous fait?

 

 

 

6 – La frousse dans la jungle vietnamienne

J’avais décidé de faire un trek sur l’île de Catba.  On m’avait dit de prendre un guide, un tour organisé…  J’ai plutôt choisi de faire du pouce jusqu’à destination!  Quelques kilomètres de marche plus tard, je rencontre un autobus local et hop, je me suis retrouvé dans la luxurieuse (et très vivante) jungle vietnamienne, avec le bruit complètement assourdissant des cigales géantes! zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

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Je ne saurais jamais si j’ai pris le bon chemin, car j’avoue que parmi les milles-pattes géants, les lianes et les araignées plus grandes que nature, j’aurai eu ma dose d’aventures durant ces 14 kilomètres.  L’intensité du sentier était tellement incroyable que je doute que les tours organisés y mettent les pieds.  J’avais beaucoup plus l’impression d’avoir pris un vieux chemin local. 😉

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Dès que je suis entrée dans cette forêt sombre, j’ai commencé à entendre des bruits dans le feuillage qui n’étaient pas très rassurants.. Toute de suite, j’ai pensé à des serpents, en me demandant vraiment ce que je faisais là!  Ce n’était pas très rassurant de penser que dans les herbes cachant mes pieds des crocs venimeux allaient peut-être me rendre visite!  Toutefois, à ma grande surprise, il s’agissait plutôt de centaines de crabes rouge vif sortant de la terre à tout moment.  Normalement, je n’ai pas du tout peur pas des crabes, mais comme ils étaient aussi gros que mes pieds et qu’ils prenaient ces derniers comme d’autre obstacles à franchir sur leur chemin.. j’étais quand même effrayée de servir de tapis vivant!

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Je suis même tombée dans un trou.. dans lequel j’ai pensé rester.  A partir des parois boueuses, j’ai essayé de grimer sans relâche vers la sortie, mais rien n’y faisait.  Je sentais la panique monter en moi, prise au piège dans ce trou.  Je suais à grosse goutte tentant de m’agripper n’importe où sans logique précise.   J’avais l’impression d’avoir perdu la boule.

Épuisée, j’ai quand même réussi à m’en sortir.  Par contre, sans les nombreuses lianes.. je n’aurais pas su quoi faire…  Surtout qu’il ne me restait ni nourriture, ni eau.

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Dans toute cette aventure, j’ai même eu droit à une magnifique grotte remplie de chauve-souris!

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C’était franchement incroyable!

Bref, je ne suis encore pas certaine d’avoir pris le bon chemin, du moins celui montré aux touristes!  J’ai plutôt eu l’impression de parcourir un vieux sentier oublié se refermant sur lui-même avec les années.  Un sentier où la nature (lire : les crabes, les cigales et multiples autres bibittes) a repris sa place!

Heureusement, au moment où j’étais exténuée, le sentier s’est soudainement ouvert sur un des paysages typiques de l’Île de Catba.  Et j’ai pu reprendre mon souffle en pensant que c’était simplement magnifique.

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Ça valait un 14 km de frousse!

Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience de trek qui vous a donné la frousse autant que moi?

Découvrir mon chez moi

Il n’y a rien d’aussi beau que le Québec.  Pour mille raisons je suis fière de venir d’ici.  Ma nature, mon ouverture, ma culture.   J’ai beau avoir visité presque tous les continents, pas une seconde je n’ai douté : je retournerai toujours vivre dans ma province.


Je suis curieuse, oui.  Je ne cesserai jamais de voyager, j’imagine.  J’ai trop besoin de comprendre et découvrir ce dont l’on me parle dans les journaux ou sur internet avec mes propres yeux, à travers mes propres pas.


Après mon dernier voyage, j’ai toutefois compris une chose ; je ne connais pas encore assez mon Québec.  C’est pourquoi à l’automne, je suis partie à Waskaganish, découvrir la Baie James.  Et puis, j’ai regardé plus haut encore…  Je passerai le reste de l’hiver à Salluit au Nunavik, question découvrir une autre facette de notre belle province! 

À une nouvelle aventure!

