39 – Moi et l’Autre

J’entends crier derrière moi.

-Qu’est-ce que tu fais là ?!

-J’attends le taxi…

-C’est fou ce que tu fais ! Dépêche-toi, tu peux pas rester dehors à cette heure-là !

Je suis un peu ébranlée, une voiture contenant 5 jeunes de mon âge vient de m’apostropher sur le bord de la rue pour me dire que je suis en danger.  Je leur réponds que je viens de héler un taxi, il s’en viendra dans quelques minutes.  Je me trouve au coin de deux rues passantes à Cape Town en Afrique du Sud.  Je respire, je me dis qu’ils exagèrent et j’attends.

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J’entends un bruit de voiture en marche arrière.

-Qu’est-ce que tu fais là ! T’es folle ou quoi ? Tu peux pas rester là ! Embarque !

Alors, je trouve cette situation intense.  La voiture est revenue en marche arrière me chercher.  Pour les 5 jeunes dans l’auto, il n’est pas question de me laisser au coin de la rue seule avec mon sac-à-dos…  J’embarque alors dans le véhicule déjà rempli, mon sac sur ma poitrine.  Ça sent le pot à plein nez.  Je me demande si j’ai fait une bonne affaire.  Ils me laissent 3 coins de rue plus loin directement à mon hôtel en me faisant promettre de ne plus JAMAIS me promener seule le soir dans le quartier.

-Sais-tu comment tu es une cible facile ?  Tu es blanche !

J’écarquille les yeux et je me dis tout bas : «Oh boy, boy.  Bienvenue à Cape Town, Andy»  Déjà que mon chauffeur de gros camion était venu me mener directement au Centre-Ville et m’avait fait promettre de prendre un taxi jusqu’à mon hôtel …   à trois coins de rue.

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Que dire ?  Comment trouver les bons mots pour décrire ce que j’ai vu en Afrique du Sud ?  Comment ne pas généraliser en dépeignant une situation pire que ce qu’il en est vraiment, comment ne pas tomber dans le jugement et les stéréotypes…   J’ai pris milles ans à écrire ce texte.

Cette journée-là, je me suis dit une chose, je suis bien dans le pays où a eu lieu l’Apartheid.    Et cette journée-là, j’ai eu mal à mon humanité.

Comprenez-moi bien.  Je viens de Montréal.  J’ai grandi dans la richesse infinie du partage interculturel et j’ai voyagé toute ma vie avec pour seul objectif de découvrir l’Autre avec un grand A.  J’ai compris depuis bien longtemps que mes valeurs et mes idées sont belles et importantes, mais qu’il existe également d’autres manière de percevoir le monde et de le vivre, et que ces dernières sont aussi valides, et peuvent tout autant m’enrichir que celles que j’ai appris dans mon enfance.

Bref, je n’ai pas peur.  Je n’ai jamais eu peur de l’Autre.

Mais à Cape Town, pour la première fois de ma vie, j’ai eu peur en marchant dans les rues.  Un petit sentiment d’insécurité constant, subtile, mais toujours là.  Un vent insidieux de tension sociale.  Et mon cœur s’est rempli d’une infinie tristesse.

A la télé, j’ai littéralement entendu des partis politiques prôner le meurtre des blancs pour récupérer les terres.  Dans la rue, j’ai vu des magasins garder les grilles de leurs magasins fermées pour éviter que des noirs y entre, alors que moi, je le pouvais.

 

De toute ma vie, je n’ai jamais voulu utiliser les mots «noirs» ou «blancs» dans mes textes.  Je trouve que cela n’a absolument pas sa place, compte tenu du fait que notre origine ne devrait en rien déterminer notre parcours de vie, puisque nous sommes tous égaux.

Toutefois, quand je parle de Cape Town, je n’ai pas le choix, parce que mon expérience de cette ville a été intimement lié à cette réalité qu’il existe toujours et malgré tout cette division (même si elle tend à s’effacer).

C’est bien subtile tout cela.  On peut même passer à côté si l’on n’y prête pas attention.  Mais, c’est encore malheureusement bien présent.

Et, c’est ça au final, qui me fait peur, cette haine de l’autre. Pas l’Autre en soi.

Après mon séjour à Cape Town, j’ai réalisé que je prenais absolument pour acquis la sécurité sociale que j’ai toujours connu au Québec : l’idée que je n’ai pas peur de marcher dans la rue.  J’avais déjà appris en voyage à apprécier l’électricité et l’eau courante que j’avais chez nous par exemple, mais la sécurité sociale, non, pour moi c’était acquis.  Eh bien, ce soir-là, j’ai compris que ce n’était pas acquis, et que ce sentiment de sécurité-là y fallait que je l’apprécie.

Et vous, avez-vous déjà senti la même peur dans un pays où vous avez voyagé?

 

 

37 – Faire du pouce vers le désert de Namibie

Oh quand je suis arrivée en Namibie, j’ai fait le saut!  Moi, qui était habituée d’utiliser les autobus locaux pour me déplacer de ville en ville, j’ai découvert qu’en Namibie, il y avait très peu de ce genre de transport.. encore moins qu’en Zambie!

Je l’avoue, je n’avais jamais fait du pouce avant dans ma vie.  Et par la force des choses, j’ai dû m’y mettre de pied ferme pour me rendre jusqu’en Afrique du Sud!  Alors, je me suis placée sur le bord de l’autoroute avec mon sac-à-dos, et le cœur battant, j’ai attendu au gros soleil!

