6 – Siemens Mountains – Partie 1

A 7h00, je prend le mini-bus.  Entrez!  Entrez, tout le monde!  Le bus est sans fond! Venez enfants, chèvres et poulets, dans les bus éthiopiens, il y aura toujours de la place pour vous!  Si je m’assoie sur une fesse, que je me tasse au fond et que je met deux bébés sur mes genoux, il y a encore de la place!  Je regarde dehors, et je vois très peu de gens porter des souliers…  Plusieurs portent plusieurs épaisseurs de vêtements, parce que chacune des couches de tissus a des trous à des endroits différents.  Je commence à comprendre que l’Éthiopie sera un des pays les plus pauvres que je parcourrai durant ce voyage.

1800382_771854382844235_1532319582_n

Après quelques heures de ce confortable transport… j’arrive au poste de contrôle!   –Quoi, vous partez pas en groupe organisé?  -Non, monsieur, c’est moi et mon sac-à-dos.  –Quoi?  Vous prenez pas de mule?  Non, monsieur, je suis forte, c’est moi la mule! Et tout le monde rit.

À travers les Siemens Mountains, avoir un «scout» est nécessaire.  Avec nous, nous avons donc eu Fanta.  Fanta est un Éthiopien menu au large sourire.  Il transporte bien bien peu : une couverture, des petits pains, et bien sûr… un AK-47.  Son rôle : protéger notre tente des babouins durant la nuit et nous guider durant le jour.  Fanta parle Amharique, une des nombreuses langues locales, et bien sûr, je ne connais que merci et bonjour.  Mais Fanta est fantastique, il rit quand je suis essoufflée, il m’aide à monter ma tente quand je n’ai plus de force et il va chercher de l’eau dans la crique quand je prépare le repas.

IMGP0290

Alors, pour commencer, Fanta nous amène au marché.  De petits bâtons de bois servent d’étalage.  Rapidement des enfants et des adultes nous entourent.  Madam! Madam!  Tu veux des biscuits? Des souliers? Du lait? Tu me veux, moi? –Merci, merci!  J’ai déjà un mari!  Et hop, dans tout ce brouhaha, je viens de me faire avoir sur le prix du kérosène dans le brûleur qui nous aidera à préparer la nourriture.  Mes sens sont saturés par tout ce qui m’entoure, tout le monde veut nous parler, il y a plus d’actions, de bruits, de paroles que je ne peux en comprendre.

1514599_771855429510797_1383126145_n

Puis, rapidement, je monte dans la montagne, Fanta nous amène loin de la foule.  Ouf! Je respire, j’avance avec le sourire!  Ah, les voyages!  L’air est tellement sec et le soleil tellement fort!  Vive ma crème solaire 45!  Je quitte le village et j’entends.. des voix qui m’accompagnent…  et qui m’accompagneront tout le long de la randonnée!

–  Hello!  Hello!  Welcome!

IMGP0216

Des enfants sortent de partout et nous suivent!  Vallons après vallons, ils apparaissent et nous crient de venir les voir.  Les échos de leur voix traversent les mètres… et les montagnes qui nous séparent.

– Where do you come from?

Ils rient de nous avec nos gros sacs-à-dos.  Nous n’avons pas la même vie.  Leurs petites jambes se dépêchent d’aller chercher les chèvres égarées de leur troupeau.  Ils ont bien moins de 15 ans et parcourent déjà seuls les montagnes à la recherche de pâturage pour leurs bêtes.  En chemin, nous en voyons d’autres qui dirigent les chevaux qui pilent le blé pour en faire sortir le grain.  Tout au long de notre trek nous croisons des enfants seuls, au milieu des montagnes, surveillant des troupeaux formés par des dizaines d’animaux.

IMGP0223 IMGP0247

Peu à peu le paysage change, des rochers immenses percent le ciel au creux desquels s’accrochent des palmiers.  Cette vision surréaliste me fait oublier la poussière volatile qui colle à ma peau.

La montagne est haute, je sue à grosses gouttes.  Quand je regarde autour de moi, je me demande encore s’il s’agit de rêve.  Et non, je suis bel et bien en Éthiopie et c’est fantastique!

IMGP0260

Leave a Reply