Prendre l’avion pour le Grand Nord avec un bébé de 7 mois

 

Un retour au nord un peu décalé

Comme j’ai eu un temps des fêtes vraiment chargé en raison d’un p’tit détour par le Honduras, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour passer de bons moments avec ma famille et mes ami-e-s.  Conséquence, j’ai donc décidé de rester au Sud du Québec un peu plus longtemps que prévu et de repartir -seule- pour le Nord avec ma fille de 7 mois.  J’ai donc pris l’avion pour le grand nord avec bébé.

J’espère que sur le blogue, je ne donne pas l’impression de savoir tout faire en terme de voyage – surtout avec un babe, hi, hi, parce que ce n’est pas le cas.  Comme toutes les nouvelles mamans, je fais des petits pas dans l’apprentissage de la maternité et du voyage et donc – prendre l’avion seule avec ma fille, je trouvais que c’était vraiment un beau grand défi! Lire – ça me rendait quand même vraiment nerveuse! Ouf!  C’est vrai, j’ai pris des dizaines de vols pour cette contrée lointaine qu’est le Grand Nord.  Avant d’être installée à temps plein à Salluit, j’ai même occupé un emploi ou je me promenais par avion dans les 14 villages du Nunavik plusieurs fois par année.  Bref, les vols avec Air Inuit, c’est pas du nouveau pour moi.  Toutefois, comme d’habitude depuis que j’ai Chloé, j’ai toujours l’impression qu’avec bébé, tout change!

Bref, je suis aujourd’hui rendue à Salluit (yes!), mais ça tout de même été une épopée!  Alors, voilà, je te raconte ça.  Notre horaire : départ à 9h30 du matin de Montréal et arrivée à 18h00 à Salluit – toute une journée de transport.

Ma belle Chloé, toujours prête pour de nouveaux départs!

Ma belle Chloé, toujours prête pour de nouveaux départs!

 

L’anticipation du départ

12h00,  1h30 du mat, 3h00, Chloé se réveille sans arrêt dans la nuit précédant notre départ.  4h20, je me réveille officiellement en raison de l’adrénaline, et je révise sans cesse dans ma tête tout ce que je dois faire avant le grand départ à 6h00.  Faire les bouteilles de lait pour la journée, changer sa couche, l’habiller avec avec 2 couches de pyjamas polar, me faire un très grand café, préparer les lunchs, ramasser les choses de dernières minutes (lingettes, couches, pyjamas de la veille).

5h45, mon taxi est là d’avance.  Une chance, je suis prête.  Enweye dans la caravane, le bébé habillé comme un ours, les skis de fonds, ma valise géante, mon sac-à-dos, mon sac réutilisable avec eau déjà bouillie et pot de formule supplémentaire.  Dans mon sac, 4 biberons pour la journée et possiblement la nuit, de la compote pour 2 jours pour Chloé, des vêtements pour elle et des couches supplémentaires de pyjamas pour l’arrêt à Puvirnituq, de la nourriture pour moi également pour 2 jours.  Pourquoi tous ces bagages?  Quand on part du Sud pour le Nord, on est jamais sur de se rendre à destination en raison de la température très changeante du Nunavik.  Trois jours plus tôt, mon conjoint ne s’était lui-même pas rendu et était arrivé environ 24 heures plus tard que l’heure d’arrivée prévue.

Vue sur la toundra : au loin le village de Puvirnituq

Vue sur la toundra : au loin le village de Puvirnituq

 

Beaucoup de préparatifs pour être prête à tout

En fait, quand je voyageais seule, je ne prenais pas autant de précaution, mais avec un enfant je ne peux pas fonctionner de la même manière.  Au Nord, l’avion peut s’arrêter dans n’importe quel village sur la route et y être arrêté pour la nuit.  Donc les passagers sont obligés d’attendre annulé, mais les deux seuls magasins du village sont fermés, donc impossible d’aller se chercher un repas sur le pouce.  Rien n’est ouvert après 18h00.  Il n’y a également qu’un seul hôtel par village, qui est parfois plein en raison de la cour (je parle d’avocats, juges, etc.).  Il m’est même arrivé quelques fois d’arriver à l’hôtel et qu’il n’y ait tout simplement pas d’eau, car le camion qui vient la porter n’était pas passé, notamment en raison de la température.

Breffff, je ne veux surtout pas avoir l’air alarmiste, et dire que ça se passe toujours de cette manière au Nord! Toutefois, je dois être préparée à toutes ces éventualités avec bébé – des biberons pour la journée, de l’eau bouillie à l’avance et de la formule pour au moins une journée supplémentaire, de la nourriture pour elle et moi pour la journée et pour le lendemain, etc.

