13 – Trésors de bronze

Je suis toujours à Bafoussam au marché.  Je regarde les couleurs et les gens…  j’adore ces endroits!  J’adore me promener entre les stands faits de bâtons de bois et de tôle, dans les allées infinies de terre battues.  Le marché sent la terre mouillée, il vient de pleuvoir.  Et puis, je vois quelque chose que je n’ai jamais de ma vie… de géantes statues de bronze.

Rapidement, un homme vient me parler et commence à me parler avec tant de fierté de sa fabrique.  Il me montre le charbon avec lequel il alimente le feu à haute température faisant fondre le métal.

Puis, l’endroit où le feu est fait.

Enfin, il n’emmène où sont les moules en terre cuite à l’intérieur desquels le métal liquide est inséré et prendra ensuite la forme voulue.

Ensuite, il me montre le résultat fini, juste après le démoulage.

Puis, finalement, les différentes pièces de bronze, suite au polissage.

La fabrique est un endroit un peu étrange et tellement chaud.. partout de grandes et de petites statues en forme d’humain, de chats, d’oiseaux me font face.  A travers cet art, j’en découvre un peu plus sur le folklore camerounais, les histoires et les contes de ce fabuleux endroit du monde, et une fois de plus, je suis tellement d’en connaître plus sur la richesse de cette culture. Je suis totalement fasciné par le processus de fabrication ces statuts et par l’expertise des travailleurs de la fabrique.   C’est magique!

Et vous, avez-vous déjà visité un fabrique comme celle-ci? Où cette fabrique se trouvait-elle?

12 – Histoires oubliées du Cameroun

Me voici dans l’Ouest du Cameroun, une partie du pays du pays complètement différente de celles que j’avais visitées.  Ici, les gens sont majoritairement de confession musulmane et parlent principalement anglais.  Je savoure ce nouveau paysage et cet autre visage de la culture camerounaise.

D’abord, je me réhabitue au son de la première prière, célébrée vers 4h00 du matin et entendue dans toute la ville à partir des minarets de la mosquée.  J’avais déjà vécu cette expérience au Bangladesh et chaque fois, je suis fascinée par cette voix grave qui donne une ambiance mythique aux réveils.

Tôt le matin, je m’oriente vers le marché où j’admire les couleurs des vêtements des femmes.  Elles portent fièrement leurs boubous, des grandes robes fabriquées à la main par des couturières locales.  Inspirée, je me fais moi-même faire un habit!  J’avais déjà tenté l’expérience dans plusieurs pays, comme au Vietnam, au Cambodge ou en Inde; les vêtements locaux sont de toutes évidences les mieux adaptés à la culture locale, et c’est l’occasion idéale de se faire faire des vêtements sur mesure tout en encourageant l’économie du coin.

Le marché de Bafoussam est l’un des plus beaux que j’ai vu.  On peut y trouver une variété extrêmement impressionnante d’épices fraîches récoltées dans les environs.  D’ailleurs, j’en profite pour faire le plein, afinremplir les armoires de mon appartement à Montréal.  La femme à qui j’achète toutes ces épices a de grands yeux ronds voyant tout ce que je prenais, je sais qu’en lui achetant directement ses produits, j’investie dans sa famille et son commerce.

Puis, je me dirige vers le point culminant de la ville…  le château!  Sincèrement, c’est la deuxième fois que je tombe sur le telle construction en Afrique.  C’est absolument magnifique.  Je suis toujours étonnée de constater à quel point j’en sais peu sur l’histoire du continent avant la colonisation.  Devant cet imposant bâtiment, dont un géante fresque de céramique décrit l’évolution et les personnes y ayant séjourné, j’ai le même sentiment que lorsque j’avais découvert un autre château en Éthiopie : http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2015/08/11/gundar-la-magnifique/.

Je découvre avec surprise toute l’histoire de la communauté Bamoune et sa descendance sur le trône.  La visite est très bien organisée par des guides locaux passionnés par le partage de leur savoir.

Mon ignorance me fend le cœur et j’en reviens à même conclusion que je m’étais faite lors de mon précédent voyage en Afrique de l’Est : l’Afrique est remplie de si multiples richesses, personnes, histoires et savoirs…   http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2016/03/12/40-epilogue-de-cette-epopee-africaine/

Je suis toujours aussi choquée de constater à quel point le reflet de ce qui nous est transmis en Occident concerne simplement la pauvreté et/ou les conflits présents dans certaines régions, alors que des villes dynamiques comme Bafoussam sont si belles et ont tellement à offrir aux voyageurs.  L’industrie du voyage sac-à-dos est inexistence dans cette partie du monde pour plusieurs raisons, mais entre autre pour cette dernière, l’image erronée transmises de ces lieux ou le manque de médias donnant accès à de telles informations.  Bref, je suis tout à fait enchantée d’avoir mis les pieds dans cette partie du Cameroun, d’avoir pu en savoir plus sur cette partie fascinante du pays.

