28 – Quand vomir fait réfléchir

On dit en Tanzanie, que Zanzibar, c’est LA place.  Tu veux te faire bronzer la marboulette, boire un délicieux mojito, rencontrer d’autres touristes sur la party : Zanzibar, est tout indiqué!  De mon côté, j’avais d’autres projets en tête, et peu moins d’argent à dépenser 🙂

Aller, je repars.  C’est le moment où je saute dans un matatu (bus local), les genoux pliés sur ma poitrine, le poulet me picorant les mollets, et c’est parti quelques heures de transport : je vais à l’Île de la Mafia (Mafia Island).

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Très peu de gens de rendent à l’Île de la Mafia, ou s’il y vont c’est en avion privé.  C’est que le chemin pour s’y rendre n’est pas de tout repos.  Arrivée au village où je dois prendre le bateau, je dois chercher un endroit où dormir, car il n’y a pas d’auberge.  Les gens sont bien étonnés de me voir arriver!  Heureusement, plusieurs personnes m’aident et mission catholique accepte que je dorme dans leurs locaux.

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Le lendemain matin, c’est le grand départ et mon bateau m’attend. Les passagers s’entassent rapidement sur le plancher ; notre transport est définitivement plein!

Dès le départ, j’ai mal au coeur. Les vagues sont hautes et…Ouuuuuu, j’ai mal au coeur, ouuuuu, une chance que je suis assise sur le bord, ouuuu. En quelques minutes, le corps à moité par dessus bord, je vomis tout ce que j’ai.  Autour de moi, je n’entends que des rires!  Les gens rient de bon coeur… «Mais qu’est-ce qu’une étrangère fait ici!  Elle devrait être dans l’avion comme les autres!  Elle a l’argent après tout!»

J’ai l’estomac en bouillie, mais je réfléchi en même temps.  A force de prendre des transports différents des gens locaux, les touristes passent pour des faibles ne pouvant tolérer les conditions de vie habituelles des gens d’ici.  Comme il y a un réseau de transport entièrement parallèle à ce qui est déjà en place et beaucoup plus dispendieux pour les touristes, cela donne l’image que les étrangers sont très riches.  Loin de moi l’idée de revendiquer que tous devrait prendre un bateau comme je l’ai fait pour aller à l’Île de Mafia!  Pourtant, cela me fait penser à la manière dont le tourisme se déroule, ici en Afrique de l’Est, et comment les populations locales perçoivent cette activité.

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Trève de bavardage, après quelques heures sur l’Océan Indien, je suis arrivée sur l’Île de la Mafia!  Quel voyage et le débarquement s’annonce.. bien drôle!  J’embarque sur un plus petit bateau pour rejoindre la plage.  Des hommes me proposent de me transporter sur leurs épaules pour que je ne mouille pas mes vêtements, moi l’étrangère.  Je ris et le sac-à-dos au bout de mes bras, je saute dans l’eau.  Voilà, je suis aussi trempée qu’eux!

Les deux pieds sur la terre ferme, je regarde le large, et ce gigantesque pont.  Probablement construit pour un grand projet de développement économique, les gens locaux ne peuvent pas l’utiliser, car leurs bateaux sont trop petits, pour le moment du moins.

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L’île de la Mafia est un vrai bijoux sur la terre.  Des plages immaculées, des palmiers gigantesques, et des résidents extrêmement sympathiques et avenants.

Aujourd’hui, je me suis fait picoré les mollets par des poulets, j’ai vomi dans l’océan indien et je ne boirai pas de mojito…  mais les deux pieds dans le sable brûlant, j’aurai compris des choses.

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