L'avion qui nous mènera jusqu'à Salluit, à partir de l'aéroport de Puvirnituq

L’avion qui nous mènera jusqu’à Salluit, à partir de l’aéroport de Puvirnituq

 

Le grand départ

En somme, les sacs bien pleins, je file dès 6h00 du mat à l’aéroport.  Je suis vraiment nerveuse, mais je me répète que je peux tout accomplir!  Plus je suis énervée, plus Chloé l’est aussi! Alors, c’est le temps de me calmer!  Je vais arriver à destination ce soir et que ma fille va être au chaud tout le long.  J’arrive donc à l’aéroport, je mets Chloé dans le porte-bébé, je m’enregistre et je vais porter les skis à l’over-size, puis direction les douanes!

Une fois de l’autre côté –gros fail- je réalise que j’ai oublié de me mettre du déo.  Oups!  Sérieux, je peux pas passer une journée sans déo.  Je vous épargne les détails et je me dirige vers le kiosque le plus proche.  Je prends le premier que je vois, je me dirige à la caisse et.. je cherche pendant un bon 10 minutes mon porte-feuille dans tous mes milliers de sacs!  -Note à moi- Toujours mettre les choses à la même place, même si je suis stressée!  Je suis toute rouge parce que durant les douanes, j’ai du enlever le porte-bébé, mon manteau, le manteau de Chloé, défaire mes sacs pour vérification, refaire mes sacs, rhabiller tout le monde.  Au moment final ou je paie mon fameux déo – le zipper de la poche principale de mon sac à dos explose sous la quantité de vêtements! L-O-L.

Oh boy, il y a des choses partout, tout le monde me regarde.  Je ramasse le tout, un peu en sueur et un homme me demande si j’ai besoin d’aide.  Je lui demande ou est le stand le plus proche qui vend des valises.  De peine et de misère, je m’y rends avec mon sac ouvert et je demande à la vendeuse – c’est quoi ton sac-à-dos le mois cher, le plus gros, qui rentre dans l’avion.  37$ plus tard, j’organise de nouveau les couches, les lingettes, les vêtements, les biberons, la formules et alouette.  Chloé dans tout ça gazouille dans son porte-bébé, elle est ben heureuse.  Je passe à la salle de bain changer sa couche, je mets du déo, je m’en vais à la porte d’embarquement d’Air Inuit.

Vue sur l'immensité du Grand Nord, juste avant le coucher du soleil

Vue sur l’immensité du Grand Nord, juste avant le coucher du soleil

Dans tout ça, j’ai choisi de ne pas mettre mon amauti.  (Voir l’article ici) parce que je prenais l’avion toute seule.  Pour le moment, je suis incapable de la mettre seule dans la poche arrière, et j’aurai toujours dépendu de quelqu’un à chaque arrêt, alors j’ai choisi d’aller au Nord, en porte-bébé.  Finalement, je ne sais pas si c’était une bonne idée.  Je regarde les gens autour de moi – en littéralement quelques secondes – Chloé fait le tour de plein de bras différents et j’ai plein d’aide – les Inuits ont vraiment le coeur sur la main et l’entraide est au centre de leurs valeurs, surtout en ce qui a trait aux enfants.  Je ne serais jamais seule dans l’avion, tous à différents moments lui offriront multiples chatouilles et sourires pour la divertir durant les vols.

 

L’avion décolle!

On décolle, direction La Grande à la Baie James – 1h47 de vol – Chloé saute comme un spring sur une trampoline, tapote la fenêtre et veut absolument manger tout mon muffin dans ma boîte à déjeuner – impossible de prendre mon divin café – il y a trop d’action, elle veut toucher à tout!  Mon attention est fixée sur elle, je la divertie au maximum.

Vue sur une maison d'Aupaluk, un village que j'avais visité par le passé

Vue sur une maison d’Aupaluk, un village que j’avais visité par le passé

On arrive à La Grande, il fait déjà -30.  L’avion reprend de l’essence, nous repartons.  Direction Puvirnituq, dans 1h21.  Chloé s’endors finalement, je fais de même.  Je ressens vraiment ma courte nuit, heureusement, je peux récupérer un peu!