11 – Le coconut

Quand je m’assoyais sur le bord de la plage dans le village où j’avais décidé de me poser quelques jours, il avait toujours un petit garçon qui venait s’asseoir près de moi.  Il se couchait sur le sol, la tête dans les mains, et il me dévisageait sans remords, curieux.  Puis, il s’est mis à me parler, à me poser des milliers de questions : d’où je venais, où j’allais, pourquoi j’étais ici, où était le Canada, c’était quoi le Québec, combien coûtait mes souliers, et tout le tra la la.

A l’époque, je voyageais avec des amis, et le petit garçon nous suivait un peu partout.  Sans qu’on lui demande, il était là.  On aurait pu le trouver collant, insistant, et avec toutes ses questions… un peu ignorant…

Et pourtant, il cherchait par tous les moyens en savoir plus sur nous, mais surtout sur le monde, et avec toute cette curiosité, il a saurait bientôt bien plus que nous tous réuni, même s’il ne savait où placer le Canada sur une carte.

Un peu plus tard, j’ai passé pas moins d’une heure à essayer d’enlever la croûte épaisse de la coconut qui était tombé à pied.  Je me suis fais mal aux mains et je me suis un peu coupée.  Quand le garçon m’a vue, il a éclaté d’un grand rire vif! C’est que j’étais en train de peler un coconut pourri!! Voyons, comment j’avais pu faire pour ne pas le voir!! C’était si évident!  En deux temps, trois mouvements, le jeune adolescent avait grimpé l’arbre cueillir une noix fraîche, et de trois coups de machette bien précis à des endroits stratégiques, avait pelé le fruit pour me permettre d’enfin le manger et d’en boire le jus.  Cette fois-ci, il m’avait trouvé vraiment stupide de ne pas savoir comment faire, moi l’adulte qui a parcouru le monde.

Ce que ce coconut m’a fait comprendre, c’est qu’il n’y a pas vraiment d’ignorance, mais plus d’expériences de vie différentes aussi riches les unes que autres, et que du haut de mon grand monde occidental, je n’en sais pas plus que quiconque.  Que les connaissances que j’ai appris à partir de mon lieu de naissance, ne permettraient pas nécessairement de survivre dans un autre environnement, tel que ce coin d’Afrique par exemple.  Aujourd’hui, je ne trouve jamais plus personne ignorant… où peut-être seulement celui qui pense que l’Autre l’est, sans vraiment s’intéresser à lui. 😉

 

10 – A la trappe camerounaise!

Les deux mains bien accrochées sur le support en métal de la moto, mon dos craque à la folie.  C’est que sur cette petite route de sable rouge de campagne camerounaise, j’encaisse les coups que les amortisseurs inexistants de mon véhicule, ne peuvent amortir, justement.  C’est déjà la grande aventure, puisqu’à chaque instant, j’ai peur de rouler sur une trop grosse bosse et ainsi aller rejoindre la jungle luxuriante qui m’entoure.  😉

C’est que j’avance vers une expérience de vie complètement unique : mon chauffeur de moto m’amène à la chasse dans la jungle!  Arrivée à destination, je rencontre un homme très petit avec une très grande machette.  A ma grande surprise, je me rends compte que l’homme en question est un Pygmé.  J’avoue avoir très peu de connaissance sur ce groupe, et en avoir seulement vaguement entendu parler dans les livres que j’ai lus.  Je me sens tout à fait privilégiée de l’accompagner à la chasse.

En deux temps, trois mouvements, je me retrouve au coeur de la jungle, ce dernier me montrant comment il trappe chaque jour de petits mammifères.  Je suis absolument impressionnée!  En quelques secondes, il coupe une lianes, puis deux petits arbres, attache l’un aux autres et construit un piège en tout point naturel et au combien efficace!  Un petite clôture faite de bois sur plusieurs mètres contraint les animaux à passer par un petit trou où le piège sera ensuite installé.  Il commence à parler de ses connaissances de la forêt, je suis vraiment fascinée par son savoir-faire.

Un peu plus loin, la clôture est détruite.  Des bouts de bois se retrouvent un peu partout..  Intriguée, je lui demande ce qui a détruit son piège.  L’homme sourit, puis me dit que ses installations sont conçus pour attraper de petits animaux pour leur peau, mais également pour se nourrir.  Toutefois, ils ne sont pas assez forts pour capturer un…. python!!!!  Je n’en crois pas mes oreilles, il me raconte que la semaine passée, un python s’y est pris : coincé dans le fil à pêche qui entourait son tron, le python s’est débattu de gauche à droite pour s’échapper, mais sans succès.  L’homme ayant appris la nouvelle, il est revenu avec plusieurs amis pour tuer sa proie avec un fusil.

Cette histoire me semble absolument surréelle!  Le Cameroun est franchement un endroit tout à fait incroyable!  Toutefois, même si je bois les paroles de l’homme, je ne peux rester en place!  Je me trouve près d’une gigantesque fourmilière et des centaines de fourmis montent sur mes jambes et me mordent agressivement.  Ouf!  Honnêtement, je le répète encore, je suis vraiment impressionnée de la capacité d’adaptation de l’Humain!  L’homme travaille chaque jour sans relâche pour nourrir sa famille dans une chaleur incroyable, au milieu d’animaux assez dangereux (python!) avec des fourmis partout!  Avec sa machette, des bottes de caoutchouc, des shorts et un t-shirts de soccer, c’est franchement rudimentaire comme mode de vie!  Franchement, je me trouve privilégiée, et j’ai beaucoup de respect pour lui.

