12 – La plus longue journée de ma vie

Je me lève à 3h45.  Je lave mon visage, mets mes souliers et mon sac-à-dos. Dehors, il fait toujours nuit, les chiens hurlent.  Il fait froid.  Je marche les deux kilomètres qui me séparent de la gare de bus.  On m’a dit qu’il y avait des jeeps qui partaient pour Addis-Abeba, ce matin.  J’en ai parlé avec des gens rencontrés à Lalibela la veille: rendez-vous 4h30 à la gare centrale.

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4h55, je suis toujours seule.  Conclusion : iI n’y a pas de jeep.  Tant pis, je prendrais le bus…  Je me suis levée trop tôt.

Le soleil commence à se lever.  Les gens s’agglutinent près de l’entrée de la gare.  Je me fonds dans la masse, agrippée aux barreaux.  Les gens sont fébriles, tous veulent s’assurer d’avoir une place dans l’autobus.  Il faut absolument que je trouve mon bus avant l’ouverture des portes!  Tout est écrit en Amharique…  et je n’arrive pas à lire cet alphabet…  je me demande comment je vais m’assurer une place si je ne peux identifier le bon bus et courir vers celui-ci à l’ouverture des portes.

Tic, tac, tic… et c’est parti, il est 5h00 du matin!  Les gens sprintent autour de moi, c’est la débandade pour avoir une place dans un transport.  Je m’assure que les bagages sont bien accrochés sur le toit, puis je vais réserver des places. Je suis obligée de pousser les gens, ce n’est pas ma stratégie favorite, mais, eux, ils me poussent bien!  Un p’tit coup de coude ici, un p’tit coup de coude par là!

–  Il n’y a plus de billet pour ce bus là, sort!

Et merde.  La veille, je suis venue deux fois à la gare de bus pour réserver les billets. Pas du bureau, pas de billets, mais un gars qui nous dit qu’il nous réserve une place dans un jeep…  Bon maintenant, pas de jeep, pas de billet, je crois que je n’ai pas encore compris comment les transports fonctionnent ici.  😉  Il est maintenant 5h15 du matin..  

Oh! Oh! On m’attrape l’épaule, quelqu’un me tire!  Vite, il y a de la place dans l’autre bus là-bas, cours, cours!  

Succès!  Je suis finalement assise et j’ai un billet! Je ne sais pas comment j’ai fait, mais je suis là!  Au moment où je me dis que je suis sauvée, une odeur se rend à mon nez.  La femme à côté de moi porte un bébé naissant et il dégage une certaine senteur…  En fait, l’enfant ne porte pas de couche (ce n’est pas très commun ici).  Sa mère ne peut que souhaiter qu’il n’y ait pas «d’accident» durant le trajet…  Malheureusement, durant les 200 km totalisant 5 heures…  ce souhait ne s’est pas réalisé… mon chandail sent maintenant l’urine.  

Suite à cet odorant trajet de bus, j’en ait pris trois autres semblables.  Les genoux dans le visage, ma tête cognant au plafond, les poulets me mordillant les chevilles, je me suis dit que ça ne pouvait pas être pire… sauf quand le gars derrière moi…  a vomi sur moi.


Quel soulagement!  Il est 22h00 et nous nous arrêtons enfin pour souper!  Je sors du bus, commande une injera et savoure mon coca-cola.  J’en profite pour détendre mes articulations.  Dans le resto où je me trouve, il n’y a que des hommes.  Je me sens observée… mais cela ne me fait rien, je n’ai pas mangé de la journée, alors je n’ai d’attention que pour mon injera. 

Je sors du resto, et un gars saoul me suit.  Il n’a clairement pas toute sa tête. Les gens près de moi le regarde en riant.  Je ris également, jusqu’à ce qu’il me demande d’aller prendre un verre!  Je lui dit gentiment que je ne suis pas intéressée.  Mais l’homme insiste et la tension monte.  Un autre homme se met de la partie et pousse mon assaillant.  Celui-ci essaie de répliquer, mais ses coups de pieds ne nous atteignent pas.  Avec tout l’alcool qu’il a bu, il clairement impossible pour lui de nous faire du mal!  Impuissant, il finit par s’en aller et nous par rentrer dans le bus.  Et c’est reparti, il est 23h30, plus que trois heures et demi avant d’arriver à Addis!