Nous arrivons à Puvirnituq.  J’habille Chloé, cette fois-ci je sors le gros kit – les mitaines chaudes, le cache-cou, le cache-visage.  Le froid est déjà nettement plus sec, dehors il fait – 39  Heureusement, encore une fois, j’ai plein d’aide.  Les gens de Salluit que je connais, prennent Chloé et me donne un petit répit.  Quelques minutes avant mon départ, j’enroule Chloé dans deux couches de pyjamas de plus et je lui mets une autre paire de bas par dessus les siennes.  45 minutes après notre arrivée, nous repartons.  Direction Akulivik, 30 minutes de vol.

 

Les derniers 3 villages de la Baie d’Hudson

Tranquillement, le soleil commence déjà à se coucher, il est environ 3h00 – 3h30. Quand je prends l’avion avec Chloé, je prends toujours un siège assez en arrière.  Même si les avions sont chauffés et très confortables, chaque fois que nous descendons des passagers, l’air glacial du Nord rentre dans l’avion et autour de -40, même si tu gardes une p’tite laine à l’intérieur, ça se ressent quand même, ce grand froid.  Bref, quelques minutes plus tard, les bagages des passagers descendus, nous décollons pour Ivujivik, durée du vol 35 minutes.

Le village d'Aupaluk

Le village d’Aupaluk

Chloé pleure de tous ses poumons, cette fois-ci, impossible de la calmer.  J’essaie la suce, le lait, la nourriture, de la déshabiller, de la rhabiller, rien n’y fait.  La maman en avant de moi voit que j’ai de la misère, toute suite, elle me propose de la prendre et de la bercer.  Dans ses bras maternels, Chloé se calme enfin. Ouf.  Nous atterrissons enfin, la routine reprend, les bagages sont descendus, de nouveaux passagers entrent, nous repartons enfin pour notre destination finale – SALLUIT.  Le vol sera de 22 minutes.  Durant notre arrêt dans cette communauté, une ancienne élève de mon mari entre dans l’avion – la rencontre avec Chloé est magnifique. -It’s her daughter!  She’s so big!  Let me take her!  Gazouillis, rires, c’est un beau moment.

Nous repartons, Chloé s’endors, il fait nuit noire.  Là, c’est le grand moment.  Je suis un peu nerveuse, car je sens que le vent se lève dans l’avion.  Il a fait très beau toute la journée, mais là, je ne suis plus certaine si nous allons atterrir.  Le vent se fait fort, la température a changé.  Au moment de l’atterrissage, je serre Chloé très fort dans mes bras.  Nous touchons enfin le sol, mais ça a brassé.  Ouf!

 

L’atterrissage final dans le froid

Je réveille Chloé pour l’habiller comme une saucisse, elle est très serrée dans son habit avec toutes ses couches de vêtements.  Elle pleure de tout son corps, mais je n’ai pas le choix.  La première fois que j’ai atteri à Salluit, il faisait cette température-là et j’avais ressentie sur ma peau un sentiment de brûlure.  Les engelures se font en quelques minutes ici, alors je veux protéger la peau de ma peanut au maximum.  Chloé pleure de plus belle, je suis maintenant seule dans l’avion qui a atterit depuis plusieurs minutes.  De peine et de misère, j’arrive à l’habiller.  Je la mets dans le porte-bébé, je mets mon sac-à-dos, prend mon sac réalisable et je sors.  Chloé pleure toujours.  Une vague de vent glacial me happe dès la sortie.  Mon conjoint est venu m’aider sur la piste d’atterrissage.  Quand je réalise qu’il y a autant de vent et que le froid est si brutal, je mets le cache-cou de Chloé sur ses yeux, même si elle n’aime pas ça, et je cours (littéralement) vers le petit aéroport temporaire construit à Salluit, en attente du nouveau.  Ouf, je suis arrivée à Salluit!

J’entre dans le gros camion chaud (pas de banc de bébé au Nord, ça n’existe pas vraiment ici) et on se dirige vers la maison.  J’arrive, je déshabille Chloé, elle est contente d’être revenue à la maison, on mange, on relaxe.  Je l’ait fait!  J’ai fait le trajet jusqu’à Salluit toute seule avec ma p’tite chérie ; j’ai pris l’avion pour le grand nord avec bébé.

8h30, maman est chaos – c’est le temps de faire dodo. 😛

Curieux ou curieuse d’en savoir plus sur mes aventures familiale dans le Grand Nord?  C’est par ici :  http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2019/09/20/ma-fille-voici-pourquoi-aller-au-nord/

Ma fille, voici pourquoi je t’emmène au Nord

Envie de tente le voyage d’une vie au Nunavik?  Je vous mets ici le lien vers le site internet d’Air Inuit : https://www.airinuit.com/

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