 

 

 

 

9 – Le poisson du village

Je suis maintenant à Kribi, une magnifique petite ville sur le bord de l’océan atlantique.  Je mange dans un petit resto local, juste avant de prendre le bus pour un tout petit village, où j’ai entendu parler d’une initiative éco-touristique.  Durant quelques jours, je serai logé dans une petite maison sans électricité où je m’éclairerais le soir à la lampe à l’huile sur le bord d’une magnifique plage déserte.

Après plusieurs heures de transport, j’arrive finalement à l’endroit dit.  Il y a de petites maisons partout, et je suis bien accueillie par la femme qui préparera mes repas personnellement durant mon séjour, comme il n’y a ni marché aux alentours, ni restaurant.  Je me sens au bout du monde, dans ce petit endroit tranquille, et je suis vraiment frappée par la beauté de l’endroit.

Pour moi, c’est l’endroit idéal.  Loger au coeur d’une petite communauté et partager au maximum le quotidien des habitants de l’endroit est le meilleur moyen de connaître la culture locale, selon moi.  D’ailleurs, je sais que l’argent offert pour mon séjour représente à la fois une somme modique pour moi, puisqu’il est en fait une fraction du prix demandé dans un grand hôtel pour une plage aussi intime, et un revenu qui bénéficiera directement à la communauté dans laquelle je loge.

Durant mon séjour, je mangerai trois fois par jour la même chose : le petit poisson pêché localement par les hommes du village durant la nuit assaisonné avec un cube Magi.  Dans la maison rudimentaire de la cuisinière (une grande pièce séparée en section par des draps), elle partage avec moi ses succès et ses défis.  Elle me dit que le gouvernement se prépare à construire un port important près du village, ce qui amènera de très grands bateaux dans la région.  Les villageois ont peur que ces embarcations effraient  les bancs de poissons locaux, ce qui empêcherait les hommes de vivre du mode de vie traditionnel du coin : la pêche.  Elle me raconte qu’elle sent que le pays cherche à développer rapidement son économie sans toutefois mesurer l’impact de ce développement sur les petits villages comme le sien ; il n’y a aucune garantie que les emplois de subsistance locaux seront remplacés.  Sans électricité, les gens vivent assez simplement ici, mais ces derniers semblent préférer ce mode de vie, à des emplois au port, probablement plus payants, mais également plus stressants.

Je sors de la cuisine de la femme la tête remplie de réflexions sur ce que nous venons de discuter : développement local versus régional, proctection de la culture locale versus économie, etc.  Je suis vraiment heureuse de d’avoir rencontré cette femme, et d’avoir pu en apprendre plus sur sa vie.  Une expérience que je n’aurais pu vivre si j’avais décidé de loger dans un endroit plus luxueux.  D’ailleurs, ce séjour au village m’a également permis d’assister à une scène de ménage assez intense entre deux femmes partageant apparemment le même mari.  😉  Si près des gens, j’ai beaucoup plus de chance d’en apprendre plus sur la culture d’ici!

8 – A la frontière du Nigéria

Quand je suis partie pour le Cameroun, une (petite) partie du pays était contrôlée par Boko Haram, un groupe terroriste faisant la promotion d’un islam extrêmement radical et ayant des liens avec l’État islamique.  C’était une grosse décision de partir à ce moment-là.  En m’informant bien, j’ai compris qu’une partie seulement du pays faisait face à cet important danger et qu’en planifiant adéquatement mon séjour, je n’y mettrais pas les pieds.

J’ai voyagé un peu partout, mais j’ai toujours été bien consciente des risques importants que comportaient la traversée d’une zone de conflit.  Ou de toute zones en fait.  Nul endroit n’est vraiment neutre.  J’étais déjà atterri dans un conflit tribal au Kenya où j’ai été gentiment escortée par un garde armé à la porte du seul hôtel d’une petite ville parce que deux groupes tribaux étaient en plein coeur d’une importante négociation.  Ou encore, on m’avait fait rapidement signe de m’éloigner d’une intense manifestation politique au centre de Dhaka au Bangladesh.  J’ai également été particulièrement frappé par le sentiment d’insécurité auquel j’ai face à Cape Town en Afrique du Sud, où apparemment les tensions inter-communautés sont toujours bien présentes, même encore aujourd’hui : http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2016/03/08/moi-et-lautre/.  Même cet été, en Papoisie Nouvelle-Guinée, il était absolument impossible d’obtenir de l’alcool en raison des élections en cours, un sujet dont les Papous sont passionnés.  Bref, voyager est tout à fait politique peu importe le lieu selon moi.

