2 – Chevilles en saucisses

Un cri strident dans la nuit, puis deux, puis trois ; clairement, il y a un chien ou un chat en chaleur près de l’endroit où je dors.  Je me réveille en sursaut : Aie! Où est-ce que je suis? Et je me reprends –T’inquiète Andy, tu es à Addis-Abeba en Éthiopie.  –Ok, Ok.  Quoi?  Qu’est-ce que je fais en Éthiopie?  – Tu as décidé de partir en voyage sac-à-dos en Afrique.  Tu ne te souviens pas? – Ah oui, c’est vrai…  Et je me rendors.

Je dors!  Quel soulagement!  En quatre jours, j’ai dormis 12 heures ; je suis é-pui-sée!  Hier, je me suis couchée à 4h PM pour me réveiller aujourd’hui à 6h AM. Je suis maintenant reposée.  Le seul hic… j’ai les chevilles en saucisses. Oui, deux gros boudins bien enflés où il est clairement impossible de distinguer mes malléoles.  Rien de grave, bien sûr!  Je crois que c’est la rétention d’eau et l’altitude, ou un truc comme ça.

Bref, j’ai fait mes tout premiers pas en Afrique!  Moi qui pensais capoter, figer et vouloir retourner d’où je viens… et non!  Au contraire, ça ressemble à ce que j’ai connu dans mes précédents voyages; les chauffeurs de taxi te sautent dessus en criant directement dans tes oreilles – Taxi!  Taxi! Madam!  Taxi!  Taxi! Madam!  Un sourire en coin, les gars s’empressent de te proposer un prix exorbitant le plus naturellement du monde!  Alors, tu restes relax, tu ris, et eux aussi parce qu’ils savent clairement qu’ils te proposent un prix exorbitant.  Et tu changes de chauffeur, et la roue continue, jusqu’à ce que tu trouves un bon prix.  Dans tous les cas, le voyage s’est bien passé.

Le plus fou, c’était l’aéroport de Lagos, au Nigeria.

Je ne pouvais pas croire que j’étais enfin au Nigeria après avoir fait des pieds et des mains pour avoir mon visa!  J’ai vu des AK-47 dans les mains des douaniers.  Franchement, je n’avais jamais vu ça jusqu’à maintenant, et c’était vraiment pas la dernière fois!  Attachés à leur ceinture, on dirait de simples babioles et personne n’en fait aucun cas, de ces armes.  Au contraire, ici, tout le monde se serre la main, et je peux dire que la chaleur des relations n’a d’égal que la température!  Dans cette fourmilière qu’est l’aéroport, les files sont interminables, tout bouge, tout grouille.  Les sens sont sur-stimulés et partout, les femmes portent des boubous très colorés.  J’ai tellement chaud que ma peau est gluante.  L’air chaud transporte une odeur de sable et de sueur dans tout l’aéroport.

Au milieu de ce brouhaah, tout à coup, on me crie dessus!  Pas de pitié si je ne comprends pas l’accent du douanier géant en face de moi. (Il semble que les douaniers nigérians sont immenses!) Avance Madame, la blanche! Enweye par là, me dit le douanier.  Et j’avance, et je fais mon chemin dans l’aéroport bondé et poussiéreux de Lagos et où le smog s’invite dans tous les racoins, donnant un fini orange à tout ce qui m’entoure, même moi…  Puis, c’est reparti, je laisse le Nigéria pour l’Éthiopie.

Quel a été l’aéroport le plus bruyant que vous ayez connu, l’aéroport de Lagos reste mon numéro 1, et vous?

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