PS : Aujourd’hui, mon vol n’a pas pu décoller d’Aupaluk en raison d’un blizzard avec des raffales a plus de 100 km/h.  Il faisait environ – 34 degres.   Je vous laisse avec l’evolution de la vison de la maison de l’autre côté de ma rue 🙂

Rooster Comb et Lower Wolfjaw

J’adore faire de la randonnée!  J’en ai fait beaucoup au Québec, mais je dois avouer que les monts Adirondacks, à la frontière des États-Unis, offrent un mélange d’intensité et de dépaysement très intéressant à seulement deux heures de Montréal.

 Je suis donc partie vendredi soir pour le très joli village de Keen, afin d’être en mesure de commencer tôt la randonnée du lendemain, un bon 16 km.  J’ai eu la chance de dormir au Brookside Motor Inn, une auberge idéale pour son rapport qualité-prix.  En plus, chaque chambre a sa cuisinette, ce qui permet de préparer ses repas soi-même.

Je ne prends jamais une randonnée dans les Adirondacks à la légère.  Les montées sont intenses et souvent à flan de falaises.  Une bonne préparation n’est jamais à négliger, surtout l’hiver où certaines parties des sentiers sont recouvertes de glace.  En effet, faire de la randonnée durant cette saison nécessite d’être bien équipé : raquettes, crampons, bâtons de marche, plusieurs couches de vêtements respirants et pouvant être enlevés et remis facilement, et nourriture en qualité suffisante sont nécessaires.   La température varie de manière importante de la base de la montagne jusqu’à son sommet, il faut donc prévoir plusieurs types de température.

 Toutefois, le jeu en vaut la chandelle.  La beauté des sentiers enneigés, le sentier d’être au coeur des nuages et la vue des gigantesques arbres remplis de neige rendent cette randonnée magique.
  
  

Bref, Rooster Comb et Lower Wolfjaw sont à découvrir!

30 – Le monde sous l’eau

Oh, c’est à l’Ile de la Mafia que j’ai eu ma première expérience d’apnée!  Wow, et quelle excusion!

Franchement, la faune et la flore aquatique est incroyable ici!  Nager dans tant de couleurs, de coraux et de poissons, c’est absolument fascinant.

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Des coraux fascinants et des poissons de toutes les couleurs!

Bref, une journée fantastique!  Pourtant, je crois que ce que j’ai préféré, c’est aller visiter une toute petite île avec des maisons en terre battue et des toits en paille, entourées de grands baobabs.  Au milieu de ce petit village tranquille, je ne m’attendais pas du tout à entendre crier des hommes écoutant le soccer sur une télévision plasma! Une passion mondiale, jusqu’au bout de la terre, et surtout jusque sur une petite île dans l’océan indien !

Et vous, où avez-vous réalisé votre plus belle expérience de snorkeling?

 

 

Deshydrater legumes et fruits en cinq etapes faciles!

Je poursuis ma serie sur la deshydratation.  Aujourd’hui, c’est le tour des legumes et des fruits!  C’est tres facile et surtout tres nutritif en trek 🙂

1 – Couper le legume en fines lanieres. 


2 – Disposer les tranches sur du papier parchemin.  

  
3 – Mettre le four a 150 degres.

 
4 – Laisser un espace pour passer la vapeur et attendre le resultat dans 7 a 8 heures.

  
5 – Et voila!

   

A repeter encore et encore pour une variete de nutriments lors des randonnees de longues durees!

   
    
  

Déshydration 101 : Comment déshydrater du poulet

Pour les randonnées de longue durée ou en autonomie totale, la deshydratation est un essentiel. 🙂 J’ai commencé à utiliser cette technique lorsque j’ai traversé les Monts Groulx ; une randonnée de cinq jours sans point de ravitaillement.

Avec la tente, le sac de couchage, le matelas de sol, les vêtements chauds et tout le tralala, je n’avais plus beaucoup de place pour l’essentiel… La nourriture! :). La déshydratation permet donc d’emmener avec soi des élements très nutritifs, sans le poids y étant associé.  Voici donc la technique pour le poulet, une collation facile à préparer et remplie de protéines!