Tout cela pour dire que je roulais maintenant dans un jeep emprunté à un ami au Cameroun à recherche d’un hôtel peu dispendieux pour la nuit.  J’avais fait mes recherches et l’idée était d’éviter le Nord du pays où des tensions étaient possiblement en cours.  J’ai suivi la route en suivant les indications pendant bien longtemps, sans rien trouver pourtant.  Sur le chemin, les autres hôtels croisés étaient trop chers (plus de 50 $ par chambre) et je devais continuer mon chemin à chaque fois.  Au bout de plusieurs minutes, la route a commencé à devenir un peu plus petite, puis franchement cahoteuse.  Je suis arrêtée plusieurs fois pour demander mon chemin aux gens que je croisais, et tous me disaient de continuer, ce qui me rassurait vraiment.

Je suis finalement arrivée dans un village où j’ai croisé un barrage policier.  La route était vraiment mauvaise, et je commençais à avoir de sérieux doutes sur la destination.  Une épaisse forêt m’entourait.  Le policier m’a répondu en riant que oui c’était bien par là, un peu plus loin après la rivière, j’ai donc continué à avancer jusqu’à ce que je trouve que le visage des gens que je croisais vraiment intense.  On aurait dit une expression de surprise très insistante, mais toutefois encore silencieuse.  J’ai commencé à penser à ce moment-là que quelque chose n’était pas normal.  J’arrête le véhicule et je marche vers la plage que je vois de la route.  Je suis avec des amis, dont un des mes amis Camerounais établi au Canada et étant venu visiter sa famille.  Je ne m’en rends pas compte, mais quelqu’un vient lui parler très rapidement, en peur.

-Mais qu’est-ce que vous faîtes-là! Ce n’est pas la place pour des étrangers!!!  La police fait présentement des fouilles dans les bois!!! Des combattants de Boko Haram sont présentement cachés dans la forêt et il y a une fouille en cours!!!! Partez maintenant!!

Le jeep roule dans la boue en quatrième vitesse, nous sommes en danger.

Le policier nous a menti.  Quand nous passons prêt de lui au retour, il rit.

Plus tard, je regarde sur une carte où j’étais rendue : proche de la frontière du Nigéria. Pas au Nord du pays, mais à quelques lieux de la zone à éviter.

NB : Je tiens à préciser que c’est la seule mésaventure que j’ai eu au Cameroun, et que c’était dû à cette situation politique en particulier.  Le reste du pays était vraiment tout à fait accueillant et sécuritaire, et j’y ai fait un voyage extraordinaire.

7 – Négocier serré

Je suis vraiment une passionnée des marchés de poissons!  Chaque fois que j’en vois un sur mon chemin, je fais fit de l’odeur, et je me fais un plaisir d’y passer des heures!  J’en ai visité en Afrique, en Asie, en Europe et en Papoisie Nouvelle-Guinée, et chaque fois je suis absolument impressionnée par les couleurs, les formes, les grandeurs de ces habitants de l’océan.  Il y a toujours un poisson que je n’ai jamais vu de ma vie!

Voici mon dernier article sur le marché de poisson que j’avais visité en Tanzanie 😉

http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2015/11/25/poisson-geant-et-poulet-tandoori/

Au Québec, les fruits coûtent tellement chers, j’en mange donc rarement… alors j’en profite à fond en voyage pour me remplir la panse de pieuvre, calmars et poissons frits! Wow! Tellement d’éléments me fascinent dans ces endroits :  l’abondance d’abord, la grosseur ensuite, mais aussi l’ambiance toujours un peu festive en raison des gens qui négocient serrés leurs achats, et surtout les pêcheurs fiers de leurs plus grandes prises et qui ont toujours des bonnes histoires de pêche à raconter.  Partout autour du monde, la pêche s’effectue de différentes manières : que ce soit en pleine nuit avec une lampe au Malawi : http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2015/12/22/32-peche-traditionnelle-au-malawi/ ou dans de petites embarcations doubles et étroites en Papoisie Nouvelle-Guinée ( j’ai déjà hâte d’écrire mon article sur le sujet!), je raffole de ces histoires toujours intenses.

Tout cela pour dire, que cette fois-ci, j’ai mis les pieds dans mon premier marché de poisson au Cameroun, près de Limbe et je suis gaga.

Je suis toujours impressionnée par les gros poissons et les crabes géants.

Négocier est toujours une expérience un peu étrange.  C’est la tradition dans plusieurs des pays dans lesquels j’ai voyagés, mais je suis toujours un peu perdue au travers des éléments à prendre en considération lorsque je regarde les prix :

  • Dans certains pays, négocier les prix de tous achats est normal, alors que dans d’autres la nourriture ne se négocie pas, c’est un signe d’irrespect pour l’énergie demandée pour amener ce poisson/fruit/légume sur la table.
  • Je dois aussi être consciente que souvent les prix sont gonflés artificiellement pour moi, car je suis une étrangère et la plupart du temps, les gens des communautés que je visitent pensent que mes poches sont pleines à craquer.  En même temps, je dois aussi être consciente que dans d’autres endroits du monde, notamment le Bangladesh ou la Papoisie Nouvelle-Guinée, monter les prix pour moi, étrangère, ne viendrait jamais à l’idée des gens locaux, et essayer de faire baisser le prix de la nourriture pourrait me faire paraître franchement insultante.. pour eux qui me demande un prix tout à fait juste pour leurs produits.

