9 sports d’hiver que tu peux pratiquer à seulement 5 minutes de chez-toi au Nunavik

En collaboration avec Filles du Nord (www.fillesdunord.ca), voici un des aspects qui me plait le plus de la vie au Nord :  l’accessibilité à la nature et aux sports d’hiver à moins de 5 minutes de chez moi!

Je suis une grande fan de la nature, et ici je suis servie!

Pour en savoir plus, je t’invite à visiter leur page, c’est par ici!

9 sports d’hiver que tu peux pratiquer à seulement (!!!!) 5 minutes de chez toi au Nunavik

15 – Quand ça pince en dedans – chronique d’un choc de retour surprise

Dharamsala, Himachal Pradesh, Inde, sur le toit en béton d’un vieil immeuble

J’ai peine à croire que je reviens.  Que ce grand voyage qu’a été l’Inde est maintenant terminé.  Aujourd’hui, j’ai le cœur lourds, parce que je sais que je quitte un univers au grand complet pour longtemps, si ce n’est pas pour toujours.  Quand est-ce que je vais revenir en Inde?  J’en ai aucune idée.  Mon coeur se serre de nostalgie.  J’ai beau avoir été énervée par la certains aspects de la vie de ce pays durant mon choc culturel, je me rends compte qu’il y avait tellement de choses ici que j’ai également appris à aimer et à chérir.

Au Québec, je retrouverai si peu de ces petites joies : impossible l’après-midi d’aller m’acheter un kaki à 2 roupies; ils coûtent 4 $ chacun au supermarché, impossible aussi de faire une pause de deux heures sur l’heure du midi à me faire griller au soleil; le rythme occidental ne permet pas cette fantaisie.

9 – Attention! Choc culturel en cours!

Ce que je trouve le plus bizarre, c’est qu’il y a des soirs où j’ai tellement rêvé de revenir.  Fatiguée d’être à 100% dans un bain culturel autre que le mien, j’ai rêvé de poutine et de parler en français à tout le monde dans la rue.  Toutefois, aujourd’hui, je me sens tellement triste, je réalise que c’est la fin.  Je ne peux que penser à tout ce qui va me manquer et à tout ce que l’Inde m’a appris.  Assise sur le haut du bloc appartement où j’habite, je contemple l’Himalaya et je pense.

  • J’ai appris à prendre ma douche avec un seau d’eau, aka tellement mois d’eau que ce que j’utilisais dans ma belle province.

5 – A la douche!

  • J’ai appris que je pouvais survivre avec 3 chandails, 2 paires de pantalons, 4 bobettes et un chandail chaud et ne jamais ressentir le manque de vêtements.
  • J’ai appris que je pouvais laver mon linge à la main et que ça pouvait être relaxant.

  • J’ai appris que je n’avais pas à manger de la viande tous les jours pour me sentir remplie et en santé.

Bref, j’ai appris que je pouvais vivre avec presque rien et toujours m’arranger.  Que les ressources dont je dispose pour vivre une vie «normale» au Québec son IMMENSES!  L’Inde m’aura appris à être plus vraie, moins matérialiste, plus simple, plus consciente de ce que je possède.

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Montréal, Québec, Canada (prise entre 10 paniers poussés par des clients pressés un samedi matin dans un grand supermarché)

OH BOY! La PREMIÈRE CHOSE que m’a mère m’a amené faire quand je suis revenue de l’Inde, c’est la commande.

AYOYE!  Je me revoie zen sur mon vieil immeuble en Inde.  Le choc est intense.  Tout me frappe comme si je ne connaissais pas cette réalité, mais c’est faux.  Je suis venue des dizaines et des dizaines de fois dans cette grande surface avant d’aller en Inde, j’ai été élevée dans cet environnement depuis que je suis petite.  Par contre, là, c’est pas pareil.  Je me dis : «Ça me fait peur, des rangées larges pour 3 paniers géants, avec des dizaines de femmes et d’hommes pressés de remplir leurs grandes cabane en banlieue d’objets qu’ils n’ont pas besoin, de bouffe en quantité industrielle…. Ouf!»

Bang, c’était le choc de retour.

A mon retour de l’Inde, j’ai passé 3 mois à laver à la main mon linge devant le regard tout-à-fait consterné de ma mère.  C’était une situation intense.  A la vue de mon grand seau d’eau dans ma chambre à coucher, elle me disait que j’avais changé depuis mon retour.  Je répondais «Ben oui!» avec un certain dégoût.  Je ne pouvais pas croire dans quel environnement de surconsommation je vivais, je maudissais une grande partie de ma culture, j’étais devenue allergique au gaspillage alimentaire, j’avais honte de la grandeur de mon garde-robe, je hurlais devant la richesse de mon mode de vie.  Im-po-ssi-ble pour moi de retourner dans toute grande surfaces remplies d’objets à bas prix.  J’écoutais en boucle de la musique tibétaine ou indienne et surtout j’évitais d’acheter tout élément Made in China pour soutenir la cause des Tibétains en exil, chasséa de leur Tibet natal par les Chinois.  Bref, ça allait pas bien.

Ça a duré 3 mois.  Trois mois de rejet intense, de hargne, de colère, d’incompréhension.  Trois mois où j’ai été absolument incapable de mélanger les deux univers, de faire la faire la part des choses, de comprendre que tout n’est pas parfait partout et que l’Occident n’est pas seulement un univers diabolique de consommation.  On m’avait bien parlé du choc culturel durant ma formation avant mon départ pour ce stage d’initiation à la coopération internationale, mais le choc du retour, ouf… j’ai dû me former moi-même, et à la dure.

Mon choc de retour a duré 3 mois et mon voyage en Inde a duré 3 mois.  C’est pour vous dire combien j’avais de la misère à m’expliquer qu’il peut exister sur la même planète des mondes si différents avec des enjeux et des modes de vie tout aussi opposés.  3 mois pour comprendre également comment ces enjeux sont inter reliés, comment ces mondes peuvent apparaître complètement déconnectés l’un de l’autre, et surtout comment on peut aisément se construire des belles vies sans réaliser qu’elles ont un impact à l’autre bout de la terre, mais également localement.  Aussi, réaliser que les êtres humains ne sont pas égaux, car ils n’ont pas accès aux mêmes opportunités.  Surtout, réaliser aussi que la solution n’est ni le rejet total ou ni la glorification d’un milieu, mais bien la mise en place de petits gestes quotidiens appelés à avoir un impact à long terme sur des dynamiques globales, tels qu’une prise de conscience de nos modes de consommation, l’achat local ou encore équitable par exemple… Depuis, j’ai recommencé à aller dans les grandes surfaces 😉

Bref, le voyage, ça peut faire mal, surtout durant le choc de retour. Par contre, c’est dans ces moyens les plus difficiles, où l’on se sent le plus perdus, qu’on apprend les plus grandes leçons de vie.

Et vous, avez-vous déjà vécu un choc de retour?

 

Lonely Planet India (Travel Guide)