2h30 du matin.  Mes articulations me font mal, mes genoux sont fatigués d’être pliés. Heureusement, je suis finalement de retour à la capitale.  Ouf, quelle journée! Mais l’aventure ne pouvait pas se terminer aussi facilement!  Il n’y a plus de place à l’hôtel où je pensais aller dormir, ni au suivant, ni à l’autre et comme ça pour tous les hébergements que je connais dans le coin!  Je ne peux pas croire que je me promène à 3h00 du matin dans les rues de la capitale de l’Éthiopie sans savoir où dormir!  Heureusement, cette ville est sécuritaire, même la nuit.  

Finalement, je trouve un vieil endroit.  Une prostituée parle à mon compagnon :

  • Come on, men!

Je ne prends pas le temps d’attendre que ce dernier refuse ces généreux services… je monte me coucher.  Je regarde la chambre : la cuvette est cassée en deux et il n’y a pas d’eau.  Au menu, il y a du rouge à lèvre sur les murs, des condoms sur la tables, des draps croûtés, et aux bruits que j’entends, je me trouve bien…  dans un bordel!  Cette situation est complètement irréelle!

Ça fait maintenant 24 heures que je suis debout; je n’ai même pas la force d’être découragée.  Je crois que je vais dormir dans mon sac de couchage ce soir. Il est maintenant 3h30 du matin et je suis épuisée. Je m’endors au bruit des moustiques qui me piqueront sans aucun doute cette nuit, car je n’ai pas mis mon filet…  Demain, sera une meilleure journée 🙂

Et vous, avez-vous déjà eu de longues journées de voyage comme celle-ci?

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Randonnée au parc national du Mont-Mégantic

Samedi matin, j’ai été faire la randonnée des Trois-Sommets au Parc National du Mont Mégantic.  Un bon 7 heures de trek en pleine forêt.  Au menu, une forêt luxuriante, plusieurs sommets et des prises de vues incroyables.  La région est tellement belle avec ses champs verts remplis de vaches noires et blanches.  Et la base de plein air Baie-des-sables est très bien aménagée.

Un autre très beau coin du Québec!


  
  
  
  
  

11 – Lalibela, au coeur du christianisme

Au nord de l’Éthiopie se trouve l’un des lieux les plus célèbres de ce pays : Lalibela.  C’est un endroit tout-à-fait mythique, où l’on trouve des églises chrétiennes creusées à même le sol, directement dans le roc.  A la hauteur du sol, il est impossible de les détecter; elles sont seulement visibles à partir du ciel!  Une fois de plus, j’en découvre un peu plus sur la riche histoire de l’Éthiopie.

Église

A l’intérieur des parois de roc, se trouve les tombes des prêtres y ayant réalisés des cérémonies il y a des centaines d’années.  Ces églises sont toujours en activité aujourd’hui!.  Les bijoux des tombes ont été pillés, mais certains squelettes y sont toujours!  J’y ai d’ailleurs vu un pied… ouf!  Quel choc de voir soudainement un os!

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Ces églises sont remplies de fresques réalisées par des chrétiens orthodoxes représentant des scènes religieuses et des conquêtes.  Je reconnais le style typique des peintures éthiopiennes: des personnages à la tête et aux yeux ronds.

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L’architecture de ces monuments est complètement fascinante.  Creusés à la main, je m’imagine tout le travail derrière ses bâtiments inclus dans la terre. Je n’avais aucune idée des liens entre la religion et cette partie du monde, alors qu’ici tout le monde raconte que l’Éthiopie est le véritable berceau du Christianisme!  J’apprends milles choses!  J’ai bien fait de faire ces 10 heures d’autobus de la capitale pour venir jusqu’ici, même si c’était tout un chemin pour venir ici!

Et vous, quelles ont été les églises les plus impressionnantes que vous ayez visitées à travers le monde?

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Randonnée au lac en coeur

A Saint-Charles de Mandeville se trouve un réseau de sentiers gratuits et méconnus de plusieurs randonneurs.  Facilement accessibles et très bien balisés par un bénévole du coin, ces chemins permettent de se retrouver au coeur de la forêt en quelques minutes! Magnifiques points de vue sur le lac garantis!