  • Finalement, je dois aussi prendre en considération, que quand je ne négocie pas un prix qui devrait l’être selon les locaux, j’envoie également le message qu’en tant que visiteur, j’ai les moyens de payer ces prix-là et que je suis vraiment très riche.  On s’entend, venant du Canada mon pouvoir d’achat est la plupart du temps plus élevé que celui de gens dans lequel je visite, toutefois, je fais toujours attention de négocier mes prix, afin de d’envoyer le message que oui, j’ai les moyens de voyager, mais non je ne vis dans un château au Canada à manger du crabe des neiges matin, midi, soir.  En fait, j’ai souvent assisté à situation, où des touristes étant inconscients de cette dynamique voyaient un prix absolument dérisoire pour un produit étiqueté de luxe au Canada, par exemple ces crabes géants dans ce marché au Cameroun.  Cela envoie un vraiment un drôle de message aux vendeurs et vendeuses du marché qui pensent maintenant pouvoir demander un prix ridiculement élevé aux étrangers pour un produit local.  A long terme, cela crée un fossé infranchissable entre les populations locales et les touristes autour de l’idée de richesse.

Bref, j’adore les marchés de poissons, ou tous les autres types de marché dans  les pays dans lesquels je voyage.  Je suis une super fan de ce contact avec les gens ; tout le monde doit manger, et la nourriture en dit tellement sur le mode de vie local, les traditions, les goûts, sur les familles qui fréquentent ces marchés.  J’en profite toujours pour faire le plein d’histoires et de conversations, mais je suis toujours aussi consciente de l’impact de mes achats sur la dynamique du marché : j’essaie de payer le prix juste et ma réflexion change de pays en pays selon les traditions locales : ce n’est pas nécessairement un prix durement négocié ou le plus bas possible, ni le plus élevé non plus, aussi parfois il n’est pas négocié, parce qu’il ne négocie tout simplement pas.  C’est le prix qui respecte la personne en face de moi, qui lui envoie le message que je donne de la valeur de son travail, qui reconnaît aussi que je viens d’ailleurs, mais qui en même temps veux donner une idée juste de qui je suis, une voyageuse sac-à-dos qui vit dans un appartement bien normal à Montréal.

Et voilà, je promène un peu partout et je fais mes choix ; c’est que je me prépare un festin.  Juste sur le côté du marché, plusieurs femmes ont des grills et cuisent sur le feu les achats frais du matin des clients.  Je laisse mes réflexions sur la négociation pour goûter pleinement aux saveurs du terroir camerounais.  C’est délicieux!

 

6 – Les lianes

Limbe a un des plus impressionnants jardins botaniques que j’ai vu de ma vie! J’ai l’impression que le coeur du Cameroun se retrouve dans cet espace caché à deux pas de la ville, et c’est absolument magnifique.  J’ai vu tellement de paysages arides en Afrique de l’Est, mais la partie du Cameroun où je me retrouve présentement représente absolument le contraire.

Ces arbres géants enfouis sous les dizaines de lianes sont absolument fascinants.  Ce sont des murs faits littéralement de végétation.  C’est vraiment incroyable.  On dirait un autre monde, immuable, tout en vert.

Je suis vraiment heureuse de découvrir, cette forêt miniatures, mais j’ai encore plus hâte de pouvoir découvrir le tout hors d’un parc officiel.  😉  J’ira bientôt avec un trappeur local… ce serait vraiment intéressant!

 

En attendant, ma prochaine sortie dans la jungle, je retourne vers les plages de sable noir de Limbe, j’en avais tellement entendu parler.  Ça me donnera une petite pause, avant d’aller au marché de poisson 🙂

5 – Les piscines vides

Je suis assise sur le bord d’une piscine à Limbe, à quelques heures de Douala. Sortir de la grande ville seulement, m’a pris plus de deux heures, pare-choc à pare-choc.  Douala a grandi a une vitesse fulgurante et les infrastructures n’ont pas suivi le rythme effréné du développement économique du pays.  Sur le chemin, une forêt luxuriante, mais aussi des kilomètres et des kilomètres de plantations destinées à la culture de l’huile de palme, de grands champs bien ordonnés, et franchement très beaux, mais qui coûte cher à la protection de la faune et de la flore du pays.

Pensive, je m’assoie sur la bord de la piscine.  C’est définitivement la première fois que j’en vois une en Afrique, à part une fois peut-être en Afrique du Sud.  J’ai visité tant de régions sur ce continent, où l’eau était comptée, puisée à la main.  Ça me donne une impression d’anachronisme.  

