7 – Siemens Mountain – Partie 2

A force de monter les pentes raides, je suis fatiguée, épuisée.  Concentrée sur chacun de mes pas, je réfléchis.  Quand l’altitude te donne l’impression de ne rien respirer, quand la poussière s’incruste dans tous tes pores de peau, quand tu ne t’es pas lavé depuis des jours, quand le poids de ton réchau, de ton sac de couchage et de ta bouffe creusent de larges sillons dans tes épaules, et quand tu en es à ton 20e kilomètre sous le soleil brûlant, c’est entre toi et ton mental.  J’adore les treks, pour la simple raison que cela me permet d’aller au bout de moi-même.  Je garde ces victoires précieusement pour les jours où je me sens moins à mon avantage, ou quand je me sens jugee par les autres.  A la fin de la journee, j’aurai atteint le sommet de la montagne, mais surtout la fierté d’être exactement comme je suis, car j’ai relevé le défi.

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Alors que la sueur coule dans mes yeux, je fais un pas de plus.  Ma peur d’être épuisée, sale, laide, grosse ou faible décole ; j’ai d’autres priorités.  La sueur brûle ma peau déjà brûlée par le soleil, et c’est le plus beau moment de ma vie.  Quand je cesse d’avoir peur d’avoir l’air, je commence enfin à vivre dans l’instant et à percevoir la beauté des choses qui m’entoure.  C’est la première leçon de mon voyage, j’imagine.

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Des montagnes immenses, des crevasses gigantesques me font face.  Je vis!  La nature est infiniment plus grande que moi et mes préoccupations.  Dans les villages que je traverse, les femmes et les hommes portent de grandes couvertures poussiéreuses pour se couper du vent maintenant froid, annonçant la nuit.

Ici, on vit au rythme des troupeaux de chèvres, de moutons et de bœufs.  Dans ce pays sec aux milles rocs, mes préoccupations d’Occidentale ne font plus aucun sens.  Tout ce qui compte maintenant, ce sont les rencontres que je fais et qui m’aident à comprendre la vie à 4000 km d’altitude au nord de l’Éthiopie.  Ah je me sens vivre!

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En bonus, un vidéo à ne pas manquer!!

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