1 – S’assurer que les ustentiles utilisés sont bien lavés, pour éviter tous types de contamination.

  

2 -Couper le poulet en très fines lanières.

  

3 – S’assurer que les plaques du four sont bien espacées.

  

4 – Étendre du papier pachemin sur chacune des plaques à biscuits utilisées.  Le papier aluminum ou le papier ciré ne fonctionnent pas.

  

5 –   Disposer les lanières de poulet sur les plaques sans que celles-ci ne se touchent.

  
  
6 – Fermer le four et laisser un espace pour laisser passer la vapeur d’eau durant la déshydratation.

    

7 – Laisser le four déshydrater durant 7 à 8 heures à une temperature de 150 degrés ou jusqu’à le poulet ait une texture croustillante et sèche.

  
 

8.  Conserver le poulet dans un endroit sec pour une conservation de 4 mois ou au congélateur pour une conservatiom de 8 à 12 mois.

  
Voilà! 🙂 Tout est prêt pour votre prochaine randonnée!

8 – Les singes géants

Au premier campement, nous sommes les seuls.  Les tours organisés se rendent directement au sommet.  Je commence à monter ma tente, puis à faire le souper ; des pâtes mélangées et du lait concentré.  Quelques minutes plus tard, plusieurs petites filles se rassemblent autour de moi pour m’observer.  Qu’est-ce que je mange?  Elles n’ont probablement jamais mangé de pâtes, puisqu’elles ne sont jamais allé à Addis-Abeba.  Pour elles qui portent de grandes robes avec de grands foulards, mes vêtements les intriguent beaucoup!  Elles chuchotent entre elles et me demande combien coûte mes souliers de randonnée.  Je ne réponds pas toute suite, il faut que je réfléchisse à ce que je vais leur répondre.  Je ne veux pas leur donner l’impression que je suis millionnaire.  100$, c’est une gigantesque fortune, ici.

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-Aller dis-nous le!  Tes souliers doivent valoir tellement chers, ils t’on coûte…   2$, c’est ça!? Tu es riche! Nous, nous avons des souliers et ils lui ont coûté 0,20$! Toi, tu es riche!

Cette affirmation me laisse sans mot.  Moi qui pensait dire 25$!  Je vois bien qu’elles sont très pauvres, seulement deux d’entre elles ont des souliers et ils coûtent 0,20$ en plus.  Directement arrivées de Chine, presque tous les Éthiopiens que j’ai rencontré portent le même modèle de chaussures de type sandales en caoutchouc.  La réalité de ces filles me frappent…  alors qu’elles rient ensemble de la couleur de mes cheveux en tirant sur des mèches qui dépassent de mon capuchon.


Nous sommes enfin au sommet!

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Le chemin est incroyable, d’immenses crevasses m’entourent!  Mais il n’y a pas que cela autour de moi!  Il y a également des hordes de singes!  Les mâles sont intenses!  Ils ouvrent leurs gueules découvrant d’impressionnantes canines!  Ah, là je comprend la nécessité du A-K47!  Lorsque je me réveille le lendemain matin, la tente en est entouré de ces singes géants!  Bon matin, Andy!  J’en crois pas mes yeux, mettons que c’est différent de Montréal!

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Je croise plusieurs tours organisés venus en voiture, moi je suis venue seule.   Au campement, j’entends un homme crier sur son guide.  J’aurai voulu lui dire tout ça :

-As-tu parlé seulement une fois aux gens que tu as photographié?

-As-tu une idée de la vie quotidienne des populations vivant dans les paysages que tu as entrevus à travers les vitres de ton jeep?

-Sais-tu combien d’enfants a le guide que tu es en train d’engueuler?

-Payer un prix faramineux te donne-t-il le droit de manquer de respect aux gens qui portent tes baggages?

-Tes photos de baboins font-elles plus sensation que les photos des personnes que tu as prises en photo?

Voyager en tour organisé est certainement une façon intéressante et sécuritaire de parcourir le monde.  Pourtant, certains touristes pensent avoir le droit de tout faire sous le prétexte qu’il ont payé un prix important pour leur séjour.