  
  

10 – Culture, questionnements et confiance

Suite à mon trek dans les Simiens Mountains, je suis allé rendre l’équipement loué à un Éthiopien que j’avais rencontré dans la rue.  Il m’a alors invité à souper dans sa famille avec son père et sa petite sœur.  Je me suis empressée d’accepter, car il s’agissait d’une excellente occasion de partager avec une famille Éthiopienne.

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Dans sa petite maison, il y avait tout le nécessaire pour vivre confortablement, mais simplement.  Je me rends rapidement compte que je suis reçue comme une grande invité.  Ensemble, nous mangeons la délicieuse et typique injera éthiopienne.  C’est tellement bon! Pendant quelques minutes, nous discutons des Simiens Mountains, puis le sujet se rapidement dirige vers nos différences culturelles.   Le jeune homme me raconte alors une histoire qui me fait beaucoup réfléchir.  En effet, à travers ses yeux, je découvrais un pan de ma culture auquel je n’avais jamais pensé.

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Un jour, il rencontra une touriste dans la rue, une canadienne.  Elle semblait perdue et déroutée.  Il lui a alors demandé si elle avait besoin d’aide.  Elle répondit que oui, elle était très malade et cherchait un hôpital.  Il lui a alors parlé de l’hôpital le plus proche où les étrangers ont l’habitude d’aller.  Puis, il lui a proposé de l’accompagner, afin lui montrer le chemin.  Craintive, elle lui demanda pourquoi il voulait l’accompagner, qu’elle ne lui avait rien demandé.  Il lui a simplement dit qu’il voulait l’aider.

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-Ok, mais veux-tu de l’argent?

-Non, voyon!

-Alors pourquoi veux-tu m’aider?

-Parce que tu as besoin d’aide.

-Pourquoi je devrai te faire confiance?

-Tu as le choix, moi je te propose mon aide, c’est tout.

-Je peux pas te faire confiance comme ça, veux-tu de l’argent?

-Non!

-Ok, laisse faire, je vais y aller toute seule.

Finalement, il lui indiqua son chemin, et son numéro de cellulaire et, il parti.

Finalement, au bout d’une heure, la femme le rappela, car elle était perdue, elle lui a demandé de venir l’aider.  Il est alors revenu en vue de l’amener à l’hôpital.  Elle a fini par lui redemander s’il voulait de l’argent. Il a dit non.

-Mais pourquoi m’as-tu aidé alors?

-Parce que tu avais besoin d’aide!  

Et il reparti.  

En racontant cette histoire, mon interlocuteur semblait absolument consterné!  Il disait sans cesse qu’il ne comprenait pas ma culture!  

-Votre culture est tellement tourné vers l’argent!  Vous ne pouvez pas faire confiance à quelqu’un si vous ne le payez pas!  Personne ne peut faire un geste par générosité chez nous?

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Pour moi, c’était fascinant d’entendre la perception de quelqu’un d’autre sur ma propre culture!  

Il est inutile de dire que je ne crois pas que ce sont tous les Occidentaux doivent payer de l’argent pour faire confiance à un étranger.  De même, je ne pense pas qu’il faut faire faire confiance aveuglément à tous les étrangers qui propose leur aide dans la rue.  Loin de moi, l’idée de vouloir généraliser, mais l’histoire me faisait réfléchir…

Je crois quand même qu’il y avait un fond de vérité dans ce que qu’il disait. Parfois, l’échange d’argent nous confirme que l’on peut s’attendre à quelque chose de bon de quelqu’un  Si ce n’est pas le cas, on se questionne automatiquement sur les intentions de l’autre personne.  Toutefois, à la lumière de mes quelques semaines de voyage en Éthiopie et de ma rencontre avec ce nouvel ami, c’était clair pour moi :  les gens me veulent du bien!  Il trouvait les Occidentaux tellement craintifs!  

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Bref, faire confiance à de nouvelles personnes est un constant défi en voyage.  Comme les relations sont de très courtes durées, il est nécessaire d’exercer un jugement rapide.  Et cet Éthiopien m’apprenait que le fait de payer donnait souvent confiance aux touristes, alors que selon lui, les locaux avaient seulement l’intention d’aider sans arrière pensées…

Et vous, auriez-vous aussi réagi de la même manière que cette touriste canadienne?

