Comment ça feel être une maman

 

Des dizaines de selfies quétaines

Si nous me croisez dans la rue, vous remarquerez surement mes yeux cernés, à la fois vitreux de fatigue, et brillant intensément, amoureux de ma fille, dont je suis complètement gaga.  Honnêtement, je ne pensais jamais être ce type de maman-là, celui qui prend des selfies de sa fille à tout bout de champs et inonde les réseaux sociaux des plus petits faits divers de sa vie avec bébé.  Hello, ma dernière photo de ma pause biberon sur Instagram : quétaine à l’os.  Voici donc comment ça feel être une maman.

Je pensais plus être du type rationnel, genre j’ai eu un enfant, voilà.  Maintenant, la vie continue, je retourne au travail le plus rapidement possible, question d’être une femme accomplie dans toutes les sphères de ma vie, quoi.

Eh bien, j’étais en route pour un check up avec la réalité.

 

La réalité

Avant la naissance de ma fille, j’avais lu bien des types de blogs sur le sujet : des blogs de mamans qui adorent la maternité, d’autres qui la décrivent avec sarcasme, ou encore avec humour.  Personnellement, je lisais tout cela avec beaucoup de dérision, parce moi -j’allais arriver à tout faire- Bien sûr.

Comme vous le savez, j’ai pris mon premier coup intense de réalité à mon accouchement.  Le voici ici : http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2019/06/24/la-maternite-le-plus-grand-des-voyages/  Toutefois, bien que ce récit a l’air d’être la fin d’une prise de conscience, c’était tout-à-fait le début.

C’est seulement lorsque je suis sortie de l’hôpital que j’ai réalisé à quel point la vraie réalité de la maternité était taboue.  En fait, je ne connaissais personne autour de moi qui avait vécu une césarienne, encore moins une césarienne d’urgence.  Mon corps, très touché par l’accouchement, était incapable de marcher durant la première semaine de mon retour à la maison, encore moins d’être continent, de rire ou de pleurer.  Pognée dans mon fauteuil dans lequel j’étais assise jour et nuit durant les prochains jours, j’étais incapable de changer la couche de ma fille, encore moins de la porter dans mes bras debout d’un point A la table à langer au point B son lit.

Ouf, mon ventre pendant, incapable de le rentrer par en-dedans, les pieds ultra gonflés, la poitrine en feu en attendant la montée de lait, je pleurais en attendant patiemment qu’une 15e infirmière vienne évaluer mon allaitement et me taponne les seins, alors que j’étais incapable de tolérer le moins toucher de la part de personne, car à l’hôpital se sont des hordes de spécialistes qui sont venus m’observer sur toutes mes coutures.

Ne vous inquiétez pas, je sais bien que les gens font leur travail, et même de l’excellent travail et que tout cela est nécessaire et souhaité, et je les en remercie profondément.  Mais moi, ma boule d’émotion d’accouchement, la peine de voir mon corps si amoché, la douleur de ne pas pouvoir m’occuper de ma fille, la peur de toucher ma cicatrice de césarienne de peur de réveiller l’émotion, elle était quand même là.  Tout ça était là, comme un petit boulet au fond de moi, un boulet dur et lourd à porter.  Finalement, j’ai tassé le p’tit boulet et épuisée de recevoir mille et un conseil d’allaitement, j’ai cessé d’allaiter tout simplement.  J’avais besoin d’être seule dans mon corps après tous ces chamboulements… et ça c’était souvent difficile pour les gens autour de moi de comprendre, comment tout cela m’a touché profondément.  En fait, personne ne savait à propos du p’tit boulet que je portais.

 

Les raisons pourquoi

Voilà, c’est comme cela que tout à commencé, mais cela est seulement une partie de la réalité.  De l’autre, j’avais ma fille avec moi, en santé et vibrante de joie.  J’avais passé la plus grande épreuve de ma vie et vous le comprendrez maintenant, j’avais besoin de dire à tous qu’elle était toute ma vie maintenant!  Dans son pousse-pousse, dans le parc, au restaurant, au magasin, partout.  Elle était magnifique, elle était là et jamais je ne me suis sentie aussi fière de ma vie.  Être maman, ça donne une espère de force immense, un souffle géant de courage qui te pousse à vouloir crier à tous – attention mon enfant est là et je vais la protéger jusqu’au bout.  Bref, j’ai découvert que j’étais une fière maman ourse!

 

Rester soi-même

A travers toutes ces découvertes, j’ai essayé de rester moi-même, de rester la Andréanne d’avant.  La Andréanne qui fait du plein air, du camping, qui a son blog, qui essaie de dépasser, qui voyage, qui s’entraîne pour sa prochaine course, qui voit des amis et de la famille, etc.  Dans cette lancée de recherche identitaire, j’ai accepté de parler pour la première fois dans un grand événement.  Ça faisait longtemps que je rêvais de ça, partager mes expériences de voyage à un public en live.  D’ailleurs quand j’ai suivi mes premières formations pour mes stages d’initiation à la coopération internationale, je rêvais d’être cette fille-là : la formatrice d’environ 30 ans qui a l’air d’avoir parcouru le monde et qui parle avec tellement de confidence de ses expériences.

Eh bien, je l’ai fait cette semaine.  Et, j’ai réalisé un de mes plus grand rêve de vie.

Mais, ça été difficile – pas une seconde durant ma présentation j’ai arrêté de penser à ma belle Chloé, assise endormie au fond de la salle dans les bras de papa.  Est-ce qu’elle était correcte?  Avait-elle faim?  Chaud?  Froid?  Je pensais à tout cela pendant, que passionnée par la description de mes récits de voyage, je parlais en avant le chandail taché de vomi de lait (un des seuls dans lequel j’entre dedans depuis mon accouchement), les cernes jusqu’au menton parce que la nuit dernière je n’avais dormi que 4 heures, les cheveux un peu collé, parce que franchement j’avais abandonné l’idée de prendre ma douche étant donné l’horaire chargé de la journée.  Ouf!  L’expérience a été un succès, yé!  Mais la préparation de ce grand rêve a été tout un défi!

 

Être une maman

Bref, comment ça feel être maman – C’est magique et magnifique… c’est tellement fort l’amour qu’on ressens pour son enfant, ça rend invisible.  Mais, ça prend aussi beaucoup de courage, pour affronter la solitude des situations pour lesquels les gens ont parfois peu d’empathie, comme un accouchement traumatisant, pour faire face aux regards des autres qui pensent dont que tu devrais élever ton enfant autrement, pour être capable de dire non aux autres, parce que tu es simplement épuisée, pour accepter un corps de maman, pour poursuivre coûte que coûte tes rêves et, pour réaliser que ta vie, elle a changé, et que tu n’auras plus jamais la tête libre parce que ton enfant est au centre de tes pensées.

La vie, elle est différente, plus complexe, plus prenante et plus remplie d’amour et de fous-rire…. et de selfies Instagram super quétaines.  Alors, voilà comment ça feel être une maman!

Lors d'une sortie au jardin botanique de Montréal

Lors d’une sortie au jardin botanique de Montréal

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