1 – Le capotage

Je ne sais pas du tout ce que je vais y faire.  Je capote.  Il y a un moment où ma gorge se serre et où je me dis : Ouah!  Mais qu’est-ce que j’ai pensé!  Assise dans le confort d’un divan de velours vert rembourré à l’aéroport de Burlington, je plonge le regard dans cet environnement prémâché, dont je connais tous les codes et le fonctionnement.  La langue, la culture.

Ouf, est-ce que je suis vraiment prête!?  J’ai de sérieux doutes! Prête pas prête, j’y vais!  De toute façon, je n’ai plus le choix, mes parents sont déjà en route vers Montréal, j’ai quitté temporairement mon emploi et j’ai sous-loué mon appart.

Et puis, ce voyage en Afrique de l’Est a commencé bien avant que je prenne l’avion. Je me suis bien rendu compte en parlant de ce projet, que tous avaient une opinion sur le sujet. Personne n’y avait mis les pieds, en Afrique, mais tous savaient comment ça marchait… ce grand continent.  Oui, oui, l’Afrique non seulement c’est pauvre et dangereux, mais c’est partout pareil!  À force d’entendre la même histoire, j’ai trop hâte d’y mettre les pieds pour créer la mienne.  Et surtout pour mieux comprendre cet endroit, tout simplement.

L’idée de partir avec mon sac-à-dos dans cette région a causé beaucoup de remous autour de moi.  Les gens nous trouvait fous!  Par contre, moi, j’avais besoin d’y aller par moi-même, seule, sans ONG ou autre organisation.  Je voulais y aller sans avoir la vision – d’aider-.  Durant mon bac en science politique, j’ai entendu tellement de choses, étudié tant de concepts.  Je voulais comprendre mieux cette région et vivre la grande aventure!

Mais entre temps, j’étais assise à l’aéroport de Burlington, un billet pour le Nigéria entre les mains, et je me demandais si j’allais être à la hauteur!

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