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Heureusement, j’ai eu de très bonnes expériences et surtout une très bonne étoile.  Eh oui, en m’achetant un sandwich entre deux déplacements, j’ai rencontré le chauffeur qui emmenait les employés de Sossusvlei, le parc du désert de Namibie, le lieu où je me dirigeais justement! Ni une, ni deux, j’ai sauté dans leur véhicule, un jeep de safari sans fenêtre.  Wow, à 120 km/h sur les routes poussiéreuses du pays, je ne manquais pas d’air, c’est certain!

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Franchement, la route était magnifique!  Des montagnes gigantesques m’entouraient et j’ai même vu des autruches en liberté!  Je me suis demandé si je rêvais tellement ces oiseaux étaient gros! (les points noirs sur la photo à droite)

Arrivée dans le désert, j’ai piqué ma tente et j’ai aussi remarqué que j’allais dormir avec quelques petits amis piquants.. et transparents..  des scorpions. Ah! Ah!

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Qu’à cela ne tienne, le détour vers le désert de Namibie en valait la peine!  Wow, quel environnement atypique.  Le désert de Namibie, avec son sable rouge foncé et ses souches d’arbres vieilles de dizaines d’années, est un endroit complètement mythique.

Il y a quelque choses de complètement fascinant dans l’idée de marcher à l’infini sur des dunes de sables brûlantes…  C’était fantastique!  C’était la première que je visitais un désert et ce ne sera pas la dernière…. le calme étrange de ce genre d’endroit m’intrigue trop.  Par contre, je vais me rappeler d’y aller avec des souliers fermés!  Le sable était littéralement brûlant et de petites cloques d’eau se sont formées sur mes pieds seulement en essayant de descendre la dune sur laquelle je suis dans la photo!  Ouch!IMGP1361

Et vous, avez-vous déjà visité un désert?  Comme cela s’est-il déroulé?

 

 

 

36 – Le centre d’achat de Lusaka et la vendeuse d’avocats

Lusaka, qui es-tu?  Je n’ai jamais rien vu de tel jusqu’ici.  Ma chambre d’hotel me coûte un prix exorbitant et elle est située juste à côté d’un grand centre d’achat tout neuf…  Comment cet environnement peut se trouver là?  À la frontière, il y avait encore des huttes!  

J’entre dans le centre d’achats, à l’air climatisé.  Je n’arrive pas y croire!  Il y a déjà plusieurs semaines que je suis entrée dans un établissement du genre.  Les tuiles sont droites et luisantes, parfaitement symétriques.  Il y a des escaliers automatiques, un cinéma, plusieurs guichets automatiques de différentes banques et une foire de restaurants…  

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Ouf, je suis à l’air climatisé, mais on cerveau chauffe! 

Dans cet univers formaté (qui ressemble en tout point à chez moi), je ne me sens pas à l’aise… alors que tout est fait pour que je le sois… (As-tu vu les banquettes en cuir?!) L’Occident est partout, le développement aussi… j’imagine.

Assise, devant mon burger au poulet, je me demande ce qu’est le développement au fond..   J’adore les burgers au poulet, mais là, je me demande vraiment d’où la viande provient.  Alors que depuis des semaines quand je mange cette viande, c’est la cuisinière qui l’a élevé elle-même dans sa cours, qui le tue et le cuisine…  j’imagine qu’il y a une usine de production à quelques part dans les environs.

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Puis, c’est bizarre, je vais au cinéma, et c’est exactement comme chez nous, les sièges sont rouges en velours, ils sont confortables.  Je suis la seule dans la salle devant mon film américain.  La lumière s’éteint, il passe une pub pour maigrir à l’écran… maigrir, ce n’est tellement pas le premier soucis de bien des gens, ici…  C’est complètement fou!  Alors que les rondeurs sont généralement valorisées, on passe un autre message à l’écran…  Pendant un instant, je suis à Montréal, au cinéma du quartier Latin. Je mange un pop corn et je bois un coca. Je viens d’aller souper avec mon amie aux Trois Brasseurs.  Toutefois, lorsque je pousse les portes du cinéma, je suis pas à Montréal.  Je suis à Lusaka, en Zambie.  

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Je crois que le problème ici, ce n’est pas le centre d’achat au fond.  Ce qui me dérange, ce sont les valeurs que tout cela amène ; la consommation, le culte de la minceur, l’amour de la technologie au détriment de la nature, et surtout les inégalités…

Est-ce que je vous avais parlé de la vendeuse d’avocats? Oui, celle que les gardes de sécurité avec des fusils ne laisse pas rentrer dans l’enceinte du centre d’achat parce qu’elle a l’air trop pauvre?  Oui, c’est ça, c’est cette vieille femme-là, qui s’est ruinée depuis que le centre d’achat s’est construit.  C’est vrai, m’a-t-elle dit, c’est difficile, ici.  Les gens ne viennent plus lui acheter des avocats, car c’est beaucoup plus moderne et chic d’aller acheter un avocat à l’épicerie.  Et puis, qui veut des avocats de la rue à côté, quand on peut en avoir qui viennent directement d’Afrique du Sud!  Ils sont plus verts et plus gros!  …je me demande pourquoi.

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En fait, je ne suis ni contre les centres d’achats, ni contre le développement.  Et puis le cinéma, c’est certainement un moteur de changement social.  A quelque part, il y a certainement des nouveaux emplois là-dedans, et tout le monde a le droit de rêver de magasiner dans un beau grand centre d’achat.

Mais, je me questionne sur la manière dont le développement est mis en place présentement, et sur ses impacts.

-Crée-t-il plus de richesses ou d’inégalités finalement?

-Valorise-t-il la culture locale ou tend à la formater?

Il faudrait poser ces questions-là à la vendeuse d’avocats.

Et vous, que pensez-vous de cette situation?  Auriez-vous eu les mêmes pensées et vous aviez vécu la même chose?

