24 – Kampala, la bouillante

Kampala est une ville bouillante, fumante.  Partout, on entend ronronner les moteurs des ”boda boda” (motocyclettes) roulant à pleine vitesse dans les rues bondées de passants pressés de se rendre ailleurs.  Bienvenue dans les plazas, des marches infinis et colorés, où on peut trouver tout ce dont on peut avoir envie : balais, pantalons, bouilloires, petites culottes et fer à repasser, tout y est mon ami! Au cœur du brouhaha des moteurs et des magazins, souvent, une femme ou un homme crie au coin de la rue des paroles religieuses : Crois en Dieu, mon frère, l’apocalypse est proche!

Mes sens surchauffent.  Je dois à la fois regarder si je mets les pieds dans un trou menant à un égoût ou si une motocyclette me passera sur le corps, tout en trouvant mon chemin dans cette ville qui me semble être un labyrinthe impénétrable.  Dans certaines rues, j’ai l’impression que la ville m’absorbe dans un flot infini de couleurs, de sons et de marchandises.  Bref, on est loin de Kabong!

Kampala compte un marché gigantesque, gros comme un quartier entier où les stands en bois faits à la main s’étendent et s’étendent encore.  Des dizaines petites ruelles se succèdent.  Neuf, usagé, tu y trouveras ce que tu veux, au prix que tu seras prêt à payer.

Quelques pas plus tard, une fois avoir dépassé les piles de vêtements, de légumes et de viande, pour arriver dans une section réservée à la nourriture preparée, on m’interpelle : Hey sister!  Veux-tu un chapati, un rolex, une brochettes de foie?  J’ai de l’intestin aussi, si tu en veux!

Pouah!  Quelle chaleur, je sors enfin de ce marché tentaculaire et je n’ai aucune idée d’où je suis, voilà bien 15 minutes que je marche dans cet endroit sans y trouver aucune issue.  Je suis de retour parmi les matatous (minibus) qui me klaxonnent et m’invite à aller dans les villes environnantes.

Je pars vers la rue des appareils électroniques.  Les magasins de technologie y sont souvent tenus par des Indiens, alors que les magasins de revente en gros de vêtements sont tenus par des Chinois.  Ça tombe bien, j’avais justement envie de manger autre chose que de l’Ugali (pain fait en Afrique de l’Est) et du poulet bicyclette.

Oh!  La nourriture indienne est tellement délicieuse!  Kampala comporte mille restaurants tous plus variés les uns que les autres.  Le poulet frit, les samosas, et les sautés indiens sont partout.  Je me régale!

J’ai beaucoup à faire ici, dans ce tourbillon, je dois trouver le bureau de poste, m’acheter de nouveaux livres de lecture et surtout, des jeans!  Mes pantalons de voyage sont tout tâchés et surtout trop grands!  À force de toujours manger du riz, j’ai fini par en manger moins.  🙂

Alors je continue ma route, et mes yeux s’agrandissent lorsque je lis le titre des grands journaux.  Le gouvernement vient de se positionner au sujet de l’homosexualité.  Je vais un peu plus loin et la route est soudainement bloquée pour laisser passer un convoi militaire avec des hommes portant tous les AK-47.  Au début de mon voyage, cela m’aurait choqué, mais la plupart des banques et des supermarchés sont gardés par des hommes armés, alors j’y suis maintenant habituée.

Ah Kampala!  Après plus d’un mois sans avoir visité une grande ville, je savoure la disponibilité de tout et la savoureuse nourriture dans une cacophonie envoutante.  Kampala est bien la capitale de l’Ouganda!  C’est une experience innoubliable!

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