16 – Les enterrements du ciel et de la terre

 

Retour sur la surprise de Yushu

J’arrive à Xinning.  Je n’ai qu’une envie, c’est d’aller sur internet faire plus de recherches sur Yushu.  Assise sur un mini banc en plastique dans un café internet un peu crasseux, j’essaie de comprendre où je viens de passer.  L’internet est extrêmement lent.  Comme d’habitude, plusieurs sites sont bloqués par le gouvernement chinois.  Ce n’est pas facile d’avoir de l’information.  Je ne savais pas que je m’apprêtais à découvrir les enterrements du ciel et de la terre.

Au bout d’une demi-heure, ça y est, j’ai trouvé : tremblement de terre.

 

Ce qui est vraiment arrivé

Et oui.  Tout s’éclairci.  Mon guide de voyage date de l’année précédant l’événement.  Voilà pourquoi je n’ai jamais entendu parler de cette situation incroyable.  J’essaie d’en apprendre plus, mais il y a très peu d’information en ligne.  Une chose est sûre, la dévastation que j’ai vue m’a vraiment jeté à terre.

 

Vue sur la campagne chinoise

Vue sur la campagne chinoise

Ce n’est qu’un an plus tard, que j’ai vraiment réalisé où j’étais vraiment allé.  A Montréal, dans une exposition du World Press Photo, je lisais les descriptions reliées aux meilleures photos prises à travers le monde.  Jusqu’à ce que… Oh!  Je vois des images de Yushu!!  Quelle surprise!!

 

Les enterrements du ciel et de la terre

Sur les photos, j’ai vu des allées et des allées de corps étendus prêts pour le rite funéraire traditionnel des Tibétains.  Des dizaines de corps.  Honnêtement, je ne pouvais pas croire que j’étais passée par cette ville.  J’étais là seulement quelques mois après cet événement tristement spectaculaire, où tant de personnes étaient décédées si drastiquement.  Il y avait plusieurs photos du «Sky Burial».  Je n’ai pas trouvé de traduction exacte en français de cette pratique.  On parle parfois d’enterrement à ciel ouvert ou d’enterrement du ciel et de la terre.

Vue sur la steppe

Vue sur la steppe

La signification des enterrements célestes

Durant mon séjour dans l’Ouest de la Chine, j’ai été invité plusieurs fois à observer ce rite à titre de touriste.  Au cœur de la tradition bouddhiste tibétaine, où l’on croit à la réincarnation, on croit aussi que le corps doit être redonné à la terre.  Il fait ainsi partie du cycle de la vie.  Lors d’un décès, le corps est donc séparé en morceaux.  Par la suite, un moine est chargé de broyer les os et le cerveau.  Puis, ceux-ci sont mélangés à de l’orge pour être ensuite offerts aux vautours.  Il n’y a pas de mise en terre.

Ces inhumations célestes sont très spéciales.  Elles sont pratiquées dans plusieurs pays ou la tradition bouddhiste est présente.  On parle ici de l’Inde, de la Chine, de la Mongolie et du Bhoutan.  Bien que ces enterrements soit beaucoup plus graphiques que ceux pratiqués en Occident, cet élément visuel a un but bien précis.  L’objectif est de rappeler aux personnes présentes l’impermanence de la vie et du corps, tout en rappelant l’importance de l’âme qui sera appelée à se réincarner.

 

Etre présent ou pas lors d’une cérémonie privée

Honnêtement, j’ai éprouvé un profond malaise à cet égard ; à l’idée d’observer un «enterrement» d’une personne dont je ne suis pas une proche, en échange d’un montant d’argent.  C’est pourquoi, j’ai décidé de ne pas assister à ce rite.  Bien que cette pratique ait été sans doute extrêmement intéressante à observer, puisqu’elle est si différente des croyances apprises au sein de ma culture.  En effet, en Occident, l’enveloppe physique revêt tout même une importance assez capitale.  J’ai pensé que je trouverai complètement irrespectueux que quelqu’un paierait de l’argent pour venir observer ma famille au salon funéraire.  J’ai donc refusé à plusieurs reprises cette opportunité lors de ce voyage.  En somme, il s’agit d’une cérémonie privée.

A l’orée des montagnes

A l’orée des montagnes

Toutefois, je trouve cette pratique intéressante.  En effet, elle fait réfléchir sur la signification que nous donnons à la vie, à la mort, au corps, à la réalité tangible, à la réincarnation, etc.   Ainsi, c’est pour cela que je voyage : pour  connaître d’autres points de vue.  De cette façon, je peux me remettre en question, comprendre le monde et apprendre à voir comment d’autres peuples abordent autrement des concepts et des expériences de vie, à leur manière.  Le tremblement de terre à Yushu aura certainement été pour moi une expérience de vie unique et une occasion formidable de me questionner sur ces sujets.

 

En conclusion

Les voyages me surprendront toujours, je n’aurai jamais pensé que mettre les pieds à Yushu me permettrait de mieux découvrir ce rite funéraire tibétain.

Et vous, connaissez d’autres pratiques culturelles concernant la mort?  Cela vous a-t-il étonné?

La suite de ce magnifique voyage?  C’est par ici : http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2016/10/15/le-mont-hua-shan-lextreme-via-ferrata-chinoise/

17 – Le mont Huan Shan : l’extrême via ferrata chinoise

Pour en avoir plus sur cette pratique, j’ai trouvé cet article en compléments : ici.

andreanneparenteau

Bonjour! Bienvenue sur mon blog! Ici, vous trouverez plusieurs articles sur ma passion pour le plein air et les voyages. J'occupe tous mes temps libres à découvrir le Québec et ses environs à travers différents sports. Dès que j'ai l"occasion j'attrape les occasion de voyager avec mon sac-à-dos. Voici les pays que j'ai visités : Chine, Vietnam, Laos, Cambodge, Népal, Bangladesh, Ethiopie, Ouganda, Malawi, Kenya, Tanzanie, Namibie, Zambie, Afrique du Sud, Nicaragua, République Dominicaine, Inde et le Cameroun. Cet automne, je serai à Waskaganish!

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