 

 

35 – L’aventure humaine

Il y a quelques jours, je suis arrivée en Zambie.  J’ai presque terminé de traverser la côte est africaine avec mon sac-à-dos.  Je dois avouer que je suis un peu épuisée.  Trois mois et demi avec deux chandails, deux paires de pantalons et des sandales… dans le sable, la savane et la brousse, la jungle, ouf!  J’ai roulé ma bosse un peu partout à la recherche d’aventures inoubliables, mais surtout de compréhension.    C’est que l’objectif premier de mon voyage n’était rien de moins que de mieux comprendre le monde!  J’ai beau avoir un baccalauréat en science politique, il me semble que j’avais besoin d’aller dans le vrai monde pour mieux comprendre notre immense planète.

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À travers ce périple, je me suis posé mille questions : les ONG, les grandes organisations internationales, la pauvreté, les différentes cultures, l’impact du tourisme, l’environnement, les modes de vie variés des Africains, l’économie informelle, le micro-crédit.  Dans un autre ordre d’idées, j’ai certainement vécu des aventures complètement folles : courir après une giraffe en Ouganda,

15 – Hell’s Gate National Park – L’unique safari à vélo!

faire de la moto en Ouganda,

22 – Faire de la moto au royaume des Karamojons

traverser une horde d’éléphants au Malawi,

33 – Le paradis se trouve au Malawi

Oui, des poussées d’adrénaline intenses parce que je pouvais même pas croire moi-même ce que j’étais en train de vivre, j’en ai eu!  Et plus d’une!  L’Afrique est remplie d’aventures!

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Mais le plus beau, le plus magnifique, c’est l’aventure humaine.  Ce sont les conversations avec l’homme du stand de chapati (pita) ou avec la femme dont tu tiens le bébé dans l’autobus.  C’est partager une injera (plat traditionnel) avec un Éthiopien qui t’accueilles chez lui, et rire avec ton chauffeur de moto parce qu’il allait trop vite et il a cogné ton genoux sur le truck à côté dans le traffic.  C’est aussi apprendre à négocier les prix avec les marchands au marché de poisson, pis capoter parce qu’un gars à 4 mètres de toi dans le traffic intense de Kampala te demande en mariage!

L’aventure humaine, c’est aussi le plus difficile. Quand tu arrives à voir la beauté des gens, des différentes cultures, langues, coutumes en prenant le tuk-tuk local et en mangeant ce que les gens aussi mangent eux-mêmes, tu voies aussi le quotidien… Et aussi les conséquences du tourisme de luxe, le culte omniprésent des gens qui ont la peau blanche, l’impact de l’économie mondiale, sur les petits réseaux locaux ou encore les effets parfois mitigés de la présence d’ONG internationaux.  Il y a bien des soirs où je me suis endormie la tête pleine, lourde de questions sans réponse, parce que rien dans ma vie d’occidentale, ne m’avait préparé à comprendre les enjeux relatifs à ce voyage, même pas mon baccalauréat en science politique, plutôt de gauche de l’UQAM.

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Par exemple, quand je suis arrivée en Zambie, je me suis dis Ouf!  Ici, c’est plus industrialisé, je vais pouvoir faire le point.  Je vais aller m’asseoir dans un Mc Do, et en mangeant exactement les mêmes croquettes de poulet que je mangerais à Montréal, je vais prendre une p’tite pause et essayer de comprendre ce que je viens de vivre.

Mais le reste de mon voyage ne s’est pas passé comme cela.  En Zambie, en Namibie et en Afrique du Sud, j’ai vu des réalités complètement différentes de ce que j’avais vécu en Afrique de l’Est.  J’ai vu des pays déchirés par les inégalités sociales, engendrant des situations de violence et d’insécurité.  Et la roue de mes questions s’est complexifiée, parce que dans la même journée, j’ai pris les deux photos suivantes (ci-bas), et pour la première fois de mon voyage, je me suis fait volé… dans un beau grand centre d’achat flambant neuf! Avant, je n’avais jamais eu peur de cela.  Oui, j’ai vu de la pauvreté en Afrique de l’Est, mais je n’ai jamais eu vraiment de me faire voler, alors que c’était le contraire dans un pays où la qualité de vie était plus élevée…  pourquoi?

Loin de moi l’idée de généraliser sur ces pays.  Ils sont tous magnifiques et j’y ai vécu d’autres aventures rocambolesques, c’est certain!  Mais j’avoue que le centre d’achat géant que j’ai visité à Lusaka m’a fait bien réfléchir!

Et vous, quels genres de réflexion le voyage vous a-t-il apporté?  Avez-vous déjà été bouleversé à la suite d’un voyage?

 

 

34 – De la compétition pour les chutes Niagara!

Je suis maintenant en Zambie, à quelques mètres du Zimbabwe : les chutes Victoria se situant à la frontière des deux pays.  Le paysage est magnifique, mais je suis arrivée ici bien par hasard!  C’est que je ne pensais pas visiter la Zambie!

Avec le temps qui file, j’avais évalué mes options pour arriver à temps pour mon vol en Afrique du Sud dans à peine quelques jours!  Aussi, je me suis renseignée au Malawi, afin de savoir le prix des billets d’avion.  En parlant à la dame au comptoir, j’avais négocié un prix en dollars US, confiante que bien qu’un peu serrée, j’allais arriver à entrer dans mon budget.

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Le prix fixé, la tête libre, je suis alors préparée ma dernière fin de semaine de trek au Malawi.  J’avais dans l’idée de revenir le lendemain matin réserver mon billet d’avion avant de partir en randonnée.