Les 15 incontournables du sac-à-dos

A 18 ans, je préparais mon sac-à-dos pour mon tout premier voyage : l’Inde.  Son contenu : beaucoup trop de linge kaki et brun, et une maigre trousse de premiers soins! Avec le temps, j’ai bien compris que j’avais besoin d’un peu de couleur pour être heureuse, et d’un peu plus de précaution. 🙂

Aujourd’hui, je vous propose donc une façon améliorée de faire ses baguages, éprouvée par mes derniers voyages.

Version : pays humide, sans restriction vestimentaires pour les femmes.

Donc, à part les éléments sur la photo, voici les incontournables.  Facile à oublier, ils sont tout de même essentiels :

  1.  La pristine et une gourde : l’eau étant rarement potable, j’apporte toujours cet élément, afin de ne pas être dépendante de l’eau embouteillée qui fait grimper le prix du voyage, en plus d’être une méthode polluante.
  2. Un drap d’auberge : il m’est arrivé de ne pas savoir si les draps des auberges dans lesquelles je dormais était propres.  Dans ce cas, pas de soucis, je me glisse dans dans mon drap d’auberge et j’ai l’esprit tranquille.
  3. Un moustiquaire : Afin de prévenir la malaria et surtout de passer une nuit tranquille, un moustiquaire sauve bien des problèmes 🙂
  4. De l’huile essentielle de lavande : Peur de dormir avec les puces de lit?  Moi oui!  Pour les éloigner quelques petites dans les draps et c’est réglé.
  5. Un couvre-sac pour la pluie : saison sèche ou saison des pluies, avec un couvre-sac de pluie, c’est facile et simple de garder ses vêtements secs.
  6. Un cellulaire : En particulier dans les pays africains où l’internet est rarement présent, c’est tellement plus facile de rejoindre la famille par téléphone.  Il n’y a qu’à acheter une carte SIM du pays et rejoindre nos proches partout devient facile.
  7. Des sachet d’hydratation : la déshydratation peut apparaître rapidement.  Quand le mal de tête frappe, un sachet fait toute la différence.
  8. Des vêtements chauds : parmi toutes les destinations que j’ai fait où je pensais crever de chaleur, il y a toujours eu un moment où j’ai eu froid.  Bangladesh, Cameroun, je suis toujours contente d’avoir une petite laine!
  9. Des barres tendres et gels : Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je dois avouer que quand j’ai faim…  je deviens plutôt impatiente 🙂  Souvent, c’est impossible de trouver de la nourriture, car on est sur la route.  Les barres tendres font alors l’affaire.  Les gels, c’est quand ton guide vient cogner à ta porte à 5h00 pour le trek de la journée, et que tu n’as pas le temps de déjeuner 🙂
  10. Du shampoing sec : quand il y a une coupure d’eau ou tout simplement pas d’eau, et que tes cheveux sont gr..  le shampoing sec, c’est magique!
  11. Savon pour le linge : J’ai rarement visité des pays avec des laveuses..  Un peu de savon pour le linge et un lavabo et le tour est joué.
  12. Corde : Tu viens de laver ton linge et il n’y a pas de meubles dans ta chambre à part le matelas sur le sol ou ton sac-à-dos brise soudainement : de la corde, c’est toujours utile 🙂
  13. Un adaptateur : plusieurs pays n’utilisent pas nos prise électriques.
  14. Une trousse de premier soin : en cas de pépin, c’est toujours très pratique!
  15. Le petit et le grand sac : J’ai toujours un grand sac pour traîner tous mes bagages et un petit pour quand je sors dans une ville.  L’un rentre dans l’autre lors des déplacement.

Les sacs de compression font des miracles pour économiser l’espace. 🙂

  Pour l’avion.

Et voilà!

9 – Gondar, la magnifique

Qui aurait cru que je trouverais à Gondar au Nord de l’Éthiopie, un château gigantesque aux allures médiévales.

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Je franchis les murs de garde et me voici entourée de tours, de tunnels, de meurtrières et de cachots.  Un sauna en pierre a même été construit au coeur du bâtiment!