Il y a une grande différence entre consommer une culture et la vivre, merde!

Quand je pense que les Éthiopiens prennent le genre de transport sur la photo pour redescendre des Simiens Mountains, je pense que je suis très chanceuse et je prends conscience de mes privilèges de touriste…  Assise dans un 4×4 pour redescendre la montagne, je rumine ma colère à propos l’homme qui n’avait pas su apprécier les siens.

Et vous, avez-vous déjà observé ce genre d’attitude de la part de d’autres touristes?

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6 – Fanta, le fantastique et son AK-47

A 7h00, je prends le mini-bus.  Entrez!  Entrez, tout le monde!  Le bus est sans fond! Venez enfants, chèvres et poulets, dans les bus éthiopiens, il y aura toujours de la place pour vous!  Si je m’assoie sur une fesse, que je me tasse au fonds et que je mets deux bébés sur mes genoux, il y a encore de la place!

Je regarde par la fenêtre de l’autobus, et je vois très peu de gens porter des souliers…  D’ailleurs nombreux sont ceux qui portent plusieurs épaisseurs de vêtements, parce que chacune des couches de tissus a des trous à des endroits différents (la superposition des couches donne l’impression d’un tissus complet).  Malheureusement, je commence à comprendre que l’Éthiopie sera un des pays les plus pauvres que je parcourrai durant ce voyage en Afrique de l’Est.

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Après quelques heures de ce confortable transport…  j’arrive au poste de contrôle!

–Quoi, vous ne partez pas en groupe organisé? me dit le contrôleur.

-Non, monsieur, c’est moi et mon sac-à-dos.

–Quoi?  Vous prenez pas de mule, alors?

-Non, monsieur, je suis forte, c’est moi la mule! Et tout le monde rit.

J’apprends bien vite qu’à travers les Siemens Mountains, avoir un «scout» est nécessaire.  Avec moi, j’aurai donc Fanta.  Fanta est un Éthiopien très menu au large sourire.  Il transporte d’ailleurs bien peu : une couverture, des petits pains, et bien sûr… un AK-47.  Son rôle : protéger ma tente des babouins durant la nuit et me guider durant le jour.  Fanta parle Amharique, une des nombreuses langues locales, et bien sûr, je ne connais que merci et bonjour dans cette langue.  Nous communiquons donc pas gestes, sourire et de drôles de grimaces. 😉 Fanta est littéralement fantastique, il rit quand je suis essoufflée, il m’aide à monter ma tente quand je n’ai plus de force, et il va chercher de l’eau dans la crique quand je prépare le repas.  Le voici :

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Alors, pour commencer le trek, Fanta m’amène au marché.  De petits bâtons de bois servent d’étalage.  Rapidement des enfants et des adultes m’entourent.

  • Madam! Madam!  Tu veux des biscuits? Des souliers? Du lait? Tu me veux, moi?

–Merci, merci!  Je ne suis à la recherche de personne!

Et hop, dans tout ce brouhaha, je viens de me faire avoir sur le prix du kérosène dans le brûleur qui m’aidera à préparer la nourriture.  Mes sens sont saturés par tout ce qui m’entourent.  Au marché, tout le monde veut me parler, m’aborder.  Il y a plus d’actions, de bruits, de paroles que je ne peux en comprendre.

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Puis, rapidement, je monte dans la montagne, Fanta m’amène loin de la foule.  Ouf! Je respire, j’avance avec le sourire!  Ah, les voyages!  L’air est tellement sec et le soleil tellement fort!  Vive ma crème solaire 45!  Je quitte le village et j’entends.. des voix qui m’accompagnent…  et qui m’accompagneront tout le long de la randonnée!

  •  Hello!  Hello!  Welcome!

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Des enfants sortent de partout et nous suivent!  Vallons après vallons, ils apparaissent et me crient de venir les voir.  Les échos de leur voix traversent les mètres… et les montagnes qui nous séparent.

  • Where do you come from?