Seulement, une fois revenue le lendemain… la dame me rappelle que je n’ai pas négocié en dollars US, mais bien en Kwacha, la monnaie locale.  Eh bien, eh bien… le prix du billet passe maintenant du simple ou double!!  Je suis sous le choc.  Cela dépasse largement ce que j’avais discuté avec mon porte-feuille 🙂

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Alors, je décide que non… c’est trop!  J’étais déjà réticente à dépenser autant d’argent pour me déplacer rapidement.  C’est décidé, adieu mon dernier trek au Malawi, je retraverserai aujourd’hui le pays pour me rendre en autobus en Afrique du Sud… ce qui sera nettement moins cher!  Et hop, il y a toujours des imprévus en voyage, et une erreur de compréhension est si vite arrivée  🙂

En deux temps, trois mouvements, je retourne à mon hôtel, défait mon sac de trek et remballe mes choses et mon passeport pour traverser la frontière avec la Zambie.  Comme je n’étais pas supposée y mettre les pieds, je ne connais rien ce que pays, mais qu’à cela ne tienne j’irai.  Et me voilà déjà dans l’autobus, les genoux renfoncés vers ma poitrine, un autre bébé sur les genoux!

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Le visage collé sur la vitre sale de l’autobus, je ris.  Franchement, quelle prise de décision intense!  Le temps est maintenant compté, dans quelques jours à peine, je dois prendre un avion à Cape Town pour retourner au Canada.  Toutes mes sorties touristiques sont maintenant numérotée en terme de temps, et doivent en vraiment valoir la peine!  Et les chutes Victoria en font partie!

Comme bien des Canadiennes, j’ai eu la chance d’aller visiter les chutes Niagara, mais là… Wow!  Les chutes Victoria sont sans pareil!  Gigantesques, magnifiques…  et mouillées!  Ici, impossible de rester au sec!  L’air est carrément de l’eau!

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Et la végétation est si belle!  Dans une zone aussi humide, la couleur de la flore est à la hauteur des attentes de n’importe quel voyageur!

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Finalement, je suis bien heureuse d’avoir mal compris la dame au sujet du prix du billet d’avion, je visiterai la Zambie et je me rappellerai pour toujours des chutes Victoria!

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Pour voir la vidéo :

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Et vous, avez-vous déjà eu un changement de plan aussi drastique en voyage?

 

33 – Le paradis se trouve au Malawi

-Ewe! Ewe! Ewe!

Au milieu de la nuit, j’entends des enfants crier… Réveillée en sursaut, je me demande vraiment ce qui se passe!  C’est que ces enfants sont bien occupés!  Ils ont pour mission de protéger les champs de maïs des éléphants qui se délectent de cette nourriture sucrée.  Et en leur criant «Toi! Toi! Toi», ils essaient de leur faire peur pour protéger leur récolte!  Toute une tâche pour des enfants entre 5 et 10 ans!

Bon, mon enfance était clairement à mille lieux de la leur!

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Je me trouve au Parc National de Liwonde, et l’endroit où je dors est situé à l’intérieur de l’enceinte du parc.  Le soir, en soupant, j’entends des phacochères se promener derrière moi… C’est surréel, les animaux sont partout!

Après avoir visité plusieurs pays d’Afrique, je dois dire que les safaris du Malawi sont vraiment incroyables.  Le coût est vraiment plus raisonnable qu’ailleurs et les animaux sont autant au rendez-vous!  La savane, c’est simplement trop beau.

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Devant ces bêtes incroyables, je me sens vraiment à des kilomètres du Québec!  Est-ce que je suis vraiment en train de regarder une horde d’éléphants, avec des petits bébés au milieu?  Et le lézard-là, il doit faire au moins deux pieds de long… Woah!  Je savoure ma chance!

Après avoir traversé le parc, je prends le bateau et je me dirige vers les hippopotames.  Le petit bâteau dans lequel je suis ne s’approche pas trop de ces mammifères géants : c’est qu’apparemment, c’est la deuxième cause de mort en Afrique, les hippos agressifs!! Ça doit être l’une des journées les plus intenses de ma vie!  Ces animaux sont gigantesques…  et sous un coucher de soleil magnifique, j’apprécie leurs grands cris rauques, en espérant qu’ils ne me mangeront pas!

Je vous laisse avec le vidéo.  Le paradis se trouve vraiment au Malawi…

Et vous, quel animal rêvez-vous le plus de voir?

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32 -Pêche traditionnelle au Malawi

Après ma dernière péripétie à la frontière du Malawi, je peux enfin me reposer près du magnifique lac du même nom!  Le lac Malawi est immense, et bien qu’il ne représente pas la mer, il peut toutefois aisément en avoir l’air.  Présent de long en large du pays, il représente un endroit de repos de choix durant toute la traversée de cet État!  Le Malawi s’annonce être un pays particulièrement magnifique, grâce à lui.

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J’ai bien vite remarqué, qu’ici, il y a très peu de voitures, et de véhicules motorisés en général.  C’est bien différents du reste des États africains que j’ai traversé, où les transports en commun locaux sont réguliers et abondants, puisque la population elle-même doit se déplacer de manière efficace.  Ici, au Malawi, il existe une plus petite population, les matatus sont donc moins présents.  J’ai donc dû prendre un vélo-taxi pour me rendre jusqu’à ma destination!  J’avais bien peur d’être trop lourde pour l’homme qui me transportait!  Et c’est ce qui est arrivé 🙂  A la première montée, mon chauffeur , le visage mouillé de grosses gouttes de sueurs m’a dit qu’il préférait me remettre mon argent plutôt que de continuer son chemin.  Ouf, un petit coup pour l’orgueil!

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Arrivée à destination, j’ai pu partager la plage avec quelques vaches..