Ça me rappelle une fois en Tanzanie, j’avais vu une machine à crème glacée molle.  Importée dans les années 50, les gens du village était loin d’avoir un courant électrique assez puissant pour la faire fonctionner régulièrement.  Une fois de temps en temps, on l’allumait donc, puis une fois quelques cornets faits, on les mettait au congélateur, question d’avoir de la crème glacée dure de temps en temps. 😉

Bref, je suis sur le bord de cette piscine à Limbe, au loin il y a cette station pétrolière.   A part, mes amis avec qui je voyage, je suis seule.  Il n’y a pas d’autres touristes.  Ni dans cet hôtel, ni dans les autres que j’ai croisé.  La chambre m’a coûté 50 $.  Ouch.  Je pense que c’est cela qui me rend si pensive… le prix.

L’Afrique n’est pas l’Asie… une région du monde où mon budget par jour est autour de 30 $.   A mon grand regret, j’ai du me rendre compte, qu’ici au Cameroun, mais aussi dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Est, que le tourisme est développé bien différemment.  Le continent est absolument magnifique et riche d’aventures, de chemins touchés, de personnes incroyables ; il y a tellement à apprendre ici.  Comme je l’avais mentionné dans un de mes derniers articles : http://pleinairvoyagesetcompagnie.com/2017/05/25/lafrique-le-futur-paradis-du-voyage-sac-dos/ , l’Afrique est pour moi le futur paradis du voyage sac-à-dos.  Toutefois, le prix de parcourir un chemin intouché est souvent dispendieux.  Je me souviens avoir passé littéralement des heures durant mon passage en Afrique de l’Est à me questionner sur le prix élevé du voyage dans la région, alors que les populations locales vivent avec si peu.  Aujourd’hui, au Cameroun, je me retrouverais au coeur du même débat.

Au fil du temps, j’en ai conclu que le tourisme sur le continent s’est surtout développé autour d’une industrie de luxe, accueillant des étrangers avec de très grands moyens.  Les infrastructures touristiques sont donc localisées autour de grands centres, tels que la Kilimanjaro par exemple.  Les droits très élevés de ces grands parcs nationaux retournent au gouvernement.  Gérés par des tours opérateurs, très peu des profits amassés dans la cadre de ce commerce sont remis aux populations locales.  Ces dernières gardent donc constamment en tête que l’étranger est très riche, puisqu’évidemment c’est le seul type de touristes avec lesquelles celles-ci sont en contact.  Des raisons politiques, notamment  l’impact de la colonisation explique également cette opinion répandue.

Pour moi, cette situation représente un cercle vicieux pour les voyageurs comme moi, qui veulent en apprendre plus sur la culture locale et sur l’histoire de ses régions du monde, cela avec des moyens disons… de base.  Il y a rarement de l’hébergement intermédiaire ou d’auberges de jeunesse, qui pourtant pourrait apporter beaucoup à l’économie du pays et pourraient favoriser l’échange… et comme l’hébergement est rare, le prix est souvent élevé, ce qui peut être décourageant pour quelqu’un voulant partir à la découverte de cette région peu explorée.

Dans tous les cas, j’adore voyager en Afrique.  C’est un continent aux milles facettes, possédant une histoire très complexe et des enjeux actuels qui méritent d’être compris et explorés.  Assise sur le bord de la piscine, je suis heureuse d’avoir fait le choix de venir ici, afin de mieux comprendre, même si je suis consciente que le contexte politique, économique et touristique, rend cette expérience un peu plus chère, puisqu’elle est si riche d’apprentissages.

4 – Les parapluies camerounais

Il vient de pleuvoir, l’asphalte est un peu glissante.  Il y a une odeur de terre et surtout celle de la bouffe de rue ; les petits stands sont pleins.  Des avocats murs, du pain, des petites tomates, du poisson grillé dans un épais fond d’huile sur le bord de la rue : la pluie ne change pas grand chose au rythme bien rodé de Douala.

Malgré la pluie, les motos filent de partout avec…. leurs parapluies!  J’avais vu quelque chose d’un peu semblable au Vietnam, un espèce de grand imperméable couvrant la moto et ses passagers.  Au Cameroun, on fait dans le plus concis ; le parapluie 🙂

Et avec la moto à Douala, on ne niaise pas!! J’y ai fait un des tours les plus rocambolesques de toute ma vie!  Assise derrière une moto taxi, l’homme roule, file, dépasssseee, et me scratche les deux genoux, un sur une autre moto dont on est allé trop proche, l’autre sur la partie avant d’une auto, bien communément appelé son «bumper».  Après la deuxième égratignure, c’est exactement le moment où je me dis : «aie, aie, aie, qu’est-ce que ma mère dirait!!».  J’enlève rapidement, mes cheveux étampés sur mon visage par la pluie, parce qu’en fait, l’homme me fait visiter Douala à vitesse grand V et c’est absolument unique.  A contre-sens, dans le traffic inverse à notre direction, juste avant de monter sur le terre-plein en évitant bien sûr, les kiosques de bouffe de rue de toutes sortes, il joue habilement du frein et de l’accélérateur dans le traffic monstre de cette capitale!   Je ris, mais j’ai aussi un peu mal au coeur 😉  Je pense que la moto aurait peut-être besoin de nouveaux amortisseurs.  Bref, j’ai le gros sourire aux lèvres, à découvrir le quotidien de cette métropole africaine…  Mon ami camerounais me disait que quand il avait quitté le pays 10 ans plus tôt, il n’y avait aucune moto.  Aujourd’hui, au coeur de ce hub en grand développement, comme de dizaines d’autres grandes villes africaines, elle se faufile partout, sans aucune restriction routière, à part l’espace minime entre les véhicules pris dans le traffic monstre de cette grande ville.

