8 – Coincée entre les montagnes

 

Et c’est reparti pour une autre journée de vélo.  Cette fois, je pars de Tokmok pour aller jusqu’à Bystrovska (remarquez l’influence russe!).  Les noms des villes sont presque tous d’origine russe, car il s’agit encore de la langue officielle du Kyrgyzstan, malgré la fin du règne de l’URSS sur le pays.  D’ailleurs, tout le monde parle russe,sauf moi, il y a vraiment une grande barrière de langue avec les Kyrgyz.

Bref, toujours aussi pimpante, je suis prête pour une autre journée de chaleur extrême.

En fait, c’était déjà ma deuxième nuit dans la tente.  Ouf, avec la chaleur, sans douche aux alentours, je trouve cela quand même intense!  Mes vêtements sont trempés à la fin de la journée et je suis tellement épuisée que j’ai à peine la force de prendre une douche à la débarbouillette avant d’aller me coucher!  En véritié, je n’ai pas très bien dormi cette nuit-là.  Vers 1h00 du matin, des hommes saouls se sont rassemblés près de la tente, dans un état d’ébriété très avancés.  Paniquée, j’espérais que l’arbre derrière lequel la tente était cachée allait être suffisant pour me cacher.  Bien réveillés, prêts à tout éventualité, mon compagnon de voyage et moi, tenions fermement nos petits couteaux portatifs!  Quelle frousse!

Heureusement, 2 heures plus tard, le groupe d’homme s’est finalement décidé à aller fêter ailleurs que dans le champs ou ma tente était installée!  Ouf!!!!  Quelques minutes plus tard, je retombais dans un sommeil léger, un peu traumatisée par ce qui venait de se passer, et si d’autres hommes venaient?!.

Le lendemain, je repars vraiment fatiguée.  En fait, faire du vélo-camping, c’est super trippant, mais au Kyrgyzstan impossible de faire la grasse matinée.  Il y a très peu d’arbres pour s’abriter comme le paysage est très sec et dès 6h00 du matin, la tente devient très rapidement un véritable chauffe-eau : le soleil tape et moi, je suis déjà en sueur avant même d’avoir fait le moindre kilomètre de vélo.  Ouf!  Ce n’est pas la situation la plus reposante, surtout après une nuit mouvementée, dès 6h00, il faut absolument démonter la tente et repartir, rester sur place au gros soleil est impossible.

Heureusement, le paysage est encore immensément magnifique.  La route A365 que j’emprunte depuis mon départ longe la rivière Tchou et j’ai une vue imprenable sur l’eau bleu turquoise.  D’ailleurs, après avoir pris un bon repas chez une très vieille dame, je me jette dans l’eau question d’y passer l’après-midi ; il fait beaucoup trop chaud pour continuer.

Dans la rivière, j’en profite pour laver mon linge  et me laver.  Par la suite, je fais le plein d’eau dans la petit ville ou je suis arrêtée (on s’entend 3-4 maisons).

En fin d’après-midi, je reprends mon vélo, puis je m’arrête ici dans le restaurant traditionnel du Kyrgyzstan : un yourte sert de cuisine au restaurant et des tables circulaires permettent de manger les kebabs les plus délicieux que j’ai mangés de ma vie! MMMMM la bouffe est toujours aussi délicieuse ici!

Après le souper, je décide de faire quelques kilomètres de vélo de plus, il ne fait plus trop chaud et mon compte de kilomètres n’est pas si grand aujourd’hui.  Je me dis que je peux rouler encore un brin avant que la nuit ne tombe et que je puisse poser ma tente.

…Et c’est là que la méchante grosse aventure à commencée!  Jusqu’à maintenant, il y avait eu la chaleur intense du Kyrgyzstan et l’adaptation à ma nouvelle routine de vélo…. mais la route avait été relativement plate.  D’un seul coup, quelques kilomètres plus tard, je me suis retrouvée sur une route étroite, à une voix, cintrée entre deux gigantesques flancs de montagnes.  Impossible d’arrêter sur le côté, car il n’y pas d’espace entre le flanc des géants et la route.  Je suis donc loin de trouver un espace de campement!

Autour de moi, le paysage change drastiquement et de grandes statues d’animaux de la montagne se projettent sur le chemin!  La route est fascinante, absolument magnifique… et tellement éreintante!  Des montées, des montées, des montées et moi qui croyait faire quelques kilomètres et monter ma tente!  Je n’ai pas le choix de continuer, car des automobiles vont à plus de 100 km à l’heure et moi je dois continuer mon chemin pour trouver à tout prix un espace de campement avant que la nuit de se couche pour l’instant c’est simplement impossible, car il n’y a pas d’espace!

Le paysage est à couper le souffle, mais la situation n’est pas idéale.  Après plus de deux heures, je trouve enfin un campement : une dalle de ciment abandonnée, destinée à faire une maison.  Ouf, je suis sauvée!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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