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et quelques pêcheurs bien musclés!  Je les observais de loin tirer leurs filets géants à partir du rivage, jusqu’à ce qu’ils me demandent de prendre une photo avec moi. En riant, j’ai dit oui, mais je ne me doutais pas qu’il allait en profiter pour -tous- me pincer les fesses!  J’imagine que c’est pour cette raison qu’ils ont l’air si heureux sur la photo!

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Dans tous les cas, après cette aventure, je ne suis pas prêt d’oublier la façon dont s’exerce la pêche traditionnelle au Malawi!

Et vous, êtes-vous fan de pêche en voyage?  J’avoue que chaque fois que j’ai l’occasion d’en faire, je saute sur l’occasion!  Et vous?

 

31 – Entre la Tanzanie et le Malawi

-Andréanne?  Andréanne!

Et voilà, bam, je gis sur le sol, entre la Tanzanie et le Malawi. Évanouie.  Mon passeport tombe de mes mains et je me frappe la tête contre le comptoir, heureusement mon sac-à-dos a pu amortir ma chute.  Qu’est-ce qui arrive?  Mes mains sont moites, je me sens faible.  Ça fait trois jours que j’essaie de me rendre à frontière du Malawi, mais chaque fois, je suis trop malade pour continuer à faire le trajet d’autobus.

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Le douanier ne comprend pas trop.  Il envoie un homme me relever.  Il s’en fou.  Le visage en bouilli, il prend ma photo et mes empreintes digitales.  C’est parti, je viens de m’évanouir devant le douanier, mais qu’importe si j’ai un virulent parasite, on me laisser passer!  Au suivant!

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Fatiguée, mon passeport étampé, je décide de retourner en Tanzanie, idée de m’acheter un jus, car je ne peux plus avancer.  Un peu plus tard, incognito, je retraverse la frontière sans passer par les douanes sans que personne ne m’interpelle.  Mon esprit est dans la brume, mais je ris quand même : voici un poste douanier bien efficace 🙂

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Quelle entrée triomphante au Malawi!  C’est que j’ai bu de l’eau contaminée sur l’Île de la Mafia, et mon antibiotique universel peine à faire effet…  heureusement, je me remettrai rapidement suite à ce passage de frontière cocasse!

C’est partie pour une nouvelle aventure!

Et vous, l’eau bue en voyage vous a-t-elle déjà rendu malade?

 

 

30 – Le monde sous l’eau

Oh, c’est à l’Ile de la Mafia que j’ai eu ma première expérience d’apnée!  Wow, et quelle excusion!

Franchement, la faune et la flore aquatique est incroyable ici!  Nager dans tant de couleurs, de coraux et de poissons, c’est absolument fascinant.

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Des coraux fascinants et des poissons de toutes les couleurs!

Bref, une journée fantastique!  Pourtant, je crois que ce que j’ai préféré, c’est aller visiter une toute petite île avec des maisons en terre battue et des toits en paille, entourées de grands baobabs.  Au milieu de ce petit village tranquille, je ne m’attendais pas du tout à entendre crier des hommes écoutant le soccer sur une télévision plasma! Une passion mondiale, jusqu’au bout de la terre, et surtout jusque sur une petite île dans l’océan indien !

Et vous, où avez-vous réalisé votre plus belle expérience de snorkeling?

 

 

29 – La plage secrète

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Comment je me suis retrouvée captive dans une mangrove avec une moto, l’eau montant jusqu’à mes chevilles?

J’avais entendu parler d’une plage secrète.  Pas de route pour s’y rendre, il fallait traverser la mangrove.  Et hop, il ne m’en fallait pas plus pour y aller.

Ma moto tangue à travers l’île de la Mafia.  C’est que le sable est partout et il est mou.  La moto verse souvent.  Vram, vram, le moteur force… et je m’accroche!  Ah oui, c’est vrai, les amortisseurs de mon transport sont finis 🙂

Puis, enfin la mangrove!  C’est la première fois que je traverse cet environnement, touffu, humide, rempli de racines et de crabes rouges comme le sang.  C’est magnifique, unique.

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Et la moto capote dans toutes ces racines, elle va dans tous les sens. Et moi je ris, parce que franchement, qui ferait de la moto ici?

J’arrive à la plage et c’est carrément au dessus de mes attentes!  C’est fou d’être seule ici, au milieu de tant de beauté!  Le bord de l’eau est infini, le sable extrêmement fin.

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Mais ce moment de pur bonheur se termine rapidement ; le soleil commence à se coucher et je dois retraverser la mangrove.  Le hic, c’est que parmi toute cette végétation, je ne retrouve plus mon chemin.  Les sentiers que j’ai empruntés pour venir se remplissent peu à peu d’eau.  Tout se ressemble.   Au bout de 1h30, je me rends compte que je suis perdue.  L’eau est toujours plus haute et la moto peine maintenant à traverser les racines et le flot continu de la mer.  Je suis assoiffée et j’ai oublié d’apporter de l’eau…

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Heureusement, par un pur hasard, quelqu’un arrive à notre rencontre, il a entendu au loin le son de la moto.  Il m’indique le chemin le plus rapide pour sortir.  Ouf, le pire est évité. Sauf que j’ai affreusement soif.  Il y a bien longtemps que j’ai terminé mes réserves d’eau maintenant.  Au loin, je vois un puits et je fais ce qu’aucune voyageuse ne devrait faire.  Je bois l’eau sans la traiter… ce qui aura de lourdes conséquences.

Et vous, quelle est la plus belle plage que vous ayez visité?