Demain, c’est le grand départ pour Kribi.  J’ai hâte de voir l’un des autres visages du Cameroun.

 

 

3 – Histoire de viande

Je le regarde, il me regarde aussi.  Nous sommes face à face.  Je détourne le regarde, mais lui non.  C’est le duel.

Je viens d’arriver à Douala, et j’ai eu l’accueil le plus chaleureux de ma vie dans une famille camerounaise.  Tout le monde est là, heureux, me répétant par dizaine de fois de me sentir comme à la maison.  Je suis vraiment touchée, ils partagent tout avec moi, maison, lit, repas.  Je me sens tellement bien accueillie, parce qu’en plus de m’avoir cuisiné le repas, on me dit chaleureusement qu’on m’a fabriqué un plat tout spécial et typique seulement pour moi.

Alors, les joues rouges de surprise, je fais face au… rat.

Et je me sens tellement mal…. parce que vraiment, je pense que je vais avoir de la misère à le manger, ce plat cuisiné avec tant d’attention et de bonté.  Ouf!

En fait, cette situation m’est arrivée plusieurs fois en voyage…  et chaque fois, je me questionne sur la chance que j’ai eu d’avoir été élevé au paradis du steak, des coupes de viandes bien définies.  A force d’avoir été habituée à manger de bons gros morceaux de protéine provenant de type d’animaux bien spécifique (principalement boeuf, poulet, porc) je me sens toujours un peu mal de ne pas être capable d’apprécier à leur juste valeur des plats vraiment bien cuisinés, issues de la culture typique de l’endroit où je voyage.  Des coeurs de poulet et pattes de porc dans les soupes chinoises, au organes bien juteux dans certains pays africains, au castor chez les Cris, j’éprouve toujours un certain malaise à mon incapacité de m’adapter à ce que les gens mangent normalement, surtout que ces mets typiques traduisent toujours l’adaptation au territoire et le désir de ne rien gaspiller, et de respecter l’environnement et les ressources disponibles.  D’ailleurs, les étrangers ont souvent la réputation de ne manger «que les bonnes parties», laissant plusieurs morceaux de viande et cartilage sur les os.  Et puisque, j’avoue que je n’aime pas le gaspillage… je pourrais vraiment m’améliorer de ce côté là.

Donc, chaque fois, j’essaie vraiment fort d’aller au-delà de cette barrière, même si franchement, une des choses avec lesquelles j’ai le plus de difficulté quand je voyage.  Je retourne donc dans cette famille super accueillante et cette fois, je vais essayer le groin de porc.

N’arrête jamais d’explorer

J’enfile mon casque de moto et je me dis que tout va être correct.  J’ai déjà fait de la moto en Tanzanie, au Cameroun, en Chine, dans des p’tites rues, sans amortisseurs, parfois à contre-sens dans la circulation.  Je me dis que je connais ça, la moto.  En fait, je m’apprête à traverser États-Unis en moins de deux semaines, de l’Ontario jusqu’en Californie et vraiment, je me sens comme une pro.

Après, je prends l’avion pour l’Australie, puis enfin ma destination ultime… la Papouasie Nouvelle-Guinée.  Ensuite, je reviens à Vancouver pour retraverser le Canada, 5 jours plus tard, je pars pour le Nunavik.  Ça va être tout un trip. Bref, je me sens prête pour l’aventure, drillée par la fatigue et l’adrénaline des préparatifs.

Quelques heures à peine après être partie, je déchante… j’ai tellement froid sur la moto et j’ai toujours peur de perdre mes lunettes qui avec le vent ont l’air d’une brindille face à un ouragan.  Gênée, je finis par écouter les conseils qu’un peu tout le monde m’a donné : porter un bon manteau en cuir et mettre une corde sur mes lunettes… à contre-contre coeur (parce que c’est pas du tout mon style) je me fonds dans le monde de la moto…  et c’est magique!

En fait, sur mon chemin, je rencontre des dizaines de passionnés!! Des hommes (en grande majorité) tatoués de la tête aux pieds, vêtus de jeans et de cuir, avec des bandanas ornés de squelettes et de longues barbes.  Partout, les gens viennent me voir pour m’aider, pour voir comment je vais, où je me dirige et surtout savoir si tout va bien.  Je découvre une famille tissée serrée, une vraie communauté, qui me fait sentir en sécurité partout où je vais… parce que je voyage à moto.  C’est vraiment extraordinaire… et même si j’ai trouvé la transition difficile au début, je suis vraiment heureuse d’avoir fait un court séjour dans ce monde inconnu… j’ai vraiment été inspirée par le sentiment de solidarité entre les motos cyclistes.

