14 – L’injection

 

Direction l’hôpital au Kyrgyzstan

Je suis maintenant de retour en ville dans l’auberge ou j’étais installée avant mon séjour en yourte.  C’est une toute petite maison dans laquelle une famille Kyrgyz accueille des touristes comme moi.  A mon arrivée, il n’y a plus de place ou dormir, puisque je n’étais pas supposée revenir avant deux jours.  J’explique alors que mon compagnon de voyage fait de la fièvre et que nous devons aller à l’hôpital.  En deux temps, trois mouvements, la famille, par grande générosité et, surtout sans que je ne le demande, me laisse la seule pièce qu’ils occupent durant l’arrivée des visiteurs.  En quelques minutes, ils décident d’aller dormir chez d’autres membres de leur famille pour nous aider.  Quelle sincère générosité.  Je suis sincèrement vraiment soulagée et touchée par leur immense hospitalité.  Maintenant à la découverte de l’hôpital au Kyrgyzstan.

En route vers la plage avec les yourtes

En route vers la plage avec les yourtes

En quelques minutes, j’installe mon compagnon fiévreux sur le lit et je m’empresse d’appeler mon assurance-voyage, afin de valider l’endroit ou nous irons à l’hôpital.  Cela s’avéra beaucoup plus compliqué que prévu, car apparemment le Kyrgyzstan ne fait pas partie de leur base de données… Après plusieurs minutes de discussion, on me propose de retourner à la capitale pour faire soigner mon compagnon.  Quelle histoire!  Je leur explique que je suis à plusieurs jours de route de la capitale, et que j’ai besoin d’un support médical immédiatement.  En effet, mon compagnon fait de la fièvre depuis plusieurs heures maintenant et je commence à vraiment beaucoup m’inquiéter.  Finalement, la compagnie accepte que j’aille à la clinique locale pour avoir un premier avis concernant la situation… mais je ne suis pas au bout de mes peines…

Un authentique Westfalia en Asie Centrale!

Un authentique Westfalia en Asie Centrale!

 

Des gens absolument généreux

Quelques minutes seulement après mon appel, la famille qui nous accueille, nous emmène à l’hôpital le plus proche.  Je rencontre alors un médecin, puis tout un groupe de personnel médical qui en plein milieu du corridor discute de qu’il faudrait faire de nous en russe.  Il n’y a que des hommes et ils parlent très fort.  Impossible pour moi de comprendre même un seul gramme de leur conversation : je ne parle pas du tout cette langue.  Avec l’application de traduction de google, j’essaie de partager avec eux les symptômes de mon compagnon, qui dans toute cette chaleur, est assis tout mou sur le banc.  La fièvre est là, et à ce moment précis, ce dernier ne fait plus de phrases complètes…  je m’inquiète vraiment pour lui.

Vue sur les montagnes du Kyrgyzstan

Vue sur les montagnes du Kyrgyzstan

Un homme s’avance vers moi, puis me suggère de lui donner 3 médicaments différents, en plus d’une injection intra-musculaire.  Je réfléchie à toute vitesse.  Honnêtement, malgré toutes mes expériences de voyage, je n’ai entendu parlé d’une injection intra-musculaire dans ce genre de cas et surtout… je ne fais pas confiance à la propreté des aiguilles lorsque je suis dans un autre pays.  Ce doute n’est pas spécifique au Kyrgyzstan, dès que je suis à l’étranger je fais très attention aux aiguilles.  Dans un cas ou il serait nécessaire de faire une injection, oui, j’irai de l’avant en m’assurant que la piqûre est faite dans les règles de l’art.  Toutefois, je dois avouer que j’ai déjà vu des aiguilles désinfectée dans l’eau chaude, à la place l’eau bouillante ailleurs dans le monde, et je connais très bien les risques graves liés à des aiguilles souillées! Plusieurs maladies peuvent être transmises de cette manière.  Bien que je n’ai pas de compétence médicale, dans ce cas-ci, en connaissant les risques, je me demande donc si cette injection est bien nécessaire.  Je ne veux pas discréditer le système de santé d’ici, car je ne le connais pas bien et je ne veux surtout pas généraliser, mais j’essaie d’être prudente, car j’ai vu des choses assez étranges dans d’autres pays.

Un des nombreux monuments soviétiques

Un des nombreux monuments soviétiques

 

Pas toujours facile de faire entendre son point!

A la vue de mon hésitation et de mes questions, les hommes haussent le ton.  Pourquoi donc je ne veux pas de l’injection???  Voyons!!

Avec mon application de traduction, j’essaie de comprendre à quoi sert ce médicament, et s’il y a d’autres manières de le prendre.  Malheureusement, impossible de comprendre ce qu’ils disent en retour.  Les hommes sont irrités.  Je demande à mon compagnon, s’il veut l’injection intra-musculaire, et il me dit que ça ne le dérange pas…  Pfffff, sincèrement, il est tellement dans les vapes que je préfère ne pas me fier à son jugement.  Je ne suis toujours pas certaine que cette injection soit le bon choix.  Bref, malgré le chaos autour de moi, je tiens tête aux médecins, j’achète les pilules qu’ils me donnent et je sors rapidement cet hôpital au Kyrgyzstan. Je me dis que si c’est nécessaire, je préfère revenir si je trouve plus d’information sur l’injection en question.

Les médicaments reçus à la clinique.

Les médicaments reçus à la clinique.

De retour, mon compagnon se couche et toujours avec l’application de traduction, j’arrive à lire sur les boîtes de médicaments leur contenu écrit en russe.  Je trouve l’antibiotique universel que je prends habituellement en voyage dans ce genre de situation.  C’est avec cet élément que je choisis d’aller de l’avant en validant avec une amie médecin que je rejoins au Canada.  Après deux heures la fièvre baisse, puis disparaît.  Oufffffffffffffff!  Quel grand soulagement!

 

Savoir quoi faire en cas de doute

Je remercie le ciel d’avoir eu assez d’expériences de voyage pour avoir su mesurer les risques d’une telle situation, afin de prendre les bonnes décisions.

  • Être au courant des risques sanitaires possiblement reliés à une aiguille souillée et une fièvre prolongée
  • Faire preuve d’assez confiance en moi, parce que ça en prend en voyage dans des situations stressantes ou le contexte interculturel peut mettre beaucoup de pression, pour aller à l’encontre de ce que les médecins Kyrgyzs me proposaient (c’était peut-être de bons conseils, mon but n’est pas de discréditer le système de santé de ce pays, mais bien d’être alerte aux risque reliés à une intervention non-nécessaire avec des risques potentiels).
  • Avoir eu l’application sur mon cellulaire pour comprendre la conversation et la médication écrite en russe
  • Posséder des assurances voyage : une situation comme celle-ci est si vite arrivée.  Tout peut arriver en voyage.  Les soins de santé de l’hôpital au Kyrgyzstan ne semblent pas dispendieux, mais des dépenses liées à un rapatriement sont si vites présentes et coûtent littéralement une fortune!  Bref, se protéger pour des situations hors du commun n’a pas de prix.

Ouf, heureusement, je suis soulagée.  J’en profite pour moi aussi relaxer un peu, pendant que mon compagnon de voyage se remet de cette aventure…

Et toi, qu’aurais-tu faire dans une telle situation?

Lonely Planet Central Asia 7th Ed.: 7th Edition

La suite de cette aventure?  C’est par ici!

15 – Chez les nomades

Envie d’en savoir plus sur un autre coin de l’Asie?  Je t’invite en Chine! http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2016/04/13/beijing-chine-culture-et-architecture/

1 – Mes premiers pas en Chine!

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