 

 

28 – Quand vomir fait réfléchir

On dit en Tanzanie, que Zanzibar, c’est LA place.  Tu veux te faire bronzer la marboulette, boire un délicieux mojito, rencontrer d’autres touristes sur le party : Zanzibar, est tout indiqué!  De mon côté, j’avais d’autres projets en tête, et peu moins d’argent à dépenser 🙂

Aller, je repars.  C’est le moment où je saute dans un matatu (bus local), les genoux pliés sur ma poitrine, le poulet me picorant les mollets, et c’est parti quelques heures de transport : je vais à l’Île de la Mafia (Mafia Island).

Très peu de gens de rendent à l’Île de la Mafia, ou s’il y vont, c’est en avion privé.  C’est que le chemin pour s’y rendre n’est pas de tout repos.  Arrivée au village où je dois prendre le bateau, je dois chercher un endroit où dormir, car il n’y a pas d’auberge.  Les gens sont bien étonnés de me voir arriver!  Heureusement, plusieurs personnes m’aident et une mission catholique accepte que je dorme dans leurs locaux.

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Le lendemain matin, c’est le grand départ et mon bateau m’attend. Les passagers s’entassent rapidement sur le plancher ; notre transport est définitivement plein!

Dès le départ, j’ai mal au coeur. Les vagues sont hautes et…Ouuuuuu, j’ai vraiment mal au coeur, ouuuuu, une chance que je suis assise sur le bord, ouuuu. En quelques minutes, le corps à moité par dessus bord, je vomis tout ce que j’ai.  Autour de moi, je n’entends que des rires!  Les gens rient de bon coeur…

-Mais qu’est-ce qu’une étrangère fait ici!  Elle devrait être dans l’avion comme les autres!  Elle a l’argent après tout! Elle n’est pas fait pour les bâteaux que les locaux prennent.

J’ai l’estomac en bouillie, mais je réfléchi en même temps.  A force de prendre des transports différents des gens locaux, les touristes passent pour des faibles ne pouvant tolérer les conditions de vie habituelles des gens d’ici. Comme il y a un réseau de transport entièrement parallèle à ce qui est déjà en place, et beaucoup plus dispendieux, cela donne sans aucun doute l’image que les étrangers sont très riches.  Loin de moi l’idée de revendiquer que tous devrait prendre un bateau comme je l’ai fait pour aller à l’Île de Mafia!  Pourtant, cela me fait penser à la manière dont le tourisme se déroule, ici en Afrique de l’Est, et comment les populations locales perçoivent cette activité.  Il y a très peu de voyageurs sac-à-dos et beaucoup de tours opérateurs de luxe.  Des milliers de dollars sont dépensés à la semaine dans le cadre de type de tourisme, toutefois les populations locales ne pas impliquées dans ces activités, et regardent de loin et avec envies les sommes dépensées..

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Trève de bavardage, après quelques heures sur l’Océan Indien, je suis arrivée sur l’Île de la Mafia!  Quel voyage et le débarquement s’annonce.. bien drôle!  J’embarque sur un plus petit bateau pour rejoindre la plage.  Des hommes me proposent de me transporter sur leurs épaules pour que je ne mouille pas mes vêtements, moi l’étrangère.  Je ris et le sac-à-dos au bout de mes bras, je saute dans l’eau.  Voilà, je suis aussi trempée qu’eux!

Les deux pieds sur la terre ferme, je regarde le large, et ce gigantesque pont.  Probablement construit pour un grand projet de développement économique, les gens locaux ne peuvent pas l’utiliser, car leurs bateaux sont trop petits pour ce pont leur soit utile.

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L’île de la Mafia est un vrai bijoux sur la terre.  Des plages immaculées, des palmiers gigantesques, et des résidents extrêmement sympathiques et avenants.

Aujourd’hui, je me suis fait croqué les mollets par des poulets, j’ai vomi dans l’océan indien et je ne boirai pas de mojito…  mais les deux pieds dans le sable brûlant, j’aurai compris des choses.

Et vous qu’auriez-vous choisi, Zanzibar ou l’Île de la Mafia?

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27 – Poisson géant et poulet Tandoori

J’adore les marchés de fruits et de légumes, mais les marchés de viande et de poissons ont un côté brut et graphique qui rend leur traversée complètement incroyable.

À commencer par l’odeur.  🙂

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A Dar Es Salam, le marché au poisson est immense et rempli de milles et une variété de poissons colorés, grands ou petits.  Ils semblent nous regarder droit dans les yeux!

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Ici, magasiner est un jeu et marchander est de mise!  Les marchands étendent la récolte des pêcheurs sur une grande table et c’est au plus fort la poche!  On parle fort, on rit, on jase…  Près des plateformes gluantes, des balances et des bateaux accostés, on crée des liens au marché de poisson.  C’est le poisson le plus qu’on peut trouver.

Acheter directement au marché est l’idéal, la même prise au restaurant coûtera 3 ou 4 fois le prix!

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Un peu de poulpe?  C’est la spécialité ici.  Dans de gigantesque woks, les Tanzaniens, le font bouillir à grand feu, puis y ajoute une sauce carrément intensément piquante.  C’est un vrai spectacle de voir la préparation de ce mets qui traverse la ville.  Une fois cuit des vendeurs sillonnent les rues pour offrir le poulpe à tous!  Plus le poulpe est acheté proche du marché, plus il est encore chaud!

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Bref, l’expérience d’aller se «dealer» un poisson fait définitivement partie des incontournables de Dar Es Salem, une ville incroyablement intéressante, pour la variété des traditions culinaires qui y sont présentes.  Quoi de mieux après un bon poison grillé, qu’un poulet Tandoori servi dans la rue!  Dar Es Salam compte une importante communauté indienne et ce soir, j’apprécie d’avoir pu goûter à deux cultures dans la même ville!  Mon ventre est plein et rond!

