7 – Comment le Dalai-Lama a changé ma vie

Quand je suis partie pour l’Inde, quelqu’un m’a donné le livre «The Art of Happiness» écrit par «His Holiness The Dalaï-Lama».  A l’époque, je ne connaissais pas grand-chose de la tradition bouddhiste, encore moins de la tradition bouddhiste tibétaine.  A 17 ans, en fait, je savais, seulement que j’étais née au Québec dans un cadre de vie assez confortable et qu’éventuellement j’allais aller à l’université pour avoir un emploi stable et me permettant d’avoir un revenu me permettant de vivre normalement.

Normalement.

Depuis mon arrivée en Inde, je me demandais bien ce que pouvait bien dire le mot : « vivre normalement ».  A l’époque, j’étais probablement en train de vivre en choc culturel, même si je ne voulais pas me l’avouer.  Normalement, normalement, est-ce que ce mot voulait vraiment dire quelque chose?

Depuis mon arrivée,

  • j’avais cessé de prendre ma douche avec un pommeau de douche m’offrant une quantité illimitée d’eau,
  • ma capacité à avoir accès à une variété de légumes frais avait complètement disparu et mon alimentation se limitait maintenant à du riz et des bines,

  • la maison dans laquelle je dormais n’avait pas de chauffage et était franchement bouillante le jour et franchement humide et froide la nuit,

  • j’avais commencé à laver mon linge à la main, car la famille d’accueil où j’étais n’avais pas de laveuse et de sécheuse.

Autour de moi, je voyais bien que les gens ne vivaient pas de la même manière que chez moi, et surtout qu’ils n’avaient pas tous accès aux mêmes services, ressources… et rêves que moi.  Je réalisais peu à peu que le plan de tout le monde n’était pas : «aller à l’université pour avoir un emploi stable et me permettant d’avoir un revenu permettant de vivre normalement».  Ça m’a frappé.

Pour des membres du groupe avec lequel nous vivions, les situations nommées ci-haut provoquaient de grandes frustrations.  Et c’était normal… c’est vrai que la vie était «plus dure», ici.

Au même moment, je lisais ce livre du Dalaï-Lama.  Un passage surtout parlait de la perception des choses, de la manière dont on peut contrôler son esprit, afin de voir autrement ce qui est face de nous.  Le Dalaï-Lama disait que nous avons, au final, peu de contrôle sur les choses, et que c’est notre manière de voir ces dernières qui fait réellement une différence.  Il parlait d’apprécier ce qui est là tel quel, même si c’est vraiment imparfait.  D’y trouver de la joie, la beauté.

Bref, malgré les nombreux irritants de ce voyage, j’ai cessé de percevoir que la vie «devait» être comme «cela».  J’ai surtout compris que je venais d’un milieu absolument privilégié comparé à de très nombreux endroits dans le monde et que franchement je devrais vraiment apprendre à baisser mes standards et à transformer ma perception des choses, à me trouver chanceuse d’avoir ce que j’ai.

Grâce à cette philosophie, j’ai réalisé un voyage extraordinaire où j’ai arrêté de comparer ce que je vivais avez chez nous et j’ai appris à apprécier ce qui était franchement différent, ici.  Je me souviens de moments tout à fait magiques sur le toit de l’immeuble où j’habitais à Dharamsala.  Mes soirées préférées étaient les instants où je faisais mon lavage à la main!  Perchée sur ce troisième étage au cœur de l’Himalaya, je contemplais les montagnes et franchement je ne me suis jamais ennuyée de ma laveuse là-bas!   Question de perception!

Que pensez-vous des pensées du Dalaï-Lama?  Êtes-vous d’accord avec lui?

Lonely Planet India (Travel Guide)

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