Quelques semaines plus tard, en Papouasie Nouvelle-Guinée, j’irai à la chasse aux crocodiles sur la rivière Sepik, une région du pays où la seule façon de se rendre de village en village est par bateau.  Bon, certaines embarcations sont motorisées, mais sur le coup, je suis plutôt dans un mince canot sculpté dans un tronc d’arbre qui n’a pas vraiment de ballant… et c’est la nuit.  En fait, j’ai vraiment peur, je suis convaincue que je vais mourir dévorée par un croco, et je sais pas trop comment expliquer le tout aux chasseurs dans l’embarcation qui sont occupés à affûter leurs harpons.  Heureusement, un poisson volant saute dans ma face et change vraiment le mal de place.  Je finis par me calmer et vivre moment absolument magnifique avec les Papous.  L’homme devant moi fait des blagues à mesure que sa sacoche se remplie de bébés crocodiles.  Quelques jours plus tard, je comprends qu’il n’aurait jamais pu rien m’arriver.  Les Papous se sentent absolument responsable des gens qui les visitent, j’avais toute une famille qui m’attendait à mon retour.  J’ai trouvé cette expérience tellement touchante et ça aussi, ça m’a vraiment inspiré.

En fait, la raison pourquoi ne parle de ces deux anecdotes, c’est que je ne veux pas seulement parler de voyages, mais d’expériences de vie, de rencontres, de nouvelles activités, sports, sorties, cours à l’école, musées, groupes de musique, etc.  La vie est infiniment intéressante et remplie ; il y a tellement choses à apprendre, à explorer, à découvrir.  Mon voyage m’a seulement rappelé à quel point le monde est immensément grand et beau, et rempli de gens différents vivant de manières éclatées, et qu’ici ou ailleurs, c’est souvent dans l’inconfort de l’inconnu (et quand on accepte qu’on ne sait pas tout) qu’on grandi le plus.

2 – Le déluge

Après un court arrêt au Maroc, où j’ai eu à peine quelques heures pour mettre les pieds dans les petites rues de Marrakech, j’arrive tard le soir à Douala, la capitale du Cameroun.  Il fait extrêmement chaud et humide.  Les vitres de l’aéroport sont couvertes de buée.  Mon ami Camerounais doit venir me chercher, mais il n’y est pas.  Assises sur mon sac-à-dos, je suis loin de paniquer, je sais très bien qu’en voyage le temps ne se mesure pas de la même manière que chez nous et qu’une vrai panoplies de choses rocambolesques peuvent arriver!

Deux heures plus tard, il n’est toujours là.  Je commence à me demander si je lui ai pas donné la bonne journée d’arrivée…  Puis, je le vois arriver.  TREMPÉ!  C’est qu’il a traversé les 15 mètres qui le séparent du 4×4 de l’aéroport… et il pleut!!!  J’arrive en plein saison des pluies!  Honnêtement, je n’ai jamais vraiment fait attention à ce genre de choses en voyage, mais en traversant le Cameroun… ouf, j’ai eu ma leçon!

Nous crevons dans l’auto, mais les fenêtres sont relevées.  Nous traversions Douala, et les routes sont remplies d’un épais lit d’eau!  Je n’ai sincèrement jamais rien vu de tel!  L’eau jailli de partout, et chaque fois que l’auto avance, de larges «splashs» refoulent sur la voiture.  C’est incroyable.  Je suis tellement fatiguée en raison de transport, mais franchement j’ai un géant pic d’adrénaline, je me sens comme dans une course à obstacles, dans la nuit, au milieu de ce nouveau pays.  L’eau est partout, et avec cette aventure, mon voyage au Cameroun commence bien 😉 

1 – Le python


J’ai rencontré Gabin lors d’un souper entre ami.  C’était un conteur.  Un vrai.  Un de ceux-ci t’emporte à l’autre bout du monde avec leurs paroles, leurs récits, leurs histoires.  Assise sur le coin de ma table, j’étais rendue au Cameroun.

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Il m’a raconté comment les hommes de son village chassait le python, partant à dix dans la jungle, jusqu’à la fameuse maison du dit serpent.  Le pied d’un homme au fond du trou, ils attendaient patiemment que l’animal s’enroule autour de la jambe, puisque c’est par asphyxie que ce dernier tue ses proies.  Le pied bien enroulé, on sortait rapidement le serpent de son terrier pour ensuite le tuer.  Et bang, on revenait au village en file avec le piton sur les épaules de 10 hommes.

Les yeux écarquillés, j’ai tout de suite pensé, qu’eh bien… Gabin et moi, on avait pas eu la même enfance!  Entre son village et Pointes-Aux-Trembles.

Pour Gabin, le Cameroun, c’est le plus beau pays du monde.  C’est le bijou de l’Afrique : c’est le tout-inclus des climats et le résumé de la beauté de ce qu’on peut trouver sur ce gigantesque continent : la mer, la jungle, la ville, les villages, les gens.

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Alors quand Gabin m’a demandé si je voulais au Cameroun, eh bien, j’ai capoté de joie, et j’ai acheté mon billet d’avion, parce que ça allait être trou fou aller visiter le plus beau bijou de l’Afrique et le monde rempli d’aventures dont Gabin m’avait tant parlé.