5- La citoyenne du monde

 

Une citoyenne pas comme les autres!

Un jour, quelqu’un m’a dit qu’avec tous mes voyages, j’étais la citoyenne du monde.  Un voyage ici, un voyage-là, je n’appartenais à personne, puisque j’allais partout.  Sur le coup, j’ai été tellement flatée!  Wow, wow, wow, moi la p’tite fille de Pointe-aux-Trembles.. je suis une grande Citoyenne du Monde.  J’avoue que pendant plusieurs années, je me suis enorgueillie de ce charmant titre, un peu trop fière d’ailleurs.  On aurait dit que ça me donnait l’impression de n’avoir peur de rien.

Un jour, dans un souper, je ne me souviens plus quand, ni où, quelqu’un a bien ri de cette expression.  Je me souviens pas non plus d’où la personne venait, mais elle m’a dit ceci, et je ne l’ai jamais oublié.

ÊTRE conscient de ses privilèges

Elle m’a dit :

«Sté Andy, te rends-tu compte que tu peux dire cela seulement parce que tu es privilégiée?  Toi, tu es née avec la nationalité canadienne, avec ton passeport, tu passes partout, sans question, ni regard.  Toi, tu peux.  Tu peux bien être fière de te définir de cette manière, tu es née avec la possibilité de voyager, de traverser les frontières.  Bien des personnes rêveraient de le faire aussi, mais c’est impossible.  Et ce sont souvent les gens chez qui tu voyages.  Tu trouves leurs cultures fascinantes, tu peux les comparer, essayer de les comprendre, mais combien des personnes que tu as rencontré pourraient vraiment faire comme toi?  Ce n’est pas vrai que tout le monde peut être un citoyen du monde, Andy.  Et le fait que tu te décrives de cette manière ne fait que démontrer comment tu ne réalises pas tes privilèges.  Certains ne peuvent pas.»

Ne me méprenez pas, je crois dans le pouvoir de la détermination personnelle.  Que quand on veut, on peut… et tout le tralala.  Mais peut-être que pour moi, ça été plus facile d’amasser les outils pour voyager, parce que j’avais accès à internet, au crédit, à la possibilité d’ouvrir un compte bancaire, à la possibilité d’avoir un emploi, une éducation…  et je passe l’électricité et l’eau courante, la nourriture pour mettre sur la table.

Une très grande réflexion

Depuis, je ne me suis plus jamais définie de cette manière.  Et je suis aussi beaucoup plus consciente du signal que j’envoie quand je mets les pieds dans un pays… moi qui vient d’ailleurs et qui a le pouvoir d’achat et le pouvoir politique de voyager.  Je suis pas une citoyenne du monde après tout, je suis une québécoise qui a vraiment beaucoup, beaucoup de chance de voyager.

Que pensez-vous de cette réflexion?  Êtes-vous d’accord avec cette dernière

 

Face à l'Himalaya, dans mon parcours du camp de base de l'Annapurna

Face à l’Himalaya, dans mon parcours du camp de base de l’Annapurna

La suite de cette grande réflexion?  C’est par ici! http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2017/03/03/arrivee-a-thamel-a-la-decouverte-de-katmandou-au-nepal/

6 – Thamel en taxi

 

Lonely Planet Nepal 11th Ed.: 11th Edition

Leave a Reply