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Et vous, avez-vous déjà été marchander un poisson au marché?  Quelle a été votre expérience?

 

 

26 – Le titanic tanzanien

Après la grande aventure en canot, je peux maintenant relaxer sur le bord de l’eau, les deux pieds sur la terre ferme.  Je mange du poisson grillé en regardant les pêcheurs locaux faire sécher leur récolte du jour.  D’ailleurs, la façon dont le poisson est séché ici est vraiment intéressante!  Ah, l’arrivée en Tanzanie se passe plutôt bien!

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Le sable est blanc et fin, la plage est à quelques pas.  Bukoba est franchement un bel endroit.  Une ville assez calme en comparaison à ce que j’ai vu ailleurs en Ouganda.

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La plage de Bukoba

Je m’apprête à traverser, cette nuit, le lac Victoria avec le ferry se rendant à Mwanza. Un excellent moyen de se sauver de la route et d’une journée complète de transport, puisque le trajet se fait de nuit!  Arrivée sur le quai, je constate que le bâteau transporte une charge impressionnante de bananes!

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Ce bâteau ressemble en tout point au Titanic, en plus petit format bien sûr! C’est bien beau tout cela, j’ai une cabine très jolie, mais cela veut également dire que les passagers en 3e classe sont confinés au sous-sol et qu’ils ne peuvent partager l’espace réservé aux gens de 1er classe…. Ouf! Quelle inégalité!  Je me sens vraiment comme dans le film Titanic, et je n’aime pas ça…  Je n’ai aperçu pas de fenêtres dans cet espace, et il n’y a pas de lits.  J’ai bien l’impression que ces gens vont passer une très mauvaise nuit. Franchement, je me sens mal de vivre dans ce confort!

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Malgré ce malaise, la nuit se passe très bien (pour moi) et je me réveille à la vue des bateaux de pêche traditionnels du coin.  Comme dans les films, leurs larges voiles triangulaires filent au vent!

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C’est une vue imprenable sur le lac Victoria.  C’est parti, j’amorce maintenant la traversée de la Tanzanie!

Et vous, avez-vous déjà pris un ferry pour traverser une longue distance en voyage?  Dans quelle région?

 

25 – Le jour où j’ai failli me faire électrocuter

Quand j’étais dans les scouts, j’ai appris à faire du canot.  J’ai exploré quelques rivières québécoises, mais jamais je n’aurais penser aller en faire jusqu’en Ouganda.

Alors, je me suis retrouvée au Lac Bunyonyi., dans un canot creusé à même un gigantesque tronc d’arbre, avec mon sac-à-dos et ma pagaie en forme de pic. Direction : mon auberge.  Situé à quelques kilomètres de voyagement, mon hébergement était littéralement sur une île!  Le paradis, quoi!  Toutefois,  mettons que c’était plus difficile à diriger qu’un canot en fibre de verre!  

J’ai canoté au milieu d’un archipel d’îles magnifiques… et je me suis même fait dépasser par le bus scolaire… ou plutôt le bateau scolaire transportant les enfants jusqu’à l’île où l’école est située.  Je n’en croyais pas mes yeux!  Autre contexte, autre moyen de transport, j’imagine!

 

Cet environnement est complètement fascinant.  Les îles sont cultivées sur le modèle de la culture en terrasse, c’est-à-dire à l’aide de larges bandes de terre plates, découpées à même les montagnes formées par les îles.  Dans l’eau calme de ce gigantesque lac se reflétait les couleurs verdoyantes de la végétation.  Je rame ma vie, je vis ma vie!  Quel moment épique! 

***

Le lendemain, je décide de repartir en canot.  Je ne vais pas très vite, cette imposante embarcation est, somme toute, assez difficile à diriger.  Tout allait bien jusqu’à ce que…

–  Aie!  Aie!  Aie!  Il pleut des grêlons!

Qui aurait cru que je vivrai ça, ici! C’est la plus grosse tempête de grêlons de ma vie!  Ils sont gros comme de billes!

Je canotais tranquillement au beau milieu du lac quand le ciel s’est brusquement assombri.  Ni une, ni deux, je tourne de bord : il va y avoir une tempête!  Mais le vent se met de la partie et rend l’eau du lac très instable.  La tempête est maintenant là : pas question de rester sur le lac : il faut se rendre à l’île la plus proche!

Je pagaie, je pagaie, mais avec ce foutu gros canot, je n’avance pas très vite.  Je tourne en rond. Et, tout à coup, une pluie diluvienne commence.  Le canot se remplit à vue d’oeil.  Mais ce n’est pas tout, de larges éclairs tombent tout autour de moi!  Au milieu du lac, j’ai l’impression d’être un véritable para-tonnerre.  Heureusement, j’arrive finalement à une île!

-Andy!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!  Sors du canot!

Je met les pieds dans la vase, je suis trempée.  Avec le vent, la grêle et l’eau j’ai des cheveux partout dans la face!  Je tire l’immense canot vers moi, pour ne pas qu’il retourne dans le lac, et pendant que je me met à l’abri.. et je m’enfonce dans la vase.  

-Andy!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!

Je fais ce que je peux.  Déjà sortie de la vase, mes pieds s’enfoncent dans la terre argileuse du champs dans lequel je suis arrivée.  Je ne vois pas devant moi, tellement il pleut, tellement il grêle.  

-Andy!! Dépêche-toi!  Dépêche-toi!

Mon compagnon me tire fort, mais je suis prise dans la bouette.  Il grêle affreusement.  Au milieu de ce champs, c’est maintenant vrai : je peux me faire frapper par la foudre à tout moment, comme je représente l’objet le plus élevé.  

