10 – La vie n’est pas pareille ici, mais elle est belle aussi : Les 7 plus grandes leçons de mon premier stage d’initiation à la coopération internationale

Cela fait déjà un mois et demi que je suis à Birr et que je vis ma première expérience d’initiation à la coopération internationale. Entre mon travail au Deer Park et la vie avec ma famille d’accueil, j’ai tissé au fil du temps ma petite routine. Comme mentionné un de mes derniers textes, le choc culturel a fait son chemin dans mon quotidien, pour ensuite s’effacer tranquillement pour faire face à une compréhension plus profonde de la culture locale.

9 – Attention! Choc culturel en cours!

La fin de semaine, je vais souvent marcher autour du village. L’endroit où je me trouve au creux des montagnes est absolument magnifique. Je marche et j’admire les bœufs faisant leurs chemins dans les champs et l’évolution des cultures de thé environnantes. C’est vraiment impressionnant de voir le vert des montagnes se transformer au fil des différentes phases d’épanouissement du feuillage. La semaine passée, les feuilles ont été recueillies et tout à changer.

Assise sur mon balcon, je repense à ce que j’ai vu et vécu. Les femmes portant toujours aujourd’hui leurs robes traditionnelles tibétaines : la chuppa. Les vieillards compter inlassablement leurs bracelets de prières. Les gens faisant une priorité de ne jamais tuer le plus petit des êtres vivants suivant l’idée de la réincarnation (qui sait qui pourrait être cette fourmi?). Le système scolaire privilégié par les Tibétains : de grandes écoles prenant la forme de résidences pour enfants où on enseigne aux Tibétains à donner à l’Autre en premier : «Others before self». Je repense combien c’est important pour cette culture de donner à l’Autre, d’être généreux. En riant, je me rappelle aussi comment les vieilles dames du village cachent des momos (dumpling tibétain) dans leur chuppas, sur leur poitrine, dans les fêtes communautaires pour donner à leurs chiens en rentrant à la maison.

J’ai compris que la vie n’est pas pareille ici, mais elle est belle aussi. J’ai fait le paix avec le choc culturel.Tant de choses me manquent encore, mais j’ai appris à trouver mes petites plaisirs ici, comme acheter chaque jour un kaki à deux roupies au stand à légumes du village, et le manger en silence sur mon balcon. C’est à moi de trouver et de créer mes joies quotidiennes.

J’ai appris aussi que les gens, oui, ici, vivent plus simplement, du bout des dents je dirais même ici que certains vivent dans la pauvreté. Je vois aussi que pauvreté, tant qu’on peut répondre à ses besoins de base, ne veut pas nécessairement dire malheur. Ne pas posséder, ne veut pas dire rien avoir à partager. Au contraire. J’ai rencontré des gens ici qui avaient tellement à partager avec moi : leur savoir, leurs histoires, leur culture, leur présence, et leurs rires.

J’ai compris que l’observation est mon plus grand atout, que rien de me sert d’agir sans comprendre et que les mots veulent dire peu de choses. Nous, les Occidentaux, les verbo-moteurs, nous pensons que nous savons, car nous savons meubler les conversations. Je sais maintenant que les personnes qui parlent le plus, ne sont pas nécessairement les plus intéressantes. Le silence est d’or, la parole est d’argent, dit-on. Je réalise la force de cette maxime en voyage, après avoir passé plusieurs semaines dans une famille d’accueil avec laquelle il m’était presqu’impossible de communiquer en anglais.

J’ai compris que le mot coopération internationale est un terme bien pompeux et qui flatte bien des égos. Aujourd’hui, plus de 10 ans plus tard, je travaille toujours dans le domaine.  Je suis toujours aussi fascinée par les autres cultures, mais je me freine constamment pour revenir à ce que j’ai appris à ce moment-là en Inde : prendre le temps de comprendre et échanger pour mieux agir ensemble dans le respect de la culture de l’Autre.

Finalement, j’ai compris que j’étais plus qu’extrêmement privilégiée, que j’avais le droit à l’éducation, à un pouvoir d’achat incroyable en comparaison à un grand nombre de gens à travers le monde.  Que je ne prendrai plus jamais pour acquis la diversité de ce que je peux trouver à l’épicerie, ni l’eau potable qui coule sur ma vaisselle chaque jour au Québec.  J’ai aussi compris que je Devais être une alliée, c’est-à-dire une personne consciente des obstacles supplémentaires auxquels d’autre personnes doivent faire face, afin d’atteindre les mêmes objectifs, et ce en raison de plusieurs inégalités sociales.  Que je ne serai jamais plus la même après ce voyage.  J’ai compris combien j’étais née dans la ouate de mes privilèges, et que maintenant que j’en avais pris conscience, j’étais responsable d’essayer de rendre le monde plus égal jour après jour, à ma manière, afin que plus de gens aient accès aux mêmes possibilités que moi.

8 – La Missionnaire

5- La citoyenne du monde

Toutes ces nouvelles leçons en tête, je remercie la vie d’avoir mis cette expérience sur mon chemin. A 17 ans, je pense que je venais de prendre un p’tit coup de maturité qui changera pour toujours ma vision du monde. Je suis toujours aussi reconnaissante que des organismes de coopérations internationales, tels que celui avec lequel j’ai voyagé, offre à des jeunes l’opportunité d’aller tester leurs valeurs à l’étranger et d’approfondir leurs connaissances sur le monde.  Je pense que je suis vraiment devenue une citoyenne ce jour-là.

Maintenant, j’ai hâte de vérifier comment je vais servir de ces nouveaux acquis. Demain, un nouveau défi m’attend. Je pars pour Dharamsala, la capitale du gouvernement tibétain en exil, une grande ville perchée du cœur de l’Himalaya pour la deuxième partie de ce stage de coopération internationale.

Et vous, avez-vous déjà fait un stage d’initiation à la coopération internationale? Quelle conclusions en avez-vous tirées?

Vous aimez ce texte? Likez-le et partagez-le, cela m’aidera à partager mes aventures avec plus de grands voyageurs comme vous! Vous voulez en savoir plus sur mes autres expériences autour du monde? C’est sur mon site : www.pleinairvoyagesetcompagnie.com que vous savourez des dizaines de récits de voyage de l’Océanie à l’Afrique! C’est un rendez-vous!

Lonely Planet India (Travel Guide)

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