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Devant ces monuments, je me rend compte que je n’ai aucune idée de l’histoire de ces lieux.  Je ne sais absolument rien à propos des anciennes routes de commerce de la région, ni des rois ayant conquis ce territoire.

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En découvrant ces lieux, je me rends bien compte que la culture éthiopienne est unique, distincte des autres pays d’Afrique, et franchement captivante! Les fresques dédiées à la description de l’histoire du pays ou à l’illustration de scènes religieuses chrétiennes s’inscrivent dans un style artistique tout à fait particulier.  Par exemple, les personnages sont tous peints avec de grands yeux ronds!

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Je me sens vraiment chanceuse de pouvoir avoir accès à toute cette richesse culturelle.  En même temps, j’ai un petit goût amer.  Je trouve dommage que la seule chose dont on me parlait avant de venir ici était la famine qu’avait connu le pays.  L’Éthiopie a tellement plus à offrir que cette image qui est maintenant chose du passé!  D’ailleurs, je m’étonne du message qui est véhiculé sur ce pays en pleine croissance…  Après tout, il y a actuellement plus de grues de construction à Addis-Abbeba, qu’à Montréal!

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Cette constatation me motive à en savoir davantage sur ce fascinant pays.  Aller!  Je retourne à mon château et à cette ville envoûtante qu’est Gondar!

Et vous, avez-vous déjà voyagé  dans un pays où l’image que vous en aviez avant de partir était totalement différente de ce que vous avez découvert en y voyageant?

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Dernier regard sur le Cameroun!

Entre des villes etourdissantes remplies de taxis, de motos, de poussière et de petits stands à brochettes et une nature époustouflante, avec des plages de sable noir et une luxuriante jungle, j’ai adoré découvrir cette partie de l’Afrique qui m’était inconnue.  Les Camerounais nous ont fait un super accueil!  Wow, merci!

  
 

Le Fjord du Saguenay

J’avais besoin d’une aventure au loin.  J’ai décidé d’aller descendre le fjord du Saguenay en kayak.  J’en ai eu pour mon argent, de l’aventure…  Voici les 4 erreurs d’une fille avec beaucoup d’ambition et un maigre soucis de la préparation…

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Ça y est.  Après plusieurs heures de route, me voilà enfin au Saguenay!  En deux minutes, j’ai mis mon kayak à l’eau et ma veste de sauvetage.  Et hop, me voilà sur le fjord, je suis une grande exploratrice, que je me dis!  Erreur 1 : Je n’ai pas vraiment regardé la météo.  Le vent se lève, le ciel prend une couleur de grisaille et me voilà à la merci de la houle.  Au début, je me sens vivre.  Ah, c’est ça l’aventure : c’est Andy dans les vagues, c’est Andy l’invincible!  Erreur 2 : Pas de chance, je n’ai pas vérifié si la jupette de mon kayak est imperméable… quelle erreur majeure!  A la lumière de l’éclair, mon kayak se rempli d’eau et rentre de plus en plus dans le courant.  Je dirige mon kayak vers le côté, mais il n’y pas de côte, le Fjord du Saguenay est fait de magnifiques falaises de roches, tellement belles, mais où il est presque impossible d’accoster! A quatre reprises, dans les vagues, j’agrippe mon kayak sur un cran rocheux, et je pompe et je pompe, et je pompe l’eau.  A chaque reprise, j’arrive à faire quelques mètres.  Mais mon kayak se remplit à une vitesse ful-gu-ran-te, et devient extrêmement instable.  Je rame comme une défoncée.  J’ai peur de chavirer, j’ai l’impression que mon kayak va couler sous moi..  Et je chavire.  Et je panique.  Erreur 3 : Je n’ai pas de wetsuit.  Le froid me coupe le souffle.  Je panique.  Oh boy, c’est fret!  J’ai peine à respirer tellement j’ai froid.  Je finis par me calmer, je suis trempée, mais je suis la plus chanceuse de toute les filles, le courant me porte vers une plage où est justement situé mon premier campement!  Le pire est passé, mais Erreur 4 : Je n’ai pas vérifié si mes caissons étaient étanches.  Et non, il ne le sont pas.  Toutes la nourriture que j’avais apporté a pris l’eau… et les pâtes ont gonflé.  Je ris parce que je suis complètement ridicule.  Je me suis tellement mal préparée.  Il ne me reste plus qu’à me faire un feu… Et a faire sécher mes pâtes pour être sûre d’avoir de la bouffe jusqu’à la fin!