Je cours pour me mettre à l’abri.  Au loin, je vois une minuscule cabane de tôle.  

– Andy!  Attention!  Le trou!  Le trou!  

Mon abri, mesurant deux pieds par deux pieds est en fait…  une toilette!

Je regarde dehors, la boue dégouline de mon visage.  J’ai mal au visage à cause des grêlons. Autour de moi, les palmiers plient sous la force du vent.  Ouf, je souris en respirant l’odeur de notre abri… une bonne odeur d’excréments.  

***

Le lendemain, je reprends le canot.  Il est temps de quitter le lac Bunyonyi et ses tempêtes surprises.  Retournée à notre point départ, je reprends la moto.  Nous sommes trois : le conducteur, moi et mon compagnon, en arrière.  Il y a un sac-à-dos sur le guidon et un sac-à-dos sur le dos de la dernière personne.  On est lourds et on glisse dans le sol argileux.  

Au début du voyage, je trouvais ça complètement fou de faire de la moto à trois avec les sacs-à-dos en avant et en arrière.  Après quelques semaines de voyage, je souris.  Ici, c’est comme cela que ça marche.  Et, puis qu’est-ce qui pourrait bien arriver, hier j’ai failli me faire électrocuter!  Ah!  Ah!

Et vous, quelle a été votre plus belle randonnée en canot?

 

 

24 – Kampala, la bouillante

Kampala est une ville bouillante, fumante.  Partout, on entend ronronner les moteurs des ”boda boda” (motocyclettes) roulant à pleine vitesse dans les rues bondées de passants pressés de se rendre ailleurs.  Bienvenue dans les plazas, les escaliers aux marches infinies et colorées, où on peut trouver tout ce dont on peut avoir envie : balais, pantalons, bouilloires, petites culottes et fer à repasser, tout y est mon ami! Au cœur du brouhaha des moteurs et des magasins, souvent, une femme ou un homme crie au coin de la rue des paroles religieuses :

-Crois en Dieu, mon frère, l’apocalypse est proche!

Mes sens surchauffent.  Je dois à la fois regarder si je mets les pieds dans un trou menant à un égoût hideux ou si une motocyclette me passera sur le corps, tout en trouvant mon chemin dans cette ville qui me semble être un labyrinthe impénétrable.  Dans certaines rues, j’ai l’impression que la ville m’absorbe dans un flot infini de couleurs, de sons et de marchandises.  Bref, on est loin de Kabong!

Kampala compte un marché gigantesque, gros comme un quartier entier où les stands en bois faits à la main s’étendent et s’étendent encore.  Des dizaines petites ruelles se succèdent à l’infini.  Neuf, usagé, tu y trouveras ce que tu veux, au prix que tu seras prêt à payer.  La négociation est serrée!

Quelques pas plus tard, une fois avoir dépassé les piles de vêtements, de légumes et de morceaux de viande, il y a une section réservée à la nourriture préparée, on m’interpelle :

-Hey sister!  Veux-tu un chapati, un rolex (chapati et omelette, tout en un : c’est délicieux!), une brochettes de foie?  J’ai de l’intestin aussi, si tu en veux!

Pouah!  Quelle chaleur, je sors enfin de ce marché tentaculaire et je n’ai aucune idée d’où je suis.  Voilà bien 15 minutes que je marche dans cet endroit sans y trouver aucune issue.  Je suis de retour parmi les «matatous» (minibus) qui me klaxonnent et m’invite à aller dans les villes environnantes.  Les chauffeurs sont toujours avides de clients!

Je pars vers la rue des appareils électroniques.  Les magasins de technologie y sont souvent tenus par des Indiens, alors que les magasins de revente en gros de vêtements sont tenus par des Chinois, rien n’est vraiment tenu pas des locaux.  Ça tombe quand même bien, j’avais justement envie de manger autre chose que de l’Ugali (pain fait en Afrique de l’Est avec de la farine de maïs) et du poulet bicyclette (poulet très maigre, circulant dans les rues toute la journée), ce que je mange maintenant depuis plusieurs mois.

Oh!  La nourriture indienne est tellement délicieuse!  Kampala comporte mille restaurants tous plus variés les uns que les autres.  Le poulet frit, les samosas, et les sautés indiens sont partout.  Je me régale!

J’ai beaucoup à faire ici.  Dans ce tourbillon, je dois trouver le bureau de poste, m’acheter de nouveaux livres de lecture et surtout, des jeans!  Mes pantalons de voyage sont tout tâchés et surtout trop grands!  À force de toujours manger du riz, j’ai fini par en manger moins.  🙂

Alors je continue ma route, et mes yeux s’agrandissent lorsque je lis le titre des grands journaux.  Le gouvernement vient de se positionner au sujet de l’homosexualité.  Toute personne ne dénonçant pas une personne homosexuelle est également passible de prison!  Ouf, mon coeur a mal….  La question est sur toute les lèvres et j’évite de donner mon opinions ; je ne veux pas me retrouver une situation indésirable…

Je vais un peu plus loin et la route est soudainement bloquée pour laisser passer un convoi militaire avec des hommes portant tous les AK-47.  Au début de mon voyage, cela m’aurait choqué, mais la plupart des banques et des supermarchés sont gardés par des hommes armés, alors j’y suis maintenant habituée.. à ces grandes armes…

Ah Kampala!  Après plus d’un mois sans avoir visité une grande ville, je savoure la disponibilité de tout et la savoureuse nourriture dans une cacophonie envoutante.  Kampala est bien la capitale de l’Ouganda!  C’est une experience innoubliable!

Et vous, quelles autres grandes métropoles avez-vous aimé visité?