Ils rient de moi avec mon gros sacs-à-dos.  Nous n’avons pas la même vie. Leurs petites jambes se dépêchent d’aller chercher les chèvres égarées de leur troupeau.  Ils ont bien moins de 15 ans et parcourent déjà seuls les montagnes à la recherche de pâturage pour leurs bêtes.  En chemin, nous en voyons d’autres qui dirigent les chevaux qui pilent le blé pour en faire sortir le grain.  Tout au long de ce trek, je croise des enfants seuls, au milieu des montagnes, surveillant des troupeaux formés par des dizaines d’animaux.  Je les trouvent tellement forts et braves.

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Peu à peu le paysage change, des rochers immenses percent le ciel au creux desquels s’accrochent des palmiers.  Cette vision surréaliste me fait oublier la poussière volatile qui colle à ma peau et donne un goût de terre à cette randonnée.  La montagne est haute, je sue à grosses gouttes.  Quand je regarde autour de moi, je me demande encore s’il s’agit de rêve.  Et non, je suis bel et bien en Éthiopie et c’est fantastique!  Je n’ai jamais rien vu de tel, le paysage est à couper le souffle!

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Les Simiens Mountains en Éthiopie ont été le plus trek de ma vie.  Et vous, quel a été le plus beau trek de votre vie?

4 – Le plus grand marché d’Afrique

Bon, c’est parti je me lance.  Dans mon guide de voyage, on dit que c’est le seul endroit qu’il peut être un peu dangereux à Addis ; le grand marché.  Je prends mon souffle et j’y vais.

J’arrête de respirer.  Mes yeux s’agrandissent.   Est-ce que c’est moi qui a peur, ou c’est le guide de voyage qui m’a fait peur, bon je ne sais plus.  Mes sens deviennent plus alertes.  Tout à coup, j’ai l’impression que je ne peux plus faire confiance à personne.  Il n’y a que moi et ce gigantesque marché.  Je n’ai aucune idée si ma peur est justifiée ou non.  Tout ce que je sais, c’est qu’ici, je ne reconnais rien et qu’aux yeux de tous, je suis différente ; blanche.  J’ai l’impression que tous les regards sont fixés sur moi et se demande de quoi je suis faite.

Pour me donner confiance, j’avance.  J’avance à grands pas décidés sans me retourner.  On me croira forte, alors que je tremble de l’intérieur.  Dans ce labyrinthe de ruelles et de tôle, je n’ai aucun repère, je suis perdue.

Autour de moi, je vois des quantités de légumes, de ferraille, de plastique, de vêtements et d’épices.  C’est tellement beau, c’est tellement vivant, c’est tellement grisant de découvrir une place comme celle-là.  C’est magnifique ce brouhaha de bruits et d’objets, de tôle et de couvertures tendues sur le sol.

Plusieurs ont l’air pauvres et démunis, on ne me regarde pas de la même manière qu’ailleurs à Addis-Abbeba.  Je l’avoue, je ne me sens pas tout à fait en sécurité.  Je n’ai toujours pas repris mon souffle, de peur d’être moins alerte.

Soudain, un grand homme brise mon isolement intérieur.  Il se présente et je ne sais pour quelle raison, je lui fais confiance.  Nous parlons un peu, je n’ai plus peur.  Nous replongeons ensemble au cœur de ce gigantesque marché entre les stands de tôle rouillée.  L’homme m’amène dans les plus petits racoins, là où je ne serai jamais allée seule.  Il me parle du fonctionnement du marché et de l’Éthiopie en général.  Il me fait découvrir sa culture.  Il finit par me faire apprécier l’immense richesse de ce quartier, me redonne du cran et surtout, le goût de l’aventure.  Je respire enfin au milieu de cette tôle.

La richesse de l’Éthiopie se trouve dans l’hospitalité de ses habitants toujours prêts à vous aider lorsque vous êtes dépourvus.

Et vous, avez-vous déjà eu peur en voyageant dans un endroit que vous ne connaissiez pas?


Avec le recul, je trouve ça un peu fou que j’ai eu peur de cet endroit. Honnêtement, il n’y avait rien à craindre, l’Éthiopie est vraiment un pays sécuritaire, surtout qu’il y a toujours quelqu’un de local pour aider s’il y a un pépin.