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Autrement, il me restait trois jours de randonnée en kayak.  A part cette mésaventure, il s’agit d’un endroit magique.  Les sites de camping sont incroyables et les falaises entourant le fjord sont complètement majestueuses!  Bref, j’ai fait séché mes pâtes au soleil, bon après 2 jours elles goûtaient un peu le pourri, et j’ai profité des jours de liberté qui me restaient avec les bélugas qui nageaient autour de nous…  A faire et à refaire (mieux préparée :))

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8 – Les singes géants

Au premier campement, nous sommes les seuls.  Les tours organisés se rendent directement au sommet.  Je commence à monter ma tente, puis à faire le souper ; des pâtes mélangées et du lait concentré.  Quelques minutes plus tard, plusieurs petites filles se rassemblent autour de moi pour m’observer.  Qu’est-ce que je mange?  Elles n’ont probablement jamais mangé de pâtes, puisqu’elles ne sont jamais allé à Addis-Abeba.  Pour elles qui portent de grandes robes avec de grands foulards, mes vêtements les intriguent beaucoup!  Elles chuchotent entre elles et me demande combien coûte mes souliers de randonnée.  Je ne réponds pas toute suite, il faut que je réfléchisse à ce que je vais leur répondre.  Je ne veux pas leur donner l’impression que je suis millionnaire.  100$, c’est une gigantesque fortune, ici.

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-Aller dis-nous le!  Tes souliers doivent valoir tellement chers, ils t’on coûte…   2$, c’est ça!? Tu es riche! Nous, nous avons des souliers et ils lui ont coûté 0,20$! Toi, tu es riche!

Cette affirmation me laisse sans mot.  Moi qui pensait dire 25$!  Je vois bien qu’elles sont très pauvres, seulement deux d’entre elles ont des souliers et ils coûtent 0,20$ en plus.  Directement arrivées de Chine, presque tous les Éthiopiens que j’ai rencontré portent le même modèle de chaussures de type sandales en caoutchouc.  La réalité de ces filles me frappent…  alors qu’elles rient ensemble de la couleur de mes cheveux en tirant sur des mèches qui dépassent de mon capuchon.


Nous sommes enfin au sommet!

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Le chemin est incroyable, d’immenses crevasses m’entourent!  Mais il n’y a pas que cela autour de moi!  Il y a également des hordes de singes!  Les mâles sont intenses!  Ils ouvrent leurs gueules découvrant d’impressionnantes canines!  Ah, là je comprend la nécessité du A-K47!  Lorsque je me réveille le lendemain matin, la tente en est entouré de ces singes géants!  Bon matin, Andy!  J’en crois pas mes yeux, mettons que c’est différent de Montréal!

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Je croise plusieurs tours organisés venus en voiture, moi je suis venue seule.   Au campement, j’entends un homme crier sur son guide.  J’aurai voulu lui dire tout ça :

-As-tu parlé seulement une fois aux gens que tu as photographié?

-As-tu une idée de la vie quotidienne des populations vivant dans les paysages que tu as entrevus à travers les vitres de ton jeep?

-Sais-tu combien d’enfants a le guide que tu es en train d’engueuler?

-Payer un prix faramineux te donne-t-il le droit de manquer de respect aux gens qui portent tes baggages?

-Tes photos de baboins font-elles plus sensation que les photos des personnes que tu as prises en photo?

Voyager en tour organisé est certainement une façon intéressante et sécuritaire de parcourir le monde.  Pourtant, certains touristes pensent avoir le droit de tout faire sous le prétexte qu’il ont payé un prix important pour leur séjour.

Il y a une grande différence entre consommer une culture et la vivre, merde!

Quand je pense que les Éthiopiens prennent le genre de transport sur la photo pour redescendre des Simiens Mountains, je pense que je suis très chanceuse et je prends conscience de mes privilèges de touriste…  Assise dans un 4×4 pour redescendre la montagne, je rumine ma colère à propos l’homme qui n’avait pas su apprécier les siens.

Et vous, avez-vous déjà observé ce genre d’attitude de la part de d’autres touristes?

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