11 – Au son des bombonnes de propane

Derrière moi, il y a un Népalais.  Assez petit, plutôt trapu, concentré sur 149 424e marches du trek de l’Annapurna.  Seul, il ne suit aucun trekkeur, mais c’est tout de même un sacré porteur!  Sur son dos il porte littéralement un set de 6 chaises!! J’ai vraiment de la misère à en croire mes yeux!  Trois chaises sont accordées ensemble sur la largeur, à l’envers trois autres sont attachées sur le siège des autres, c’est incroyable.  Le total fait deux fois sa hauteur, pas loin de 4 fois sa largueur… et d’un petit jeu de pied rapide, il me dépasse!

IMG_5735

De mon côté, j’avoue que je commence à sentir la pression de l’altitude sur mes poumons, l’oxygène se fait plus rare et je n’ai pas du tout la force des Népalais 😉  Pour avancer, je concentre sur le pays absolument fascinant autour de moi, et… sur ces ânes qu’on entend à des lieux à la ronde.  Tous alignés ensemble, ils traversent l’Annapurna chargés de lourdes bombonnes de propane, afin de fournir le gaz nécessaire pour faire fonctionner les réchauds de tous les arrêts pour les voyageurs.  Durant toute la randonnée, on peut attendre le cliquetis des bombonnes.

IMG_5726

Les marches continuent encore, puis il n’y en a plus, c’est un sentier étroit dans une vallée magnifique.  Je reprends mon souffle heureusement, et j’arrive à une larrrgge rivière au débit plutôt intense!  Je n’arrive pas à traverser, mais je n’ai pas d’autres choix de le faire.  C’est le seul chemin et j’arrive au moment de la crue des eaux.  Ouf!  Je pense que c’est exactement le moment j’explose de stress!  Je traverse mon sac-à-dos en premier, le poids de celui-ci sur mon dos aurait pu me faire basculer…  J’avance un pied, mais je recule, la roche est glissante et j’ai peur.  J’ai vraiment l’impression que je pourrais me faire emporter par la rivière si je fais un faux mouvement.  Aie, aie, aie.

Une de mes premières réactions quand j’ai peur est de figer.  Je trouve ça complètement niaiseux!  Ça me prend toujours un moment pour me dégourdir, parce que franchement, ce n’est pas une réaction de défense très pratique en voyage, et en particulier en trek!!  Je pense qu’il y a un moment ou j’arrête et penser et je saute…  franchement, il n’y avait pas d’autre choix!

IMG_5696

Le soir transie par le froid dans mon sac de couchage, je repense encore à la rivière, dire qu’il va falloir que je la retraverse en revenant!

 

 

Leave a Reply